Au jugé de cette pochette au trait légèrement grossier, je l’avoue, je m’attendais à l’énième saillie old-school du mois, genre NWOBHM revisitée pour la millième fois, avec plus ou moins de bonheur. Mais après écoute, je suis rassuré de constater que ce groupe ne se vautre pas dans la hype du moment, mais trempe plutôt son Metal bouillant dans un Thrash fusionnant, à la lisière d’un Heavy progressif ne crachant pas sur un brin de Hard plein d’entrain. Je savourais donc les six morceaux proposés, avant d’infos me rassasier, pour prendre acte de la provenance de nos amis du jour. Les RISER nous en viennent donc d’Estonie, de Tallinn plus précisément, ville qui les a vus naître en 2015, et qui a pu se sevrer de leurs sonorités multiples, puisque ces chevaliers en armure d’acier se sont déjà exprimé via deux démos, avant de passer le stade plus pro du mini LP. Quatuor bien décidé à respecter les codes d’un Heavy féroce (Andres Uuspõld - basse/chœurs, Karl Hannes Veskus    - batterie, Taavi Lass     Guitars - guitare lead/chœurs, et Sten Lindmets - guitare rythmique/chant), RISER nous envoie donc une carte postale de l’Europe du Nord, évoquant la Baltique et le golfe de Finlande, pour un voyage au long cours, traditionnel dans les faits mais assez frais dans le fond. Il est d’ailleurs appréciable de constater que le combo joue la carte de l’honnêteté dans sa bio, sans évoquer un potentiel fantasmagorique et des élans créatifs surnaturels, mais en accentuant son envie d’en découdre live pour propager sa musique hors de ses frontières. Ils n’ont d’ailleurs pas plus l’intention dans ces lignes de présentation de nous mâcher le boulot, restant dans un flou artistique assez pertinent, évoquant le Thrash d’antan et le Heavy d’avant, arguant même de légères traces de Hard-Rock de ci de là, ce qui correspond parfaitement à la vision exposée sur ce Temple of Addiction.

Difficile donc de les relier à une scène particulière, et tout au plus est-il possible d’évoquer les NEVERMORE, METAL CHURCH, ICED EARTH, et autres défenseurs d’une pluralité agressive sans balises. Mais loin de se borner à reproduire des schémas préétablis, les RISER se permettent aussi quelques accents étranges, à la croisée des chemins du Stoner et de la vague NOLA, semblant parfois unir dans un même songe les volutes de fumigènes des CORROSION OF CONFORMITY dernière époque, les délires patauds des KYUSS, avant de nous envoyer balader d’une accélération humant bon l’éternellement juvénile Kill Em’All. C’est ainsi qu’on pourrait résumer le morceau « Temple of Addiction », véritable modèle de construction et d’ouverture, qui pourtant ne dépasse pas le timing d’un tube Pop, et qui aligne les plans en crescendo avec une maîtrise parfaite. Mais cette accumulation de parallèles incongrus est semble-t-il le modus operandi d’un album qui réfute toute théorie d’ancrage, et qui se permet de mixer ses influences dans un même creuset. A tel point qu’on en vient parfois à penser à une forme très larvée de Southern Thrash, ce que la voix traînante et graineuse de Sten Lindmets confirme de son timbre épais et chaud. C’est d’ailleurs manifeste sur le long « Silent Anger », qui joue l’émotion de ses arpèges en son clair, avant de nous assommer d’un coup de distorsion assassin. DOWN, C.O.C, mais aussi une bonne rasade de Bay Area, avec quelques clins d’œil appuyés au TESTAMENT de milieu de carrière, soit un Crossover assez malin et une puissance indéniable, pour des morceaux qui ne se contentent pas d’aligner des gimmicks, et qui proposent des thèmes vraiment profonds et humains.

