Alors qu'Alice commençait une partie de croquet avec la Reine de Cœur, le flamand rose lui servant de maillet exprima son désarroi de n'être considéré que comme un vulgaire objet de loisirs...Mais dès que l'injonction tonitruante de la souveraine condamna une autre carte à perdre sa tête, il plongea son regard dans celui attristé du hérisson faisant office de balle qui lui aussi, comprenait au même moment que leur funeste destin pourrait être bien pire...Mais ce que les deux ignoraient, c'est qu'Alice, pleine de malice et de triche dans son sac à surprises, allait gagner la partie contre la Reine,qui, furieuse, se métamorphosa en créature sublime prête à exaucer tous les vœux de ses sujets.

« Que souhaitez-vous, Ô peuple aimé qu'autrefois j’étêtais sans vergogne ni regrets ? » 

« Las du pain et des jeux, et du risque de perdre notre chef, nous voulons de la musique, à plein volume, pour oublier notre quotidien derechef ! »

N'y connaissant rien en musique, notre belle souveraine se tourna alors vers l'un de ses plus fidèles et chevelus sujets pour tenter de les satisfaire...

« Serafino, dis-moi, pourrais-tu m'aider à rendre joyeux ces fidèles sujets au poil soyeux ? »

« Oui ma Reine. Traverse le miroir, et traverse l'Europe. Vas au nord y rencontrer les KING COMPANY. Parce que d'une, ils sauront quoi faire pour rendre ton peuple fort joyeux, et en plus, ils tiendront compagnie à ton jovial mari sans te rendre marrie ». Dont acte, et après un périple long comme un jour sans lune, la Reine finit par embaucher un quintette chamarré, au verbe haut et au décibel fier, qui sur scène, allait faire trembler les fondations de son monde imaginaire...


Plus concrètement, c'est évidemment le label italien Frontiers qui nous offre aujourd'hui le second album des finlandais de KING COMPANY, sorte de supergroupe un peu plus humble que la moyenne, mais contenant dans ses rangs des membres et anciens membres de THUNDERSTONE, CHILDREN OF BODOM, WARMEN, KIUAS, KOTIPELTO, NORTHERN KINGS, et RASKASTA JOULUA. Des musiciens confirmés donc, sachant exactement ce qu'ils veulent jouer, et qui le jouent avec une conviction et une précision diabolique, sans perdre leur naturel en route. Sorte de jeunesse ayant l'expérience de vieux briscards, ce quintette du grand froid (Leonard F. Guillan – chant, Antti "Eversti" Wirman – guitares, Jari Pailamo – claviers, Time Schleifer – basse et Mirka "Leka" Rantanen – batterie) nous offre donc une suite à son premier opus, One For The Road, publié en 2016. Après deux ans de tournée, et un changement de vocaliste, les revoici donc prêts à mettre le monde à feu et à Rock, avec un nouvel opus ne trahissant aucunement leurs convictions, profondément ancrées dans la tradition d'un Hard-Rock mélodique et d'un Heavy subtilement harmonique, mélangeant les inclinaisons drues ouest-européennes et les options mélodiques du grand nord. Pas ou peu d'originalité à attendre donc d'un groupe qui préfère jouer la carte de la sincérité et de la sécurité, et tous les fans du gang retrouveront avec plaisir ce mélange frais entre douceur radiophonique et fureur épique, sur ce Queen Of Hearts qui a en effet bien des atouts pour remporter la mise. D'abord, repaissez vos mirettes de cette splendide pochette au trait girond et aux contours moelleux. Ensuite, glissez la rondelle entre vos oreilles pour constater que l'opération séduction continue au-delà du trait, et déborde des sillons, sans verser dans le mielleux. Car l'option choisie par les finlandais est toujours la même, nager entre deux courants pour se laisser porter par le leur, et louvoyer entre les influences pour assumer leur propre style avec aisance. Pas besoin donc de bouée pour surnager dans ce flot de notes et de riffs aiguisés, puisque les KING COMPANY ont su niveler les vagues sans pour autant aplanir les flots, proposant de fait un gigantesque Crossover entre Heavy traditionnel et Hard Rock mélodique à la scandinave, inventant une sorte d'AOR très musclé, devant tout autant son inspiration à JOURNEY qu'au WHITESNAKE le plus mordant.


