Il est toujours étrange de se rendre compte qu’on a suivi le parcours d’un groupe depuis ses débuts. On se sent proche, tout en sachant pertinemment qu’on est toujours un journaliste parmi tant d’autres, et surtout pas un relative, encore moins un ami.

Pourtant, le sentiment de promiscuité est là. On comprend. On pense savoir. Mais visiblement, on découvre, comme tout le monde. On constate que la musique murit, comme les musiciens qui la jouent, et qui en fin de compte, suivent leur propre trajectoire, ascendante, linéaire, déviante ou circulaire.

Les 7 WEEKS, je les connais depuis 2006 et leur première démo. J’avais découvert à l’époque un groupe bien dans ses amplis, qui depuis, a accumulé les sorties. Ce parcours a été émaillé de prestations live, un bon paquet, en Europe notamment, en support de SUICIDAL chez nous, mais aussi de petits chefs d’œuvres conceptuels, comme cette gigantesque adaptation musicale du Dead Of Night de Bob Clark il y a cinq ans.

Je savais déjà à ce moment-là que les limougeauds avait quelque chose de plus à proposer qu’un simple Hard Rock efficace, mais cet album m’avait convaincu une fois pour toute de leur potentiel énorme et de leurs ambitions, « à part ».

Jamais déçu, jamais repu, je n’ai pas lâché l’affaire, alors lorsque Julien m’a contacté pour parler du successeur de Bends, le EP de 2014, je ne me suis pas fait prier, évidemment.

Bends était une simple pause sur la longue route des sept semaines qui finalement les a fait marcher et courir plus de dix ans, un petit vent frais bluesy qui leur permettait de s’adapter à un nouveau line up, une charmante récréation. Mais les choses sérieuses, et Dieu sait si le terme leur colle plus ou moins à la peau, s’étaient mises en veille il y a trois ans, lorsque Carnivora avait tenté de donner une suite au phénoménal 7 Weeks Plays Dead Of Night. Tenté et réussi bien sûr, en adoptant une approche différente, plus « humaine », plus « concrète », mais aussi créative que tout ce qu’ils avaient entrepris jusqu’à lors.

Aujourd’hui, nous sommes en 2016, et le 21 octobre, je fêterai donc le dixième anniversaire de ma rencontre avec Julien et sa bande, en écoutant comme vous A Farewell To Dawn. Un adieu à l’aube ? Le jour se lèverait-il enfin pour les limougeauds ? Il s’est levé il y a très longtemps déjà, et la nuit n’est pas prête de tomber sur leur succès. La preuve ? Neuf chansons flambant neuves, qui si elles s’attachent à perpétrer une certaine nostalgie du passé sont résolument tournées vers un avenir une fois de plus très clément.

« Enregistré à Paris par Francis Castes, le disque mixe habilement tension et puissance avec sensibilité et expérimentation. Il en résulte des morceaux uniques, très organiques mais sophistiqués, un rock massif, nourri aux mélodies mais se faisant un malin plaisir à contourner le convenu. »

     

 L’accroche promotionnelle est d’usage, et pourtant, elle n’est que sincérité et honnêteté. Et vérité par extension.    

7 WEEKS n’est pas le genre de groupe qui bluffe à la table de poker du Rock, et n’avance sa mise qu’avec une main solide. Une fois encore, ils ont forcé la chance, et sourient en coin avec un bon full aux as par les rois, des as terriblement Rock qui se marient parfaitement avec ces rois mélodiques qui apportent le contrepoint qui enrichit l’énergie. Musicalement, pas de changement de cap, pas d’épiphanie, ni révélation, ou celle qu’en plus d’être de très solides instrumentistes, les limougeauds s’avèrent être aussi des compositeurs de plus en plus racés.

On retrouve au générique de ce A Farewell To Dawn tout ce qui fait leur unicité, ce Rock lourd mais tendre à la limite du Stoner, gorgé de grosses guitares à la distorsion abrasive, ce Metal qui n’en est pas vraiment, porté par un chant puissant et réchauffé de soul Indie, un peu Post Grunge par moment, mais surtout direct et beaucoup plus fin qu’il n’y paraît.

