Lifeblood

Secret Sphere

12/03/2020

Frontiers Records

Neuvième album studio pour les italiens musclés de SECRET SPHERE, dixième si l’on compte A Time Never Come - 2015 Edition, et retour en force pour l’un des groupes les plus emblématiques de la scène Power italienne des années 2000. Quatre ans après The Nature of Time, leur dernière offrande, les musiciens reviennent donc dans la lumière avec un album haut en couleurs, comme le souligne sa pochette, et une nouvelle bordée d’hymnes les plaçant définitivement sur l’orbite des plus grands satellites Power/Heavy Metal européens. Lifeblood est donc au premier degré une excellente nouvelle pour les fans du quintet, et même un double bonne nouvelle puisque cet album permet de sceller le retour du vocaliste original du groupe, Roberto "Ramon" Messina, absent depuis 2012. La fête promet donc d’être folle, et il fallait évidemment accompagner ce comeback d’une musique à la hauteur des attentes. Et avec près de vingt-cinq ans d’existence, on pouvait compter sur l’expérience du combo d’Alessandria pour élaborer une soirée de gala. Se reposant aujourd’hui sur trois de ses membres fondateurs, avec le guitariste Aldo Lonobile et le bassiste Andrea Buratto, rejoints donc par le revenant Messina, SECRET SPHERE continue de faire ce qu’il sait faire de mieux, à savoir trouver le juste équilibre entre toutes les tendances qui ont construit son identité au travers des années, et les morceaux constellant la galaxie Lifeblood brillent tous de mille feux, sans tomber dans l’emphase dramatique si coutumière de ce genre de musique excessive.

Si l’Italie a toujours été le gros percheron des années 80, capable de labourer un champ avec efficacité mais surtout pas de parader lors d’un défilé, le pays s’est relativement bien rattrapé depuis les années 90, dominant du chef et des épaules la scène Power Metal internationale, lui redonnant même ses lettres de noblesse emphatiques. Et SECRET SPHERE fait partie de ces groupes qui ont été capables de voir les choses de l’autre bout de la lorgnette pour porter le genre dans une nouvelle dimension, habileté prouvée tout au long de ces albums studio dont le premier accuse déjà les vingt-deux ans d’existence. 

Depuis 1999 et Mistress of the Shadowlight, le quintet complété depuis 2009 du claviériste Gabriele Ciaccia et depuis 2013 du batteur Marco Lazzarini n’a jamais déçu ses fans, sauf peut-être en tombant dans la facilité du lifting de A Time Never Come en 2015. Mais chacun de ses albums originaux a déclenché une vague d’euphorie de la fanbase, qui va se repaitre de ce Lifeblood comme des pratiquants gobant l’hostie du dimanche. Et c’est après l’intro grandiloquente et dramatique « Shaping Reality » que les choses sérieuses commencent sur les chapeaux des roues du bolide « Lifeblood », title-track dans toute sa splendeur qui démontre que les cinq italiens maîtrisent toujours aussi bien la mélodie dans la vitesse. Véritable Testarossa aux chromes rutilants déboulant dans les rues d’Alessandria à fond les ballons, ce premier morceau prouve qu’après quatre ans de silence, SECRET SPHERE n’avait pas l’intention de revenir dans la discrétion, mais bien avec la superbe qu’on leur connaît depuis leurs débuts. Le titre est parfait pour une reprise de contact, méchamment harmonique, et retrouver la voix unique et puissante de Roberto Messina est un véritable plaisir dont il serait stupide de se passer. L’ombre d’HELLOWEEN et SCANNER plane toujours aussi bas sur la musique du quintet, mais ces influences parfaitement digérées les obligent à constamment se hisser vers le haut, sans tenir compte des prodiges déjà accomplis par le passé.      

L’expérience du leader Aldo Lonobile se fait sentir au détour du moindre riff et son parcours en tant que producteur pour ARCHON ANGEL, Geoff TATE ou Timo TOLKKI lui permet de savoir exactement comment tel ou tel plan doivent sonner, ce qui donne encore une fois lieu à une véritable démonstration de précision et de force de la part du combo. La musique, toujours basée sur cette alternance de morceaux véloces et de temporisations Heavy fonctionne une fois encore à plein régime, et sert son lot de tubes imparables, à l’image de l’entêtant « The End Of An Ego ». Saccades typiques du PRIEST avec ce petit côté thrashy qu’on aime dans l’aspect sombre des motifs, parties de chant enchevêtrés pour sonner plus opératiques que la moyenne, mais efficience de l’inspiration, tout est en place et refuse tous les gimmicks pour mieux accepter de l’autre côté les figures les plus imposées. Cette capacité à transcender les clichés inhérents au Power Metal pour les transformer en hymnes absolus est toujours aussi hallucinante. Passés depuis longtemps maîtres dans l’art de composer un hit Heavy pur jus, les musiciens se font plaisir et modulent leur propos, sans renoncer à ce lyrisme flamboyant qui a toujours été leur trademark. Tout ça donne lieu à des morceaux puissants et percutants, autant que séduisants et « Life Survivors » de prouver que l’artisanat local ne souffre pas de la concurrence mondiale.

Evidemment, rien de bien neuf sous le soleil. Les méthodes sont toujours employées avec autant de ferveur, la production est toujours aussi cinématique, mais ce classicisme fait plaisir aux tympans, d’autant que le quintet n’a pas trop tiré sur la corde de l’ambition. Seuils deux morceaux proposent des idées plus étirées, mais parviennent à convaincre de leur lucidité. Il faut donc attendre « Solitary Fight » pour que l’ambiance diffère, malgré une prise de contact en sextolets incandescents de la part de Lonobile. Une fois encore les claviers et la guitare se livrent à un duel permanent duquel les deux instruments sortent vainqueur, d’autant qu’ils sont appuyés par le timbre unique et très Tatien de Messina.

Conscients qu’un retour par la grande porte devait se conclure par un épilogue larger than life, les musiciens ont posé en dernière page l’épique et romantique « The Lie We Love », qui en plus de huit minutes se propose de synthétiser le passé, tout en ouvrant des perspectives pour l’avenir. Titre épique dans toute sa grandeur noble, « The Lie We Love » est donc l’acmé que les fans attendaient avant de refermer la porte, mais cette démonstration d’ambition est loin d’être le seul haut fait de cet album quasiment parfait. Les accès de fureur de « The Violent Ones » permettent ainsi à Roberto de s’envoler dans les aigus les plus incroyables, tandis que de l’autre côté du spectre musical, « Skywards » impose la sensibilité acoustique.

Un album incroyablement bien équilibré donc, qui fête le retour d’un des groupes les plus talentueux de la belle Italie. Venise est peut-être triste au temps des amours mortes, mais Alessandria est magnifique quand les vieux amis s’y retrouvent.     

  

                                                                                                                                                                                                         

Titres de l’album:

01. Shaping Reality

02. Lifeblood

03. The End Of An Ego

04. Life Survivors

05. Alive

06. Against All The Odds

07. Thank You

08. The Violent Ones

09. Solitary Fight

10. Skywards

11. The Lie We Love


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par mortne2001 le 22/03/2021 à 14:35
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Mouais...Clairement pas terrible.Je rejoins Simony (sauf que moi j'avais plus qu'apprécié les deux derniers albums).Bref... A juger sur la longueur quoi... ... ...

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