Dextress

Dextress

06/10/2017

Autoproduction

Je vais finir par croire que je m’y prends comme un manche pour glaner des infos en amont de chroniques, tant j’ai du mal ce matin à dénicher des précisions avant de vous parler d’un album qui vaut la peine d’être écouté. Cette fois-ci, c’est du côté du Canada que j’ai lorgné, pour faire la connaissance du dernier Glam band à la mode, et faites-moi confiance, ces quatre lascars là s’y entendent comme personne pour chalouper le groove et aiguiser des guitares à la moue boudeuse. Les DEXTRESS nous en viennent donc de Calgary, se sont formés en 2011, et ont depuis affiné leur répertoire on stage pour devenir le combo le plus hot de leur région, nous satisfaisant aujourd’hui de ses vues goulues sur un Hard-Rock festif et fort en tifs. Quatre jeunes musiciens aux influences revendiquées, qui ont grandi à l’ombre du soleil américain des 80’s, et qui en restituent aujourd’hui la chaleur des rais via un assemblage explosif de hits et tubes juvéniles qui vont ravir les accros de la scène Sleaze eighties. Pas de temps mort, ils ne sont pas là pour faire de la figuration, mais pour que vous reteniez leur nom et le répétiez à tous les contacts de votre notebook. Et une fois ce LP éponyme digéré, vous aurez clairement envie de le partager avec quelques amis bien triés, tant il restitue à merveille l’esprit de party que cette décennie chamarrée avait fêté pendant une nuit durant quelques années.

L.A, Calgary, la différence est énorme et pourtant minime, tant on a le sentiment d’avoir affaire à un disque ayant traversé le temps sans se faire remarquer, avant d’émerger de nouveau pour nous enthousiasmer. Car de la production aux chansons, tout est élaboré dans un élan de mimétisme bluffé, qui nous prend par les tripes et nous lèche la joue sans laisser de trace de bave séchée…

Quatre acolytes (Mark Janz – guitare, Eric Paulin – chant, Keith Runco – batterie et Reece Runco – basse, mais la configuration a salement changé depuis leurs débuts), jeunes, frais et à l’aise dans leur baskets qui revisitent le répertoire des cadors qu’ils se plaisent à nommer, les éternels MÖTLEY CRÜE, VAN HALEN, GUNS N' ROSES, SKID ROW, DEF LEPPARD, dont ils retrouvent le souffle adolescent le temps d’un LP franchement revigorant. Bon sang ne saurait mentir, et le leur bout d’un Sleaze en devenir, qui annonce la couleur et les fanfreluches dès « Wild Is The Night », qui nous ramène à toute blinde trente ans en arrière, de ses chœurs en lumière et de ses riffs qui ne prennent pas la poussière. Ici, pas de prise de tête et satisfaction garanteed, on joue du Rock glossy pour le plaisir, et surtout, pour le désir, celui de signer des hymnes teenage à reprendre à tue-tête un samedi soir de fête. Mais la fête ici est permanente, et réchauffe le climat que les frimas du Canada rendent encore plus froid, mais dont la glace fond à chaque intervention de ces gamins qui vivent leur vie à fond. A fond les ballons, qui éclatent et dispersent leurs cotillons, sans pour autant se cacher derrière un paravent de gimmicks. Les instrumentistes sont certes jeunes, mais connaissent leur boulot, et manient leur manche, leurs baguettes et leur micro avec un indéniable brio. Soli qui volent haut, rythmique qui frappe tôt, et guitares qui riffent chaud, pour une sacrée virée downtown qui ne vous ramènera pas tant qu’il restera une bière dans le frigo. Un peu ENUFF Z’NUFF, un peu POISON, beaucoup de GUNS, et une pincée de SKID ROW, pour une descente dans les bas-fonds de la Californie, à quelques milliers de kilomètres de distance…

