Ils emmerdent la religion, ils emmerdent la musique, et…ils nous emmerdent. Je ne sais pas s’ils comptent se faire de nouveaux amis de cette façon, mais visiblement, la politesse est une conception toute relative à Brasilia…Et encore plus dans le petit monde très amusé et amusant du Death à tendance Grind bien relevé. Des barbares donc, fiers de leurs barbes et de leurs riffs tartares, et qui depuis leur création en 2014 n’ont eu de cesse de repousser les limites de la bienséance pour nous convaincre de leur potentiel de résistance. A quoi ? Une certaine idée de la violence, musicale bien sûr, mais bon enfant je vous rassure. Ils ne vont pas kidnapper vos grands-parents ni déféquer sur votre paillasson, quoique je ne puisse rien garantir à ce niveau. Mais ce que je peux vous promettre, c’est qu’ils vont vous faire passer une demi-heure assez fascinante et émaillée de jeux de mots bien troussés, sur fond de dénonciation d’injustices et autres vomissures sociales en fracture…De gosier. Les THE GRINDFUL DEAD sont quelque part à l’image sonore de leur patronyme, qui ne ménage pas les galéjades pour vous persuader du caractère frondeur de leur Death/Grind largement à la hauteur, et reconnaissant des legs laissés par leurs ainés de NAPALM, ASSÜCK et autres AGATHOCLES, qui ont jeté les fondements de l’instantanéité musicale débridée. Pas de grande originalité à attendre d’un quatuor (Pablo – chant, Marcio – guitare, Tulio – basse et David – batterie), formé sur les cendres d’autres entités (NW77, DECEIVERS, D.F.C., VIOLATOR, CONSIDERED DEAD), mais beaucoup d’efficacité, des guitares grasses et des rythmes emballés, concepts qu’ils maîtrisent avec une grâce affirmée.

I Spit On Your God et son titre sans mystère est donc le premier full lenght de cette bande d’esthètes bouchers, et fait suite à une grosse poignée de démos et EP (Black Goat Barbecue, 2014, Romantic Baphomet, 2016, My Venom T-Shirt, 2017), qui plaçaient déjà les jalons d’une agression sans concession. Agression certes, mais tout sauf gratuite, puisque les brésiliens sont attachés à un principe de musicalité, minimale certes, mais qui les empêche de sombrer dans le Noise ou le Goregrind. Nous sommes ici entre gens de bonne compagnie, qui certes font du bruit, mais qui savent manier les riffs pour les rendre presque jolis (« My Venom T-shirt », sorte de mélange contre nature entre VENOM et GWAR, lardé de chœurs en bile régurgitée sur fond de guitare saucissonnée). Si la plupart du temps, les interventions ne dépassent que très rarement la minute ou la poignée de secondes, on a quand même le sentiment que tout ce numéro a été élaboré avec beaucoup de passion. Les noms déjà cités en début de chronique sont donc validés, comme pourraient l’être ceux d’ANAL CUNT, de BIRDFLESH, MINDFLAIR ou même de S.O.B, soit l’élite bruitiste des origines, le tout amalgamé dans une indécence de puissance qui laisse quand même assez effaré. Encore une fois, il est toujours difficile de concrétiser en phrases ce qui se ressent en blasts et saccades, mais ce premier album des THE GRINDFUL DEAD s’avale presque d’un trait, tant sa bonne humeur sur fond de réalisme social est sobre en bouche, et délicate sur le gosier. Il faut dire que les quatre allumés ont le chic pour toujours trouver un motif endiablé, même lorsque la sauce ne monte que de quelques secondes (« Altar Of The Sacrifice », BLACK SABBATH et NAPALM DEATH imitent SLAYER dans un ascenseur). Alors, comment refuser une proposition qui laisse les babines se pourlécher d’elles-mêmes ? Impossible, alors éclatons nous, et grindons comme des fous.

