PRETTY MAIDS fut un groupe que j’ai vraiment adoré dans les années 80, et ce, à cause ou plutôt grâce à deux albums parfaitement impeccables (redondance volontaire), Red, Hot & Heavy et Future World. J’y avais vu l’avenir d’un Hard Rock/Heavy Metal venu du froid, et proposant autre chose qu’une simple démarcation de SCORPIONS, JUDAS PRIEST, DIO ou IRON MAIDEN. Pour beaucoup d’ailleurs, dans le même cas que moi, ces deux LP représentent le pinacle d’une carrière erratique, l’apogée d’une créativité qui n’a cessé de décroître par la suite, se contentant de redites (Jump The Gun, sympathique mais copié/pas collé de Future World), de bifurcations plus ou moins hasardeuses (Sin/Decade, culotté mais trop inégal), et de tentatives de s’adapter à l’air du temps sans mettre une écharpe (Stripped et son horrible caniche, Scream, nineties dans les faits, mais maladroit dans la forme). Alors, inutile de jouer les érudits et les connaisseurs incollables, j’ai très rapidement lâché l’affaire, certain de mon choix et du fait qu’en deux albums, les danois avaient dit tout ce qu’ils avaient d’intéressant à dire. J’ai toutefois depuis posé une oreille distraite sur des albums comme Planet Panic, Pandemonium, voire Kingmaker, mais plus par curiosité malsaine que par réel intérêt, le mien s’étant écoulé avec l’eau du bain de la passion eighties et le souvenir de morceaux fabuleux comme « Yellow Rain » ou « Cold Killer ». Mais, sollicité par Frontiers et mon ami Serafino, je me suis dit, « pourquoi pas », à l’annonce de la sortie du nouvel album du tandem Ronnie Atkins/Ken Hammer, et certainement pas à cause de l’annonce de la maladie du chanteur, qui lutte en ce moment comme un beau diable. Qu’attendais-je au final d’un groupe dont j’ai abandonné la trace il y a des années, et dont le répertoire m’est quasiment inconnu ces dix ou quinze dernières années ? Rien justement, et c’est cet esprit vierge qui m’a permis d’aborder les choses sous le bon angle. Sans connaissance du passé musical récent du groupe, j’ai pu avoir le recul nécessaire à l’objectivité de mise, et juger de cette œuvre sans aprioris. Et je ne regrette aucunement ce choix, n’ayant absolument pas reconnu la patte des musiciens ayant bercé une partie de mon adolescence…

Première nouveauté pour ce nouvel LP chez Frontiers, de nouveaux musiciens, Chris Laney aux claviers et Allan Sørensen à la batterie. Le reste selon les auteurs n’est que la continuité d’une histoire suivie par des fans de plus en plus nombreux selon Ronnie, qui n’envisage toujours pas la retraite en 2019 après presque quarante ans de carrière. Et à l’écoute d’Undress Your Madness, on comprend mieux son enthousiasme. En signant l’album le plus dur et Heavy de leur carrière, les deux compositeurs affichent une forme extraordinaire, et surtout, une crédibilité que personne n’oserait mettre en doute. Et trois ans après Kingmaker, Undress Your Madness utilise plus ou moins la même recette, en poussant le désir de puissance à son paroxysme. C’est en tout cas ce que l’on comprend dès « Serpentine », qui après une courte intro nous assomme d’un riff gigantesque, avant de laisser place à un Hard Rock moderne, aux entournures léchées mais suffisamment abruptes pour convaincre les plus agressifs. Produit par Jacob Hansen (VOLBEAT, entre autres), ce nouveau chapitre de la saga PRETTY MAIDS prend à la gorge dès ses premières mesures, et joue l’aspect contemporain sans pour autant oublier les mélodies qui constituent la marque de fabrique du groupe. On sent la confiance de musiciens qui n’ont jamais baissé les bras, qui n’ont admis aucune pause ni break, et qui ont continué à suivre l’actualité musicale pour ne pas se sentir dépassés, sans renoncer à leur optique d’origine. En résulte un disque qui respire l’envie de jouer, de convaincre de nouveaux fidèles sans trahir les anciens, et qui a tourné la page eighties depuis longtemps pour ne pas rester coincé dans ses souvenirs. Et même si parfois l’aspect larger than life de l’entreprise m’a un peu rebuté, spécialement dans les passages les plus puissants, autant admettre un fait incontestable. Le PRETTY MAIDS de 2019 a réussi la plus parfaite synthèse entre les courants, rappelant parfois un mix entre le Devin TOWNSEND le plus efficace et le ECLIPSE le plus radiophonique (« Firesoul Fly »). Traduisant le Rock mélodique dans un langage purement Heavy moderne, les danois parviennent à relier les courants les plus en vogue sans faire preuve d’opportunisme, et signent des hymnes qui restent dans la tête, abandonnant certes leurs tendances les plus variées, mais gagnant en homogénéité et cohésion. Du tout bon ? En quarante-trois minutes et onze morceaux, la réponse est sans équivoque. OUI.

