Quand y’en a pour deux, y’en a pour trois. Ben non. Qu’en y’en a pour deux, y’en a pour…deux. Mais par extension, pour plein de monde en fait, puisque s’ils ne sont que deux à tout faire (ou presque), nous sommes quand même des milliers à les écouter.

Alors…Quand y’en a pour deux, y’en a pour nous !

Mais deux, qui au juste ? Les BOTTLE NEXT. Quézaco ? Deux musiciens, évidemment, et pas plus, qui un jour se sont dit que le duo guitare/batterie était largement suffisant pour faire du bruit, et surtout, que les limitations de style représentaient un concept beaucoup trop petit…pour eux.

Alors depuis, ils ne se posent plus aucune question, et jouent ce qui leur semble bon. Quoi donc ? Leur musique, aussi fraîche qu’une bière en plein été, et pourtant torride comme un soleil créatif refusant de se coucher. Alors ça cogne, ça caresse, ça ventile avec tendresse et ça bastonne avec adresse, et finalement, c’est tellement ouvert de tous les côtés que les persiennes restent bloquées, et que les portes refusent de se fermer. Auberge espagnole ?

Non, hôtel de campagne à la française, qui accueille ses hôtes la guitare et les baguettes à la main, et le sourire malin.

Hard-Folk qu’ils disent.

Tu parles d’un foin…

Mais bon, à part ça, Pierre Rettien (guitare/saxophone/chant) et Martin Ecuer (batterie/samples/chant) se connaissent depuis un bail, partagent les duties, et tournent comme des furies depuis plus de six ans. Ils en ont aussi profité pour nous refourguer deux EP, en 2012 et 2014, avant de financer kisskissbankbank ce premier LP qui se veut carte de visite ultime de leur art sublime. Un art élastique qui demande une souplesse de style, et qui exige un grand écart entre le Rock le plus pur, le Folk le plus dur, mais aussi le Funk bien sûr, le Blues sans parjure et même une grosse louche de Progressif en guise de galure, en gros, qui chapeaute le tout sans nous perdre le chef sous des averses un peu trop longues.

Certes, leurs morceaux sont développés, prennent leur temps pour se déshabiller, mais après-tout, la musique de Bad Horses n’est pas du genre catin du dimanche matin, déjà à moitié dévoilée et offrant ses charmes à la volée. C’est un album qui se laisse séduire et qui en fait de même, le regard velouté, mais la gestuelle assurée, et qui vous prend sans prévenir, pour ne plus jamais vous laisser repartir. Un genre de coït pas du tout furtif, pris sur le vif du studio mais avec l’énergie d’un live très chaud, et doté d’un son à la dynamique de pro. Financement participatif n’implique pas forcément travail vite fait, loin de là, et la production de ce premier jet (sans mauvais jeu de mot) est un modèle du genre, avec ses graves ronds qui rebondissent, sa guitare souple qui tisse, ses samples coulés qui glissent, et ses parties vocales tout sauf factices. Alors, après avoir goûté à mes mots, êtes-vous prêts à attaquer le gros morceau ?

Let’s go…

Niveau influences, les lascars ne jouent pas la prudence et citent dans le désordre d’un quinté inspiré Michael JACKSON, MESHUGGAH, QUEENS OF THE STONE AGE, NINE INCH NAILS, FINK, ZAPPA, Pierre VASSILIU ou encore Bjorn BERGE, et si parfois tout ça sent la boutade, il est certain que quelques-uns de ces noms ne sont pas cités au hasard et que finalement, l’ensemble n’est là que pour nous perdre derrière un écran de fumée et révéler…qu’ils font ce qui leur plaît.

On notera quand même que le mélange Bjorn BERGE/QOTSA est peut-être l’indicateur le plus fiable, pour cette façon de funkyser le Rock bluesy ou de stoniser le Folk greasy, même si les BOTTLE NEXT ne peuvent évidemment pas se résumer à ça.

On pourrait citer aussi les Italiens de ZEUS!, sans ce côté expérimental dans la frappe brutale, ou même les NOMEANSNO pour cette manière d’assouplir les transitions et de jouer fluide même dans les moments les plus rigides, mais finalement, autant laisser à Pierre et Martin ce qui leur appartient, puisque leur musique, sans être unique, est assez symptomatique d’une attitude libre et indépendante.

