Soyons un peu factuel et plantons le décor. Du Death old-school, encore et toujours, mais cette fois-ci, l’éclairage adopté vous permettra d’apprécier une tranche de nostalgie agrémentée de réalisme contemporain, et non un énième démarquage sur les délires morbides des références mondiales du style, même si celles-ci ont droit de cité sur ce premier album aux sonorités pas si classiques qu’elles n’en ont l’air. TERRIBLE CLAW est né de la rencontre il y a une dizaine d’années du guitariste Paul Harrington (NOG, ANAAL NATHRAKH) et de l’autre guitariste Stuart Pendergast (H.O.D., NEANDERTHAL). Se sentant des affinités conjointes, les deux instrumentistes enrôlèrent alors Mike Pilat (BAD PRECEDENT, COLLUSION) au poste de chanteur pour former DANMAKU, qui après un unique album et un unique concert se retrouva vite au service des objets perdus que l’histoire n’est jamais venu réclamer. Légèrement dépités d’avoir laissé passer une si belle occasion de s’exprimer, les deux amis décidèrent quelque temps après de reformer une nouvelle mouture de leur ancien groupe, pour s’adonner à leur passion commune pour le Death Metal de tradition. Réadoptant pour un temps leur nom d’origine, Paul et Stuart se rendirent vite compte que leur nouvelle orientation nécessitait une rupture totale avec leur passé, et optèrent donc pour le patronyme de TERRIBLE CLAW, histoire de poursuivre leur partenariat sur de nouvelles bases putrides. En résulte donc quelques années de préparation, des tests de composition, pour aboutir aujourd’hui au résultat proposé sous la forme de ce premier LP, Sickening Annihilation, ne faisant pas grand cas de sa cruauté sans oublier toute forme de musicalité. Et loin de se borner à réchauffer des plans déjà servis par d’autres cantines morbides, le duo anglais propose une accommodation personnelle du classicisme Death, agrémenté de touches harmoniques plus foncièrement Metal, et de syncopes purement Thrash qui permettent d’alléger le tout sans en atténuer ses fragrances les plus féroces.

Un parfum connu remis au goût du jour, telle est donc l’optique de ce premier et long album, qui en neuf compositions et presque cinquante minutes se permet un voyage dans le temps multiple, prônant des allers retours spatiaux et temporels, et naviguant au gré d’une inspiration plurielle entre les Etats-Unis, l’Angleterre, la Suède, les 80’s, les 90’s mais aussi le nouveau siècle pour ne pas sombrer dans la monotonie d’un trip old-school aux étapes éculées. Technique et efficacité, telles sont donc les deux qualités principales d’un projet porteur et digne d’intérêt, qui n’a pas oublié les sciences exactes de DEATH et qui les insuffle à un esprit de vilénie dont le GORGUTS le moins inextricable était animé dans ses jeunes années. On retrouve cette façon de développer des idées simples pour les couvrir d’une patine progressive, ce touché de guitare digne des James Murphy et du grand Chuck, mais aussi cette assise rythmique un peu expérimentale symptomatique des efforts de CYNIC et de MORBID ANGEL, le tout enrobé dans des harmonies avouées qui pour une fois, jouent les parts égales avec la cruauté de riffs vraiment sombres. Sans sombrer dans le labyrinthe d’un Techno-Death stérile et bafouillant ses gammes, le duo de Birmingham met en avant des qualités musicales indéniables, et profite d’un bagage instrumental certain pour peaufiner sa vision d’un Death barbare mais propre, que des compositions comme « Sickening Annihilation » ou « Self Centered Reality » mettent en relief avec brio. Gardant lien avec un Heavy Metal de fond, les deux guitaristes se paient le luxe de faire la jonction entre toutes les formes de Metal extrême de l’orée des 90’s, tout en acceptant de tremper parfois leur esprit dans le marasme d’un Death US tout à fait pertinent et violent (« Inconvenient Truth »), mais sans jamais se départir d’arrangements judicieux et de cette préciosité technique les empêchant de se vautrer dans la soue putride d’un Metal scandinave à la ENTOMBED/DISMEMBER. Ici, on joue puissant mais clair, et on permet à l’auditeur de saisir toutes les nuances de morceaux en proposant un nombre conséquent, ne serait-ce qu’en termes de soli qui nous ramènent à l’ère floridienne de la fluidité héritée des influences les plus Heavy Metal de Schuldiner. 

Tous ces embellissements ne doivent pourtant pas occulter le fait que Sickening Annihilation  reste dans le fond une solide affaire d’agression. Certes, nous sommes loin de la débauche proposée par les combos sud-américains nostalgiques d’une bestialité nationale, et à des lieues des convenances nord-européennes les plus prévisibles, mais la trame de base de l’œuvre reste ancrée dans des philosophies extrêmes, assez fières de l’héritage national des BOLT THROWER et autres BENEDICTION. Mais en choisissant de traduire le simplisme efficace de leurs aînés dans un langage plus élaboré d’outre-Atlantique, les TERRIBLE CLAW nous permettent d’apprécier un effort collégial unissant l’harmonie à l’agonie, pouvant même à l’occasion rappeler une rencontre entre un MESHUGGAH simplifié et un DEATH revenu d’entre les morts pour nous promettre à nouveau un Spiritual Healing (« The Worst of all Scum »). En gros et en substance, une théorie globale évolutive autorisant le duo à dériver vers les courants progressifs, pour nous offrir parfois des voyages fascinants entre aplatissement rythmique et vocal, et digressions harmoniques et suaves (« Statistical Apocalypse », le trait d’union en pointillés entre MASSACRE et LOUDBLAST, avec une fois n’est pas coutume, une basse proéminente). S’il est évident que certains automatismes seront à gommer à l’avenir, certaines inspirations se recyclant d’un morceau à l’autre eut égard à la longueur de ceux-ci et de l’album in extenso, la majorité des titres proposent des avancées sinon majeures, du moins notables et appréciables, et « Pacification Machine » de développer une dualité violence/quiétude d’une beauté formelle assez troublante. D’autant que Paul et Stuart ne refusent jamais un emprunt au Techno-Thrash le plus humble, et ne rechignent pas à enrichir leurs compositions d’arrangements de samples très efficaces, ce qui a le don de dynamiser les passages les plus convenus.

Notons quand même une certaine linéarité dans les lignes vocales, et une indéniable frustration de ne pas voir l’ensemble décoller plus souvent vers les cimes de la violence la plus crue (même si l’accélération modérée de « Catastrophic Uniformity » nous propose une relecture assez intéressante des premiers travaux de Fredrik Thordendal adapté au DEATH de Human), mais l’un dans l’autre, et une fois l’analyse terminée et validée, Sickening Annihilation n’en reste pas moins un premier LP aux idées fort bien exprimées, et à la nostalgie bridée pour ne pas encore une fois nous noyer dans le bourbier d’un Death old-school trop figé.         


Titres de l'album :

                         1.Sickening Annihilation

                         2.Statistical Apocalypse

                         3.Self Centered Reality

                         4.Inconvenient Truth

                         5.The Worst of all Scum

                         6.Ionosphere

                         7.Pacification Machine

                         8.Catastrophic Uniformity

                         9.Nature Imperfect

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par mortne2001 le 20/11/2018 à 16:03
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