Les nouvelles compos se posent en résumé parfait de leur carrière, piochant de ci et là des idées novatrices qui font pourtant partie de leur ADN, qui ne glosent jamais dans le vide sans pour autant se contenter de l’essentiel. Mais l’essentiel dans le cas des 7 WEEKS, c’est de signer des morceaux efficaces, et parsemés de petites trouvailles qui les rendent terriblement attachants.

Des hymnes, de l’intimisme, et un mordant que les années qui passent n’érodent pas. Ainsi, après l’ouverture classique mais tonitruante de « King In The Mud », nous écrasant les tympans d’un riff pesant et cyclique, le groupe se met plus ou moins à nu sur le surprenant « The Ghost Beside Me », qui place l’harmonie aux avant-postes en lâchant des chœurs spectraux survolant une bande son presque Grunge dans l’esprit, au moins autant que les états d’âme de feu Layne Staley.

Arrangements multiples mais pas envahissants, progression en oscillations, up and down, couches de textures, larsen subtil, silences placés juste là où il faut, c’est la première grosse claque de ce nouvel effort qui si j’en juge par sa spontanéité n’a pas dû être accouché dans la douleur. Ecoutez ce pont aux nappes vocales hantées qui pourtant apaise de sa tendresse harmonique. 7 WEEKS, c’est aussi ça, et surtout ça d’ailleurs…

Tout l’album est construit sur cette opposition/confrontation/complémentarité entre force et finesse. Les mélodies sont incrustées dans des cadres rustiques, un coin de campagne au cœur des villes, et « Kamikazes » de se poser en hit de l’impossible, avec son atmosphère 80’s qui pourtant tape l’incruste dans les landscapes des années 2000, lorsque les trouvailles Indus/Electro frappaient dans le mille de déroulements mélodiques Post Alternatif. Rythmique qui fait feu de tout fût, chœurs qui s’enroulent autour de l’organe de tête, guitares qui multiplient les motifs en arabesques, pendant qu’un riff central écrase tout sur son passage….La recette est éprouvée ? Vous la connaissez depuis B(l)ack Days ? Oui, mais elle atteint aujourd’hui un degré de perfection que l’on pressentait depuis…très longtemps.

Des choses plus directes (« Broken Voices », au chaloupé strié de petits soli futés), des intermèdes pour respirer (« Ohka », minute Post Rock oxygénant), quelques incursions dans le gras qui trempe dans une distorsion épaisse (« A Well Kept Secret », parfait dans son mélange PEARL JAM/HELMET sur fond de mélodie à la A PERFECT CIRCLE), enfin, du 7 WEEKS, ni plus, ni moins, égal à chaque fois et pourtant supérieur. Comme une AOC qui ne cesse de se bonifier.

Un adieu à l’aube qui ressemble beaucoup à un nouveau matin radieux, aux nuages menaçants, mais à la chaleur tangible. 7 WEEKS continue son histoire que l’on prend toujours autant de plaisir à écouter, puisqu’elle parle au cœur et à l’âme. Ce nouvel épisode de vie du groupe est à l’image des précédents, court, immédiat, instinctif et pourtant réfléchi. Peu importe les contours, peu importe la catégorie, le Rock est là, comme le Metal sous une certaine forme, les harmonies aussi.

 Il en faut peu pour être heureux selon un gros plantigrade dansant. Oui, c’est la vérité. Parfois, un album suffit. A Farewell To Dawn ne vous titillera pas la libido pendant sept semaines et demi, mais vous tiendra au chaud jusqu’à la prochaine couverture.

