Si je vous parle d’un groupe cosmopolite, dont la production du premier album a été signée par Dennis Ward (UNISONIC, PINK CREAM 69) et l’artwork soigné par Stan W. Decker (MASTERPLAN, VANDEN PLAS, RESURRECTION KINGS et STRYPER), vous aurez peut-être une petite idée de ce qui vous attend…Et si d’aventure, vous laissiez votre esprit vagabonder du côté d’un Hard Rock à tendance Heavy mélodique et léché, laissez-le où il est, puisqu’il est au parfait endroit pour imaginer ce qui vous attend en termes artistiques. L’inconnu reste encore une fois la qualité du produit en question, et à celles que vous pourriez vous poser, répondez y par une confiance aveugle, puisque le premier LP des PANORAMA en offre un tellement vaste, luxuriant et riche, qu’on se demande encore pourquoi la concurrence s’obstine à tenter de se hisser à leur niveau. Je ne vais pas le cacher, cet Around The World a été ma révélation sur le chemin de Damas de janvier, tant son rendement est impressionnant en tous secteurs, alors même qu’il se situe dans une veine plus classique que les premières répétitions de GOTTHARD, et qu’il n’éclipse pas le soleil de HARDLINE derrière ses persiennes à peine tirées. Pourtant, on nage en pleine euphorie à l’écoute des onze pistes de ce premier effort, qui aura demandé trois ans de gestation, et dont les origines ne sont pas banales pour autant. Comme quoi, les belles histoires surgissent souvent de nulle part…

Au départ de cette aventure, un homme, Sammy Lasagni (GODS OF SILENCE, ex-KIRK, ex-GODIVA), guitariste suisse qui fait la rencontre de Christian Palin, chanteur uruguayen (RANDOM EYES, ex-ADAGIO), lors d’une tournée en commun. L’alchimie entre les deux hommes est immédiatement patente, et ils décident très logiquement de faire un peu de musique ensemble à l’avenir…Cet avenir les fera patienter jusqu’en 2015, et un coup de fil qui se voudra détonateur tant attendu, qui signifiera le début d’une collaboration avec le producteur Dennis Ward. Quelques ajustements de line-up plus tard, avec l’adjonction au duo du guitariste finlandais Ben Varon (AMORAL, GREASE HELMET), et du batteur suisse Phillipp Eichenberger (GODS OF SILENCE, ex-KIRK), et une prise en charge de la basse par Ward lui-même, et le répertoire commença à s’étoffer, au point d’enfin envisager la sortie d’un premier album, en forme de témoignage des années passées…

Cet album, cet Around The World qui je l’espère, animera vos jours et vos nuits, est un modèle du genre, une véritable perfection d’orfèvres qui témoigne du bagage musical de ces instrumentistes qui connaissent leur boulot, mais qui ont su garder suffisamment de dynamisme pour passer pour de petits jeunots. Le niveau est bien sûr incroyablement relevé, avec des guitaristes complémentaires et héroïques, un chanteur au timbre de fer mais aux intonations de velours, et une rythmique soudée mais souple, qui permet toutes les audaces de composition, sans tomber dans la démonstration, mais c’est surtout la flamboyance et la pertinence des chansons qui frappent l’esprit, spécialement lorsqu’on se rend compte qu’aucun filler ne vient perturber le déroulé en comblant des ratés que l’on aurait laissé passer. Chaque titre a sa raison d’être, et surtout, développe d’incroyables arguments puissants et mélodiques qui laissent le cœur chancelant, un peu comme si QUEENSRYCHE, GOTTHARD, HARDLINE, PINK CREAM 69, STRYPER et RAINTIMES se rejoignaient autour d’un projet en commun, histoire d’enregistrer l’album parfait servant de mètre-étalon aux générations futures. Car outre leur côté cosmopolite prononcé, les membres de PANORAMA ajoutent tous leur pierre de culture à l’édifice, et ramènent de leurs aventures passées de quoi alimenter le bestiaire d’un Hard Rock racé, et d’un Heavy Metal débridé, sans pour autant sombrer dans les clichés ridicules et pathétique d’un recyclage éhonté. De la classe donc, une brillance et un panache, pour quarante-quatre minutes de démonstration bluffante, qui passe par tous les rythmes et toutes les ambiances.

