Le Brésil a toujours été fasciné par le Heavy Metal le plus puriste d’aspect, ce Hard-Rock flamboyant au carrefour des influences, légèrement Power sur les bords, mais fondamentalement respectueux des codes dans le fond. C’est une optique qui se respecte, spécialement lorsqu’elle découle sur l’enregistrement d’albums à la conviction ferme et aux intonations flamboyantes. Et ce nouvel EP des originaires de Salvador de INNER CALL ne fait pas exception à cette immuable règle, faisant même partie du haut du panier de cette troisième vague de groupes se réclamant d’un classicisme formel et d’une foi sans pareille. Formé en 2009, le quintette brésilien (Roberto Indio – chant, Luiz Omar – batterie, Uiliam Rocha - basse, et Alexandre Vitorino & Gabriel Heilinger – guitares) a pris son temps pour préparer un répertoire imperfectible, pouvant compter sur une pratique instrumentale élaborée pour composer des morceaux fermement ancrés dans le patrimoine national. Une tradition qui a toujours du bon, et en quelques morceaux, ces preux chevaliers d’un Metal mordant et délicatement emphatique nous prouvent que le Heavy le plus rutilant à de beaux jours devant lui…Pas de surprise étonnante à mettre à leur actif, puisque les lusophones n’ont pas vraiment changé leur guitare d’épaule, mais une jolie démonstration de force en style, ou l’inverse, qui prône avec fermeté des préceptes confirmés, élaborés à base de vocable Metal non édulcoré, tenant autant des velléités harmoniques et progressives d’ANGRA, que des enseignements chromés d’un JUDAS PRIEST adopté. Six morceaux, dont une version démo, c’est une mise en bouche annonciatrice d’un futur LP plus complet qui nous est proposée, et autant dire qu’elle file la dalle, tant le lyrisme flamboyant du quintette ne fait pas de détail.

Les influences du groupes sont claires, et le terrain largement balisé. Leur page Facebook ne fait aucun mystère des références sous lesquelles ils se placent, et sont énumérés les classiques IRON MAIDEN, JUDAS PRIEST, ACCEPT, METALLICA, HELLOWEEN, DREAM THEATER, DEEP PURPLE, BLACK SABBATH, ou ANGRA, auxquels sont ajoutés quelques clins d’œil purement Thrash revendiquant une affiliation particulière à la puissance des MEGADETH, SLAYER, SEPULTURA et autres ONSLAUGHT. Il est évident que la balance penche plus du côté Heavy où elle va s’incliner, mais la force de persuasion d’un morceau comme « There’ll Be Hell » ne cache aucunement quelques accointances choisies avec l’univers plus heurté du Power à tendance musclé, comme si le PRIMAL FEAR le plus concerné se replongeait avec bonheur dans le Thrash pas vraiment assumé d’eighties enflammées. Le tout exhale un délicieux parfum agressif, qui provoque les tympans pour mieux faire s’envoler la perruque, mais loin des sempiternels clichés de cartouchières fièrement arborées et de patches subtilement délavés, Elementals se concentre plus volontiers sur des éléments mélodiquement probants, et techniquement affolants. Le niveau est d’ailleurs assez élevé, chacun étant parfaitement à sa place à son poste, et ce morceau prouve sans ambages que les brésiliens ont tout à fait leur place sur la scène Heavy contemporaine qui ne rechigne pas à loucher vers le passé pour continuer à avancer. Vintage sans l’être, nostalgique mais les deux pieds ancrés dans la terre de leur époque, les INNER CALL ne font pas de quartier, mais savent agencer des morceaux qui semblent parfois regretter la brillance d’un Hard-Rock méchamment amplifié d’un Heavy chromé (« 2012 », archétype de progression au riff carton qu’un ACCEPT bougon aurait pu entonner de concert avec un JUDAS PRIEST revenu des enfers), et le tout se savoure comme un instantané tout sauf cliché d’une scène qui n’en finit plus d’inspirer les plus acharnés.

Fidélité, adhésion massive à une éthique de formalisme étudié, cet Elementals ose même parfois la démesure d’un KING DIAMOND sevré d’études classiques à la SAVATAGE, mais qui ne se perd pas en conjectures pour oser proposer ses propres idées, qui la plupart du temps font mouche. On ne s’ennuie à aucun moment, puisque les cinq musiciens ne manquent pas d’audace dans leur mélange des genres, qui de temps à autres chatouillent la susceptibilité mélodique des plus grands représentants harmoniques. Pour comprendre de quoi il en retourne, l’entrée en matière « Elementals » représente un point d’accroche parfait, et de son intronitruante nous enfonce dans l’univers belligérant d’un ensemble qui accepte les conventions, mais qui adopte une posture individualiste de bon ton. Guitares volubiles, riffs habiles, rythmique solide et chant investi, tels sont les ingrédients de ce Power-Heavy tout sauf réchauffé, qui en appelle au crossover pour faire sonner son heure, utilisant les arpèges en son clair, les couplets plombés d’enfer, pour enfin s’envoler au gré d’évolutions qui usent d’astuces presque Thrash à la FATES WARNING/METAL CHURCH pour appuyer leur propos déchainé. On se demande même parfois si le spectre d’un CRIMSON GLORY aux abdos renforcés ne plane pas sur le projet, tant les déclarations sont fermement hurlées…Trip 80’s ultime ou pied de nez au réfractaires d’un Heavy un peu trop recyclé, qui trouve ici un éclairage vif nouveau et illuminé ? Un peu des deux, mais on se laisse prendre au jeu, comme on s’était laissé conquérir par le premier album éponyme, qui présentait la même recette, ici reproduite et améliorée…

Ce qui est certain, c’est que malgré sa brièveté, Elementals n’en est pas moins une belle démonstration de colère intelligente et de pilonnage constant, osant même le hit Heavy presque parfait, sous la forme d’enfers aux vices assumés. Toute la démesure de « Hadès » convient parfaitement au plan habilement dessiné, et nous contamine de son énergie décuplée, tenant largement la dragée haute au dernier JUDAS PRIEST en date, qui pourrait traîner du côté de Salvador, histoire de piquer quelques plans moins éculés. La voix diabolique de Roberto Indio, au lyrisme très danois s’accorde parfaitement de guitares plus ou moins occultes et mystiques, et ressuscite l’esprit des MERCYFUL FATE, sans pour autant perdre de vue ses objectifs puissants. Dommage d’ailleurs que le quintette se sente obligé de nous offrir en bonus la version démo du même morceau, qui n’apporte aucune plus-value, mais qui étire le métrage pour faire se rapprocher cet EP d’un timing de LP. Mais si le Heavy puissant et légèrement mâtiné de Thrash est votre exutoire préféré, cette saillie des brésiliens d’INNER CALL vous fera headbanguer intelligemment, et chanter à tue-tête autant que hurler comme une bête.


Titres de l'album:

  1. Intro/Elementals
  2. The Night Queen
  3. There'll Be Hell
  4. 2012
  5. Hadès
  6. Hadès (démo)

Site officiel


par mortne2001 le 28/03/2018 à 18:06
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Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


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