Nouveaux venus sur la scène Hard-Rock nationale, les WINGS OF DECAY n’en sont pas pour autant des débutants, loin de là. En effet, ce nouveau groupe est en fait l’extension ou un side-project relié à l’entité LORRAINE CROSS, dont je vous ai déjà parlé en ces colonnes. Plus en détail, cinq des cinq membres de ce nouveau concept sont donc des musiciens faisant partie des deux groupes (Tony Van Hagen - chant, Thomas Feuga - batterie, DK & Stephane Herpoux - guitares, et Renaud Arnould - basse), ce qui ne manquera pas de provoquer des rapprochements au niveau du style. Déduction parfaitement logique, ce que les musiciens eux-mêmes affirment sur leur page Facebook. Néanmoins, et malgré ces similitudes frappantes, ne vous attendez pas à un simple succédané, puisqu’il existe des différences entre les deux approches. En effet, WINGS OF DECAY montre un groupe moins influencé par le Heavy classique, et beaucoup plus perméable au Hard-Rock mélodique tel qu’il était pratiqué dans les eighties, ce qui représente peu ou prou l’influence principale des toulousains. Fondé en 2017, cette nouvelle entité n’est donc pas qu’un simple clone, mais un ensemble à part entière, ce que ce premier et fier album prouve de ses dix morceaux très travaillés. On retrouve bien sûr l’allant et la prestance de LORRAINE CROSS, notamment dans les riffs, toujours aussi tranchants, mais aussi dans la voix unique de Tony Van Hagen, qui n’est ni plus ni moins qu’un talent équivalent aux timbres historiques de Jami Jamison ou Steve Perry. Il n’est d’ailleurs pas interdit de voir en ce Crossroads un pont tendu entre le Heavy harmonique et l’AOR des années 80, une sorte de raccourci entre JOURNEY et BONFIRE, avec quelques petites touches d’ACCEPT, de DIO, et autres références incontournables de l’époque.

Et à vrai dire, tout est dit dans le titre de l’album. Crossroads, ce croisement entre les différents chemins qu’un groupe peut emprunter pour trouver son identité. Celle de LORRAINE CROSS étant bien affirmée, il convenait d’insuffler à ce nouveau projet une personnalité forte, ce que les principaux compositeurs ont bien évidemment fait. En résulte un disque solide, aux chansons pertinentes, souvent accrocheuses, toujours mélodiques, mais sans verser dans la niaiserie ou la mièvrerie. Non, les WINGS OF DECAY tiennent à leur affiliation Heavy Metal, et n’hésitent pas à durcir le ton quand il le faut. Et c’est ce parallèle entre des plans durs et des accents presque Glam qui rend cette dizaine de titres assez fascinants, malgré quelques redites au niveau de la rythmique qui applique souvent le même mid tempo appuyé. Nul n’est parfait, mais dès « Crossroads », on sent l’envie, on se rappelle d’icônes du passé (en l’occurrence HELLOWEEN dont l’intro de « I Want Out » n’est pas tombée dans l’oreille de sourds…), avant de succomber à la flamboyance de ce chant royal sur fond d’instrumental dopé à la testostérone Hard Rock. Belle combinaison qui donne lieu à des couplets enflammés découlant sur des refrains policés, qui jamais ne laissent retomber la pression. Il est évidemment difficile de trouver une quelconque originalité à cette approche, qui se satisfait très bien d’un formalisme de surface, mais ce même formalisme tient plus de la passion avouée que de l’erreur de débutant qui copie sans modifier.

Proposant des développements longs mais aussi des intermèdes plus concis, le quintet joue la carte de la diversité d’idées, et se plait à s’imaginer comme emblème d’un Hard-Rock efficace, suggérant SHARK ISLAND tout comme SURVIVOR (« Roadstar », « Live or Die »), avant de basculer du côté sombre de la force et nous rappeler que leur appartenance à LORRAINE CROSS est tout sauf un hasard (« Out in the Night », méchanceté sombre et Heavy du meilleur goût). Tout n’est pas encore parfait, mais on sent que les instrumentistes ont du bagage, et qu’ils ont suffisamment traîné leurs guêtres sur scène pour savoir de quoi ils parlent. On n’évitera pas quelques itérations qui se sentent, quelques plans qui se répercutent d’un titre à l’autre, mais heureusement, outre le talent vocal indiscutable de Tony Van Hagen, le groupe peut aussi se reposer sur les éclairs de solistes de DK et Stéphane, qui ne se gênent jamais pour illuminer leur musique de passages en solo convaincants et véloces. Toutefois un peu long, Crossroads aurait sans doute gagné à être condensé, et voir ses idées résumées parfois, même si des instants d’émotion nous sauvent de l’uniformité (« Until the End »). Mais grâce à un surplus d’énergie qui se manifeste à intervalles réguliers (« Wanker »), et à des accès de fureur totalement Power Metal (« Full Speed », classique, mais terriblement efficace de son tempo échevelé), le tout passe très bien, et montre que les cinq potes ont de la réserve. Certains trouveront assez étrange de terminer le parcours sur une ballade plutôt connotée et stéréotypée (« Far Away from You », pas indispensable), mais ils pourront toujours se repencher sur le cas des morceaux les plus burnés (« Final Round ») pour rééquilibrer leur jugement.

Avec une production légèrement nostalgique mais bien dans son époque, un investissement personnel et collectif indéniable, et des titres qui tiennent largement la route, entre Hard vraiment dur, mélodique qui assure et Heavy bien mur, WINGS OF DECAY signe un premier effort qui ne vous en demandera aucun pour l’apprécier. Reste à savoir si les mecs assureront toujours pour deux, ou si ce premier jet n’est à considérer que comme une récréation. Si tel est le cas, elle est agréable, et mérite largement votre attention. De quoi faire monter la température toulousaine de quelques degrés avant l’été.

  

Titres de l’album :

                       1.Crossroads

                       2.Roadster

                       3.Metal Zipper

                       4.Live or Die

                       5.Until the End

                       6.Wanker

                       7.Final Round

                       8.Out in the Night

                       9.Full Speed

                      10.Far Away from You

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par mortne2001 le 14/06/2019 à 18:38
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Excellente nouvelle ! Hâte de les voir à Toulouse avec Holt.


Merci pour la réponse Simony. Et donc, rien de bien méchant apparemment, un petit bizutage !
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100 % d'accord avec la chronique !!


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@ Living Monstrosity : excellent, on sent le bon souvenir ;)


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