Elementals

Inner Call

05/03/2018

Autoproduction

Le Brésil a toujours été fasciné par le Heavy Metal le plus puriste d’aspect, ce Hard-Rock flamboyant au carrefour des influences, légèrement Power sur les bords, mais fondamentalement respectueux des codes dans le fond. C’est une optique qui se respecte, spécialement lorsqu’elle découle sur l’enregistrement d’albums à la conviction ferme et aux intonations flamboyantes. Et ce nouvel EP des originaires de Salvador de INNER CALL ne fait pas exception à cette immuable règle, faisant même partie du haut du panier de cette troisième vague de groupes se réclamant d’un classicisme formel et d’une foi sans pareille. Formé en 2009, le quintette brésilien (Roberto Indio – chant, Luiz Omar – batterie, Uiliam Rocha - basse, et Alexandre Vitorino & Gabriel Heilinger – guitares) a pris son temps pour préparer un répertoire imperfectible, pouvant compter sur une pratique instrumentale élaborée pour composer des morceaux fermement ancrés dans le patrimoine national. Une tradition qui a toujours du bon, et en quelques morceaux, ces preux chevaliers d’un Metal mordant et délicatement emphatique nous prouvent que le Heavy le plus rutilant à de beaux jours devant lui…Pas de surprise étonnante à mettre à leur actif, puisque les lusophones n’ont pas vraiment changé leur guitare d’épaule, mais une jolie démonstration de force en style, ou l’inverse, qui prône avec fermeté des préceptes confirmés, élaborés à base de vocable Metal non édulcoré, tenant autant des velléités harmoniques et progressives d’ANGRA, que des enseignements chromés d’un JUDAS PRIEST adopté. Six morceaux, dont une version démo, c’est une mise en bouche annonciatrice d’un futur LP plus complet qui nous est proposée, et autant dire qu’elle file la dalle, tant le lyrisme flamboyant du quintette ne fait pas de détail.

Les influences du groupes sont claires, et le terrain largement balisé. Leur page Facebook ne fait aucun mystère des références sous lesquelles ils se placent, et sont énumérés les classiques IRON MAIDEN, JUDAS PRIEST, ACCEPT, METALLICA, HELLOWEEN, DREAM THEATER, DEEP PURPLE, BLACK SABBATH, ou ANGRA, auxquels sont ajoutés quelques clins d’œil purement Thrash revendiquant une affiliation particulière à la puissance des MEGADETH, SLAYER, SEPULTURA et autres ONSLAUGHT. Il est évident que la balance penche plus du côté Heavy où elle va s’incliner, mais la force de persuasion d’un morceau comme « There’ll Be Hell » ne cache aucunement quelques accointances choisies avec l’univers plus heurté du Power à tendance musclé, comme si le PRIMAL FEAR le plus concerné se replongeait avec bonheur dans le Thrash pas vraiment assumé d’eighties enflammées. Le tout exhale un délicieux parfum agressif, qui provoque les tympans pour mieux faire s’envoler la perruque, mais loin des sempiternels clichés de cartouchières fièrement arborées et de patches subtilement délavés, Elementals se concentre plus volontiers sur des éléments mélodiquement probants, et techniquement affolants. Le niveau est d’ailleurs assez élevé, chacun étant parfaitement à sa place à son poste, et ce morceau prouve sans ambages que les brésiliens ont tout à fait leur place sur la scène Heavy contemporaine qui ne rechigne pas à loucher vers le passé pour continuer à avancer. Vintage sans l’être, nostalgique mais les deux pieds ancrés dans la terre de leur époque, les INNER CALL ne font pas de quartier, mais savent agencer des morceaux qui semblent parfois regretter la brillance d’un Hard-Rock méchamment amplifié d’un Heavy chromé (« 2012 », archétype de progression au riff carton qu’un ACCEPT bougon aurait pu entonner de concert avec un JUDAS PRIEST revenu des enfers), et le tout se savoure comme un instantané tout sauf cliché d’une scène qui n’en finit plus d’inspirer les plus acharnés.

Fidélité, adhésion massive à une éthique de formalisme étudié, cet Elementals ose même parfois la démesure d’un KING DIAMOND sevré d’études classiques à la SAVATAGE, mais qui ne se perd pas en conjectures pour oser proposer ses propres idées, qui la plupart du temps font mouche. On ne s’ennuie à aucun moment, puisque les cinq musiciens ne manquent pas d’audace dans leur mélange des genres, qui de temps à autres chatouillent la susceptibilité mélodique des plus grands représentants harmoniques. Pour comprendre de quoi il en retourne, l’entrée en matière « Elementals » représente un point d’accroche parfait, et de son intronitruante nous enfonce dans l’univers belligérant d’un ensemble qui accepte les conventions, mais qui adopte une posture individualiste de bon ton. Guitares volubiles, riffs habiles, rythmique solide et chant investi, tels sont les ingrédients de ce Power-Heavy tout sauf réchauffé, qui en appelle au crossover pour faire sonner son heure, utilisant les arpèges en son clair, les couplets plombés d’enfer, pour enfin s’envoler au gré d’évolutions qui usent d’astuces presque Thrash à la FATES WARNING/METAL CHURCH pour appuyer leur propos déchainé. On se demande même parfois si le spectre d’un CRIMSON GLORY aux abdos renforcés ne plane pas sur le projet, tant les déclarations sont fermement hurlées…Trip 80’s ultime ou pied de nez au réfractaires d’un Heavy un peu trop recyclé, qui trouve ici un éclairage vif nouveau et illuminé ? Un peu des deux, mais on se laisse prendre au jeu, comme on s’était laissé conquérir par le premier album éponyme, qui présentait la même recette, ici reproduite et améliorée…

