Nouvelle livraison Frontiers et son cortège d’albums hautement mélodiques, et pour entamer cette salve, quoi de mieux qu’un nouveau projet versant dans la nostalgie eighties prononcée ? Pour débuter les hostilités, c’est donc le groupe PASSION qui se retrouve sous les feux de mon clavier, et autant dire que ce nouveau projet ne manque ni de piquant ni de souplesse. PASSION est donc le projet parallèle de Daniel Rossall, chanteur de NIGHT BY NIGHT, qui en 2017 composa un morceau en compagnie des autres membres du groupe. L’orientation clairement AOR/90’s du titre en question fit germer une idée dans son esprit fécond, et l’envie d’enregistrer un album complet inspiré de cette nouvelle tendance germa dans son esprit…L’idée était lancée, et rien n’empêchait le chanteur d’aller jusqu’au bout de son envie, ce qu’il fit en enregistrant un bon paquet de démos qu’il s’empressa d’envoyer au célèbre label italien, vite séduit par le concept. C’est ainsi que PASSION vit le jour, et si à l’origine, le projet ne concernait que Daniel qui enregistra pratiquement toute la bande instrumentale à lui seul pour le produire sans l’aide de personne, il est aujourd’hui un groupe à part entière, avec un line-up viable, prêt à mettre les scènes en transe. C’est ainsi qu’outre Daniel aka Lion Ravarez au chant, nous retrouvons Chance Vanderlain à la guitare, Weston James à la basse et Bobby Laker à la batterie, pour un passage en revue du savoir-faire made in 80’s/90’s, et le plein de chansons hargneuses, mais mélodiques. D’ailleurs, PASSION est sans aucun doute le combo nostalgique le plus imperfectible de l’écurie Frontiers, tant sa musique semble émaner d’un vieux club de Los Angeles perdu dans les couloirs du temps…

Pour bien baliser le terrain, le quatuor n’hésite d’ailleurs pas à citer de nombreuses influences/références histoire que le fan éventuel se repère dans la jungle des pistes possibles. C’est ainsi que AC/DC, AEROSMITH, BAD ENGLISH, DANGER DANGER, DOKKEN, EXTREME, FOREIGNER, GIANT, GOTTHARD, JOURNEY, KISS, LYNCH MOB, RICHARD MARX, RATT, SCORPIONS, SLAUGHTER, STREETS, SURVIVOR, THUNDER, TNT, TOTO, VAN HALEN, VON GROOVE, WINGER, WHITESNAKE, WHITE LION se retrouvent sur la liste des modèles à suivre, sans que cela ne choque qui que ce soit de la variété vague imposée. Le label quant à lui préfère cibler un peu plus les débats, et adresse ce premier éponyme aux fans d’AC/DC, AEROSMITH, KISS, DANGER DANGER, FOREIGNER, JOURNEY, RATT, VAN HALEN, pour restreindre le champ d’action. Mais pour faire plus simple, autant dire que Passion parvient à unir l’énergie du Hard Rock californien des eighties, la rudesse alternative et légèrement chaloupée de la décennie suivante, et l’AOR le plus séduisant sans tomber dans la soupe ou la mélasse radiophonique. Un Hard-Rock très anglais donc, qui tient autant à sa virilité qu’à son pouvoir de séduction, et qui adapte les méthodes américaines au Rock anglais, entre DANGER DANGER, THUNDER, SHY et TESLA, avec ce petit plus de hargne qui transforme ce premier essai en sans-fautes parfaitement hallucinant. Si Daniel reste le point de focalisation de ce projet avec sa voix toujours aussi puissante et lyrique, l’instrumental n’est pas en reste, et lâche des riffs velus appuyés par une rythmique charnue, comme en témoigne le hit incontournable « Back », qui aurait fait les beaux jours du Roxy et du Sunset Strip il y a trente ans.

Gros licks gonflés aux entournures, chœurs juvéniles qui crient leur soif de liberté, tempo pilonné mais qui s’adapte à l’ambiance, et surtout, atmosphère générale généreuse et joie contagieuse, tels sont les atouts de ce nouveau groupe qui risque fort de faire parler de lui. En écoutant ces chansons prônant l’hédonisme musical, on comprend mieux pourquoi Daniel a souhaité donner à l’aventure un côté moins anecdotique, et transformer son envie en projet viable. Amoureux des mélodies, Daniel n’en est pas moins un enfant du Hard-Rock des eighties, ce Hard-Rock pur et flamboyant que « Intensity » représente avec panache et fougue, up tempo en avant et refrain harmonieux toutes dents brillantes dehors, pour un festival de mimétisme qui renvoie au meilleur de l’union entre la vague âpre européenne et la volonté commerciale américaine, sorte de transposition d’un accord passé entre RATT et SURVIVOR pour faire craquer les charts. Ici pas question de niaiserie, mais bien d’une musique haute en couleurs et en décibels, sans abus de glucose pour faire grossir les ménagères californiennes anciennes cheerleaders accusant le poids des années. On sent que le Heavy pointe le bout de son nez avec régularité, sans alourdir le concept, mais en lui offrant une profondeur qui lui évite l’écueil du trop modulé (« Trespass On Love », le genre de tube que DANGER DANGER ou WINGER auraient pu composer avec SHY pour atténuer les ardeurs). Rien de bien novateur dans cet édifice érigé à la gloire d’un Rock joué Hard, mais de l’envie, de la crédibilité, des thèmes qui réconcilient AC/DC et WHITESNAKE (« Too Bad For Baby »), pour une véritable immersion dans la richesse d’une décennie qui a presque tout inventé en termes de Metal moderne, et si les tics les plus symptomatiques se retrouvent utilisés systématiquement (couplet souple pour refrain en grand écart de mélodie comme « Lost In The Dark »), ils le sont avec ferveur et… PASSION.

