01. Hello. Tu n'y couperas pas, mais comme COR SERPENTII est un groupe sorti de nulle part, il va bien falloir nous en faire l'historique et la présentation.

Benoît : COR SERPENTII est un groupe qui semble sorti de nulle part, mais les membres eux, ne le sont pas. Nico et moi-même avons joué ensemble au sein du groupe INSAIN, dans lequel nous nous sommes connus. Pour ma part, j’ai joué notamment dans DISASTER (Death Grind), dans lequel Jonathan était batteur en plus d’INSAIN, (c’est d’ailleurs lui qui m’a demandé d’intégrer le groupe) et dans SENTENCE avant d’intégrer INSAIN. Frédéric est connu principalement pour son rôle de chanteur-bassiste du groupe ORAKLE et c’est ainsi que Nico a fait sa connaissance, car Nico aime la musique d’ORAKLE. Mais Frédéric est aussi le propriétaire du Studio Henosis, qui a produit des groupes tels que IN THE WOODS, GLORIOR BELLI, MOONREICH et j’en passe.

Ce projet a été formé après le split du groupe INSAIN. Nico a formulé l’idée de ce projet auprès de Louis (chant) qui s’est vite désisté, de Jonathan (batterie), déjà engagé dans WITCHES et de moi-même. Pendant un certain temps nous sommes restés à travailler Nico, Jonathan et moi sous cette formule puis Jonathan s’est concentré sur WITCHES ce qui a fait que nous sommes restés à deux - Nico et moi -, cherchant à finaliser l’album. Nous avions déjà les démos des morceaux, nous manquait plus qu’un chanteur pour finaliser le projet. Le choix s’est porté sur Frédéric car Nico le connaissait déjà et ses qualités de chanteur convenaient à la vision qu’il avait du chant dans COR SERPENTII.


02. Votre line-up compte donc trois membres. Comment s'est déroulée la composition ?

Benoît : Nico a apporté le squelette des morceaux, que Jonathan a complété par la programmation de la batterie. J’ai inséré mes lignes de basse dans l’espace qui restait, puis Nico et moi avons écrit les paroles pour Frédéric avec lequel nous avons ensuite discuté des arrangements en plus du placement de la voix.

Frédéric : en effet, étant arrivé bien après la conception des instrus, je n’avais plus qu’à prendre connaissance des textes et placer le chant. Eventuellement en adaptant quelques phrases lorsque nous trouvions cela plus pertinent – c’est d’ailleurs souvent ma méthode avec ORAKLE : partir d’un texte écrit ex-situ puis adapter des tournures si j’estime que le contexte musical l’exige. Par contre, la gestion du temps a été inhabituelle pour le perfectionniste que j’ai (malgré moi…) tendance à être : les impératifs de planning m’ont en effet poussé à composer le chant de manière très instinctive – la majeure partie de mes placements s’est souvent dessinée en trois ou quatre écoutes ; c’était un vrai défi quant à mes habitudes de travail, et je dois dire que l’expérience a été très enrichissante.

 


03. D'où vient le nom de votre groupe ? Y-a-t-il un rapport avec le livre d'Ivan Efremov ?
Benoît : Le nom du groupe ne vient ni de ce livre, ni du titre d'AGALLOCH, comme on a pu nous le suggérer. Cor Serpentis, que nous avons réécrit en Cor Serpentii, est aussi appelée Alpha Serpentis. C'est le nom d'une double étoile, située dans la tête de la constellation du serpent. C'en est aussi la plus brillante.

Nous ne souhaitions pas dès le début arborer une imagerie classique du BM ou de la musique extrême et ce nom trouvé par Nico résonnait parfaitement à nos oreilles.

04. Au vu des titres, de la pochette et donc du nom de votre groupe, y-a-t-il un concept derrière "Phenomankind" ?

Benoît : Les sujets abordés vont dans le même sens que le nom du groupe. Nico est venu avec ses ébauches de morceaux et déjà il avait ces titres pour chacun d'eux.

Il n'y avait pas de thème ou de concept global, mais des sujets plus libres qu'imposés par un carcan de style. Cela dit, il était hors de question de se placer hors sujet par rapport au style pratiqué.

Nous abordons la science-fiction, par l'entremise de nouvelles de Philip.K. Dick (Ubik, A Closer Signal), une histoire plus "métaphysique" (Theomachia), des réflexions sur l'être et l'existence (Rise of the Blind, Phenomankind, Reversed Evolution) et sur un bouquin que j'ai écrit aussi, dans la thématique Lovecraftienne (Retrieval, TheSerpent's Stratagem, Sand Storm).

05. A qui doit-on le magnifique artwork ? D'ailleurs quelle en est la signification ?

Benoît : L’artwork est l’œuvre de Pierre-Alain DURAND, de 3mmi Design. Nous voulions un rendu assez organique, monochrome. Ça colle assez bien au thème de la frénésie picturale, développé via mon livre. Egalement, le contraste entre la solitude quasi spectrale et de l'immensité de l'espace nous a frappé d'emblée. On a apporté quelques remarques mais le thème de départ était une base très concordante avec les thèmes de l'album. Le titre à l'envers résonne avec l'idée de "Reversed Evolution".