En faisant exception d’une des pochettes les plus affreuses de leur carrière (j’en viens même à regretter l’infâme caniche type « Bijou » de Stripped), Undress Your Madness se pose comme l’un des meilleurs albums de la paire Atkins/Hammer, qui flirte parfois avec des humeurs thrashy, ou du moins Power Metal (« Undress Your Madness »). Et si la voix de Ronnie n’a plus cette étendue légendaire et cette intelligence de modulation, le vocaliste parvient sans peine à se mettre à la hauteur d’un instrumental rageur, profitant de chœurs qui le soutiennent et d’une rythmique certes un peu anonyme, mais largement assez capable pour faire le job. Si la production de Jacob Hansen manque un peu de subtilité sur les morceaux les plus nuancés, et cantonne souvent la guitare au rôle de tir de barrage ininterrompu, les compositions savent jouer la variété, pour se vouloir plus caressantes, mais pas moins présentes (« Will You Still Kiss Me (If I See You In Heaven) »), ou plus proches d’un Hard Rock scandinave qui a le vent en poupe depuis maintenant quinze ans (« Runaway World »). En acceptant le fait qu’un groupe puisse changer de visage au cours des années, sans perdre son caractère, ce nouvel album est une petite bombe qui a tout à fait sa place dans la production actuelle, comme en témoigne le rouleau-compresseur « If You Want Peace (Prepare For War) », que le JUDAS PRIEST le plus tardif aurait pu faire sien. Et les chansons passent, mais jamais l’espoir et la joie ne trépassent, puisque la charte de qualité est maintenue de bout en bout, gardant toujours dans le viseur cette puissance incandescente (« Slavedriver »), et ces soudaines accalmies de tendresse incroyablement séduisantes (« Shadowlands »). En restant honnête, on pourra affirmer que PRETTY MAIDS a perdu en originalité ce qu’il a gagné en concision, mais le groupe à au moins la décence de proposer un LP qui tient debout du début à la fin, nous épargnant les fillers qui contaminaient parfois ses efforts précédents.

Tout à fait crédible en Néo Thrash band, honorable en Heavy Metal hero, PRETTY MAIDS convainc de son mélange parfait entre fulgurance et harmonies (« Black Thunder »), et retrouve parfois l’allant romantique de sa jeunesse (« Strength Of A Rose »). En jugeant cet album dans la peau d’un fan, Undress Your Madness est inattaquable. En l’abordant sans préjugés et exempt de tout souvenir trop marqué, il est une réussite indéniable. Gagnant sur tous les tableaux, Undress Your Madness est la preuve que le passé importe peu, et que le présent est le plus important. Celui de PRETTY MAIDS est brillant, souhaitons que son avenir le soit aussi.                                               

                         

Titres de l’album :

                            01. Intro

                            02. Serpentin

                            03. Firesoul Fly

                            04. Undress Your Madness

                            05. Will You Still Kiss Me (If I See You In Heaven)

                            06. Runaway World

                            07. If You Want Peace (Prepare For War)

                            08. Slavedriver

                            09. Shadowlands

                            10. Black Thunder

                            11. Strength Of A Rose

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par mortne2001 le 30/11/2019 à 14:30
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