« Nous sommes moins que rien, dans une immense mer de vide. Il n’y a ni bien ni mal. L’existence elle-même n’est qu’une illusion.

Vous n’êtes rien »

Voici donc une introduction très péremptoire qui nous renvoie pourtant à notre misérable condition de grain de sable perdu dans une tempête de temps qui passe. Oui, une pauvre poussière dans un sablier que des forces obscures regardent couler en se délectant de notre désespoir, et de la futilité de notre présence sur terre. Après tout, qu’est le monde sinon un vaste terrain de jeu où les acteurs cupides et stupides se succèdent pour jouer une pièce dont l’inéluctable conclusion est déjà connue de tous ?

Quel intérêt de regarder un film, bien que nous en soyons les protagonistes, alors même que nous savons très bien quelle en sera l’issue ?

Et la conclusion est donc limpide. Aucun twist ne viendra nous sauver de notre disparition prononcée, lorsque la terre rendra les armes dans une dernière flambée de puissance, avant de s’éteindre…Mais heureusement pour nous, ce jour funeste n’est pas encore pour demain, ce qui nous laisse un peu de temps pour apprécier la parole et la musique d’oracles de la pénitence qui nous préviennent des dangers à venir. Ces dangers, nous considérer comme créatures fondamentales, et placer notre Ego au-dessus de tout, alors même que le tout n’est qu’une autre partie d’une somme sans résultat. Des oracles, nous en connaissons déjà un nombre conséquent, spécialement dans ce créneau sombre qu’est le Black Metal, qui n’a de cesse de se métamorphoser pour s’adapter au changement ambiant, qui a tendance à s’assombrir de secondes en siècles. Mais parfois, le style sait aussi stopper la machine pour quelques instants, et se repaître de ses dogmes fondamentaux, pour rester au plus proche des commandements de base.

Ainsi, EMPYREUS ne cherche aucunement depuis sa création en 2009 à bousculer les codes établis, et se contente de jouer la musique la plus puissante et emphatique possible. Cette hydre malfaisante nous a déjà exposé ses vues au travers de deux EP, Pandemonium Reigns en 2011 et The Burning Path en 2013, et il semblerait que le format leur convienne très bien, puisque c’est avec un nouveau court qu’ils nous en reviennent en 2017, via ce quatre titres éponyme qui reste dans la droite lignée de leurs productions précédentes. Et à l’écoute de ce petite demi-heure de violence instrumentale et vocale, il n’est pas difficile de rattacher les originaires de Chicago aux locomotives du genre, de SATYRICON à EMPEROR, en passant par JUDAS ISCARIOT, sans toutefois les priver de leur propre originalité, qui s’exprime au travers d’une évolution progressive des structures, sans jamais céder le pas à la véhémence globale. C’est donc à un Black très noir mais illuminé de parties de guitares incandescentes auquel nous sommes confrontés, qui se repose sur une rythmique infatigable mais créative pour avancer coûte que coûte. Et faites-moi confiance, la dite avancée est impressionnante, et atteint parfois les sommets de crudité si chers aux 1349 ou à MARDUK.

Ce qui prouve que les EMPYREUS ont plus d’une formule dans leur grimoire.

Et si selon eux, l’existence ne vaut pas la peine d’être vécue autrement que comme une brève et triste parenthèse dans le temps, leur musique se veut plus sûre d’elle, et ose des constructions alambiquées pour convaincre le fan potentiel, qui commence à déplorer que sa musique favorite s’oriente de plus en plus vers le Post ou l’expérimental.

Radicaux ces quatre morceaux, certes. Mais aussi très finement composés, et qui tiennent leurs idées à bout de riffs et de chant damné pendant plus de cinq, six ou sept minutes sans jamais laisser l’effort fléchir en intensité. Doté d’une remarquable et ample production, Empyreus n’a pas à rougir d’une éventuelle comparaison avec les plus grandes références du genre, et se permet parfois des climats très nauséeux, comme sur le terrassant « Might Of Legion », qui réussit dans le même cadre à réconcilier les fantasmagories d’EMPEROR, et le réalisme morbide d’un HELLHAMMER ou d’un MAYHEM première époque. Difficile à croire, tant ce groupe stagne pour l’instant dans un underground dont il pourrait facilement s’extirper, mais c’est pourtant la réalité d’un troisième EP qui n’aurait besoin que d’un petit coup de corne pour exploser à la face du monde.

Il n’est pas non plus interdit de sonner le rappel de DISSECTION, lorsque les arrangements luttent entre harmonie et virulence. Ainsi, le spectaculaire final « The Witch Of Endor », nous tire vers le passé d’un The Somberlain de sa grandiloquence tragique et de ses guitares qui tournoient dans un ciel chargé. Mais loin de se contenter d’une inspiration marquée, les américains en profitent pour glisser entre deux décharges d’électricité des breaks d’une théâtralité remarquable, pour donner corps à leurs inflexions pessimistes, et nous permettre de nous éloigner un peu du sempiternel jeu de dupes consistant à énumérer des influences extérieures pour situer un nouveau venu…ou presque.

Et si l’entame de « Sacrificial Blaze » reste dans une norme de violence somme toute assez formelle, l’ensemble dégage un potentiel de haine qui nous cloue sur place, et qui est accentué avec ingéniosité par ce fameux format court qui donc, sied vraiment à la musique jouée. Quant à savoir si EMPYREUS osera un jour franchir le pas du LP pour prendre des risques et exposer son potentiel réel, nous n’en sommes pas encore là, mais je les en sens grandement capables.

En attendant ce jour, comme en attendant notre fin, nous pouvons apprécier Empyreus pour ce qu’il est, à savoir un excellent EP de Black aussi traditionnel que personnel. Et ceci n’est pas une conclusion d’oracle, juste une constatation de chroniqueur parfaitement conscient de la futilité de sa tâche…


Titres de l'album:

  1. Sacrificial Blaze
  2. Rex Nemorensis
  3. Might of Legion
  4. The Witch of Endor

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 28/08/2017 à 17:52
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Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


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