Feeling So Good

Voodoo Vegas

01/11/2019

Autoproduction

Un peu de Hard Rock in your face, typiquement anglais pour changer, ça vous sied ? Un groupe qui face à l’adversité se montre uni et déterminé, qui ne s’en laisse pas conter et qui ne baisse pas les bras au premier tracas ? Un groupe dont le grand Malcom Dome dit le plus grand bien, et qu’il ose même comparer aux GUNS N’ROSES et AC/DC dans un moment d’euphorie contrôlée ? Le genre de groupe dont la réputation ne tient ni à des gimmicks, ni à des effets de manche, et encore moins à une habile campagne de promotion ? Alors apprêtez-vous à accueillir dans vos douces chaumières le troisième album de cette formation de Bournemouth, qui depuis quelques années met le feu à toutes les scènes qu’il a pu arpenter…Qui dit troisième album dit étape critique, et sale virage à négocier, dans des conditions normales, mais encore plus dangereux lorsque les circonstances sont contre vous. Après deux excellents LP, les anglais de la côte sud ont dû faire face à une sale entourloupe de Pledge Music, accusant une ardoise de plus de 1000 livres, et donc se recentrer sur ses propres capacités pour assurer le financement et la promotion de ce nouveau tome, avant de trouver un soutien fidèle en la structure TMR Band Management, structure se battant comme un beau diable pour prêcher leur bonne parole et vendre Feeling So Good à tous les magazines/webzines de la création. Il est toujours d’usage de se méfier de ce prosélytisme commercial, mais en connaissant le combo de plus près, et ses performances scéniques incendiaires, la confiance est de mise. Et à raison, puisque Feeling So Good mérite chaque mot de son titre, et tient toutes ses promesses implicites. Et pour une fois qu’un groupe se contente de jouer sa musique sans essayer de surfer sur une mode opportuniste, l’adoubement reste la seule option raisonnable. Et de fait, en toute objectivité, ce troisième LP est certainement l’un des meilleurs de pur hard Rock que vous aurez l’occasion d’écouter ce mois-ci.

Quintet (Lawrence Case – chant/harmonica, Merylina Hamilton – guitare, Ash Moulton – basse, Mike Rigler - batterie et Jon Dawson - guitare), VOODOO VEGAS est le type même du groupe honnête et travailleur, investi et passionné, qui depuis ses débuts s’évertue à faire la synthèse entre l’exubérance de la scène US des années 80, et la rigueur esthétique anglaise de deux décennies. On sent des réminiscences de la famille GUNS Californienne (les ROSES et les L.A), mais aussi des traces de rugosité nationale via une dureté symptomatique des premiers jets de Ricky Warwick et THE ALMIGHTY, le tout drivé d’une belle énergie seventies à la LED ZEP et autres divas du Hard-Rock. Sans chercher la petite bête, le quintet se contente donc de jouer une musique salement efficace, qui peut aussi rappeler les LOVE/HATE sans le côté Fusion/Funk, les BLACK CROWES en plus futé et fêtard, AEROSMITH, en gros, toute la clique d’influences qui un jour où l’autre ont traité le Rock avec déférence, mais aussi pas mal de méfiance. Car si leur musique est d’un impact immédiat, leurs morceaux sont plus fouillés qu’il n’y parait, et toujours truffés de petites idées et arrangements qui enjolivent sans dénaturer. Enregistré avec Will Maya au studio Los Rosales près de Madrid, Feeling So Good est un spray d’euphorie musicale, employant ses quarante-sept minutes à nous persuader du côté cathartique de la musique la plus simple et directe. Sans redéfinir les grandes lignes du Hard-Rock un peu glam louche des origines eighties, les cinq anglais en abordent toutes les facettes, de la longue suite subtilement acoustique/électrique lourde à l’instantané rapide et musclé, et chacun à son poste est d’une importance majeure, pièce indispensable d’un puzzle qui une fois assemblé, nous donne une vision d’ensemble de notre musique préférée. Et après avoir lâché en éclaireur « Revolution », flanqué d’une vidéo tout à fait crédible, le groupe découvre donc le reste de son tracklisting, après avoir joué bon nombre de ces morceaux sur scène.

Tous les spécialistes et les fans vous diront que le groupe live est une tuerie. Mais bon nombre de groupes le sont aussi, et parvenir à transposer cette folie de concert en studio n’est pas chose facile. C’est pourtant ce que les VOODOO VEGAS sont parvenus à faire ici, ce que « Don’t Need Your Love » prouve de son up tempo survitaminé et de son riff déchaîné. On sent immédiatement que les cinq musiciens sont du genre no bullshit, mais pas bas du front pour autant, et il y a quelque chose de la Californie dans cette attitude bravache et ces guitares qui arrachent, alors même que les chœurs collégiaux subliment un refrain plus Pop que la moyenne. Aussi agressifs qu’ils ne se veulent séduisants, les anglais frappent à toutes les portes pour propager la bonne parole du Rock N’Roll, nous font parfois penser à nos propres BLACKRAIN, mais évoquent de façon plus générique quatre décennies de Hard intercontinental. « Revolution », et son mid tempo classique, sent très fort le hit des années 80, lorsque sa rythmique adopte le chaloupé d’un AEROSMITH ou d’un THE CULT en pleine transe chamanique. Plus nuancé, « Follow Your Leader » fait mine de séduire de son romantisme de surface pour mieux nous plaquer d’un refrain musclé. Individuellement, les instrumentistes sont tous au-dessus de tout soupçon. La paire féminin/masculin Merylina Hamilton/Jon Dawson explore toutes les facettes de sa combinaison pour ne pas reproduire le même motif à l’unisson, tandis que la rythmique Ash Moulton/Mike Rigler ne se contente pas d’un soutien en règle, et multiplie les arabesques, les déliés et autres saccades pour mieux doper l’instrumental. Quant au chant de Lawrence Case, il a cette gouaille des grands glammers, mais aussi ce grain des rockeurs urbains qui ont usé leurs cordes vocales du soir au matin. Et l’osmose générale transpirant de chaque impulsion, le résultat ne pouvait qu’être convaincant, à raison.

On craque alors pour le pilonnage Heavy de « Puppet », pour la fusion « Sticky Sweet »/« Sweet Emotion » de « Pretender », pour les prétentions progressives et l’atmosphère plus sombre et Roy Rodgers de « How Much Is Enough », avec ses chœurs presque indiens, mais aussi pour l’émotion tangible et mélodique de la transition « World Keeps Turning », avant que le burner « Who I Want To Be » nous rappelle les STRUTS et les THUNDER. Véritablement à l’aise dans toutes les ambiances, VOODOO VEGAS aborde tous les cas de figure, et nous oblige d’un final magnifique, ce « Love Shines » à l’harmonica amer qui aurait pu être le « Rocket Queen » de qui-vous-savez. De là à comparer ce Feeling So Good à Appetite For Destruction, il y a un fossé de génération que je me refuse à franchir par précaution. Disons simplement que le Hard-Rock anglais s’est trouvé un digne représentant à ses pulsions, et que ce troisième LP des sud-côtiers est une belle révélation, et la garantie d’éprouver à la maison les mêmes sensations que dans une salle aux décibels à foison.                             


Titres de l’album :

                           1. Don’t Need Your Love

                           2. Revolution

                           3. Follow Your Leader

                           4. Puppet

                           5. Pretender

                           6. How Much Is Enough

                           7. World Keeps Turning

                           8. Who I Want To Be

                           9. Feeling So Good

                           10. Come On Over

                           11. Love Shines

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par mortne2001 le 03/07/2020 à 18:37
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