« Nous vivions dans une cité de béton, et nous étions toujours en marge ». C’est ainsi que le trio CONCRETE WORMS se présente, et il n’est alors pas difficile de comprendre pourquoi ils ont choisi tel nom de baptême. Ce trio rageur nous vient de Belgrade en Serbie, et jouit d’une réputation sans failles et sans tâches, et s’articule autour de l’axe Dragana (basse/chant), Ilija (batterie) et Dragan/DR (guitare/chant) depuis 2000. Il semblerait selon les sources qu’ils soient nés aux alentours de 1994, ce qui doit en faire le groupe local le plus ancien ou presque, chose qui se sent à l’écoute de leur dernier EP, le massacre No Mask - No Disguise, qui effectivement les montre tels quels, sans déguisement, et habillés d’un Hardcore aux subtiles touches Rock’n’Roll aussi efficace que destructeur.

Niveau influences, le trio admet une fascination pour le Punk des origines, celui des 60’s (des SEEDS, TROGGS et autres pépites Garage de la compilation Nuggets), mais aussi le Hardcore des débuts des scènes de Washington et New-York, ce que leur musique approuve sans ambages au détour de riffs simples et de rythmiques franches, appuyées par une dualité vocale masculine/féminine parfaitement complémentaire et en place.

Et une fois assimilés les six morceaux de ce nouvel EP, il n’est pas difficile de comprendre que les CONCRETE WORMS sont de vrais amoureux du genre et qu’ils ne font pas semblant. D’ailleurs, Ilija le batteur admet que le Punk à définitivement changé sa vie dès son adolescence et qu’il en écoutera probablement jusqu’à la fin de ses jours, lorsqu’il déambulera dans les couloirs d’une maison de retraite…

Mais au vu de la vitesse et de la rage qu’ils insufflent à leur musique, pas sûr que le pauvre métronome vivant puisse goûter les joies d’un repos bien mérité.

L’investissement est total et pur, puisque le trio joue en effet un énorme Punk/Hardcore proche de ses racines, très subtilement distordu, mais pas franchement métallique.

Ceci n’est pas un reproche, loin s’en faut, et on sent des réminiscences des RAMONES et autres BLACK FLAG dans leurs morceaux, le tout chauffé à l’énergie des DAMNED/MOTORHEAD, ce qui a tôt fait de placer ce No Mask - No Disguise sous les meilleurs auspices. et très loin des hospices !

Six titres pour quatorze minutes, l’urgence est palpable et le trio Serbe va donc à l’essentiel. Des compositions accrocheuses et hargneuses qui ne cherchent pas la complication, mais la concision. Ne les prenez toutefois pas pour de gentils benêts incapables de faire avancer le schmilblick, puisqu’ils sont loin d’être manchots, simplement, ils privilégient l’immédiateté à la prise de tête, tout comme le faisaient leurs héros dans les seventies et eighties, lorsque tout restait encore à faire.

Pour améliorer l’approche des CONCRETE WORMS, pas grand-chose à faire par contre. Tout est déjà en place, et on le sent dès l’ouverture « Walls », qui en moins d’une minute fait le tour de la question Hardcore à tendance Crust, que cette question est vite résolue par les vocaux enflammés de Dragana qui hurle comme une damnée sur fond d’instrumental déchaîné mais bien agencé.

« Born In The Gutter », outre son aveu d’une existence en marge enfonce un peu plus le clou, et cavale comme une bourrade de DISCHRAGE aménagée de quelques arrangements à la MINOR THREAT/YOUTH BRIGADE pour un ballet étourdissant de haine et de ressenti, porté par un riff énorme et une production vraiment percutante et directe. En cadeau, un splendide mini solo coulant d’une wah-wah suintante. Content ? Content !

Version courte, version longue, tout sied à ce trio magique qui nous replonge dans les années de bataille rangée d’un Hardcore affamé, et « Led Like Cattle » a beau ralentir le tempo, il garde le cap sur une colère palpable, qui une fois de plus se concrétise via un duo vocal en osmose de fureur.

Derrière son kit, Ilija multiplie les pirouettes de toms tout sauf gratuites, et offre une déconstruction du tempo qui permet aux saccades de guitare de trouver leur créneau. Rock, Punk, Hardcore, avec un soupçon de mélodie pour faire passer la pilule de violence, c’est parfait, et les quelques arabesques de basse viennent enjoliver le tableau d’une douceur ne nuisant pas à la crudité.

« Nothing To Lose », hymne imparable de cet EP impose un mid tempo surpuissant, et ramène à la conscience et l’impatience la constance d’un MOTORHEAD du « Born To Lose », ce qui en dit long sur les qualités et références des CONCRETE WORMS qui connaissent leur missel Rock N’Punk par cœur. Le genre de morceau qui prend aux tripes et qui accroche l’oreille pour mieux en défoncer le tympan, et qui laisse les poings serrés et le cœur battant.

« Hypocrite » accélère encore le rythme pour se rapprocher du Crust’n’Core Anglais de la fin des 80’s, et permet à la furia Dragana de s’extérioriser encore plus sur fond d’up tempo bien chaud, lardé de breaks costauds, tandis que « Cursed » laisse agoniser un riff en intro, qui mène sur une belle charge toute en nuances, qui pourtant balance grave et sévère, et ose même un refrain presque Punk Pop de première bourre.

Tout ça fait nos affaires et les leurs, et dès lors, pas étonnant que le trio passe son temps à jouer encore et encore, hors de sa Serbie natale dont la scène n’est pas assez importante pour leur offrir des conditions idéales. Alors, ils partent en Croatie, en Bosnie, et même en Roumanie…Mais gageons qu’avec la bonne promotion en Europe, il reste possible de les voir se rapprocher de nos contrées, car voir ce trio en live doit être une expérience qu’on n’est pas prêt d’oublier.

En attendant ce jour hypothétique, ruez-vous sur leur Bandcamp pour télécharger gratuitement ce No Mask - No Disguise qui avance à Punk découvert, pour retrouver l’essence même d’un style qui ne mourra jamais tant qu’il trouvera d’ardents passionnés pour le faire respirer.

Punk’s not dead ? Tu m’étonnes John. Et il se porte même mieux que jamais !


Titres de l'album:

  1. Walls
  2. Born In the Gutter
  3. Led Like Cattle
  4. Nothing To Lose
  5. Hypocrite
  6. Cursed

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 04/03/2017 à 17:37
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Le metal selon les Grammys... Vaste blague.


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Rien d'autre a faire que d'aller au Botswana ?


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Les antifas sont effectivement aussi fascistes que ceux qu'ils dénoncent. Pitoyable histoire...


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Très très curieux d'entendre ça, surtout avec le retour de Langqvist.


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C'est exactement ce que je me disais... La classe !


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Malheureusement même "critique" que la dernière fois Mold_Putrefaction...
Quoi qu'il en soit merci pour tout ce temps pris.


Ecoutez Chiens, ce groupe est vraiment excellent dans le grindcore, il en vaut vraiment la peine !


De toute façon, les "antifas" sont des "fascistes", y a pas vraiment besoin d'aller plus loin... bon courage à UADA !