Pour une surprise c’en est une bien belle que nous ont réservé les copains de Riffeater, en effet bien que la formation bordelaise n’ait pas forcément d’actualité particulière en ce moment, c’est ni plus ni moins que Seth qui vient nous rendre visite ce soir et le moins que l’on puisse dire c’est que les amateurs de black metal dont je fais parti sont ravis !
En effet ce n’est pas tous les jours qu’on a le plaisir de recevoir à la maison un groupe culte de la scène française… Culte, loin d’être usurpé ce statut est indéniablement mérité quand on parle de Seth car quand bien même le black français est capable de s’exporter et d’être reconnu hors de nos frontières, rares sont les formations jouissantes d’une aura similaire, à pouvoir afficher une telle longévité depuis sa formation en 1995 et tant de kilomètres parcourus au compteur mais surtout une discographie quasi sans faille, honorée au passage d’une collaboration avec Fenriz himself ou par leur présence sur le célèbre tribute à Mayhem « Originators Of Northern Darkness » aux cotés de formation légendaires comme Emperor, Immortal, Vader ou encore Behemoth, excusez du peu !

 En ce samedi soir, c’est désormais familier des lieux et avec un réel plaisir que je reviens trainer mes guêtres au El Diablo, cette fort sympathique salle lilloise qui s’est définitivement imposée comme « the place to be » pour la scène métallique qui se respecte.

Pour ceux qui auraient connu les riches heures de la défunte « Chimère » sur Lille, la présence aux commandes de Benjamin et Larry n’y est bien sûr pas étrangère… mais je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre, alors fi de la nostalgie revenons au présent pour le meilleur, à savoir la date de ce soir !



J’arrive malheureusement un peu trop tard sur place pour assister à la prestation du groupe Mortier. Une toute nouvelle formation lilloise qui effectue ici sa toute première date mais qui n’est pas pour autant constituée d’inconnus puisqu’on retrouve notamment l’ami Xavier, ancien bassiste d’Edremerion…  cependant les absents ayant toujours tort, je vais plutôt laisser à Sheb le soin de s’exprimer à ce sujet ;-)

Sheb: Je ne garde pas un grand souvenir de MORTIER, non pas que leur musique n'ait pas été digne d'intérêt mais j'étais trop occupé à essayer de trouver les bons réglages de mon nouvel appareil photo, dont vous pouvez d'ailleurs admirer les performances dans cet article.
Ceci dit MORTIER, qui comme vous l'a dit mon collègue n'est pas composé de perdreaux de l'année mais de gars ayant déjà un peu de bouteille propose une musique intéréssante savant mélange de doom et de sludge emmené par une voix hurlée convaincante. A revoir.

Leur show venant de s’achever, je profite de cette brève accalmie pour me rincer le gosier et fêter les retrouvailles avec les nombreux copains présents. Je ne manque d’ailleurs pas l’occasion de saluer le très sympathique Alsvid, rencontré cet été lors de la venue d’Ad Patres (redoutable formation Death Metal signée chez Kaotoxin dont il est aussi le batteur), sans oublier bien sûr l’ami Flo aka Heimoth, le brillant guitariste compositeur de nos blackeux du jour. Mais déjà la soirée se poursuit et c’est au tour de Hemelbestormer de fouler les planches à son tour.


Cet exercice est quelque peu périlleux pour ma part car ceux-ci officient dans un registre post-metal instrumental aux lourdes tendances doom/sludge. Alors bien sûr les savoir signés chez Debemur Morti est plutôt rassurant en soi mais pour autant je vous avouerai que le risque est bien présent étant donné que je n’ai eu l’occasion d’en écouter la moindre note, or personnellement avec ce style de musique c’est quitte ou double, soit ça passe, soit je me casse car je me fais royalement chier ! Bien heureusement ce ne fut pas le cas ce soir, bien au contraire même…Les belges auront en effet réussi à me transporter avec leur musique complexe, en perpétuel équilibre instable, oscillant entre des passages à la lourdeur pachydermique et des instants de pur grâce mélodique sur le fil du rasoir. Le groupe en effet maitrise l’art de jouer sur les contrastes avec une écriture efficace qui réussit à me faire voyager tout le long de leur prestation. Vous voyez cette impression, en fermant les yeux, de vivre la musique avec des mélodies qui m’emmènent loin et me font perdre mes repères spatiotemporelles juste avant de me rappeler durement à la réalité par une batterie écrasante !Pari réussi haut la main donc pour cette talentueuse formation au fort pouvoir évocateur, à tel point que quand arrive la fin du set et que les lumières se rallument, je reste quelques instants comme sonné par la jolie claque assénée…

