Chronique express pour un EP qui ne l’est pas moins, et qui ose sept compos pour six minutes de Hardcore bien tassé. Les straight-edge de RABID PIGS, et leur nom en forme de clin d’œil aux mythiques INFEST ont les arguments de leur violence, et répandent donc leurs opinions Powerviolence-Hardcore au détour d’un EP distribué par les bons soins de la boite nationale xDispatchx, qui ne s’est visiblement pas fourvoyée au hasard dans cette affaire de violence assumée. On se retrouve donc plongé dans le pit euphorique d’un Core joué à l’envi, qui garde une particularité assez décalée pour le style, puisque derrière ce nom collégial ne se cache qu’un seul homme, responsable de toute l’élaboration de ce Spoiled Heat. Difficile à l’écoute de cet acharnement de croire que Gregg Harrington est solitaire à la barre de sa colère, tant la cohésion d’ensemble suggère plus un effort collectif qu’un caprice individuel, mais la performance n‘en est que plus remarquable, et tout aussi bruyante. Bruyante, mais pas chaotique, puisque l’originaire de Pittsburgh, Pennsylvanie se cale sur la ligne du parti Hardcore traditionnel, symptomatique de la scène 90’s, qui dégénéraient des concepts 80’s pour les faire cadrer à une époque désabusée. Mais la musique présentée ici est plutôt engagée, même si la brièveté empêche de l’apprécier en globalité. On aurait vraiment aimé pouvoir en écouter plus, sans avoir à se plonger dans le passé de la bête, qui nous propose quand même des travaux antérieurs sous la forme d’une anthologie Discography 2012-2016, aux cinquante titres bien frappés. Mais cette sortie accusant déjà le poids des années, j’ai préféré me consacrer à ce dernier jet, qui en reprend peu ou prou les mêmes principes, en version salement synthétique.

Mais les deux objets numériques étant disponibles gratuitement sur le Bandcamp du musicien, je ne saurais que trop vous encourager à les télécharger, en laissant peut-être au passage une obole pour le travail bien fait. Car avec des titres oscillant entre la poignée de secondes et la minute impartie, il est difficile de se lasser d’un EP qu’on se surprend à écouter en boucle, pour profiter un peu plus longtemps de sa violence intelligemment agencée. Agencée certes, mais quand même salement débridée, et même si l’intro martiale et truffée de feedback de « XXX » nous aiguille sur la piste d’un Hardcore fortement métallisé à la basse gonflée, « Fraud » a tôt fait de ses seize secondes de nous entrainer sur la piste d’un Powerviolence étoffé, et « Hypocrite » confirme cette tendance tout en s’accordant un break central à la AGNOSTIC FRONT fatal. Et entre embardées, guitares solides mais enjouées, et chant vociféré, ce premier EP à des allures de carte de visite brillamment tendue d’une main assurée, et se laisse dévorer en moins de temps qu’il n’en faut pour envoyer chier un raciste entêté. « Cram » se rapproche de la scène mythique des clubs épiques d’il y a trente ans, et sonne la charge d’une rythmique toute en roulements. « Don’t You Dare », nous offre la performance la plus longue, mais abuse d’une intro parlée pour gagner du temps et imposer son message, avant qu’une énorme basse ne fasse de la place, et nous emmène sur le chemin d’une rapidité décuplée, sans pour autant sombrer dans le Thrashcore ou le Noise à peine géré. Diatribe vocale, dissonances létales, pour une ronde qui ne tourne pas en rond, et qui appelle des lendemains moins concis. « Oath » et ses vingt-quatre secondes se veut volontiers plus Rock et proche des racines, avec son déhanché de guingois, qui ne dégénère pas, tandis que le final « Chained To The Crypt » évoque Henri ROLLINS et les DI’S, pour un pèlerinage en terre Core.

En définitive, et après avoir attitré votre attention sur le musicien en question, je ne peux que vous inciter à vous emparer de cette fameuse tranche de passé Discography 2012-2016, plus complète, et à la durée plus honnête, pour vous faire une idée précise de l’univers de Gregg Harrington et de sa colère pas du tout larvée. Une sortie estampillée historique, pour un Hardcore de facture classique, qui s’énerve parfois d’embardées Powerviolence, sans vraiment y tremper les deux pieds. Mais le travail accompli par cet instrumentiste/compositeur esseulé vaut le coup d’oreille, et pas seulement pour la performance d’ensemble qui émerveille. Il est donc possible de se la jouer en solo et de rester Hardcore, ce qui n’est pas donné à tout le monde, nous sommes d’accord. Et Spoiled Heat est tout sauf de la chaleur gâchée, et ressemble plutôt à une étuve dont il est difficile de s’extirper, qui fait transpirer, et qui nous abandonne alors que les degrés ne cessent de monter. J’espère simplement que la prochaine intervention made in Pittsburgh sera moins concentrée, et prendra la forme d’un LP complet dont je me délecterai. Car si les cochons sont enragés, il n’y a pas grand-chose pour les calmer, et il devient difficile de les éviter. Si tant est qu’on le souhaite, ce qui n’est pas le cas.


Titres de l'album:

  1. XXX
  2. Fraud
  3. Hypocrite
  4. Cram
  5. Don't You Dare
  6. Oath
  7. Chained To The Crypt

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 08/02/2018 à 14:06
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