 

Daniel Rossall a donc choisi le nom le plus idoine pour baptiser son projet, et ses tendances à respecter le classicisme sont admirables et non pénibles, les plans se succédant dans une bonne humeur contagieuse, du mid tempo fédérateur aux chœurs débordant de bonheur de « Victims Of Desire », au Hard joué méchamment Heavy qui prouve que le concept n’a pas été mis sur pieds pour séduire les midinettes quinquagénaires (« We Do What We Want »). Le mimétisme du projet est donc l’un de ses plus gros atouts, mais la copie n’est rien sans l’inspiration, et en puisant la sienne chez les meilleurs, tout autant que dans son expérience personnelle, Rossall joue la carte de la sincérité, d’autant plus que son album à le son, celui qu’on aimait tant à la fin des années 80, ample mais un peu rêche. Et avec seulement quarante minutes au compteur, Passion tient salement la route, avec ses clins d’œil à la scène californienne la plus attachée aux dogmes d’AC/DC (« She Bites Hard », la quintessence de BANG TANGO, JACKYL, DANGEROUS TOYS et tous les gentils mauvais garçons du Rock 80’s). Ici, pas de racolage putassier à base de Pop jouée subtilement Hard pour tromper les plus naïfs, mais du gros Hard-Rock qui explose d’exubérance, et sans ballade, ni pause acoustique, Passion maintient la pression de bout en bout, sans avoir à en rajouter, mais simplement en proposant d’excellentes chansons. Un premier LP qui en appelle forcément d’autres, et qui comme son nom l’indique, risque de déclencher bien des PASSION. Une belle surprise, et un pied de nez à la vague old-school actuelle qui cherche souvent la recette idéale sans vraiment la trouver par manque de sincérité et de maturité.           

                                   

Titres de l’album :

                         01. Intensity

                         02. Trespass On Love

                         03. Too Bad For Baby

                         04. Lost In The Dark

                         05. Back

                         06. Victims Of Desire

                         07. We Do What We Want

                         08. Built To Please

                         09. She Bites Hard

                         10. Big Game

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par mortne2001 le 05/02/2020 à 17:09
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Je rejoins aussi ton avis, me souviens encore de leurs débuts, c.était même pour ma part difficile d'avaler un album au complet d'une esti shot. Conqueror aussi dans le même chariot.


Pas mal du tout ça !
La production est excellente, très organique, proche d'une captation live mais restant fine et précise ! Ca promet.


L'artwork est l’œuvre d'un certain Jibus


Intéressant, on pourrait savoir qui a fait l'artwork? il est magnifique et je trouve dommage que les crédits des artistes ne soient que rarement mentionnés alors que c'est eux qui fournissent le contenu.


Tu nous feras deux pater et trois avé en pénitence.


J'avoue avoir utilisé la désignation d'Encyclopaedia Metallum sans chercher à vérifier tellement j'ai confiance en ce qui y est mis habituellement.


Dimmu Borgir en PLS ! Impressionnantes les orchestrations, et pourtant je ne suis vraiment pas client de Black sympho !


J'aime toujours Revenge, mais je trouve que le groupe a sacrément perdu de son aura malsaine et dérangeante aujourd'hui... Trop d'albums et surtout trop de live selon moi, ça perd en "mystère"... Après c'est toujours bien bestial et nihiliste comme on aime, mais bon. Enfin ce n'est que mon avis(...)


Effectivement pire mascotte de tous les temps.
Elle porte un nom je crois d'ailleurs mais je ne sais plus lequel...


Bien plus Grunge que Sludge Doom ce truc...


Excellent groupe, avec un son en avance, des putains de riffs et la plus horrible mascotte qui soit.


pas le 27 Avril mais c est le 17 Avril voir site;
https://wickedmetalreview.wixsite.com/wickedmetalreview/post/reptilium-adrenochromacy?fbclid=IwAR3mQiBqH-HFePj2K1w3WrzchVjL2mABPa-drsZ2slIrmbxKotYt1qe3r6g


Ah, effectivement : la pochette est terrible !!


merci pour ton report
Je n'ai pas pû me déplacer pour cette affiche monstrueuse, ce qui rend la lecture douce et cruelle à la fois.


Un produit plastique crée de toutes pièces, sasns identité ni âme. Merci Nuclear Blast de cracher sur le patrimoine.


Seul le premier album était excellent, les 2 autres dont celui-ci de moins en moins bons.


Et bien... quelle chronique Mr Mortne une fois de plus !
Un album pas encore écouté pour ma part, mais j'ai limite l'impression pourtant, tellement on en entend parler partout. J'y jetterais une oreille certainement, en asseyant de faire fi des polémiques l'entourant.


Ah ah ah !!!
C'te pochette est juste géniale bordel !


Effectivement le chant fait très Hreidmarr.