Musiciens performants, les estoniens délivrent donc une partition presque impeccable, et si l’ouverture « Broken » brise d’entrée le miroir de la facilité, en œuvrant pour un progressif malmené, il place ses billes avec pertinence et insolence, et nous déroule le tapis d’un Thrash ambitieux et d’un Heavy nerveux. Pas vraiment dans une optique Techno-Thrash, les RISER seraient plutôt du genre à jouer la carte évolutive, passant d’une accolade Thrash à une ruade Heavy, caressant le fan de Hard-Rock dans le sens du poil pour mieux lui arracher. Pas avares de riffs qui accrochent l’oreille, les quatre décochent parfois des tirs de rafale qui font mal, et qui attestent d’une expérience live assez conséquente, spécialement lorsque le mid tempo s’impose et que les staccatos se reposent (« Wild Man », à mi-chemin entre MEGADETH et METAL CHURCH). Bien sûr, aussi charmant soit-il, ce premier EP se préfère première carte de visite pro plutôt que constat à chaud, et si tous les titres sont dignes d’intérêt, ils présentent encore en globalité un déséquilibre entre ambition et efficacité, comme en témoignent les trois derniers chapitres, plus succincts et portés sur l’immédiateté. On espère qu’à l’avenir les estoniens sauront faire la part des choses entre digressions évolutives et pulsions émotives, mais même en version instinctive, leur musique reste plus qu’appréciable. Ainsi, « Damage Land » semble s’obstiner à catapulter une thématique à la Lemmy dans un univers Heavy/Thrash dilué, tandis que la conclusion « Strip Queen » se réjouit d’un riff exhibitionniste, pour éclabousser la vitrine d’un Peep Show sudiste un peu crade, mais hautement recommandable passé une certaine heure. Et comme la fin de la manipulation nous offre une nouvelle accélération, on se réjouit de cette soudaine violence qui met les valseuses en transe.

Au rayon production, son un peu erratique parfois, et niveau excellente démo, mais en tant que travail perso, soulignons les efforts consentis pour que chacun trouve sa place sans empiéter sur l’espace du voisin. Les guitares prédominantes n’éclipsent pas une basse gironde et bien ronde, et le chant, parfaitement mixé ne joue pas les vedettes, et sait jouer son rôle de leader tout en laissant les autres à la fête. Le bilan est donc plus que positif pour ce Temple of Addiction qui en rendra deux ou trois accros, mais qui témoigne surtout du potentiel indéniable d’un groupe qui semble encore se chercher stylistiquement, mais qui a déjà trouvé son identité partiellement.      

 

Titres de l'album :

                         1.Broken

                         2.Temple of Addiction

                         3.Silent Anger

                         4.Wild Man

                         5.Damage Land         

                         6.Strip Queen

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par mortne2001 le 31/10/2018 à 17:36
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@Humungus : une résidence (residency en anglais) désigne le fait pour un musicien ou un artiste de se produire pendant une certaine période au même endroit. On parle alors d'artiste en résidence.


La résidence c'est lorsqu'un artiste loue une salle pour y répéter son concert en vue d'une tournée. C'est une répétition en grandeur nature en quelques sortes


1) ManOfShadows + 1 !
2) C'est quoi "la résidence" ?


Bonne nouvelle. Je n'attendais pas un nouvel album de leur part si tôt.


J'ai eu peur ! En lisant les deux premières lignes et en voyant la photo, c'est mon cœur qui a faillit s’arrêter de battre. Murphy est un vocaliste unique et légendaire. Bon courage et bon rétablissement à lui.


C’est pas trop tot


Pas un petit passage par chez nous, dommage...


A noter qu'il s'agit d'un EP (5 titres) et non du 3ème album des chiliens à proprement parler.


Oui le morceau en écoute est... éprouvant ! Bien plus violent que certains groupes de métal. Je suis pas sur que ce soit pour moi par contre...
PS: Elle donne une interview dans le dernier New noise.


Ouch... je n'ai écouté qu'un seul morceau et pourtant je suis sur les rotules. C'est d'une intensité rare. Cathartique. Quand elle hurle, on a juste envie de hurler avec elle, encore plus fort pour... je ne sais pas vraiment en fait ! Tout bonnement impressionnant. Et éprouvant !
Merci mec(...)


Enjoy The Violence !