Et si je vous dis WHITESNAKE, DIO, LION, HURRICANE, HOUSE OF LORDS, BAD MOON RISING, REVOLUTION SAINTS et THE DEAD DAISIES, vous pigez tout de suite le lien qui unit tous ces groupes ? Un Hard-Rock de grande classe évidemment, ou un Heavy torride et puissant, des chaînes bluesy pour le côté feeling à appuyer, et vous aurez raison de souligner tout ça. Mais ce qui relie toutes ces entités se résume en un seul nom, l’un des plus immédiatement identifiables de la scène Hard US de ces trente dernières années. Un nom qui évoque un parcours sans-fautes, mais aussi une foi, une humilité dans le talent, un nom que l’on cherche souvent dans les recoins de la mémoire, et qui une fois trouvé, donne le sourire et suscite l’admiration. Celui de Doug Aldrich évidemment, guitariste/figure emblématique des guitar-heroes d’outre-Atlantique, et qui dès la parution du premier et miraculeux album de LION s’est fait remarquer. Les véritables esthètes et autres pointilleux de la légende argueront du fait que Dangerous Attraction avait toutes les qualités requises pour faire de ses concepteurs les sauveurs d’un Hard US en perdition dans les fanfreluches et autres astuces Pop un peu trop flagrantes, mais l’histoire aurait pu s’arrêter là, comme pour nombre de combos nés dans la seconde moitié d’eighties capricieuses. Sauf que le talent du bonhomme était tellement éclatant que beaucoup de cadors ont fini par le remarquer, et avec un parcours à la Vivian Campbell (dont il a partagé deux participations avec des légendes incontestables), Doug peut aujourd’hui s’enorgueillir d’une des carrières les plus respectables de l’histoire. Et si le destin a voulu qu’il se fasse recaler d’un des castings de KISS, son actualité aujourd’hui est la preuve d’une revanche de l’ombre, ce que ce quatrième LP de BURNING RAIN prouve de sa flamboyance et de sa diversité. S’il est certain qu’on connaît plus Aldrich pour son implication dans WHITESNAKE ou DIO, il serait profondément injuste d’oublier que ce projet fomenté à la fin des nineties fait partie de ses plus hauts faits d’armes, armes qu’il porte depuis le début en bonne compagnie, celle de Keith St. John (KINGDOM COME, X DRIVE, ex-QUIET RIOT (live), ex-BIG TROUBLE, ex-KSJ's ROCKBOX, ex-MEDICINE WHEEL, ex-MONTROSE, ex-ST JOHN, ex-SUN KING, ex-LYNCH MOB (live)), et qui aujourd’hui, trouve enfin le temps de se rappeler à notre bon souvenir.

Du à l’actualité toujours aussi brûlante de ses membres fondateurs, BURNING RAIN n’a jamais vraiment eu l’occasion de se poser comme véritable groupe, ses acteurs étant toujours sur la route pour défendre un autre projet. Et avec seulement quatre albums en vingt ans, le quatuor au line-up renouvelé (adjonction récente d’une section rythmique flambant neuve, avec Brad Lang à la basse (Y&T) et Blas Elias au kit (TRANS-SIBERIAN ORCHESTRA, BLUE MAN GROUP, ex-LACE DRAGON, ex-SLAUGHTER)) a joué l’économie, profitant d’un break entre deux tournées ou enregistrements pour coucher sur bandes ses impressions épisodiques, que les fans d’un Hard Rock torride et subtilement bluesy ont toujours appréciées au plus haut point. Et cinq ans après leurs dernières aventures, le duo Aldrich/St. John fait encore des miracles, et parvient à se hisser au niveau des groupes les plus légendaires auxquels ses membres ont participé. A force d’efforts et de sincérité, BURNING RAIN atteint la maturité avec Face The Music, qui nous oblige en effet à plus de considération, d’objectivité, et nous livre une composition immaculée, striée d’éclairs de passion et de translation de feeling, qui pourrait nous pousser si nous n’avions pas peur de trop en faire à affirmer que ce quatrième long n’est rien de moins que l’album que WHITESNAKE n’a jamais réussi à enregistrer après Slide It In. Toujours aussi à cheval sur les principes, les deux acolytes ne font pas plus de concessions en 2018 qu’en 2013, et soignent leur folie créative avec un traitement d’éthique, osant les riffs plombés allégés par des mélodies subtiles et soignées. Mais ils ont cette fois-ci accepté de l’aide extérieure, renonçant ainsi à produire et mixer par eux-mêmes, s’en remettant au talent de l’incontournable Alessandro Del Vecchio pour le mixage et le mastering, Frontiers oblige…Et l’homme démontre une fois de plus qu’il est capable de s’adapter à tous les terrains, à l’aise dans les fleurs AOR comme confiant dans le champ de mine Heavy Bluesy des BURNING RAIN, conférant à Face The Music une patine âpre, dure et virile qui témoigne parfaitement du parcours au long-cours des musiciens impliqués. Et si les DEAD DAISIES retiennent toujours l’attention, gageons que cette nouvelle étape sur le parcours de Doug et Keith saura rétablir l’équilibre entre side-pas-vraiment-projects, et groupes officiels. A tel point qu’une tournée ou tout du moins une poignée de shows sont déjà prévus, pour peu que les engagements centraux en laissent l’occasion.

