On l’aime bien Tom en fait. On l’aime comme on aime Bret Michaels, Kip Winger, Ted Poley…Parce qu’il fait partie de notre histoire, de notre vécu, parce que quelque part, il est en partie responsable de notre éducation musicale. Parce qu’on savait que CINDERELLA c’était lui et personne d’autre. Parce qu’il était, et est toujours peut-être la meilleure synthèse possible entre Mick Jagger et Steven Tyler, avec cette touche bluesy en plus qui exsude de ses moues lippues au possible. Parce que comme beaucoup de musiciens, le sort ne l’a pas épargné, parce qu’il a bien cru perdre sa voix plusieurs fois, mais qu’il est toujours revenu sur le devant de la scène. En 2019, l’homme et le musicien bénéficient tous deux d’un énorme capital sympathie, à cause de ce parcours semé d’embûches, mais aussi parce qu’on les sait encore capables d’enregistrer des albums sinon impeccables, du moins touchants. Et Rise, au titre en aveu et à la pochette sombre comme un dessin de Jeremy dans le clip de PEARL JAM ne fait pas exception à cette règle de tendresse. Pourtant, dans les faits, il pourrait s’agir du disque le plus Heavy et ténébreux que le brun frisotté a enregistré de sa vie. On y sent un sentiment d’urgence, de revanche à prendre sur la vie, de retard à rattraper et de colère à faire sentir. Mais on y sent aussi une sacré cohésion entre tous les membres de son groupe qu’il a vraiment envie de mettre en avant, et de trimbaler avec lui pendant les exercices promo. On y sent également une sorte de traduction/transposition de tout ce qu’il a pu proposer du temps de son heure de gloire, des choses essentielles traduites dans un vocabulaire plus dur, plus direct et plus noir. Le Blues c’est sa vie certes, mais il semblerait que le Heavy le soit aussi maintenant. Et de fait, ce Rise l’est. Incroyablement, virilement, de manière assez troublante mais sans opportunisme. Et malgré son côté inégal, malgré son côté un peu retour facile après six ans d’absence, on adore sa liberté de ton, et sa communion. On apprend en vieillissant, et on s’entoure. De musique, et d’amour.

Dans le Kiefer Band, toujours les mêmes. Savannah Keifer, Tony Higbee, Billy Mercer, Kendra Chantelle, Jarred Pope et Kory Myers qui soutiennent leur leader du mieux qu’ils le peuvent. Et après des années à se faire opérer, à se demander s’il allait retrouver son timbre unique, éraillé, Tom se lâche enfin et se décide à nous offrir un digne successeur à son premier LP solo, The Way Life Goes. Premier LP qui avait d’ailleurs dégagé une sorte de consensus autour de ses qualités, et qui trouve aujourd’hui une continuité dans la rupture assez intéressante en soi. Toujours concerné par la cause Hard Rock, Rise semble se tendre plus, comme un arc prêt à lâcher ses flèches dans le cœur du destin, et apparaît comme le soleil après la pluie qui n’en veut pas trop aux nuages de rester encore un peu. On le sent dès l’attaque de « Touching the Divine », qui malgré une intro assez abordable lâche un énorme Rock N’Roll comme seul Tom et quelques autres savent encore le faire. La voix est bien là, elle rassure, soutenue par des chœurs, le tout est simple, basé sur un refrain immédiat et des couplets qui baignent dans la demi-teinte, mais la musique est bonne, et l’atmosphère sympathique. Mais Tom, sommé d’écrire pour une fois des lyrics qui tiennent la route se sent défié, remis en question, et ose donc des choses plus inhabituelles et coutumière du Néo Hard Rock de ces dernières années, celui ayant accepté le legs Néo Metal sans trop discuter et capable de transformer le Southern Rock d’avant en Rock plombé de maintenant. On sent que « The Death of Me » s’amuse beaucoup à triturer le riff de « Night Songs », pour le rendre encore plus méchant, mais personne n’es dupe, l’intention est la même, seul le résultat change. Et Rise, en tant que constat d’une renaissance annoncée, découvre et redécouvre les sensations de base. La colère, le ressentiment, la douleur, la nostalgie, mais aussi la joie et la sincérité.

