Sondage express dans les rues d’une petite agglomération de quelques milliers d’habitants. Question unique à choix multiple, « que pensez-vous de la vie dans notre société à l’heure actuelle ? ». Réponses, non filtrées ni censurées, pour l’amour de la liberté d’expression et de formules consacrées.

  • « Tous des pourris, des enculés à la botte du capitalisme. Je les emmerde » 
  • « Comment voulez-vous survivre avec les subsides d’un état qui solde son capital aux intérêts étrangers ? »
  • « Pas le temps, désolé »
  • « C’est un truisme que de dire que les préoccupations actuelles sont d’ordre économiques et non humaines. Ne croyez-vous pas ? »
  •  « Trump est un gros bâtard à perruque, Kim est un nain qui mérite d’exploser sur une ogive, et Poutine ferait mieux de se fondre dans un gros plat de frites pour faire plaisir aux canadiens »
  • « Je pense qu’il existe des solutions. Je veux dire…On n’est pas forcément obligé de s’occuper du sort de minorités, si ?
  • « Un chaos immonde, un cloaque d’égocentrisme galopant, un marigot d’opinions rances et de nationalisme outrancier. Je vous conchie, tous autant que vous êtes » 
  • « Je fais entièrement confiance au MEDEF »
  • « La quoi en marche ? République ? Mais on s’en branle non ?
  • « Meow » (un chat qui passait par là)
  • Tes questions à la con, tu te les carres dans l’oignon. Grind, man, Grind !!! »

Comme vous le constatez, un consensus se dégage, c’est la merde, totale. Personne n’est content, tout le monde s’agrippe comme une lionne à sa proie à son petit capital et à son cabas rempli de maigres commissions, et on avance, comme on peut. Mais finalement, c’est bien mon dernier sondé (mais pas trop profond) qui se démarque de sa lucidité. Grind, man, Grind, what else ? Dans un monde où le chaos des mots trouve écho dans le cataclysme artistique d’une musique qui n’en peut plus de s’inspirer de ce qui l’entoure pour exister, c’est bien le seul style capable de nous sauver d’une catastrophe inévitable. Alors, de fait, autant trouver la bonne bande son pour accompagner cette apocalypse humaine et sociale, et le second longue-durée des bourrins finlandais de DEATH TOLL 80K est certainement la bonne. Pourquoi ? Parce que du Grind mec, mais du bon, subtilement (ou pas) dilué dans un Death bien gras, et suffisamment lapidaire pour nous éjecter d’une carte mondiale en quelques minutes bien pesées. Oula (chant), Tomi (guitare), Ville (basse) et Jori (batterie) nous offrent avec leur deuxième LP un concentré de rage pure, faisant suite à tout un tas de petites sorties (splits, beaucoup, et même une compilation, Discography 2007/2012 en 2013), mais surtout à un premier jet pas forcément plus calme ou complaisant (Harsh Realities, 2011). Avec eux, pas de questions inutiles ou existentielles à se poser, juste à se demander de quel côté faire tourner sa tignasse mal peignée, au doux son de blasts qui nous rappellent toute l’importance des ASSUCK, NAPALM DEATH, THE KILL et autres NASUM, en gros, le bon Grind de tradition, qui fait exploser les amplis et trembler la maison.

Encore une fois, digresser à propos d’un LP qui fonce et rue dans les brancards n’est pas chose aisée. D’autant plus que le fond s’accordant à la forme et privilégiant des attaques courtes et féroces, le ton est vite donné. Mais autant en profiter pour souligner quelques trucs, dont cette propension à soigner des riffs bien catchy et des vocaux enrhumés, et à agencer des compositions fulgurantes pour qu’elles frappent du bon côté. Car le Grind de ces finlandais respecte à la lettre et au septième de croche près les enseignements édictés par l’école anglaise de Birmingham, tout autant que les préceptes affolés de la fac ricaine des années 90. On ne trouve donc aucune trace de Crust ou de D-beat local et nordique, juste des tics, de précipitation, mais rien de bâclé, bien au contraire. Suivant la ligne déjà tracée au début de leur carrière, ces mercenaires du blast d’enfer continuent donc leur route sans s’en faire, et se satisfaisant très bien du bordel ambiant qui les entoure au quotidien. Alors, ça tonne, ça bastonne, et en à peine un quart d’heure, la question du Grind moderne et urbain est survolée avec bonne humeur, nous laissant dans un état d’exubérance folle après avoir subi ces pulsions rythmiques qui affolent. Alors, entre l’intro « Panopticon » qui use et abuse du feedback avant de lâcher un énorme riff de baryton, et « Blame The Victim » qui semble en être une prolongation tout à fait naturelle, le déroulé est d’usage et sans âge, et fricote avec des préceptes de destruction musicale, qui s’autorise parfois une ou deux étapes sur un Death/Grind plus pesant et étouffant (« Hydra », « Silent Approval »).

