We are all angry. And you can't mess with any of us.

C’est en tout cas comme ça que les américains de THE TERRORISTS se présentent, et il n’y a pas lieu de les contredire. Il faut dire que leur musique peu avenante ne donne pas vraiment envie d’adopter une posture défiante, pourtant, il y a dans cet album largement de quoi résumer tout l’extrême de ces dernières années en seulement un petit quart d’heure. Tour de force ? Oui, et pas qu’un peu, puisque le groupe de Houston, Texas se pose en convergence de presque toutes les tendances, et ose incarner une forme de violence qui n’admet aucun label ni aucune étiquette. D’ailleurs, ils le disent encore eux-mêmes, la musique extrême est hors-la-loi et refuse de se cantonner à un rôle bien précis, alors autant l’accepter en tant que telle sans chercher à la décrire. Et en lâchant sur nos tronches ce massif et monumental Pesadilla Americana, ils tiennent le meilleur argument qui soit pour étayer leur défense…Peu d’infos à vous donner à croquer, si ce n’est préciser que ces mecs-là sont en fait quatre, et qu’ils se revendiquent d’influences diverses qui couvrent un spectre de brutalité assez conséquent. Il est vrai qu’on retrouve pas mal de leurs références avouées dans cette surdose de cruauté, des SUPERJOINT RITUAL aux INSECT WARFARE, en passant par TERROR, pour une méchante décharge de Hardcore dans ses oripeaux les plus déchiquetés. Hardcore par obligation, et parce qu’il faut un fond, mais tellement Crust et Loudcore dans les faits, Grind en tendance obligée, et puis Sludge aussi, pourquoi pas…Comme vous le constatez, pas vraiment d’ancrage précis, mais plutôt un genre de Metal vraiment suintant de haine, comme seuls les NAILS savent en faire.

Et voilà la référence lâchée, mais à dessein, tant les points communs entre les deux formations crèvent les oreilles. Même tendance à piocher où bon leur semble les ingrédients nécessaires à leur plombage, même absence d’empathie pour privilégier la rage, et même art consommé de tout faire sonner comme une attaque éclair en pleine journée, qui la transformera en nuit éternelle. Dotés d’un son à rendre fou Kurt Ballou et qui pourrait faire trembler les murs de l’Audiosiege de Brad, Pesadilla Americana est en effet une attaque terroriste sonore en forme de déclaration, d’intention évidemment, mais aux désirs plus pacifistes qu’ils n’en ont l’air. Car la qualité est évidemment au rendez-vous, des compos à la production en passant par l’interprétation, carrée, mais suffisamment folle pour convaincre et pénétrer. Ne les confondez donc pas avec des destructeurs ambiants, même si leurs titres sont autant d’explosions à la ronde, et si le nom de baptême qu’ils se sont choisi évoque malheureusement des individus aux buts beaucoup moins louables, il n’en est pas moins parfaitement adapté à leur démarche. Je parlais plus en amont des NAILS, et il est certain que le parallèle est frappant, mais loin d’être une simple démarcation, THE TERRORISTS en sont plus une autre incarnation, celle d’un extrême qui frappe tous azimuts pour faire trembler la civilisation sur ses bases les moins solides. En adaptant leur lexique aux vocables de l’underground le plus nocif, les originaires de Houston ne nous laissent aucune chance, d’autant plus que leurs morceaux sont aussi courts que percutants, mais pourtant jonchés d’une myriade de plans qui s’enchaînent avec brio et démence. On note même de ci de là quelques interventions en solo tout à fait pertinentes, mais ce qu’on retient de l’ensemble, c’est cette hallucinante capacité à faire le trait d’union entre les NAPALM DEATH, les URSUT, DISCHARGE, NAILS et même CONVERGE parfois, lorsque la densité et la complexité s’intensifient.

Cherchant à tout prix le plan qui tue, le quatuor le trouve souvent, au point de friser par fois le Metalcore le plus indécent, et trempé dans le Hardcore le plus brûlant (« Black Mold », feedback et dissonances à l’avenant pour un hit de trois minutes). Mais pas d’inquiétude, pas de tics à la mode ici, juste une gigantesque vilénie qui permet à une basse énorme d’occuper le premier plan, et à des guitares assassines de varier leurs méthodes de torture. Sans se fixer sur un déroulé de riffs compostés, Pesadilla Americana tient le rythme en imposant le sien, souvent véloce mais toujours féroce, et pilonne le mid pour soudain partir en vrille Crust, avant de se couper les doigts sur le barbelé d’une vieille friche industrielle gardée par les BRUTAL TRUTH. Et dès l’impitoyable « Heel Turn », qui de ses blasts ne cache pas la menace, on sent que le potentiel des THE TERRORISTS est exponentiel, et que l’avenir leur est déjà tout tracé. « We Belong Dead » appuie d’ailleurs sur la gravité, et nous enfonce la tête dans les marais, de son binaire travesti digressant vers un speed cramoisi. Chant vraiment infâme et véhément, pour une osmose rythmique frappant les esprits, le tout arrosé d’une bonne couche de Metal en fusion. On se laisse choper par les burnes, et le pire, c’est qu’on aime ça, un peu dans le genre grand écart entre les USA et la Suède, pour une gigue torride en Blast Indus aux motifs accrocheurs et à la haine fédératrice (« Swine », un goret qui multiplie les nuances pour rester dans la danse). Pas de répit, encore moins de sommation, le temps n’est pas à la tergiversation, mais bien au Crust de malades qui n’en oublient pas le Grind après la salade (« Tongue Of A Fool »). Quelques pirouettes rythmiques sur fond de dissonances cryptiques (« House Of Leeches » qui une fois encore nous terrasse de son amalgame guitare/basse/batterie), avant qu’un final en tornade ne nous emporte si loin qu’on se demande bien comment on va rattraper le train (« Maldito »).

We want everyone to feel a part of our music.

Un truc qui ne s’adresse pas à tout le monde, mais que tout le monde peut aimer en partie. Pour un tout aux dimensions énormes. Qui risque en version longue durée de tous nous ratatiner. Y compris la concurrence.


Titres de l'album:

  1. Intro
  2. Heel Turn
  3. We Belong Dead
  4. Black Mold
  5. Swine
  6. Tongue of a Fool
  7. Houses of Leeches
  8. Maldito

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par mortne2001 le 24/03/2018 à 14:55
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