Le changement de vocaliste n'a pas déclenché la révolution, et les douze nouvelles compositions continuent le travail entrepris sur le célébré One For The Road, avec un gros paquet d'hymnes travaillés pour la scène, qui claquent, qui fouettent, qui caressent sans paresse, mais sans trop abîmer les tympans pour ne pas s'aliéner les fans de fondant. On tombe donc au hasard du timing sur des hits potentiels forgés dans un acier malléable, ou dans un Metal inoxydable, sans que l'ensemble ne souffre de stéréotypes trop prononcés. La référence du ZEP est même palpable sur des chansons au parfum délicat comme« Berlin », que les KINGDOM COME et autres BADLANDS auraient pu populariser en leur temps, tandis que des intermèdes plus soft comme « Never Say Goodbye » empruntent au vocable de l'écurie Frontiers de quoi faire craquer les plus romantiques d'entre vous. Individuellement très capables, les musiciens ne se mettent toutefois pas en avant au détriment du collectif, et jouent en rang serrés pour proposer des structures éprouvées mais efficaces, où chacun à sa place, même ce clavier qui sait officier en contrepoint sans envahir l'espace des guitares. Ces dernières sont d'ailleurs méchamment aiguisées, que le ton soit foncièrement Hard (« Queen of Hearts », gros brûlot dans la plus pure tradition du Coverdale/PURPLE énervé), syncopé comme un inédit des WINERY DOGS bien planqué («One Day Of Your Life »), duveteux et subtil comme un drap de soie dissimulant un amour d'un soir se finissant tard dans la nuit (« Stars »), ou énergique comme un burner qui brûle le bitume aux petites heures naissantes d'un jour hardant («Learn To Fly »). En gros, une variété de fort bon aloi, qui permet à l'auditeur lambda de ne jamais s'ennuyer, d'autant plus que les refrains sont finement ciselés sans perdre de leur impact sauvage.


L'oeil torve louchant vers les charts (« King For Tonight », que les MAGNUM auraient transcendé à leur grande époque mélodisée), le geste précis et le cœur sur la main (« Living The Dream », ballade éthérée à l'acoustique policée), pour un final lourd comme le plomb et aussi suintant qu'un nouveau single de EUROPE (« Arrival », envolées vocales pleines de lyrisme et chœurs dégoulinant de dynamisme), et un résultat plus que probant pour un second tome qui sans dévier d'un classicisme formel, se permet quelques audaces personnelles histoire de ne pas sombrer dans l'anonymat d'une réalisation trop formatée. Belle confirmation pour les finlandais, qui s'affirment comme une nouvelle valeur sûre de la scène, scène qu'ils continueront de fouler pour conquérir les foules toujours promptes à se fédérer. Et une fois alanguie sur sa peau de bête fourrée, la Reine de Cœur n'aura plus le sien à décapiter, mais plutôt à se lover au creux de cette musique qui attendrit autant les mœurs qu'elle ne donne envie de se secouer. Du coup, Alice, rassurée, put de nouveau partir à la chasse au chapelier fou, histoire de ne pas être trop en retard pour le thé. Sauf que depuis le passage des KING COMPANYle Earl Grey a été transformé en Jack Daniels bien tassé. Ce qui a tendance à rendre les parties de croquet plus...difficiles à gérer.     

 


Titres de l'album :

                              1.   Queen Of Hearts
                              2.   One Day Of Your Life
                              3.   Stars
                              4.   Living In A Hurricane
                              5.   Under The Spell
                              6.   Never Say Goodbye
                              7.   Learn To Fly
                              8.   Berlin
                              9.   King For Tonight
                             10.   Living The Dream
                             11.   Arrival
                             12.   Good Thing


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par mortne2001 le 27/08/2018 à 15:52
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Effectivement pire mascotte de tous les temps.
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Excellent groupe, avec un son en avance, des putains de riffs et la plus horrible mascotte qui soit.


pas le 27 Avril mais c est le 17 Avril voir site;
https://wickedmetalreview.wixsite.com/wickedmetalreview/post/reptilium-adrenochromacy?fbclid=IwAR3mQiBqH-HFePj2K1w3WrzchVjL2mABPa-drsZ2slIrmbxKotYt1qe3r6g


Ah, effectivement : la pochette est terrible !!


merci pour ton report
Je n'ai pas pû me déplacer pour cette affiche monstrueuse, ce qui rend la lecture douce et cruelle à la fois.


Un produit plastique crée de toutes pièces, sasns identité ni âme. Merci Nuclear Blast de cracher sur le patrimoine.


Seul le premier album était excellent, les 2 autres dont celui-ci de moins en moins bons.