Nous avons donc droit à un festival de démonstration de facilité, passant au gré des interventions d’un Heavy Metal torride à un AOR de bon ton, sans que l’un ou l’autre ne paraisse incongru. Et si l’attaque « Around The World » entame les hostilités de son up tempo bien enlevé, c’est pour mieux nous embarquer, un peu comme si Geoff Tate se retrouvait au volant d’une Lamborghini rutilante et surgonflée, dévalant les autoroutes américaines avec un hymne coincé entre les oreilles. Ça claque, ça explose à chaque sillon, et la voix incroyablement chaude de Christian nous caresse les tympans, pour mieux nous ébouriffer l’instant suivant, s’unissant à des chœurs pertinents pour un refrain d’or et d’argent. Mais comme les segments se suivent et ne se ressemblent pas, c’est tout de suite après que le Heavy redevient roi, via un « Standing My Ground » symptomatique de l’école italienne de Frontiers, tout autant qu’au mordant d’un QUEENSRYCHE synthétisé de quelques molécules CRIMSON GLORY et GOTTHARD, pour une déferlante de puissance nous faisant surfer sur le toit du monde. Et c’est de ce point de vue global que les musiciens nous observent, certains de leur potentiel, mais restant humbles pour en admirer les conséquences. Et alors que « The Glory Within » joue l’énergie et la nuance, « Gates Of Babylon » lâche encore une fois un riff tranchant, symptomatique des glorieuses 80’s, juste avant que la superbe ballade « The Highest Mountain » et son discret clavier en contrepoint ne joue la corde sensible, sans tomber dans le ravin de la mièvrerie. Mais l’humour et la relâche n’en sont pas pour autant aux abonnés absents, et le roublard ternaire « Jammin In The Jungle » de nous rappeler aux meilleurs évangiles de STRYPER, partageant la chaire avec les ZZ TOP ou les GREAT WHITE. « One For All », s’il ne se cale pas sur la ligne du parti de RAVEN n’en dément toutefois pas l’énergie, et nous séduit de son amalgame de Rock et de Synthwave, pour un mélange pas si contre nature, qui une fois encore nous renvoie au passé de notre propre futur.

Mais à vrai dire, tout est tellement bien agencé et en même temps libre sur ce premier album, que chaque exemple que je pourrais utiliser serait apte à vous convaincre…Car entre la mélodie magique de « The Other Side », le binaire plombé mais radiophonique de « Heart Has Been Broken », la hargne véloce de « Shout It Out », et l’explosion nucléaire de « World On Fire », le bilan est exhaustif, et la démonstration se transforme en imposition, et apposition, du talent de ces musiciens hors norme sur votre petit cœur de rockeur, qui n’a pas fini de palpiter, mais aussi de vibrer au rythme et mélodies de ces chansons qui ne font pas que frôler la perfection. Elles l’atteignent, et de fait, Around The World aussi, d’où un jugement définitif, et la première note maximale accordée de ma courte carrière chez Metalnews.fr…Et si vous connaissez mes inclinaisons en termes de Hard n’Heavy mélodique affiné, vous savez ce que tout ça veut dire. 2018 va être une rude année pour tous ceux désirant s’imposer sur ce terrain, puisque les PANORAMA ont imposé le leur. Et il est aussi imposant que magnifique s’entend. Alors bonne chance aux concurrents.


Titres de l'album:

  1. Around the World
  2. Standing My Ground
  3. The Glory Within
  4. Gates of Babylon
  5. The Highest Mountain
  6. Jammin in the Jungle
  7. One for All
  8. The Other Side
  9. Heart Has Been Broken
  10. Shout It Out
  11. World on Fire

Site officiel


par mortne2001 le 31/01/2018 à 18:03
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https://wickedmetalreview.wixsite.com/wickedmetalreview/post/reptilium-adrenochromacy?fbclid=IwAR3mQiBqH-HFePj2K1w3WrzchVjL2mABPa-drsZ2slIrmbxKotYt1qe3r6g


Ah, effectivement : la pochette est terrible !!


merci pour ton report
Je n'ai pas pû me déplacer pour cette affiche monstrueuse, ce qui rend la lecture douce et cruelle à la fois.


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