La bière coule à flot désormais, mais mû par une curiosité légitime, je me dépêche de rejoindre les premiers rangs, bien décidé à ne pas perdre une miette du show qui s’annonce.On sent l’excitation monter d’un cran car ne nous voilons pas la face, si la majorité du public a répondu massivement présent ce soir, c’est bien sûr pour assister maintenant au retour dans notre région de ce fleuron du black français. Un retour quasi inattendu puisqu’on était pour ainsi dire sans réelles nouvelles du groupe depuis le très bon et peut être un peu sous-estimé « The Howling Spirit » qui date déjà de 2013. Alors bien sûr on imagine aisément que les mecs n’ont pas chômé pendant ce temps-là, Heimoth s’étant notamment illustré, à la basse cette fois ci, au sein de Sinsaenum, cet all-star band de l’extrême au casting de malade, qui réunit en son sein Frédéric Leclercq (Dragon Force), Joey Jordisson (ex Slipknot), Stéphane Buriez (Loudblast), Sean Zatorsky (Dââth) et le monstrueux Attila Csihar (Mayhem, Sunn O))), rien que ça !
Faute d’activité discographique, à quoi s’attendre donc ? A un show best of ?
Et bien oui, loin de me déplaire mais ce fut le cas ce soir, dans le fond comme dans la forme !

Premier constat, le son est bon, très bon même et on distingue sans peine les deux grattes qui constituent assurément l’un des atouts majeurs de la formation, chaque guitariste complétant à merveille le jeu de l’autre, qu’il s’agisse de rythmiques diablement efficaces comme des lignes mélodiques, l’exécution est sans faille. Un autre atout de poids ce soir à n’en point douter est la présence derrière le micro de Monsieur Saint Vincent, l’éminent vocaliste de Blacklodge, Vorkreist ou autre TAOS ayant eu l’excellente idée de rejoindre le groupe en 2016 et quelle riche idée !C’est simple, moi qui pensais bien connaitre le groupe, je suis juste bluffé par sa prestation.Il faut dire que le chanteur fait preuve d’un charisme à la fois naturel et bien personnel, nous démontrant par la même occasion qu’il n’est point besoin d’en faire des caisses pour convaincre son auditoire. Son propos est intelligible (fait important pour être souligné quand on connait le soin apporté aux textes) et son interprétation impressionnante de conviction, encore une fois sans trop forcer le trait. Je ne pense d’ailleurs pas me tromper en disant que cette formule live qui nous a été présentée ce soir est probablement l’une des meilleures incarnations du groupe qu’il m’ait été donnée de voir. Qu’il s’agisse encore du bassiste ou du batteur, personne n’est en reste, tout le monde est bien à sa place et surtout bien en place ! Il en résulte une dynamique et une fluidité de tous les instants, le groupe enchainant les morceaux de bravoure d’un bout à l’autre du concert.
Je suis comme hypnotisé par le spectacle qui se déroule sous mes yeux, à tel point que quand résonnent les premières notes de l’hymne « Die Weihe » je n’y tiens plus et, survolté, me mets à chanter les paroles à l’unisson de l’impressionnant vocaliste !
Car oui mea culpa, j’ai oublié de le préciser mais le groupe nous livre une set-list aux petits oignons, piochant allègrement dans sa riche discographie, du dernier album en date donc jusqu’à réveiller les fantômes du passé en nous offrant un magnifique « A la mémoire de nos frères » issu du mythique « Les Blessures de l’Âme » de 1998.
Malheureusement toute bonne chose à une fin, et c’est sous une ovation amplement méritée que Seth abandonne à son triste sort un El Diablo devenu fournaise. J’ai comme un goût de trop peu dans la bouche mais cette impression est purement subjective, les corpses paints coulants des musiciens m’en soient témoins, c’est juste que quand on aime on ne compte pas, et ce soir j’ai tout simplement assisté à ce qui restera l’un de mes meilleurs concerts de 2016 !

L’occasion étant trop tentante, j’irais féliciter de vive voix les musiciens pour la leçon reçue et je profite également ici aujourd’hui de la tribune qui m’est offerte pour remercier une fois de plus RIffeater et El Diablo d’avoir rendu ce show possible…Set list en béton, son au poil, prestation et interprétation sans faille (tout en faisant preuve d’un certain classicisme avec Classe), tout ce qu’on est en droit de fantasmer d’une formation de cette envergure, bref il faudrait vraiment être le dernier des ingrats pour oser cracher dans la soupe !
Veni, vidi, vici… Seth est venu ce soir en terres lilloises récupérer sa couronne et rappeler aux inconscients qui en douteraient, pourquoi il est aujourd’hui encore l’un des meilleurs groupes de black metal français qui soit, point barre !

 News de dernière minute : on vient d’apprendre de sources sures il y a quelques jours à peine que la salle El Diablo est tombée sous le coup d’une fermeture administrative pour remise aux normes de sécurité… Une bien douloureuse nouvelle pour la scène métallique lilloise qui n’en avait vraiment pas besoin à une heure où les structures accueillantes disparaissent les unes après les autres.

Croisons les doigts pour que cette fermeture ne soit réellement que temporaire et que nous puissions rapidement retrouver le chemin de cette salle, en attendant je leur offre tout mon soutien !



par James le 01/02/2017 à 17:00
   480

Commentaires (1) | Ajouter un commentaire


James
@80.215.206.193
01/02/2017 à 18:06:44
Canon les photos Sheb !

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