06. Le groupe n'est pas signé et sort directement un pur album. Est-ce là un choix délibéré de votre part afin d'avoir une totale indépendance ?

Benoît : Absolument pas. C’est la force des choses qui nous a conduits à le sortir comme auto-production. Nous avions démarché plusieurs labels de différentes envergures avant de le finaliser et personne n’a manifesté l’envie de nous signer et de le sortir. Nous avons donc décidé de le sortir par nos propres moyens. Et l’idée de sortir une démo ou un EP n’a pas été retenue. C’était un album ou rien.

07. Avez-vous prévu de tourner pour défendre "Phenomankind" ?

Benoît : Non. Il était clair dès le départ que COR SERPENTII serait un projet studio car différents facteurs rendent la chose impossible.

08. Dans le son du groupe, on retrouve des influences venant de groupes comme EMPEROR ou ARCTURUS par exemple. Mais quels sont les groupes qui vous influencent vraiment ?

Benoît : Oui, il y a de ça dans la musique, en plus de groupes tels que DIMMU BORGIR, BEHEMOTH ou MORBID ANGEL pour l’aspect Metal. La musique progressive a une influence certaine dans celle du groupe aussi, nous aimons développer des ambiances comme tu as pu le constater ou des émotions variées. Pour ma part, en tant que bassiste ou auditeur, j’aime autant le Death Metal que la Funk en passant par le Jazz ou le Dark Ambient.

Frédéric : En tout cas, les groupes qui me sont directement venus à l’esprit en écoutant les maquettes instrumentales de Nico étaient EMPEROR, MORBID ANGEL, ZYKLON et quelques autres (ABIGOR, ou même BLUT AUS NORD dont je sais qu’il est très fan).

Au niveau du chant, mes influences sont très, très vastes… On y retrouve la trace de chanteurs emblématiques (Hetfield, Dickinson…), un penchant pour le Black où généralement j’affectionne les voix très expressives (EMPEROR vient à l’esprit, ABIGOR encore…) ; un goût particulier pour nombre de trucs un peu plus expérimentaux qui sont sortis de cette vague (VED BUENS ENDE, ARCTURUS, MANES, VIRUS, DHG…) ; beaucoup de musique alternative, Rock ou pas d’ailleurs (THE MARS VOLTA, RADIOHEAD, BJÖRK, …). Ajoute à cela le fait que ma voix s’est aussi beaucoup formée en rapport avec l’utilisation du français dans ORAKLE – et donc nombre d’influences issues de la variété française -  et… voilà, désolé c’est le bordel ahaha !


09. Tu es chanteur mais aussi producteur / ingé-son via le studio Henosis. Tu t'es d'ailleurs chargé du mix et du mastering de l'album. Ça ne doit pas être évident d'avoir le recul nécessaire à travailler techniquement sur une œuvre dans laquelle on est impliqué artistiquement. Pourtant, tu as brillamment réussi. Comment as-tu fait ? Etait-ce également une volonté de vouloir fonctionner en parfaite autarcie ? 

Frédéric : Merci pour le compliment ! Si ma mémoire est bonne, Nicolas m’a d’abord sollicité pour la production ; il m’a proposé dans la foulée d’intégrer COR SERPENTII en tant que chanteur. 

Pour être tout à fait franc, à partir du moment où l’on dispose des compétences – et à la condition d’une certaine capacité de recul évidemment – ce n’est pas tellement différent d’un autre projet. Les mauvaises productions viennent de musiciens qui pensent pouvoir s’improviser « ingénieur du son » le temps d’un album… c’est un boulot compliqué, il faut vraiment pratiquer de nombreuses années avant de pouvoir diriger les choses comme on le souhaite. Je le fais déjà avec ORAKLE, où je suis pourtant à l’origine des compositions, des textes, du chant ; sur Cor Serpentii, où je n’étais impliqué qu’en tant que chanteur, ce n’était donc vraiment pas un problème. D’autant que j’ai bien séparé dans le temps le processus créatif, l’enregistrement des parties et le travail de production à proprement parler. J’ai ensuite procédé comme pour tous les artistes avec qui je travaille : j’écoute, nous discutons de l’orientation, faisons des choix, etc.



10. Même si l'album est tout frais et qu'il nécessite plusieurs écoutes avant d'en saisir toutes les subtilités, avez-vous prévu d'en donner une suite ?

Benoît : Nico m’a laissé entendre il y a quelques temps de cela qu’il était motivé pour créer un autre album. Donc cela suppose une réponse positive, sans pour autant que cela soit planifié.

11. L'interview est maintenant terminée, si tu veux rajouter quelque chose, c'est à toi !

Benoît : Merci pour ton intérêt que tu portes à ce projet et pour l’interview. Nous sommes heureux que notre musique retienne l’attention et qu’elle suscite des réactions pour la plupart positives.


https://corserpentii.bandcamp.com/releases

par youpimatin le 20/11/2018 à 06:00
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