Encore trois frappés qui veulent nous broyer l’âme et les tympans par la même occasion. Sont-ils lucides ? Savent-ils que des milliers d’autres avant eux ont essayé de nous corrompre et nous pervertir au son d’un Metal torride et agressif ? Je le pense, ou l’espère plutôt, mais à l’écoute de ce premier EP, je ne peux m’empêcher de penser qu’ils ont quand même les moyens de nous faire plier et ployer sous les coups d’un Metal fort en gueule, qui hésite encore entre Power bien tassé et Thrash bridé. Trois nouveaux venus sur la scène américaine, qui doit commencer à déborder, trois barbares de Portland, Oregon, formés en 2016, et qui n’ont guère attendu pour nous narrer leurs vues sur une musique sans concession, mais pas dénuée d’émotion. Alex Avery (guitare), April Dimmick (chant et basse) et Kevin Ross (batterie) réunis sous le même son sont donc les SOUL GRINDER, et font tout ce qu’ils peuvent pour nous convaincre de la puissance de feu de leur hargne qui n’est pas facilement classable, et c’est tant mieux.

Visuellement, le spectacle est assurée par la frontwomen April, qui se son maquillage hostile et de ses grimaces puériles tente de nous convaincre de sa vilénie, mais à vrai dire, la musicienne n’a pas besoin d’atours mad maxesques pour nous foutre les miquettes, puisqu’il lui suffit de laisser son gosier s’exprimer pour nous glacer sur place. La demoiselle a un coffre assez impressionnant, mais ne gueule pas pour autant à tout bout de champ, et module ses intonations pour leur faire épouser les contours mélodiques de quelques interventions. Le mélange est donc probant, et nous ramène directement vers des eighties endiablées, celles des METAL CHURCH, de DETENTE, de HEXX et autres ICED EARTH, en version plus venimeuse, tout en évoquant évidemment les ARCH ENEMY, et autres dérivations Death qui accompagnent leur Heavy Thrash comme promis.

Avec ce premier EP, Terraflesh, SOUL GRINDER frappe suffisamment fort pour qu’on retienne leur nom, même si leur compos ont parfois le même son, trituré aux Alex Avery Audio. Les riffs sont épais et classiques, et piochent parfois sans vergogne dans le répertoire national d’il y a quelques décennies, tandis que les placements solo sonnent parfois un peu trop mièvres et noyés dans l’écho, tandis que le chant de miss Dimmick est clairement placé en avant, pour que les crocs tailladent hors des sillons. Pour autant, pas de sortie physique prévue pour le moment, ces cinq morceaux n’étant dispo que sur le Bandcamp du groupe en version dématérialisée, ce qui est largement suffisant pour se faire une idée. L’idée est assez claire, et même présentée indirectement sur leur page Facebook, par l’entremise d’une photo de vestes en jean flanquées de patchs KREATOR, BOLT THROWER, DEATH et autres EMPEROR. Point de BM à l’horizon, je vous rassure, quelques inflexions Death pour garder la mesure, et principalement, un mid tempo qui a du mal à décoller, et qu’on aimerait bien voir exploser pour nous entrainer dans un souffle épique propre à nous échauffer. C’est ce que je reprocherai à ce premier EP qui n’ose pas trop encore tâter de l’extrême débridé, et qui se contente de tasser, de compresser, mais jamais de laisser filer la pression par les extrémités.

Certes, le groupe joue carré, mais un peu trop justement, et lorsque le timing se desserre, le temps paraît un peu long, notamment sur le titre le plus ample « Terraflesh », qui laisse traîner les débats sans les recentrer autour d’un thème porteur plus efficace sur la durée. On se demande d’ailleurs dans ces moments-là si l’on a affaire à un pur combo de Heavy ou à un gang Thrash un peu indécis, tant la guitare s’obstine à rester en terrain balisé. Mais heureusement, « Iron Crown », le final, se permet enfin une accélération somme toute brève, mais cathartique, et dose bien sa vénéneuse haine pour nous prendre à la gorge.

Mais il serait injuste de résumer l’histoire à son prologue, « Dark Apostle », même s’il représente à mon humble avis le meilleur du propos de cet EP. Chant qui ondule entre grognements rauques et envolées harmoniques, guitare redondante dans l’esprit d’un FORBIDDEN précis, rythmique bondissante et trépidante, c’est quand même un très bon résumé des capacités des SOUL GRINDER, qui gagneraient quand même à diluer leur Heavy Thrash dans un bouillon un peu plus carton et moins épais pour espérer nous faire transpirer. Une musique qui évoque pourtant d’éventuelles prestations live carton, mais qui en studio reste encore un peu trop timorée dans son approche de la violence instrumentale figée.

Mais que mes propos ne vous égarent pas, ces cinq morceaux, bien que trop formels valent leur pesant d’hydromel, et secoueront votre tignasse de rebelle. On exigera pour la prochaine fois une inspiration un poil plus variée, et des attaques un peu plus préparées. Mais on suivra les aventures de ces originaires de Portland pour savoir jusqu’où ils peuvent aller, puisqu’on les sent quand même méchamment déterminés. En attendant, ce ballet entre Thrash trop contrôlé et Heavy encore un peu trop mâché reste trop inégal pour fédérer. Mais Portland, comme Rome ne s’est pas faite en un jour ni en un cri. Alors soyons patient. Tout vient à point à qui sait thrasher.


Titres de l'album:

  1. Dark Apostle
  2. Bone Chapel
  3. Hound Of Doom
  4. Terraflesh
  5. Iron Crown

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 26/08/2017 à 14:24
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T'as ça aussi sur le label d'origine Metal Blade. Bon morcif, déjà que le EP contient un sacré titre, ils ont gardé leur sens de la composition, les gaziers. Hâte d'avoir ça en mains.


"J'vous ai d'jà dit que j'prêtais d'l'argent à des taux pas dégueulasses ?"


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