Bastard Thrash

Goblet

25/09/2020

Autoproduction

Voici donc les héritiers légitimes de TANKARD que l’underground nous présente comme tels depuis quelques années, et si les similitudes sont évidentes entre les deux groupes, affirmons immédiatement que ces américains ont des options un peu plus vastes que leurs modèles allemands. Certes, l’humour est une composante importante chez les deux groupes, et les jeux de mots sont guidés par le même esprit potache qu’on constatait déjà sur des œuvres comme Chemical Invasion ou The Morning After. Néanmoins, ces originaires de Pittsfield, Massachusetts possèdent un avantage de taille sur la bande à Gerre et compagnie : leur sens de la blague potache s’accompagne d’un talent de composition redoutable, qui leur permet de faire passer la plus débile des galéjades pour un spectacle inédit et tendu. Après deux EP’s, les GOBLET passent donc la vitesse supérieure, mais comme tout bon dilettantes qui se respectent ont joué la fourberie facile pour nous refiler d’anciennes chansons sous de nouvelles versions. Au menu donc de Bastard Thrash, ce premier long, du recyclage de leurs deux précédents formats moyens, avec des morceaux empruntés à Spring Thaw et On Tap et remis au goût houblonné du jour, mais comment en vouloir à ces branleurs d’en remettre une couche en offrant un lifting à des hymnes qu’ils ont eux-mêmes composés ? Après tout, un premier LP est une carte de visite qui se doit de marquer les esprits, et il n’y a aucun mal à le remplir de bonnes idées, même si elles viennent du passé.

Pour les néophytes se contentant des sorties majeures, sachez que les GOBLET agitent les bas-fonds du Thrash/Crossover américain depuis 2013, en donnant des concerts incendiaires et en publiant de temps en temps des pamphlets amusants, mais crédibles. Articulé autour de quatre musiciens drôles mais talentueux (Nick Saldarini, Peydon Twing, Nick Sacco et Jesse Pause), GOBLET propose un mélange assez étrange, méchamment corsé, qui se plaît à imposer des rythmiques Thrash à des thèmes parfois Death, Hardcore, pour créer une sorte de mash-up géant, terriblement ludique, mais incroyablement persuasif.

D’ailleurs, certains sites vont jusqu’à parler de Thrash/Death progressif, ce qui en dit long sur le caractère aventureux de la musique de nos amis du jour. Sans aller jusqu’à pousser le bouchon aussi loin, il est certain que le Thrash des américains est loin d’être unidimensionnel, et uniquement calé sur les influences les plus notables du passé. On reconnaît évidemment la patte légère des MUNICIPAL WASTE et de cette nouvelle garde de Thrash paillard, mais le quatuor de Pittsfield a du talent pour recycler à sa sauce, et propose souvent au sein d’un même morceau deux ou trois idées complémentaires, qui une fois mises bout à bout, forme une progression assez intéressante.

De fait, ne vous laissez pas abuser par ces titres aux jeux de mots plus ou moins habiles qui semblent aiguiller sur la piste du Comedy Thrash le plus gras. L’instrumental tricoté par la bande est certes joyeux, mais beaucoup plus fin qu’il n’y parait. D’ailleurs, les prouesses individuelles et collectives sont flagrantes dès l’ouverture tonitruante de « Madman in the Band Van », qui en à peine deux minutes passe par toutes les ambiances, et rappelle un peu musicalement Uncle Peckerhead: The Killer Roadie l’excellent film de Matthew John Lawrence. Des séquences heureuses et humaines, et de soudaines crises de colère Death qui suggèrent bien les fringales de ce pauvre Peckerhead. Nous nageons donc en plein rigolo mais costaud, et si les américains suggèrent parfois un habile croisement entre TANKARD et MUNICIPAL WASTE, ils évoquent aussi le passé des MACABRE, le présent de GAMA BOMB, soit la quintessence d’un Thrash amusant mais crédible. « Souriez autant que vous headbanguez » pourrait donc être le leitmotiv des GOBLET, qui n’hésitent jamais à accentuer le propos de passages sévèrement Death avec blasts raisonnables et voix qui part dans les graves caverneux. Mais les multiples breaks, les figures de style, les fills d’un batteur totalement possédé et les soli qui déménagent nous aiguillent donc sur la piste de musiciens qui connaissent leur boulot, mais qui préfèrent l’envisager sous un jour plus primesautier que la moyenne.