Mais musicalement, et plus pragmatiquement, que cache ce quatrième long au titre qui en dit beaucoup ?  Pas grand-chose de plus ou de moins que ce que le groupe nous a déjà offert depuis 1998, mais une harmonie globale qui convainc, et une pluralité d’inspiration qui lui permet de passer d’un Hard-Rock presque californien à un Post-Grunge qui ne renie en rien l’importance d’ALICE IN CHAINS. La guitare de Doug, toujours aussi tranchante en riffs s’envole plus haut que jamais en lead, mais c’est la cohésion d’ensemble qui frappe, et qui permet aux onze morceaux de sonner comme des classiques instantanés d’un Hard n’Heavy coloré, profond et séduisant, et ce, dès « Revolution. ». Ce premier morceau n’en est pas une, mais il formalise le plaisir de retrouver un combo qui nous manquait, et qui revient sur le devant de la scène d’un riff redondant sur binaire grisant, St.John vocalisant comme le Coverdale de la grande époque US, pour mieux recycler des thèmes que Doug connaît depuis un bon moment. Un gros travail a été accompli sur les chœurs et les lignes vocales, qui se mélangent comme des serpents dans le désert, et la production, sèche mais aux graves bondissant évoque une union pas si illogique que ça entre le sud des USA et la Californie, un peu comme si BURNING RAIN souhaitait construire des ponts qui pour une fois, ne brûleraient pas. Mais aussi cathartique soit ce titre, c’est « Lorelei » qui incarne le véritable point d’entrée de ce disque, avec ses six longues minutes lourdes comme du DOWN, mais amères comme du Jerry Cantrell en pleine introspection Dirt. Puissant, mais aéré par des harmonies nostalgiques, ce titre est la révélation du caractère indispensable de cette formation aux étapes erratiques, qu’on souhaiterait plus stable dans ses avancées. Et malgré un timing plus que serré, et des emplois du temps toujours plus chargés, il semblerait que les musiciens aient enfin accepté de se lâcher et d’oublier leurs contraintes, comme le démontre l’explosif « Nasty Hustle », caracolant sur les roues d’un dragster de guitares cramant le bitume.

Plaisir de jouer sans enjeux cruciaux, Face The Music accepte la musique comme seule justification, et aligne les brulots, chaloupant pour mieux faire de l’œil (« Midnight Train »), acoustiquant pour mieux temporiser sur le seuil (« Shelter », magnifique d’émotion, et légèrement EXTREME-LYNYRD dans le fond), plombant pour l’amour des flexions (« Face The Music », les ANGELS rencontrent GREAT WHITE), lâchant le picking avant les licks gluants (« Hit And Run »), et globalement, se montrant enthousiasmant, dans les émotions pures comme dans l’exubérance immédiate. Et si « If It’s Love » geint comme une complainte de Steven Tyler adossé à un juke-box TESLA, les soli de Doug se montrent toujours aussi inspirés et tendent un mouchoir avec beaucoup d’empathie. Impossible de nier que ce quatrième long de BURNING RAIN est sans doute ce qu’ils ont fait de mieux depuis leur début, même en admettant que le nom de Doug est toujours un symbole de qualité. Quelle carrière mes aïeux. Et elle n’est pas prête de s’arrêter.

   

Titres de l'album :

                          1. Revolution

                          2. Lorelei

                          3. Nasty Hustle

                          4. Midnight Train

                          5. Shelter

                          6. Face The Music

                          7. Beautiful Road

                          8. Hit And Run

                          9. If It’s Love

                          10. Hideaway

                          11. Since I’m Loving You

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par mortne2001 le 12/05/2019 à 18:43
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Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

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