Quand il y en a pour un il y en a pour deux. Quand il y en a pour deux il y en a pour trois. Et ainsi de suite, donc il y en a pour quatre. Et Dieu sait si les groupes de Grind aiment le partage et la promiscuité. C’est d’ailleurs, tout ce qui fait le charme de cette scène, outre son goût prononcé pour le DIY.

C’est aussi l’éthique prônée par le label Tchèque Dead Heroes qui se répand tout au long de l’année en sorties multiples et bruyantes, toutes axées autour d’un extrême Grind, Powerviolence, Crust et Thrashcore, ce qui vous en conviendrez est de très bon goût.

En tout cas, du mien.

L’affaire qui nous intéresse aujourd’hui n’est donc pas un threesome mais bien un foursome, et ce, sans avoir besoin de laisser libre cours à vos instincts lubriques ni à préparer le tube de lub’. Non, les Dead Heroes sont bien vivants, et vous offrent sur un plateau d’argent un gros split qui déborde des exactions violentes de pas moins de quatre représentants du désordre mondial, couvrant ainsi un terrain géographique très étendu.

Des Etats-Unis à Madrid, en passant par le perron de nos cousins Canadiens et de nos amis Tchèques, le périple proposé nous fait couvrir un maximum de terrain, tout en restant sur celui très connu du Crust bien vilain à tendance Grind salement bourrin.

Mais faisons les présentations dans l’ordre pour ne blesser personne…

D’abord, les Américains de BLOODY PHOENIX, qui en cinq morceaux nous en mettent plein la mitre. Je ne sais pas si Jerry, Mike, Amelia et Charlie sont nés de leurs cendres en versant un peu de sang au passage, toujours est-il que ces originaires de Montecito Heights ont le Crust/Grind dans les veines et qu’ils jouent sans concession un Hardcore qui tourne rond.

Certes, leur approche est formelle, mais suffisamment folle pour rappeler les EXTREME NOISE TERROR et autres consorts, et qu’on ressort lessivés de leurs exactions. Son plutôt correct, compos carrées, rythmiques enlevées, c’est du NAPALM dans le texte et c’est plutôt chouette.

Le cas des Tchèques de LYCANTHROPY est d’école, et j’avais découvert le quintette (Zdisha et Supin – chant, Vosuck – guitare, Otto – basse et Ondra – batterie) à l’occasion de faces partagées avec les flingués de NOISEAR. Mais ils n’en sont pas à leur coup d’essai, puisqu’ils ont déjà frotté leur Grind sur les mêmes bancs que BLOODY PHOENIX et SKUNK à l’occasion d’un split précédent, tout aussi méchant. Les vilains avaient commencé leur carrière en tant qu’ensemble Mince, et l’ont continuée en traçant comme des lapins sur les routes du Fastcore épicé de Grind.

Ils existent depuis 1998, et se targuent d’avoir arpenté les scènes Européennes sur plus de trois-cents concerts, ce qui en fait donc des vétérans plein de flair.

Mais leur barouf est également de qualité et bien barré, dans le style Grind de foutoir à trois voix qui dégénère en sale Hardcore de très mauvais aloi, avec fantaisies rythmiques débridées et ralentissement forcés, le tout saupoudré de quelques roulements de caisse claire bien déglingués. Dans le registre INSTINCT OF SURVIVAL/CHIENS/INSECT WARFARE, on ne peut guère faire mieux, et leurs neuf interventions (dont deux au-delà de la minute, bravo), vous appuient bien sur les tempes pour faire gicler vos yeux.

Le cas SKUNK est purement Canadien, et légèrement plus malsain. Leur Bandcamp révèle une production assez touffue, débutée par une démo en 2008, et qui compte quelques participations vinyliques conjointes avec les WARVICTIMS, FAMINE, DEVASTATION OF LIFE et EXISTENCH, ce qui place les débats dès le départ sur le terrain de la brutalité.

Mais leur Core bien gras et sombre tranche nettement avec les délires poussés à fond de leurs petits camarades du jour, quoique nos cousins n’hésitent pas non plus à faire s’affoler les BPM.

Dans une optique beaucoup plus Dark Crust, les SKUNK nous offrent cinq morceaux assez conséquents et blindés de feedback, et permettent à ce split d’emprunter un chemin différent et de ne pas lasser.

On pense à plusieurs choses, mais j’avoue qu’un mélange entre FILTHKICK/DISCHARGE/SOB me parait la comparaison la plus pertinente.

Du gros son, des riffs béton, et surtout, une voix caverneuse qui dégueule ses textes avec des interventions de hyène en rut en arrière-plan. Gras, un peu Gore, mais on en aimerait bien un peu encore.

On termine notre tour du monde des blasts avec les madrilènes de DISTURBANCE PROJECT (Alvaro – guitare, Gerardo – basse, Nico – batterie et…Alvaro – chant), qui prouvent sur leur Bandcamp qu’ils n’ont pas leur Grind dans leur poche.

Une kyrielle de publications pour un maximum de labels, et des collaborations avec BRUTAL DEATH, TERRORISMO MUSICAL, P.L.F ou les poètes de FISTFUCK, j’en passe et des plus brutales, pour propager leur Brutal Grind Noise, qui en effet, fait beaucoup de bruit, et propose un joli pont tendu entre les styles de SKUNK et BLOODY PHOENIX.       

Huit tranches de Brutal Grind à tendance Death qui charcute bien les esgourdes, et qui flirtent parfois avec le Gore, tout en gardant leur blouse bien blanche. C’est très rapide, ça grogne comme des gorets, mais la précision rythmique palie fort bien la linéarité des titres, qui peuvent aussi compter sur quelques riffs bien accrocheurs. Les espagnols savent même se montrer assez frondeurs sur une cover des S.O.B, qu’ils restituent fidèlement, avec un surplus de graisse assez conséquent.

 Un split à quatre pour une grosse éclate, et un survol mondial de l’extrême bruitiste qui sait perpétrer une certaine tradition du Grind à tendance Crust bien grillé. Et si vous souhaitez en savoir plus sur chacun des participants, ne vous gênez pas, je pense qu’ils seront contents.

Bloody Phoenix Facebook

Lycanthropy Facebook

Skunk Bandcamp

Distrubance Project Bandcamp

Dead Heroes Label Bandcamp



par mortne2001 le 12/12/2016 à 14:55
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AH AH AH !!! !!! !!!
Commentaire excellent bordel !


Même pochette (si ce n'est la couleur et la position de celle-ci) que "High on infinity" de COUNT RAVEN.
Vous vous en foutez je sais, mais j'avais envie de le dire...


Si c'est ouvert qu'aux gens à qui Loudblast doit du pognon, y aura du monde.


J'aime bien, ça reconnecte au plus profond des racines.


Question :
Si le groupe doit du pognon a quelqu'un depuis 2013 pour des travaux de graphisme restés impayés, ça vaut une entrée gratuite ???