Un jour, il y a bien longtemps de ça, certains mecs ont trouvé que le Thrash n'était plus assez violent et excitant alors ils ont inventé le Death Metal. Ce style a alors déferlé sur la scène Metal mondiale comme la peste sur la populace au Moyen-Age. Puis certains, sans doute un peu plus fêlés que les autres, ont trouvé que le Death Metal n'était plus assez bourrin et bas du front pour eux. Alors le Brutal Death est né. Plus lourd, plus rapide, plus gore... plus tout en fait. Plus jusqu’au-boutiste surtout ! Puis ce genre a muté, évolué pour en arriver à ce qu'il est aujourd'hui. Beaucoup de fans n'ont pas forcément suivi le mouvement et aujourd'hui on distingue clairement cette "nouvelle" scène Brutal Death "Slam", "Guttural", de la scène Death classique. 

Toute cette introduction foireuse pour vous dire que les Rennais d'INSEMINATE DEGENERACY ont eux choisi leur camp : le Slamming Brutal Death. Un genre dont je ne suis pas forcément friand en temps normal et encore moins expert, vous vous en doutez. Mais en écoutant leur premier EP qui vient tout juste de sortir (le 6 février pour être précis) je me suis surpris à secouer de la tête du début à la fin. Pourtant tout ici, de la pochette au logo, en passant par le son et le "chant", appartient clairement à cette scène que je ne suis pas vraiment. 

Tous les composants du genre sont donc réunis sur ce Genesis Of A Disastrous Gestation. Oui, même le titre de l'EP, vous l'aurez noté. L'intro bien sauvage où le sang coule à flot sous un déluge de coups de feu et de violence, très orientée film gore, nous conforte dans le genre. Puis c'est parti pour le premier morceau, gros son de guitare bien gras même si finalement pas envahissant, batterie qui claque comme un coup de trique avec un son triggué mais pas à l’extrême. Et bien sûr "chant" ultra guttural en mode porcin. Mais pas trop poussé à l’extrême non plus comme je l'ai entendu parfois chez d'autres groupes, où cela frise le ridicule pour moi. Non, là il est encore violent et saccadé même si complètement incompréhensible. Mais ce n'est pas un "iiiiuuuiiiuuuh" (vous me suivez là ?) ininterrompu et sur-aiguë comme c'est parfois le cas... Et pour vous donner une comparaison pour mieux situer la bête (c'est toujours pratique pour s'y retrouver), je dirais que le groupe américain WAKING THE CADAVER doit être pas mal apprécié par les Rennais.

Les blasts sont présents mais pas en continu ce qui rend les morceaux finalement assez aérés et accrocheurs. De grosses moshparts bien lourdes viennent s'intercaler ici et là mais elles ne sont ni envahissantes, ni trop clichées ou ralenties à outrances. Pas d'ennui sur ce premier EP pour moi donc, j'ai accroché sans soucis à ces 23 minutes de brutalité débridées.

J'ai moins adhéré aux drop bass assez présents (surtout dans le premier morceau), mais c'est le style qui veut ça. La prod de ce premier effort est en tout cas bonne et claire, même si "faite maison", pour un si jeune groupe. Je n'aurais pas dit non à un peu plus de puissance pour la guitare par contre. Pas de basse ici en effet, donc elle semble un peu seule par moment entre les fûts qui sonnent dur et le chant puissant et assez présent. 

Certains seront peut-être blasés par la musique proposée ici, tant tous les clichés du genre sont exploités à fond, mais pas moi. C'est l'avantage de ne pas trop en écouter... Et puis avouons le, les bretons ont très bien fait les choses à tous les niveaux. Lourd comme un menhir, gras comme un kouign amann, violent comme un marin breton bourré dans un bar de Douarnenez, tous les ingrédients sont là, dans ce Slamming Brutal Death Metal, pour passer un bon moment.


Tracklist :

1. Intro

2. Disastrous Gestation

3. Emulsified In Incubator (feat. Anthony Guern of Dysmorfectomy)

4. Forced Insemination 

5. Pestilential Swarm

6. Under the Yoke of Propagation

7. Allogamy Through Xeno-Organism


par Jus de cadavre le 12/02/2018 à 08:37
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