Attention, gros méchants et sales vilains. De la perfide Albion débarque une horde de malpolis, bien décidés à révolutionner le petit monde sclérosé du Blackened Thrash, en s’abreuvant aux origines Punk histoire de sonner encore plus véhément. Une sorte de No Future en manifeste cacophonique, s’électrocutant d’énergie Thrash pour la restituer façon Black fauché, les riffs circulaires trouant les poches de toute façon déjà vides depuis longtemps. Fondé en 2013, le collectif EXXXEKUTIONER a pourtant des allures de classique, à tel point qu’on a le sentiment d’avoir déjà eu affaire à eux dans un passé plus ou moins lointain. Pourtant, le jeune âge de la bande témoigne de sa précocité et de son agressivité, et ce premier album risque de tout balayer sur son passage de son intensité débridée et de son occultisme gentiment animé. Après avoir rodé une partie de son répertoire pour publier un premier EP en 2014 (Fear The Priest), puis proposé une compilation de démos pas piquée des vers putréfiés (Crucible of Evil - Demos MMXIII), les originaires de Walkden osent enfin le premier longue-durée, quoique la sienne n’excède pas les vingt-trois minutes, ce qui aurait tendance à rapprocher ce Death Sentence d’un EP gonflé aux entournures. Mais peu importe le format pourvu qu’on se mange la beigne, et sous cet aspect-là, les huit morceaux de ce premier jet ne font pas semblant, rendant hommage à l’héritage national tout en louchant sévère vers des influences sud-américaines bluffantes de naturel. On retrouve donc tout ce qui a fait l’horreur de ce style bâtard, ces rythmiques nucléaires, ce chant exhorté à pleins poumons, ces riffs qui virevoltent et tournent en rond, et cette énergie de tous les diables semblant avoir ouvert les portes de l’enfer pour que les zombies et démons de Fulci et Romero viennent réclamer leur dû avec pertes et fracas.

Des bourrins les EXXXEKUTIONER ou des boute-en-train ? Les deux my dear, et autant dire que le point fort de cette réalisation est de prôner la diversité, et de ne pas se contenter de nous refiler des plans qui se répètent jusqu’à la nausée. Et tout en avouant une passion pour la bestialité brésilienne, les quatre furieux (Cliff - chant, Ryan - basse, Mike - guitare et Liam - batterie) n’en oublient pas pour autant les ravages causés par la première vague Speed européenne, ni les dommages causées par la NWOBHM. Nous avons donc droit à un melting-pot en fusion, torturant la mélodie pour la faire entrer dans le caisson, et l’ensemble à de sérieuses allures de belle fusion, à mi-chemin entre cruauté pure et classe en démesure. Ne vous attendez donc pas à une débauche de stupre en partouze de décibels, ces animaux-là ayant l’intelligence de doser leur sauvagerie pour la faire adopter par les plus étourdis. En mettant en avant de sérieuses qualités de composition, le quatuor se permet de nous servir bouillants des plats alléchants, tel cet infernal « Blood Vengeance » utilisant les codes du Speed/Thrash de 84/85 à la LIVING DEATH pour détourner les dogmes du Black sud-américain naissant. Mais des salves d’une brutalité infinie viennent évidemment décaler le propos et placer les débats sur le terrain du sadisme outrancier, toujours en adéquation avec une philosophie personnelle obligeant les harmonies à venir moduler le fracas ambiant (« Necromancy », un tube de l’impossible que Quorthon aurait pu signer conjointement avec les DESTRUCTION). Et c’est certainement ce flair qui évite aux EXXXEKUTIONER de se noyer dans la plèbe marécageuse des bruitistes Blackened Thrash, qui confondent souvent bruit et chaos précis, et Death Sentence de s’extirper de la masse en collant à l’optique de son titre.

