J’avais déjà traité du cas COWARDS l’année dernière en chroniquant leur premier long, Rise To Infamy, et j’en avais dit tout le GAZA/NAILS que j’en pensais.

Alors, un an et quelques mois plus tard, je vais réitérer mon adhésion à cet ensemble parisien, sans avoir à passer par la case influence/référence, puisqu’ils en sont devenus une eux-mêmes.

Un an et demi, c’est long, rempli de concerts et de rencontres, et surtout, de maturation, qui permet à leur musique déjà extrêmement dangereuse de l’être encore plus.

Le ton, déjà rude à l’origine s’est encore plus affirmé, à tel point qu’il est aujourd’hui très difficile de situer le quintette (J.H – chant, T.A et A.L – guitares, C.L – batterie et G.T – basse), autrement qu’en le plaçant entre les balises très vagues d’un extrême relativement étendu.

Alors, Hardcore ? Post Hardcore ? Blackened Sludge ? Blackened Core ? Je vous donne de suite la réponse la plus évidente, on s’en cogne comme des premières livres de fonte soulevées par Henri Rollins. Le principal est que les COWARDS rentrent en contradiction avec leur nom, et assument leurs prises de position, très véhémentes et ultraviolentes.

Depuis Rise To Infamy qui gardait encore des traces de parrainage externe, les cinq musiciens ont encore plus développé leur singularité, et se posent en 2016 comme chefs de file d’un mouvement radical, qui ne porte pas de nom, ou celui qu’on veut bien lui donner.

Les cinq pistes de ce Still sont à l’image de cette déprimante pochette, figeant pour l’éternité un défenestré qui a sciemment (ou pas) choisi de mettre un terme à son existence…D’un monochrome glaçant, cette illustration colle à merveille à la chair de cet instantané de haine qu’est ce nouvel EP, qui se présente dans sa version vinyle en deux faces complémentaires mais antagonistes.

Face A, trois compositions perso, qui selon leur label Throatruiner oscillent entre un Sludge d’assassins, un Hardcore malsain et un Black Metal au couteau, et qui effectivement, ne font pas dans le détail et instaurent une ambiance glauque comme on les aime tant.

Tout commence pourtant comme un vent d’hiver glaçant les sangs, avec ce « Still (Paris Most Nothing) », qui démarre up tempo pour ne pas tarder à lâcher ses blasts pianissimo, dans un déluge de plomb fondu qui vous met le moral à zéro. Production compacte à outrance (signée Francis Caste aux Sainte Marthe Studios), rythmique et riffs en communion pour nous prendre à rebours, voix qui exhorte la vie hors de ses viscères, et impénétrable mélange de Doom, de Sludge poisseux, de Hardcore véreux et de BM légèrement nerveux, un peu Noisy sur les bords, mais toujours en accroches de ruptures qui vous brisent les cervicales.

« Empty Eyes Smiles » insiste un peu plus sur le Sludge/Doom ténébreux qui vous rend fiévreux, et développe une intro lancinante et douloureuse, qui finalement s’écrase les états d’âme sur une poussée de jaunisse Hardcore délicatement chaotique et dissonante, qui reflète assez bien le petit jeu passé/présent de Still. Et comme ces allers retours s’amusent beaucoup en brisant le moule de quelques blasts très insistants, on flirte encore avec une forme hybride de BM délesté de ses oripeaux les plus vétustes. Riffs qui soudain bombardent et regardent le ciel avec peu d’espoir, et toujours cette voix à la limite de la cassure…

« Like Us » est un aveu en soi, celui de reconnaître que la cruauté musicale n’a pas de monopole, et que les COWARDS ont vraiment décidé de rendre leur musique encore plus tangible, comme un malaise rampant hantant les dérives d’un junkie qui ne verra pas le jour se lever.

Avec un featuring clin d’œil de Matthias Jungbluth de Throatruiner, ce morceau résume toutes les pistes explorées par les deux premiers, en mettant l’emphase sur la violence brute et les coups de rein Hardcore blackisé pour l’occasion.

La face B révèle deux grosses surprises, dont l’une emballé dans un paquet opaque. En effet, « You Belong To Me », n’est rien d’autre qu’une relecture très personnelle de l’imputrescible scie radiophonique des POLICE « Every Breath You Take », dans une version méconnaissable, qui ferait se dresser d’effroi les cheveux du peroxydé Sting. Véritable orgie bruitiste, cette appropriation ne fait pas semblant de tomber dans la profanation et ne marque aucun remord à défigurer de façon Noisy systématique (au point de se rapprocher du Dark Ambient) le classique du trio, hurlant l’éloge d’un Sludge/Doom vraiment dérangeant, et digne de ridiculiser n’importe quelle lamentation des PRIMITIVE MAN ou de SLUDGEHAMMER.

L’autre rafle concerne THE HORRORIST, alias Oliver Chesler, qui se voit délesté provisoirement de son hit « One Night In NYC » (travesti pour l'occasion en "One Night In any City"), qu’on trouvait sur le chef d’œuvre Manic Panic…La transformation des COWARDS est d’importance et renforce la puissance du titre original, dont les parisiens respectent l’ambiance et l’approche Industrialo-électronique. Un bel exercice de style, et une manière très intelligente de refermer la parenthèse Still.

Still justement, est tout sauf un constat d’immobilisme. Les COWARDS continuent leur route et leur évolution, mutant par petites étapes, et se laissant photographier le son à intervalles réguliers. Devenant de plus en plus déviants avec le temps, on se demande légitimement jusqu’où leur périple en forme de cauchemar va les emmener, mais nous sommes évidemment prêts à les suivre, quoiqu’il nous en coûte.

Si vous aimez sortir de votre zone de confort et que le risque artistique représente un prix raisonnable à payer, entrez dans la nuit de Still, tout en sachant que vous n’en ressortirez pas forcément le même.

 Ni vivant d’ailleurs.


Titres de l'album:

  1. Still (Paris Most Nothing)
  2. Empty Eyes Smiles
  3. Like Us (feat. Matthias Jungbluth)
  4. You Belong To Me (*** ****** cover)
  5. One Night In Any City (The Horrorist cover)

Site officiel


par mortne2001 le 12/12/2016 à 17:59
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