one-man-project assez intrigant. Je l’avais déniché en déambulant dans les arcanes de la toile, et je m’avouais d’ailleurs assez satisfait de ma découverte. Ainsi se retrouvait exposé à la lumière de Metalnews.fr le projet GASLARM, entre deux eaux, mais surtout, terriblement attachant, et d’une productivité qui m’avait laissé pantois. Je soulignais d’ailleurs à l’époque que ma prose focalisée sur l’album Environmental Disaster anticipait de peu la sortie d’autres longue-durée publiés la même année, mais face à la production toujours plus abondante de notre petit monde, j’étais quand même loin de me douter que l’homme derrière le masque allait jeter en pâture à ses fans cinq LP en 2018, année non à terme et donc encore susceptible de recevoir une obole supplémentaire de la part du musicien boulimique…C’est à se demander comment il fait pour produire autant, d’autant plus que sa musique, aussi personnelle soit-elle et constamment entre plusieurs niveaux est toujours digne d’intérêt. Anders Lindberg continue donc son voyage au long-cours, et empile les créations, comme pour prouver qu’à âme décidée, rien ne résiste, et c’est avec plaisir que je le retrouve aujourd’hui pour fêter la parution digitale de son dixième tome sous le nom de GASLARM. J’avais évoqué son parcours dans ma chronique précédente, mais il est toujours utile de rappeler tous les alias utilisés par le bonhomme, les THE PORRIDGEFACE, AGE OF NEFARIOUS, EXCÖRIATOR & HEADQUAKER, ou quel que soit le nom de baptême utilisé. Mais c’est bien GASLARM qui nous préoccupe aujourd’hui, via Dusk Mothers Children, distillant une dizaine de compositions toujours aussi à l’aise dans un créneau de Speed mélodique et de Thrash attractif.  

Il est néanmoins toujours aussi ardu de situer Anders sur une carte artistique en pointant un genre précis, puisque le musicien prend toujours un malin plaisir à ne pas se fixer trop longtemps sur un créneau. On retrouve donc sur ce dernier LP les composantes essentielles de son travail, cette versatilité qui n’empêche pas la cohésion, cet amour du travail bien fait, et cette attention portée sur les arrangements et les thématiques. Bien évidemment, inutile d’attendre d’une telle œuvre un professionnalisme de tous les instants, et les points faibles restent toujours les mêmes, notamment en termes de son et de production, pas toujours adaptée au ton choisi et aux philosophies prônées. Ainsi, lorsque le climat se détend et que la puissance cède le pas à la mélodie, on sent quelques baisses de régime et des vides à combler, ce qui est particulièrement palpable sur une composition comme « The Sodden Path ». Privilégiant une optique que le sieur Mustaine mettait en avant du temps du grand MEGADETH, Anders combine donc l’efficacité d’un Metal à l’orée d’un Thrash accessible et les nuances d’un Heavy Metal presque progressif dans l’esprit, accumulant les plans pour aménager de grands espaces dédiés aux soli, une fois encore très pertinents et révélateurs des capacités du musicien. Très à l’aise avec sa guitare, Anders a travaillé sa partition pour nous offrir beaucoup de diversité, passant allègrement de la maîtrise Speed au relâchement Heavy, tâtant même par moments du Hard-Rock plus appuyé, et concentré sur des motifs entêtants et inspirants.

Et après une étrange intro au piano, économique mais envoutante, qui appelle une digression électrique ne venant jamais, la voie est pavée pour que l’inspiration du suédois suive ses délires en toute liberté. Avec une moyenne de cinq LP par an, il est évident que l’originaire de Värmland ne se bride pas et ne fait aucunement le tri dans ses élans créatifs, mais même avec cette donnée en tête, et malgré des pannes d’inspiration notables sur quelques morceaux (tout du moins sur certains passages…), on ne peut que rester admiratif face à tant de passion qui se concrétise formellement en chansons. Tout n’est évidemment pas pertinent, et certains titres auraient gagné à être plus condensés, à l’image de l’entame réelle de « A TV in my Head », qui du haut de ses sept minutes ne dispose pas d’arguments assez convaincants pour fédérer sur la durée. Heureusement, le percutant « Sleeping Inside a Bottle of Pills » prend dignement la relève avec son Thrash modéré, rappelant la vague Speed US des mid eighties, ainsi que le TESTAMENT le plus raisonnable. Avec une durée médiane de cinq minutes par entrée, Anders n’a pas choisi la facilité, mais un oreille attentive saura déceler la créativité jamais rassasiée d’un musicien capable d’unir dans un même élan Heavy tonitruant et Speed cavalant, nous entraînant sur la piste historique d’un Metal mordant via le très capable « The Sodden Path II », aux riffs saccadés et à la rythmique enlevée. Les intermèdes les plus patauds ne sont pas non plus exempts de défauts, à l’instar du lourd et emphatique « The Illusionist », qui semble s’évertuer à reproduire des plans déjà mâchés par Jeff Waters dans ANNIHILATOR, mais ces quelques errances sont vite rattrapées par de vraies saillies mélodico-musclées, « Revelations » en étant l’un des meilleurs exemples.

Et que ce soit en rythmique ou en solo, le boulot abattu par Lindberg via son médium GASLARM est remarquable. Si sa voix semble parfois un peu fluette pour vraiment soutenir des riffs plombés, si les patterns de batterie n’ont pas toujours le son dont ils ont besoin, si quelques licks semblent en pilotage automatique, l’ensemble dégage toujours la même impression de fraîcheur qui fait du bien, spécialement lorsque les minutes en perdent quelques-unes en route sur le lapidaire « A Grave of Flames ». Bien sûr, il est évident que ce genre d’album est à réserver aux curieux et passionnés, aux affamés et aux forcenés, les autres trouvant sans doute ce genre d’entreprise encore un peu trop underground à leur goût. Mais c’est aussi le rôle d’un webzine comme le nôtre de braquer la lumière sur des individualités de l’ombre, particulièrement lorsqu’elles sont aussi attachantes que celles d’Anders. Et contre vents et marées, et en dépit d’une prolixité qui le confine à l’obsession, je continuerai à suivre les aventures de ce suédois atypique, qui gagnerait quand même à épurer sa créativité pour concentrer ses meilleures idées sur un ou deux LP par année.    


Titres de l'album :

                         1.Dawn of the Longest Dark          

                         2.A TV in my Head  

                         3.Sleeping Inside a Bottle of Pills   

                         4.The Sodden Path  

                         5.The Sodden Path II          

                         6.The Illusionist       

                         7.Revelations

                         8.A Prayer to the Dusk Mother     

                         9.A Grave of Flames

                        10.A Love That Trancends Death

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par mortne2001 le 05/11/2018 à 17:37
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