Et les titres passent, l’énergie ne se dément jamais, la fête est folle, mais certainement pas sans alcool. On se laisse séduire par ces titres courts et punchy, et une fois parvenus à « Dragons in Space », hymne parmi les hymnes et digne du « Space Beer » de TANKARD, le temps est vite passé, mais l’impression de qualité est durable. Pas question de proposer un Thrash 8.6 vomi à peine bu, le quatuor tient à la qualité de son produit, et a donc fait attention à tous le processus de distillation. Des couplets solides pour des refrains collégiaux aux chœurs très prononcés, comme tout bon tube Crossover qui se respecte, mais surtout, un survol de toutes les tendances de l’extrême raisonnable pour ne pas se contenter d’un reenactment Thrash de seconde catégorie.

Les saillies sont parfois short n’fast, et « Beer at the Wine Bar » de proposer un Hardcore remanié pour faire plaisir aux amateurs de shots costauds, mais lorsque le quatuor sort ses armes les plus fatales, le Techno-Thrash n’est pas loin, et le fabuleux « Forced Blunt Trauma » de démontrer que ces instrumentistes sont tout sauf des acteurs musicaux ratés se gargarisant de leurs propres blagues. Véritable pamphlet contre le recyclage facile et l’imagination en berne, Bastard Thrash est bien l’enfant bâtard du Thrash et du Death, ce que l’acte de naissance « Wavecrusher » prouve de son Death agressif dégénérant en Thrash démonstratif et fluide. Très à l’aise en format long, GOBLET prouve que ses deux EP’s étaient tout sauf d’heureux accidents, et nous livre avec son premier album un sérieux manifeste de passion et de crédibilité. Les surprises sont nombreuses, les accents Rock n’Thrash fréquents, la vitesse d’abatage conséquente mais raisonnable, et les tubes s’amoncèlent sur le tapis de la caissière qui ne sait même plus quel prix taper. Mais si l’on vendait ce premier LP au réel niveau de sa valeur, il vous faudrait débourser une somme assez conséquente. Alors, marrants et crédibles les mecs ? Exactement, et de sacrés bâtards Thrash. En toute amitié bien évidemment.   

 

                                               

Titres de l’album:

01. Madman in the Band Van

02. Tupperware Extraordinarie

03. Wind Fling

04. Dragons in Space

05. Beer at the Wine Bar

06. Hungover as Fuck

07. Forced Blunt Trauma

08. Wavecrusher

09. Garden of Odin

10. Metrognome with a G

11. Bald Motherfucking Eagle

12. Royal Jelly

13. Hashtronaut


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par mortne2001 le 06/08/2021 à 14:48
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David ghetto

Manque de rythm sur le montage mais le son est lourd !

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Steelvore666

Excellent titre pour un putain d'album, que je ne saurais que trop conseiller à ceux qui sont passés à coté jusqu'à présent.

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Simony

Extraordinaire album ! En tout point d'accord avec cette chronique. De mon côté l'influence de CHRISTIAN DEATH est plus que perceptible en effet.

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Humungus

Pourquoi pas De Villiers avec un t-shirt DISRUPT ?

15/08/2022, 09:10

Stench

Musicalement c'est plutôt bon mais qu'est-ce que le chant manque de puissance ! 

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Humungus

Fan de l'Action Française avec un t-shirt DROPDEAD...J'approuve.

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Humungus

Hé hé hé...Dans ce genre d'attroupement, le back patch DISSECTION méritant le haut et court et pour le mieux le goudron et les plumes... ... ...

12/08/2022, 23:02

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Je préfère mon Nick bougon dans Paradise Lost....   

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Fred, sale petite pute de balance, lâche de gauchiste. Fallait lui dire en face. Et ses convictions n'ont rien à voir avec la musique. Pauvre tocard.

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