Titres de l'album:

  1. A Farewell to Dawn
  2. A Well Kept Secret
  3. Broken Voices
  4. January
  5. Kamikazes
  6. King in the Mud
  7. Knots
  8. OhkaThe Ghost Beside me

Site officiel


par mortne2001 le 21/10/2016 à 08:00
90 %    388

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Jd Miller

Afterglow

Acid Reign

The Age Of Entitlement

Babymetal

Metal Galaxy

Numen

Iluntasuna Besarkatu Nuen Betiko

Mister Misery

Unalive

Goatess

Blood And Wine

Laetitia In Holocaust

Fauci Tra Fauci

Vhs

We're Gonna Need Some Bigger Riffs

Municipal Waste

The Last Rager

Magic Pie

Fragments of the 5th Element

Metallica

S&M 2

Spread Eagle

Subway To The Stars

Eggs Of Gomorrh, Sarinvomit

Encomium of Depraved Instincts

Klone

Le Grand Voyage

The Neptune Power Federation

Memoirs of a Rat Queen

Hatriot

From Days Unto Darkness

Throes

In The Hands Of An Angry God

Enforced

At The Walls

Exhumed

Horror

Sekkusu

Satyromania

Violent Instinct

Simony / 15/10/2019
Roman

Bloodshed Fest 2019

Mold_Putrefaction / 13/10/2019
Crust

British Steel Saturday Night VIII

Simony / 13/10/2019
Heavy Metal

Interview ABBYGAIL

JérémBVL / 11/10/2019
Abbygail

Concerts à 7 jours

Chaos E.t. Sexual + Moonskin + Barabbas

19/10 : Le Klub, Paris (75)

+ Gutalax + Spasm

21/10 : Le Glazart, Paris (75)

Photo Stream

Derniers coms

Bon... ... ...
Que dire si ce n'est que durant TOUTE l'écoute de cet album, je n'ai pas pu m'empêcher de m'imaginer Chritus au chant et de me dire que, de fait, la galette aurait été cent fois meilleure avec lui.
Alors évidemment, étant un pur inconditionnel du chanteur précité,(...)


Oh putain ! "Seconde B" quoi...


Super nouvelle ce retour de The Old Dead Tree. Mais j'ai bien peur qu'il ne s'agisse que d'un one shot malheureusement...


Des réponses sans langue de bois, comme on pouvait s'y attendre avec Shaxul. Un personnage !
En tout cas chapeau pour le travail accompli. La scène underground c'est uniquement grâce à des mecs comme lui qu'elle vit (même si c'est difficile aujourd'hui oui...). Le constat est sombre cert(...)


Oui, superbe album. Surtout que c'est le vieux fan que je suis qui parle. Certes, c'est moderne et différent mais la réussite est totale !!


Sur les extraits clippés présentés, je leur trouve un (gros) côté AVATAR aussi, non ? En tout cas, c'est efficace, aussi bien visuellement que musicalement !


Pareil que Kerry King, je reste sur Burn My Eyes (vus pour ma part avec Emtombed début années 90) et The Blackening qui reste un excellent disque. Pour le reste, je passe mon tour, mais live, ça sonne différemment en fonction de l'orientation de l'album en promotion. La tournée Locust fut bien (...)


Pareil vinyle d'époque et compile d'Agressor sortie il y a peu pour la version CD. Bon, les morceaux inédits, ce sont les démos ?


Ils ont pas dû aimé Secondé B...


C'est parce que j'ai loupé cette tournée à l'époque que j'ai la motivation dès que le Flynn Band passe dans mon périmètre.

Machine Head est en pleine refondation. C'est un moment très ressemblant, en plus important, à la période de gestation de "Through the Ashes...". Ce titre(...)


Morceau pas terrible voire assez ridicule, mais je serai à Lyon et pourtant j'ai bien plus de 25 ans. Ça me rappellera leur tournée avec meshuggah et mary beats jane.


J'aime et j'aime pas Machine Head suivant les albums, mais en live c'est très bon.


Très belle pochette.


Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


Excellente nouvelle


Arrêtez, merde, je me prends un sale coup de vieux à cause de vous ! ^^


Il était meilleur dans VIO-LENCE, c'est clair...


Achat obligatoire !! Même si je l'ai en vinyle d'époque, hé, hé...


AH AH AH !!!
Superbe vanne de quarantenaires effectivement...