Il ne faut d’ailleurs pas attendre bien longtemps pour que l’émotion s’invite aux agapes de la convalescence, et « Waiting on the Demons » de retrouver les émotions crue du « What’s Up » des 4 NON BLONDES, avec ces guitares devant tout au LYNYRD, mais acceptant leur époque comme extension d’une légende Rock qui ne mourra jamais. Certains diront que c’est dans ces moments-là que Tom se met à nu et présente la facette la plus attachante de sa personnalité, et je ne saurais les contredire, ayant toujours aimé les héros lorsqu’ils pansent leurs plaies. Et ces plaies apparaissent parfois à vif, sous la forme d’une cicatrice Heavy et électronique, avec un « Hype » au format presque Pop qui s’incruste dans l’air du temps. Un peu comme si Tom se rappelait des tentatives de ses anciens comparses de scène pour rester à flots dans les années 90, osant les rythmiques plus synthétiques et les poses figées par les canons de promotion blasés. Mais rien n’est vraiment surprenant sur cette seconde échappée en presque solitaire, puisque tous les morceaux sont issus de l’ADN d’un mec qui traine ses basques dans le business depuis assez longtemps pour qu’on pense le connaître. On y retrouve du Rock, évidemment, traité plus générique que Hard malgré un son mordant, le Rock de « Breaking Down », celui de « All Amped Up », boosté par un up tempo à la AC/DC et une ambiance moody à la Rocks d’AEROSMITH, les modèles de toujours, et puis un peu des STONES en arrière-plan, celui de « Untitled », en direct clin d’œil à la nouvelle génération des GRETA VAN FLEET qui pille les coffres des légendes 70’s, celles-là même que Kiefer a toujours vénérées…On y trouve aussi des choses plus musclées, mais aussi des instants, fugaces, sur lesquels le guerrier nous rappelle qu’il a aussi un cœur, et que la Soul, le Blues ont toujours fait partie des seuls modes d’expression d’une nostalgie un peu amère…Alors, on savoure des deux oreilles la fragilité de « Taste for the Pain », avec son piano et ses cordes presque tragiques, mais réellement humbles et sincères.

Tom le dit lui-même, pour enregistrer l’album de Rock parfait, il faut le foirer. Et il est certain que la plupart des chefs d’œuvres musicaux de l’histoire résultent d’un accident, d’un handicap, d’un destin capricieux. Son deuxième effort en solo est loin d’être parfait, il est même parfois erratique, très inégal, pas franchement nivelé, mais honnête, direct et venant des tripes. Sa production est trop bombastic, et se satisfait plus des simples virées Hard-Rock que des longues tirades Heavy. La preuve, « Life Was Here » est certainement le plus abrasif du lot, avec son riff classique qui dévale les pentes et son chant qui nous ramène enfin trente ans en arrière. Et si Keifer termine le tout sur une assertion que personne ne viendra contredire (« You Believe in Me »), il le fait en mode mineur, acoustique, comme pour mieux dire, « je vais mieux ». Si tu vas mieux Tom, j’en suis ravi. Continue comme ça. Puisque après tout, ton histoire, c’est aussi la nôtre. Et on aime voir les gens qu’on aime aller mieux.

     

Titres de l’album :

                           1. Touching the Divine

                           2. The Death of Me

                           3. Waiting on the Demons

                           4. Hype

                           5. Untitled

                           6. Rise

                           7. All Amped Up

                           8. Breaking Down

                           9. Taste for the Pain

                           10. Life Was Here

                           11. You Believe in Me

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par mortne2001 le 11/12/2019 à 17:54
78 %    193

Commentaires (1) | Ajouter un commentaire


jefflonger
@86.227.210.218
22/12/2019 à 16:02:02
Ca fait du bien de re entendre la voix de Tom Keifer, je suis agréablement surpris. Merci pour la découverte

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C'est effectivement très court, mais ça semble bien sonner à mes oreilles de néo-amateur du groupe. J'attends la suite !


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