Conflict

Violblast

25/11/2016

Suspiria Records

Attention, là, ça envoie du lourd. Je ne vais pas vous ressortir mon CV pour vous prouver par l’expérience que je connais la vague du revival Thrash par cœur (le nombre de chroniques que j’y consacre suffit), mais je me dois de vous avertir que ce premier album des espagnols de VIOLBLAST va très rapidement devenir une référence en la matière.

Généralement, ce sont plutôt les Allemands, les Américains ou les Sud-Américains qu’on attend sur le podium des sprints, mais parfois, d’autres nations parviennent à y placer des athlètes pour prendre tout le monde à contre-pied.

Et sans chercher à dépasser les limites de la vélocité, ce quatuor pourrait représenter l’équivalent d’Usain Bolt en termes de performances métallisées.

Vous avez du mal à y croire ?

J’ai pourtant une preuve formelle. Les neuf morceaux de ce Conflict, qui en effet, en déclenche un fameux dans vos oreilles.

Avant toute chose, replaçons-les dans leur contexte. Tout a commencé à Figueres, Espagne, en 2012, lorsque les BETRAYER ont entamé leur carrière. Après quelques concerts et ajustements, le quatuor mue et devient VIOLBLAST, s’articulant autour de la formation Andrés Perez (chant/basse), Santi Turk (guitare rythmique), Sebas Silvera (guitare solo) et Sergio Ruiz (batterie).

Dès lors, le combo répète son grand soir, et de performances en finitions, accouche d’un premier EP en 2014, Permanent Hate, déjà porteur de grands espoirs.

Deux ans plus tard, ces mêmes espoirs sont confirmés de la plus belle de façons, avec un premier LP disponible en version physique chez Suspiria Records, Conflict, qui prouve qu’on peut encore chatouiller la suprématie des chefs d’œuvre du genre sans en rajouter, ni pomper les réponses sur son voisin de tablée.

L’équation est simple, et la question évidente. Que faut-il pour produire un très grand album de Thrash ? Des rythmiques agressives, des riffs saccadés biseautés au millimètre, un chanteur au coffre puissant, un soliste inspiré, et surtout, des compos qui maltraitent la chèvre en bouffant le chou, et qui manient aussi bien le Heavy malin que le Speed chafouin.

Une production mettant en avant les qualités naturelles d’un ensemble, profonde, aux graves bondissants et aux médiums agressant, équilibrée comme un best-of de SLAYER peaufiné, et une variété de ton à la GRIP INC du meilleur son.

De ce point de vue-là, Conflict respecte tous les impératifs du cahier des charges, et en plus, ose le timing parfait avec sa demi-heure très bien digérée. Neuf pistes pour trente minutes de brutalité maîtrisée, c’est une leçon de perfection à laquelle les espagnols vous invitent, histoire de vous faire comprendre que les ibères ont su rester grave en colère.

Les influences de leur page Facebook sont d’usage, SLAYER, METALLICA, EXODUS, ANTHRAX, MEGADETH, MUNICIPAL WASTE, liste au sein de laquelle ils glissent aussi des allusions à HAVOK, CRISIX, MISFITS, et autres clins d’œil plus discrets. Mais sans vouloir réduire le champ du possible, c’est bien à Kerry King et Dave Lombardo qu’il faut penser lorsqu’on écoute Conflict, tant cet album ressemble à un crossover parfait entre SLAYER et GRIP INC.

Même propension à lâcher des riffs percutants sur fond de rythmique compacte virevoltant, même inclinaison à travailler les ambiances Heavy pour les rendre sombres comme de la suie par l’entremise d’arpèges maudits (« Invisible Death », qui pourrait donner l’accolade à « South Of Heaven » sans craindre les pellicules), et même facilité pour bombarder l’auditeur d’informations féroces sans risquer l’overdose.

Dès lors, les classiques se succèdent à vitesse grand V, et comme les lascars nous offrent en sus une intro travaillée et développée (« Deep Into Darkness », qui met de suite dans l’ambiance), les trente minutes d’expression sont exploitées à fond, et chaque piste tourne rond sans se mordre la queue pour de bon.

Alors, on passe tout en revue, du concassage à la GRIP INC/TESTAMENT (« Reprisal », « Bearing Witness »), à la scierie nocturne dont les machines turbinent et découpent sans relâche (« Conflict », gigantesque, « Wielders Of Fear », dantesque), aux modulations de boucher qui affute ses couteaux sans souiller le labo (« Signs Of a Murder », ou comment faire la jonction entre le SLAYER de Divine Intervention et le GRIP INC de Solidify).

En fait, et que ce soit en écoute transversale ou en dissection radicale, tout est parfait sur ce premier LP qui permet même de retrouver les sensations du meilleur DESTRUCTION radicalisé par un TESTAMENT délocalisé (« Paths of Aggression »).

Aucun répit, aucune baisse de régime, un agencement très intelligent de parties furieuses et d’accalmies Heavy gouteuses, un soliste qui connaît très bien son manche et son boulot sans en faire trop, et bien évidemment, un chanteur qui exulte, exhorte, vitupère et transporte, d’un phrasé plein d’assurance et d’une gravité méfiante.

Je l’avoue, j’ai été soulevé, embarqué, et transporté par ce Conflict qui m’a ramené à mes plus grandes joies adolescentes des années 80/90. Il m’a rappelé l’émotion qui m’a étreint lors de la découverte d’œuvres essentielles et radicales comme Season In The Abyss, Power of Inner Strengh, The Gathering, ou Arise.

Un réel talent vient d’émerger à Figueres, qui risque de se faire un gros trou sur la scène Thrash Européenne, à la force du poignet et des riffs soignés.

 Mais le plus simple est encore d’écouter, de headbanger, de transpirer, et de gueuler. Après, tout, une cure de jouvence pareille, ça n’arrive pas tous les jours, alors autant en profiter…


Titres de l'album:

  1. Deep Into Darkness
  2. Conflict
  3. Wielders Of Fear
  4. Signs Of A Murder
  5. Invisible Death
  6. Reprisal
  7. Paths Of Aggression
  8. Bearing Witness
  9. Individuality

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 02/01/2017 à 17:52
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