Fast, mid ou slow, tout y passe, avec évidemment une attention particulière portée aux accélérations les plus folles, même si en version standard, la pilule passe sans qu’on force (« Leave Me Alone », non, je reste et j’apprécie ce petit trait d’humour Thrashcore). Production bien sèche mais au mixage parfait, pochette soignée aux références éclairées, pour un viol auditif qui prend quand même le temps d’enfiler une capote. Et après une intro sérieusement troussée, le pastiche « Faith No Gore ! » nous perturbe d’un riff en opprobre qui dégénère au rythme de blasts qui éclaboussent ta robe.  De communiant bien sûr…Allusions finaudes pour Thrash/Grind en fusion (« Facebooker », spéciale dédicace à Mark qui prend ça dans sa face), coups de coude aux ANAL CUNT, fin lettrés aux intitulés dédicacés (« Your Brand New Album », « Your Brand New Song », et le pire, c’est que ça groove mignon et moignon), investissement éclair dissonant pour prouver qu’on a tout payé comptant (« 100% », bonjour Shane et Mick), acronymes étranges qui démangent (« I.U.T.B.B.L.Y.I.J »), interludes en portugais natal pour affolement fatal (« Nada Sem Valor », pas plus, mais pas moins au niveau des BPM en enbompoint), private joke foutage de gueule, mais avec riff pas bégueule (« Not Stoner »), et aveu en déclaration d ‘intention avec double grosse caisse en pilon (« Fuck The Revolution », clair et niet), et je pourrais continuer toute la saison tant les exemples sont légion…

Nous avons même droit à quelques leçons de bon goût (« Porn Is Love », bien gras comme une levrette sur le tas), et à un trop plein d’amour qui éclate au grand jour (« Can’t Buy Me Love », c’est Paul qui doit être content de ce romantisme grognant).

Alors, l’affaire est faite et le compte est bon ?

Oui, le vôtre surtout, parce que ce machin dégraissé de toute couenne trop chargée est quand même salement percutant. Riche d’un chant qui se dédouble, d’une guitare qui turbine et d’une rythmique qui illumine, I Spit On Your God crache en effet sur les bonnes manières, mais pas sur l’art de composer des petites tranches d’humeur Death/Grind à parts entières. C’est roboratif, ça laisse la cervelle au bout des tifs, mais ça ne s’écoute pas vraiment au pif, puisque tout a été composé et dégueulé pour être apprécié.

Pas sûr que ça rende hommage à l’esprit embrumé de Jerry Garcia, mais tout le monde n’a pas le cœur à se laisser porter par des délires lysergiques pendant des heures…

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 01/10/2017 à 14:53
72 %    340

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Sinon, je vends une Logan break de 2013.
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Et bien messieurs, merci pour cette explication qui me permettra d'aller me coucher moins con ce soir...


@Humungus : une résidence (residency en anglais) désigne le fait pour un musicien ou un artiste de se produire pendant une certaine période au même endroit. On parle alors d'artiste en résidence.


La résidence c'est lorsqu'un artiste loue une salle pour y répéter son concert en vue d'une tournée. C'est une répétition en grandeur nature en quelques sortes


1) ManOfShadows + 1 !
2) C'est quoi "la résidence" ?


Bonne nouvelle. Je n'attendais pas un nouvel album de leur part si tôt.


J'ai eu peur ! En lisant les deux premières lignes et en voyant la photo, c'est mon cœur qui a faillit s’arrêter de battre. Murphy est un vocaliste unique et légendaire. Bon courage et bon rétablissement à lui.


C’est pas trop tot


Pas un petit passage par chez nous, dommage...


A noter qu'il s'agit d'un EP (5 titres) et non du 3ème album des chiliens à proprement parler.


Oui le morceau en écoute est... éprouvant ! Bien plus violent que certains groupes de métal. Je suis pas sur que ce soit pour moi par contre...
PS: Elle donne une interview dans le dernier New noise.