2020

Hellsmoke

16/10/2020

Pride And Joy Music

Je ne veux pas jouer les raclettes, mais je ne suis pas certain qu’appeler son nouvel album 2020 soit la meilleure des idées. J’avais déjà émis le même doute à propos du dernier BON JOVI, qui affublé d’une date pareille avait de faux airs d’enterrement de seconde zone. Mais les suédois de HELLSMOKE ne sont pas BON JOVI, ils ne sont pas encore grabataires et allergiques à la distorsion, bien au contraire. Sauf que pour un premier LP, cette date funeste ne semble pas être le meilleur point de repère, cette sale année 2020 voulant clairement la peau des musiciens et autres artistes empêchés de faire leur métier. Souhaitons tout de même bonne chance à ce nouveau groupe de lascars rodés à l’exercice et qui n’en sont pas à leur coup d’essai, même si ce premier long inaugure leur nouvelle collaboration. On retrouve derrière le nom d’HELLSMOKE des instrumentistes bien connus de la scène scandinave, et l’association résulte de la rencontre entre le guitariste Christofer Dahlman (ex-ALYSON AVENUE, BAI BANG), du compositeur Torbjörn Månsson et du batteur Roger Landin (ex-CLOUDSCAPE). Le trio de tête constitue donc l’ossature du concept, concept vite rejoint par trois autres sidemen. Rimbert Vahlström (ex-SYRON VANES) s’est rapidement proposé pour endosser le rôle délicat de chanteur, tandis que le bassiste Jörgen Löfberg (DARKANE) et le second guitariste Michael Åkesson (ALICATE) occupent les derniers postes pour cimenter le tout. En résulte un partenariat explosif entre des hommes qui savent ce qu’ils veulent, et comment l’obtenir. Et en écoutant quelques minutes de ce 2020, on comprend assez vite qu’ils vont atteindre leur but sans faire trop d’efforts.

Qui dit suédois, et vieux loups de mer, pense immédiatement à une nostalgie de circonstance, qui reste la trademark de ce petit pays saturé de groupes. Sauf que pas de bol - ou plutôt si -  puisque les HELLSMOKE ne jouent ni Hard Rock connoté 80’s, ni AOR de luxe, et encore moins du Glam fardé, mais bien un redoutable Hard viril et largement saupoudré de Heavy Metal, dans la plus droite lignée des derniers albums des voisins danois de PRETTY MAIDS. D’ailleurs, le dernier album de Ronnie et sa bande ressemble beaucoup à ce 2020, ne serait-ce qu’au niveau des riffs imparables et de ce chant délicatement lyrique, mais toujours musclé. Il n’est donc pas étonnant de retrouver les suédois au catalogue du label allemand Pride & Joy qui a du se faire des gorgées chaudes de cette signature tombant à pic. Sans chercher la révolution, mais refusant la facilité d’une adaptation des standards anciens dans un contexte moderne, 2020 propose donc une forme contemporaine de Hard Rock épais, avec refrains fédérateurs, chœurs bien placés et soli homériques. D’où cette appellation en forme de date, comme si les suédois faisaient plus allusion à une musique bien de son époque plutôt qu’une année en particulier en termes de concept. Sérieux, solide, racé, le groupe rappelle Axel Rudi Pell, ACCEPT, MAXWELL, mais aussi les PRETTY MAIDS donc, Jorn Lande dans ses différents projets, et évite le gras qui reste sur l’estomac du Metal allemand un peu trop riche. La solidité et la conséquence centre européennes sont donc adaptées à la fluidité scandinave, et les morceaux défilent, tous touffus mais aérés d’assez d’idées pour passer sans lasser. Et on finit par chanter en chœur avec le quintet, qui sait toujours nous embarquer dans ses histoires, entre burners explosifs et mid tempi vraiment pilonnés.

En intro, le groupe nous réserve même une sacrée dose de bonafide avec un démarquage très habile du « Fuel » de METALLICA, via ce « Devils Train » qui peut aussi suggérer une fascination pour le LOUDNESS le plus Heavy et véloce. On sent l’envie, on sent la rage, et on comprend que les musiciens, d’un âge certain, en ont encore sous le coude, et qu’ils n’ont aucune leçon à apprendre de la jeune génération de leur pays. Les voix sont en place, les constructions sont simples mais efficaces, et on se replonge dans l’apprentissage d’une musique qui a forgé notre caractère d’adolescent. Le timbre de Rimbert Vahlström, très agréable et convaincant s’adapte très bien à cette bande-son débordant de testostérone, rauque à souhait, mais modulable pour se caler sur des envies plus feutrées. Quoique l’émotion pure soit une denrée rare sur ce premier LP, qui préfère jouer la carte du in your face sans aucune prétention. Le Heavy est joué comme à la parade, mais sans facilité, avec des espaces aménagés pour laisser passer les mélodies proéminentes, comme pour prouver au public que le groupe n’est pas qu’une assemblée de brutes épaisses élevées à la bière et à la viande crue. Et on s’emballe, le cœur palpite, et le Heavy Metal kid qui est en nous ne sommeille plus, et se réveille au son dur de « Black Sun Rising », hymne Metal comme on n’en fait plus que trop rarement.

Parfaitement calibré pour une audience qui ne rechigne pas à se plonger dans son passé, mais qui ne souhaite pas le revivre tel quel, ce premier album est une révélation en soi et la preuve qu’on peut toujours jouer du Heavy Metal sans être trop passéiste ou user de ficelles vintage grossières. Certes, parfois, le ton est commun, l’attitude un peu usuelle, mais lorsque le groupe appuie sur ses pédales pour friser le Thrash (« Hellcome to the Badland »), on craque complètement pour ces guitares qui nous entraînent dans un monde ou regard vers le passé et lucidité du présent peuvent encore cohabiter. Proche d’un CHANNEL ZERO dans ces moments plus tendus, HELLSMOKE démontre qu’il est tout sauf une énième attraction de foire pour brocante Metal, même si quelques hymnes plus convenus en appellent aux réflexes les plus conditionnés des clichés (« Raise Your Fist »). Heureusement pour nous, entre ces mélodies très appuyées, et quelques crises de colère MOTORHEAD (« Hell Adrenaline »), 2020 ne laisse que peu de place aux stéréotypes les plus complaisants, se permettant des intros acoustiques amères (« Common Man »), et des poussées de fièvre boogie au-delà des quarante degrés (« Bad Motor Breath »). Concentré d’énergie, ce LP se déguste comme un alcool fort qui ne grille pas l’estomac, et qui permet de se resservir jusqu’à ce la soif soit étanchée. Et avec quarante minutes de breuvage, il y a de quoi avoir la tête qui tourne un peu, mais en évitant la gueule de bois. Alors, 2020, titre risqué pour un album burné, et départ en trombe pour les suédois d’HELLSMOKE qui nous ramènent un peu d’enfer de leur paradis Heavy.     

                                                                                                                             

Titres de l’album:

01. Devils Train

02. Black Sun Rising

03. Rest When You're Dead

04. Nowhereland

05. Hellcome to the Badland

06. Raise Your Fist

07. Hell Adrenaline

08. Common Man

09. Bad Motor Breath

10. Nitro Woman


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par mortne2001 le 22/10/2020 à 15:50
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musicalement ignoble, hyper formaté et ultra prévisible. 

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