Le tabac. Cet ennemi bien visible qui pollue l’air et les poumons. Cet ennemi contre lequel se déchaînent les différents organismes de santé, bien décidés à s’en débarrasser une bonne fois pour toutes. Alors, quelle solution. Sensibiliser ? Vain. Développer des alternatives moins dangereuses, comme la cigarette électronique ? Les effets secondaires restent encore à déterminer. Augmenter constamment le prix du paquet ? Dissuasif, mais éminemment hypocrite. L’état se gavant de taxes au passage, il est difficile de n’y voir qu’un problème de santé publique. Et aujourd’hui, on parle d’interdire toute allusion à la consommation de nicotine et de goudrons dans les films, quelle misère…Et pourtant. Vous imaginez Uma Thurman sans clope au bec sur l’affiche de Pulp Fiction ? Non, et pourtant, les américains l’ont fait. Je vais vous dire, moi je fume, j’ai réduit ma consommation parce que j’en ai marre de cramer des billets dans le vide, mais je ne m’arrêterai pas de sitôt. Parce que j’aime ça. Comme le Punk et le Hardcore. Aucun rapport ? Et pourtant si, le premier EP des enragés de RAUCHEN, et leur patronyme en lien. Et surtout, une splendide pochette qui m’a orienté vers eux, et l’assurance de me délecter de hurlements féminins comme accompagnement.

Le résultat ?

Une tuerie, à peu près aussi galvanisante que la première bouffée qu’on tire le matin juste avant de prendre son petit déjeuner. L’inhalation qui met les poumons et la gorge à l’envers, mais qui remplit le cœur et le cerveau d’un bien-être fatal. Point à la ligne, fumons et sevrons-nous de violence musicale puisque là est le propos.

Ce qui tombe bien, parce que contrairement aux multiples mises en garde figurant sur les paquets de cigarettes, les pages concernant nos amis allemands sont plutôt chiches en renseignements. Un Bandcamp sommaire, avec une seule sortie, celle de cet EP Tabakbörse, pas de line-up, pas de lien externe, et une simple date de parution virtuelle en dématérialisé. Alors, sachons nous contenter de ce qu’on nous offre, à savoir dix bonnes minutes de Punk Hardcore à l’allemande, tassé, compressé et sans filtre, qui vous ramone les tuyaux en tirant parfois (très légèrement il faut bien l’avouer) vers le Powerviolence light à l’occasion de quelques breaks. Rien de plus, mais une production honnête qui sert des guitares prestes, et une rythmique alerte, se fixant sur un mid tempo particulièrement efficace. Niveau chant, la demoiselle au micro donne de l’élan avec son allant, et vitupère comme une activiste anti-tabac devant une Civette communale. On le sait, l’adjonction de vocaux féminins au Hardcore à tendance à le dynamiser encore plus, et le rendre vraiment dangereux à l’écoute, et une fois est encore coutume, c’est le cas ici, avec des slogans hurlés au-delà du raisonnable d’une voix écorchée, comme enflammée par une surconsommation de produits toxiques en bâtonnet qu’on allume avec un briquet.

RAUCHEN, c’est un peu le petit matin blême post hangover, lorsqu’on tente de retrouver ses esprits en avalant un vieux reste de gin tiède et en grillant un mégot pas complètement consumé qui traîne dans le cendrier. Difficile de trouver comparaison plus musicale, puisque l’optique du groupe reste assez générique, malgré l’utilisation de quelques riffs un peu Doom sur les bords durant les instants les plus pesants.

Quelques accélérations pour varier le propos, mais une linéarité de tempo qui donne le frisson, et qui parvient à éviter la redite par quelques astuces de percussions assez bien trouvées. Des mélodies anémiées, mais surtout, une énergie de tous les diables pour convaincre l’auditeur de la pertinence de la démarche, et un investissement global intégral, qui met quand même en avant le duo batterie/chant, celui que l’on remarque le plus facilement. Un cogneur qui ne lésine pas sur les frappes et qui distille de petits fills sympathiques, et une vocaliste qui fait fi des riffs tricotés pour continuer à vociférer sans discontinuer, formant ainsi une courte litanie qu’on retient plus facilement qu’un discours du ministère de la santé. Quelques sonorités Post-Punk pour accenteur la froideur de certaines atmosphères, et des titres en clin d’œil, « Junggesellenabschied » (Enterrement de vie de garçon), « Schrebergarten » (jardin ouvrier), ou « All-You-Can-Eat-Buffet », qui restent plus ou moins opaques quant à leurs thématiques, pour un final outrancier, « Je Suis Auto », mystérieux mais bien agacé, avec son intro à la RAGE AGAINST THE MACHINE nous trimbalant ensuite entre poussées de feedback et allusions Crust/Powerviolence affirmées.

Du bon ?

Oui, en globalité, mais grâce à un format court et une basse terriblement Crust qui abuse de sa distorsion pour nous frapper les bonbons.

En définitive, et sous couvert d’une magnifique pochette (encore) qui attire irrémédiablement l’œil, ce Tabakbörse des RAUCHEN est loin d’être mauvais pour la santé, bien au contraire. Une bonne dose de Punk Hardcore aux influences multiples, et qui donne envie d’en savoir un peu plus sur ce groupe cryptique. Espérons un LP plus conséquent la prochaine fois, mais je serai au rendez-vous.

Pour les écouter, leur payer une clope, ou juste discuter, c’est selon.


Titres de l'album:

  1. Männerbünde
  2. Junggesellenabschied
  3. Schrebergarten
  4. Kehrwoche
  5. Esohippies
  6. Opfermythos am All-You-Can-Eat-Buffet
  7. Je suis Auto

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 09/12/2017 à 14:18
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