De là, je ne vais certainement pas passer mon dimanche à vous disséquer une « œuvre » que vous connaitrez déjà à peine entamée, mais qui farfouille dans les poubelles de l’humanité de quoi s’exaspérer. Dissonances, absence de latence, furie incontrôlée, rage même pas dissimulée, quelques passages Mosh bien amalgamés, pour une machine bien huilée qui broie tout sur son passage sans s’inquiéter d’éventuels dégâts. Ceux-ci sont considérables, mais nous rapprochent parfois d’un EXTREME NOISE TERROR pas désagréable (« Step Down »), ou au contraire d’un ANAL CUNT des familles et un ASSUCK qui entre la poire et l’asperge dégobille (« Lack of Perspective »).

Bon, allez, ça suffit, entre le micro-trottoir fictif et les quelques remarques en bourre-pif, je crois que j’ai fait le tour du problème. Et si un matin, vous entendez un sifflement bizarre dans le ciel qui ressemble à mort à une fusée que vous allez vous manger sur le coin du nez, courrez-vite poser le vinyle (et oui, les mecs en plus sont des esthètes) de Step Down sur votre platine, histoire de quitter cette terre de malheur avec les honneurs et les horreurs. Du Grind man, du Grind, et salut tout le monde.

Quelle belle sortie...


Titres de l'album:

  1. Panopticon
  2. Walls
  3. Trampled
  4. Process
  5. Repeating Failures
  6. Abolish Fur Farms
  7. Step Down
  8. Statistics
  9. Leeches
  10. Lack of Perspective
  11. Cause/Avoid
  12. HYdra
  13. Diminish
  14. Trickle Down
  15. Binary
  16. Silent Approval
  17. Blame The Victim

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 03/12/2017 à 14:04
75 %    174

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Thrashback

Sinister Force

Sylvaine

Atoms Aligned, Coming Undone

Heresy

Blasphemia

Sadist

Spellbound

Prezir

As Rats Devour Lions

Septagon

Apocalyptic Rhymes

Blood Curse

Sorceress

Orion Dust

Legacy

Cult Leader

A Patient Man

Warkunt

Of Ruins And Agony

Dalkhu

Lamentation And Ardent Fire

Edremerion

Ambre Gris

Beer Breath

Story of a Decayed Life

Sacral Rage

Beyond Celestial Echoes

Eternal Rot

Cadaverine

Cancer

Shadow Gripped

Warrel Dane

Shadow Work

Zealotry

At the Nexus of All Stillborn Worlds

Heir Apparent

The View from Below

Brutal Metal DTP Gig

Simony / 12/12/2018
Black Metal

LIVE REPORT - TYRANT FEST 2018 - JOUR 2

Mold_Putrefaction / 05/12/2018
Black Metal

LIVE REPORT - TYRANT FEST 2018 - JOUR 1

Mold_Putrefaction / 04/12/2018
Ambiant

Tyrant Fest J2 [Photo Report]

Simony / 29/11/2018
Black Metal

Concerts à 7 jours

+ Revocation + Rivers Of Nihil

15/12 : Le Petit Bain, Paris (75)

Photo Stream

Derniers coms

C'est surréaliste cette histoire !
Pendant que sa baraque crame, le mec s'introduit chez ses voisins alors que ces mêmes voisins sont présents ! Et lorsque les flics débarquent il tente de se cacher derrière une clôture avant de les menacer avec un couteau ! Heuuuuu... clairement la dro(...)


C'est vraiment chiant. C'est un super guitariste qui était vraiment dans l'esprit du groupe. Le genre de gars qui est rentré dans Cannibal Corpse en cours de route et qui veut y rester... mais il a merdé. Pour le remplacer, ça ne va pas être facile et, mis à par Jack Owen qui est maintenant ch(...)


Ben, mince alors ! :(


Le gars qui joint le geste à la parole en somme...


Fin de carriere chez Cannibal Corpse j'imagine...


La drogue, c'est mal.


Mercyless au top comme d'hab quoi. La classe ce groupe franchement.


On est loin de ...and Oceans, pour le coup !


Pas mal du tout en effet ! Old-school, brutal, bas du front. Combo !


chro séduisante, bon morceau également, merci pour la découverte


Franchement meilleur que les dernières prod de Death Fr...


Humungus : +1
Ben oui, normal. Déjà assimiler "vegan" et "antifa" est hors sujet.
Soutenons UADA !


KaneIsBack + 1.


Nefarious + 1.


Non.


Cet album est absolument fantastique !!!


Ravi de lire un report sur Aura Noir


J'ai jamais vraiment écouté Cancer, pourtant je fais partie de cette génération des 90's qui a découvert( le death metal avec ces sorties majeures. Très efficace ce titre , va falloir que je rattrape quelques lacunes.


commandé


Le metal selon les Grammys... Vaste blague.