On pensait le sacro-saint triptyque dépassé, mais les DEXTRESS lui rendent ses lettres de noblesse via un « Sex, Drugs, Rock N’Roll » enragé, qui d’une rythmique Heavy plombée et d’un riff saccadé achève de nous convaincre d’un potentiel inné. Tout ça transpire la joie de vivre, de jouer, et de se retrouver sur scène pour partager. Les thèmes sont simples, mais efficaces, et la production classe leur apporte le professionnalisme dont ils avaient besoin pour aller encore plus loin. On oscille entre Hard party et Heavy duties, et le mélange est explosif, et fort en gueule, un peu comme si Sebastian Bach, à peine pubère, s’en allait taper le bœuf sans prévenir sa mère avec des L.A GUNS bien vénères. Ce qui n’empêche nullement la troupe bigarrée de s’essayer à l’exercice du Rock électrique bluesy, par l’entremise sexy d’un « Bring On The Girls » suant le stupre et puant la luxure, mais traitant sa biture à grands coups de guitares à la Young et de chœurs à la CHEAP TRICK. Le chant très haut perché d’Eric nous rappelle même les SLAUGHTER, en version moins adulte, et surtout plus excitante, tandis que la bande son en arrière-plan n’a pas oublié le subtil mélange de Pop et de Rock d’une décade d’excès qui trouve encore des échos trente ans après. C’est rythmé, rythmique, typique, facilement assimilable, mais tellement jouissif qu’on en oublie la repique, qui pioche à droite à gauche les plans nécessaires à la mise en place de l’optique. Crue, mais soft, drue, mais Rock, la musique des DEXTRESS est à l’image de leur attitude et de leur physique avantageux, et se vautre dans la cowbell pour nous redonner la pèche, le temps d’un « Reason or Rhyme » bien rebelle, et symptomatique de l’ambiance du Sunset à la nuit tombée.

Mais la nuit ici, dure toute la vie, c’est un principe établi qui permet de rejeter les conventions d’une journée aux responsabilités difficiles à assumer. Alors on l’oublie, le temps d’une intro et d’une fuite en avant dans le métro (« Red Eye Enemy »), au cas où l’on tomberait sur les frères Young et Mike Monroe dans la même rame en direction du même tripot. Une fois encore, l’efficacité prime, les backing vocals brillent, et la folie d’une adolescence pas encore terminée jubile, terminant sa croissance près de la rivière pour y disperser ses dernières prières (« Down By The River »).

Petit détour par les rues bondées, histoire d’échanger, de deviser, et surtout, de draguer (« Oh Sweet Sister », on n’avait pas entendu tel hymne depuis les DOLLS au moins). Et si les mecs font semblant de se la jouer romantique, ne tombez pas dans leur piège à la canadienne, dont la technique australienne singe l’attaque d’Angus et Malcolm pour mieux vous prendre à revers (« Play Nice », mon œil, nice boys don’t play rock n’roll, tout le monde le sait depuis ROSE TATTOO, même si sur ce coup-là, ce sont plutôt les ENUFF Z’NUFF qui s’y collent). Ambitieux et malicieux, ce quatuor ose même le final homérique via une composition épique et romantique de plus de sept minutes, qui nous offre un épilogue charmant, témoin d’une aube naissante qui nous mènera vers un autre jour (« Distance », parfaite BO d’un film où le héros embrasse sa belle sous un soleil qui brille haut).

Quelle belle surprise que celle réservée par les DEXTRESS, qui outre leur dextérité, ont su retrouver le naturel sauvage d’albums ayant fait des ravages il y a quelques lunes…La leur est pleine, et susceptible de déclencher des passions, des baisers plein de fougue et beaucoup d’attention, la vôtre bien sûr…Un disque spontané et frondeur, qui ne passe pas des heures à vous expliquer ce que des sentiments innés savent déjà depuis des années. Et qui occulte la détresse pour vous emballer d’une joie toute justifiée.


Titres de l'album:

  1. Wild Is the Night
  2. Sex, Drugs, Rock n' roll
  3. Bring On The Girls
  4. Reason Or Rhyme
  5. Red Eye Remedy
  6. Down By The River
  7. Oh Sweet Sister
  8. Play Nice
  9. Guilty Man
  10. Distance

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par mortne2001 le 31/10/2017 à 14:11
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