Waiting For Monday

Waiting For Monday

14/02/2020

Frontiers Records

Qui dit Frontiers dit mélodies, qui dit Frontiers dit Hard-Rock de grande classe, qui dit Frontiers dit AOR de luxe, en gros, et pour synthétiser, qui dit Frontiers, depuis quelques années, dit qualité. Il semble que le label italien, après quelques années d’errance et de complaisance a rectifié le tir et se montre plus pointu sur ses choix, ce qui nous permet d’apprécier des œuvres conséquentes et plaisantes. Lorsque Serafino ne s’amuse pas aux chaises musicales en montant des groupes de stars de toutes pièces, il agence des combinaisons de seconds couteaux peu connus du grand public, mais méchamment respectés dans le métier. C’est ainsi qu’alerté par le toujours vert et finaud Jeff Scott Soto, le CEO italien s’est focalisé sur la collaboration de deux grands talents de la scène américaine qu’il a fait travailler ensemble pour voir ce qui pouvait se produire. Immanquablement, et au vu du pedigree des deux musiciens impliqués, l’osmose a pris immédiatement, et le projet WAITING FOR MONDAY s’est montré crédible dès ses premiers instants. Avec son nom étrange qui semble indiquer que tout le monde attend le lundi avec impatience (quelle drôle d’idée ma foi…), ce nouveau groupe n’en est pas vraiment un, mais plutôt un duo d’origine complété d’un line-up exhaustif. Dans les faits WAITING FOR MONDAY est le fruit d’un partenariat entre deux hommes, deux californiens, Rudy Cardenas d’un côté et August Zadra de l’autre. Cueillie à froid, votre culture ne vous éclairera pas sur ces deux-là, mais sachez que leur CV est aussi fourni que celui de stars plus accomplies. A gauche, Rudy, originaire du Venezuela, chanteur de profession, et très actif à raison. On l’a d’abord connu en tant que finaliste de la saison 6 d’American Idol, avant d’entendre sa voix dans des films et shows TV comme Family Guy ou Real Steel. Il a en outre mis son talent au service du groupe vocal M-PACT, chantant même pour MR ZSOLT, groupe hongrois aux ventes en or.

A droite, August Zadra, diplômé du Guitar Institute of Technology, jouant depuis son plus jeune âge, et membre actif du projet solo de Dennis DeYoung, dans lequel il chante et agite ses cordes. Avec deux instrumentistes et musiciens pareils dans un groupe, le succès semble assuré d’avance, encore faut-il que l’alchimie opère. Et la magie a justement fait des merveilles avec ce premier album éponyme, qui semble synthétiser quatre décennies de Hard Rock mélodique à l’américaine, comme si l’AOR coulait directement dans les veines des participants. Complétant leur line-up d’un trio, avec Joe Travers (batterie), Walter Ino (guitare et claviers), et Eric Baines (basse), WAITING FOR MONDAY nous offre donc un premier LP aussi professionnel que frais, et se paie le luxe de tutoyer les plus grandes références du genre. Avant d’aller plus loin et risquer une volée de reproches, je me dois de vous préciser que le projet évolue clairement dans les sphères AOR, et non dans le créneau du Hard Rock mélodique, même si certains morceaux pourraient laisser paraitre le contraire. Ici, c’est la délicatesse et les mélodies qui priment sur la puissance, même si le concept n’en est pas dénué. De la douceur donc, mais aussi des allusions multiples et poussées à la genèse du genre, avec cette ambiance délicatement seventies qui rappelle les plus grandes heures de cadors du genre, STYX, JOURNEY, REO SPEDWAGON, FOREIGNER, voire le CHICAGO sous influence Peter Cereta. D’ailleurs, WAITING FOR MONDAY se rapproche en plus d’une occasion du JOURNEY de la fin des années 90, avec ces ballades qui occupent un espace conséquent, tout en suggérant que les hits imparables de la bande à Neal Schon tels « Don’t Stop Believin’ » ou « Lights » ne sont pas tombés dans les oreilles de sourds.