Ce qui est certain, c’est que malgré sa brièveté, Elementals n’en est pas moins une belle démonstration de colère intelligente et de pilonnage constant, osant même le hit Heavy presque parfait, sous la forme d’enfers aux vices assumés. Toute la démesure de « Hadès » convient parfaitement au plan habilement dessiné, et nous contamine de son énergie décuplée, tenant largement la dragée haute au dernier JUDAS PRIEST en date, qui pourrait traîner du côté de Salvador, histoire de piquer quelques plans moins éculés. La voix diabolique de Roberto Indio, au lyrisme très danois s’accorde parfaitement de guitares plus ou moins occultes et mystiques, et ressuscite l’esprit des MERCYFUL FATE, sans pour autant perdre de vue ses objectifs puissants. Dommage d’ailleurs que le quintette se sente obligé de nous offrir en bonus la version démo du même morceau, qui n’apporte aucune plus-value, mais qui étire le métrage pour faire se rapprocher cet EP d’un timing de LP. Mais si le Heavy puissant et légèrement mâtiné de Thrash est votre exutoire préféré, cette saillie des brésiliens d’INNER CALL vous fera headbanguer intelligemment, et chanter à tue-tête autant que hurler comme une bête.


Titres de l'album:

  1. Intro/Elementals
  2. The Night Queen
  3. There'll Be Hell
  4. 2012
  5. Hadès
  6. Hadès (démo)

Site officiel


par mortne2001 le 28/03/2018 à 18:06
80 %    919

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Voyage au centre de la scène : ASSHOLE

Jus de cadavre 17/01/2021

Vidéos

Eluveitie + Korpiklaani 2010

RBD 08/01/2021

Live Report

Sélection Metalnews 2020 !

Jus de cadavre 01/01/2021

Interview

Welcome To My Nightmare

mortne2001 26/12/2020

From the past

IXION : entretien avec Julien

JTDP 16/12/2020

Interview
Concerts à 7 jours
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
Humungus

gars*(Hé hé hé... Jolie lapsus...)

23/01/2021, 05:22

Humungus

Je vous rejoins sur tout les gras :- MOONSPELL ne sert plus à rien depuis "Irreligious" (inclus).- APHRODITE'S CHILD est un putain de groupe fort injustement moqué.

23/01/2021, 05:21

Gargan

Demis a quand même sorti un album sobrement intitulé 666 avec les aphrodite's child, donc respect.

22/01/2021, 21:43

asar

Demis Roussos is back.

22/01/2021, 21:07

David

Hé oui ! Et je m'en suis aperçu à quel moment ? après les 17H que la vidéo a pris pour être en ligne !!Disons que je rends hommage aux dyslexiques qui aiment le death metal !!

22/01/2021, 21:05

Invité

Putain Napalm ils signent pas que du bon... Là ça sent le désir de faire une Konvent mais dans le Thrash et pour le moins, on peut dire que c'est loupé !

22/01/2021, 18:35

Moshimosher

Pour ma part, je dois avouer que, n'ayant que le premier mini-album et les deux albums suivants, Moonspell, que j'ai pu apprécier (et apprécie toujours pour ce qui est des albums que j'ai... surtout Wolfheart), n'est pas vraiment resté à porté(...)

22/01/2021, 13:33

Gargan

Un petit côté Hecate Enthroned, le truc qui aurait du sortir vers 97/98.

22/01/2021, 08:04

Simony

C'est triste mais je ne trouve plus rien d'intéressant chez MOONSPELL, cela m'apparaît comme un encéphalogramme plat. Première déception 2021 !

22/01/2021, 07:51

JTDP

Yes, excellent ! Pressé d'en écouter plus !!   

22/01/2021, 00:39

Chemikill

Nan mais je suis d'accord, les riffs et la voix sont biens, mais... passez une oreille sur le solo sérieux.... ça ferait débander un mammouth.

21/01/2021, 20:09

KaneIsBack

Que c'est bon, ce son ! Le Doom/Death est un des genres de metal que je préfère, mais c'est plutôt dur d'en trouver (surtout du bon). Encore une belle découverte !

21/01/2021, 19:19

Jus de cadavre

Ah putain ouais   ! Y en a qui se sont fait sucrer leur vidéo pour moins que ça je pense sur YT !

21/01/2021, 18:06

Simony

Et c'est marqué "To Be Continued..."

21/01/2021, 17:42

Gargan

Vraiment bien foutu, que ce soit au niveau des paysages sonores que de la prod. Je me bois bien écouter ça sur un beau vinyl, installé dans un chesterfield râpé, faisant tournoyer gentiment un cognac dans son verre, le lévrier à poils ras m'app(...)

21/01/2021, 16:54

Moshimosher

J'ai le teddy bear plein de shrapnels ! Perso, ça me plaît ! 

21/01/2021, 16:49

Baxter

Réponse de Roseline : Cest quoi ce truc de sauvage, je comprends rien, par contre je sais que j'ai ordre de dire non, non ,non car le médicale buisness désire étendre son marché jusqu’à fin 2021, le temps de se goinfrer un peu encore pu(...)

21/01/2021, 14:31

Kairos

Oui certe le mot est mal choisi mais ça ne change pas grand chose

21/01/2021, 12:52

tonculpueducul

Une tentative de coup d'état... on était plus proche du cirque Pinder que d'un putsch.

21/01/2021, 12:45

tonculpueducul

A la cuisine les radasses! C'est mauvais!

21/01/2021, 12:42