C’est donc bien une exécution capitale qui vous attend, ce qui n’est pas une surprise à l’écoute d’une entame aussi lapidaire que « Desekrator ». En adaptant les recettes d’un SEPULTURA de début de carrière au professionnalisme sadique des IMPALED NAZARENE, les anglais déboulent sans crier gare, vous enferment dans la tour de Londres avant de dresser la potence. On se prend même à cauchemarder, s’imaginant perdu dans un musée des horreurs dirigé d’une poigne de fer par Tom Angelripper, tant l’ombre du SODOM d’In The Sign Of Evil plane au-dessus de cette atmosphère de débauche meurtrière. Sauf qu’à contrario des allemands encore adolescents, les anglais manifestent d’un indéniable talent instrumental, indispensable à la boucherie sanglante qu’ils souhaitent baptiser devant nos yeux ébahis. D’autant que « Mass Disorder » ne fait rien pour calmer les esprits, et nous malmène une fois de plus d’un riff estampillé Belo Horizonte expatrié à Londres, et d’une rythmique plurielle s’accommodant parfaitement de mélodies discrètes en arrière-plan. Mais dès « Death Worhip », nous comprenons vite que ces quatre dépeceurs de caleçons sont beaucoup plus fins que la moyenne, lorsque le tempo ralentit enfin pour laisser un lick de guitare malin nous emmener sur les traces d’un Thrash malsain. Bien loin des blagues de mauvais goût de leurs aînés de SLAMMER ou ACID REIGN, les EXXXEKUTIONER gardent tout leur sérieux dans l’exécution, sans perdre de vue le second degré indispensable à ce genre d’exactions. Et comme les malotrus disposent d’un son phénoménal, cajolant les médiums pour mieux renforcer les basses, et mixer le chant pile où il faut, ils en profitent pour nous assommer et nous faire trébucher, se réjouissant de notre chute dans les abimes de l’enfer.

Férocité mais clairvoyance, emphase mais nuance, telles sont les associations proposées par ce premier album, qui décidément fait tâche dans l’uniformité de la production actuelle. En refusant de se cantonner au simple rôle d’agitateurs de l’extrême, les quatre musiciens rebelles réconcilient le Speed/Thrash de papy et le Black N’Roll de mamie, et nous offrent un festival de bestialité instrumentale, qui permet à la voix maléfique de Cliff de nous ramener aux grandes heures de BATHORY. Et en optant pour une brièveté de circonstance, ils évitent aussi l’écueil de la redondance, qui condamne souvent ce genre d’album à des répétitions sans fond et passablement ennuyeuses. Mais en truffant leurs compositions de plans indépendants, en assurant la forme pour ne pas passer pour de simples exécutants, les EXXXEKUTIONER nous livrent avec Death Sentence un rejet d’appel pur et simple, et nous condamnent à une mort Blackened Thrash rapide et précise, nous envoyant dans l’au-delà le sourire aux lèvres et la gestuelle précise. Un haut fait d’armes, et un avertissement lancé à leurs adversaires qui semblent incapables de s’extirper du bourbier dans lequel ils se sont eux-mêmes enlisé.           


Titres de l'album :

                        1.Desekrator

                        2.Mass Disorder

                        3.Death Worship

                        4.Blood Vengeance

                        5.Sacrilegious

                        6.Necromancy

                        7.Beyond the Grave

                        8.Black Witchery

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par mortne2001 le 15/11/2018 à 16:23
78 %    103

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chro séduisante, bon morceau également, merci pour la découverte


Franchement meilleur que les dernières prod de Death Fr...


Humungus : +1
Ben oui, normal. Déjà assimiler "vegan" et "antifa" est hors sujet.
Soutenons UADA !


KaneIsBack + 1.


Nefarious + 1.


Non.


Cet album est absolument fantastique !!!


Ravi de lire un report sur Aura Noir


J'ai jamais vraiment écouté Cancer, pourtant je fais partie de cette génération des 90's qui a découvert( le death metal avec ces sorties majeures. Très efficace ce titre , va falloir que je rattrape quelques lacunes.


commandé


Le metal selon les Grammys... Vaste blague.


Candlemass c'est pourris depuis la première séparation des années 90...Avant c'était génial et sombre.


Rien d'autre a faire que d'aller au Botswana ?


Donc Ici on ne peut pas être anti-fa, et vegan sans être aussi une cible...


Les antifas sont effectivement aussi fascistes que ceux qu'ils dénoncent. Pitoyable histoire...


Si Jeff est aussi insipide dans MDB qu'il ne le fut dans Paradise Lost, ça promet de sombres catastrophes. Je me souviens encore de la manière dont il détruisait "As I die" sur scène...


Très très curieux d'entendre ça, surtout avec le retour de Langqvist.


Faut voir le résultat, je suis très méfiant avec CANDLEMASS qui n'a rien proposé de bandant depuis fort longtemps ! Mais sur le papier... oui c'est la classe ultime !


C'est exactement ce que je me disais... La classe !


"Mais aussi que Toni Iommi (ex-BLACK SABBATH) apparaissait sur le titre "Astorolus - The Great Octopus" le temps d'un solo".
Si ça c'est pas la grande classe... ... ...