Ce qui n’empêche pas le duo de base de se fendre d’un énergique « Until The Dawn » en ouverture, pour mieux confirmer cette allégeance au JOURNEY de « Higher Place », tout en taquinant l’art scandinave pour ces mélodies magiques qui touchent en plein cœur. On sent la complicité entre les deux principaux leaders, et la guitare de Zadra se montre volubile, le tout exhalant d’une santé fleurant bon le soleil de Californie. Impossible de passer sous silence le caractère euphorisant d’une telle réalisation, qui sans proposer quoi que ce soit de neuf, ose sa propre version de l’histoire et du style avec panache. « End Of A Dream », tout en ralentissant le tempo insiste sur le côté Rock tout en catapultant une énorme mélodie pour mettre en relief un refrain imparable. La production, sobre mais clean permet même à la basse gironde et rieuse d’Eric Baines de se faire une place, tandis que Zadra lâche quelques soli qui ont fait a réputation. On se sent bien dans cette musique qui nous évoque des images délicatement passées, même si le quintet n’attend pas très longtemps pour exprimer son côté romantique via « Shattered Lives ». Et si Rudy Cardenas n’a pas la magie vocale d’un Steve Perry, il n’en reste pas moins un extraordinaire chanteur, capable de monter très haut et de faire preuve d’un certain feeling, préférant le partage aux démonstrations. Son vibrato sonne juste et plein, et ses variations font montre d’une maîtrise incroyable, qui s’accorde parfaitement de la préciosité instrumentale de son collègue. Le tout est équilibré, et si ce premier album prend parfois des risques en laissant les ballades se succéder (« Found You Now »), le Hard-Rock soft et duveteux reprend vite ses droits pour nous éviter de nous engluer dans le sentimentalisme forcé.

C’est incroyablement bien fait, très classique dans le fond, mais ouvragé dans la forme, et si les plus hargneux regretteront ce parti pris un peu trop soft (dès qu’un album de ce type empile les blue-song, la tension à tendance à retomber et à verser dans la Pop), mais avec un peu de sensibilité, il est très difficile de résister à des chansons aussi magnifiques que « Must Have Been ». Taquinant le spectre des décennies passées, le groupe se sent toutefois bien dans son époque, comme en témoigne le trépidant et euphorique « Pick Your Lies » qui s’inscrit dans une tradition Frontiers vieille de quelques années. Pas vraiment le genre de disque qui s’explique ni se dissèque, et pourtant, on prend son pied en agitant les siens sur des burners gentils comme « Inside Your Head », acceptant même le Rock mainstream d’un « Make It Better », sorte d’apothéose mélodique jubilatoire. Et de fait, la deuxième moitié de l’album nous réserve des surprises, osant le Blues harmonieux de « Love You Forever », avec piano serein et guitare en mode love. On prend conscience de l’ampleur du talent de Cardenas dans ces moments en demi-teinte, mais le groupe à l’intelligence de terminer sa course avec un morceau plein d’énergie, nous replongeant dans l’hédonisme des eighties qui célébraient ce genre de chansons en les catapultant au sommet des charts. Beaucoup de formalisme donc, mais surtout de la joie, celle de jouer, et celle d’écouter. Un libre échange qui ne lèse personne pour un projet qui a tout pour devenir viable sur les années.                    

                                 

Titres de l’album :

                             01. Until The Dawn

                             02. End Of A Dream

                             03. Shattered Lives

                             04. Found You Now

                             05. Right In Front Of You

                             06. Must Have Been

                             07. Pick Your Lies

                             08. Inside Your Head

                             09. Make It Better

                             10. Love You Forever

                             11. One More Round

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par mortne2001 le 29/02/2020 à 18:55
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Merci grin.(sic)

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@humu : tu cliques sur le tag "Druid Lord", ça te proposera cette chronique et également celle-ci : http://www.metalnews.fr/chroniques/grotesque-offerings 

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