Et dès l’ouverture « Break Down The Door », les choses sont mises au point, les serrures cassées et les joints décollés. Tempo virevoltant à la VAN HALEN du Blitzkrieg Bop, association rythmique carrée mais coulée, chant en conjoints qui se prennent la main mais pas la tête, et énergie incroyable diluée dans un Rock stable mais suffisamment fou pour qu’on se mette à table.

On pense à Berge donc, mais aussi à la vague Stoner des nineties, en version moins sèche, et finalement, sans qu’on puisse trop y réfléchir, « Choices » prend la suite et impose les siens.

Lesquels ? Ceux d’une sorte de Rock un peu Funky et louche sur les bords, avec lick de guitare gluant, beat peinard mais pas feignant, et passages en samples un peu fluctuants. Ça ondule comme du AEROSMITH joué par les MORPHINE, avec ces lignes vocales un peu ragga qui stimulent les endorphines.

Mais s’ils sont les rois du mélange, les deux acteurs de l’étrange savent aussi se concentrer sur des choses plus tassées, comme ce très percussif « Overthere » qui se rapproche d’un Rock un peu Hard de travers, ou au contraire élargir encore plus leur spectre pour friser l’indécence avec un cartoonesque « More Humane », avec un David Byrne sous acides qui reprend une pilule et adapte les UZEB au format RED HOT. Et je peux vous assurer que dans ces moments-là, ça groove sévère et que ça Rock électro la tête en arrière.

Niveau concis mais pas trop, « Bad Horses » pilonne le Folk de tessons de verre Hard-Blues, un peu ZEP, un peu Keziah Jones, mais 100% BOTTLE NEXT, alors que « The Lift Off » poppise un vieux tube perdu des ZOO, sans toucher à leur dextérité Bluesy/Jazzy.

Et si parfois, le chronomètre laisse un peu trop tourner ses aiguilles (« Age Of Beauty », Beefheart et Josh Homme dans une même pièce mais pas forcément en même temps, et en tout cas trop longtemps), les reproches à formuler sont maigres, d’autant plus que les deux zozos terminent leur premier effort en pas solo par un joli démarquage FFF/Bjorn Berge (« The Woody Man ») en duo.

Alors, quand y’en a pour deux, y’en a pour combien finalement ? Pour plein, mais je n’en sais rien, je n’ai pas compté. On verra bien lors d’un prochain concert annoncé…

Pensé live en studio, ce Bad Horses nous propose au contraire une mise gagnante sur deux pur-sang qui franchissent la ligne de la fusion sonore longiligne en vainqueurs, et qui osent la précision rythmique et la folie guitaristique en douceur. Un disque qui ne plaira pas à tout le monde, surtout ceux qui aiment garder des repères, mais celui dans lequel vous entraînent les BOTTLE NEXT est du genre chaleureux et bohème.


Titres de l'album:

  1. Break Down The Door
  2. Choices
  3. Running Herd
  4. Revolution
  5. Age Of Beauty
  6. Overthere
  7. Bad Horses
  8. Machines
  9. More Humane
  10. The Lift Off
  11. The Woody Man

Site officiel


par mortne2001 le 02/05/2017 à 17:50
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Merci beaucoup for this very nice review :)

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Martin
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Je souscris à mort à tout ce que dit mortne2001 et ce qu'ajoute Necrokosmos.
Un seul réel bémol : La pochette.
Mon dieu quelle horreur quoi... ... ...


du modern thrash sans saveur particulière sur les extraits


Tu confonds avec autre chose.


Bah merde, plus de Chritus...


Ça fait un moment que Destruction n'a pas sorti d'album fort. Ce serait bien que ça se passe avec celui-ci


J'adore le logo façon "haie de troenes"
:-)))))))))))))))


Oui très très dur de rivaliser avec le feeling unique de Chritus...


Les limites du DIY ! ;)


Surpris et forcément déçu que Chritus ne soit plus de la partie au niveau vocal.
A voir donc ce que vaut l'actuel remplaçant.
Cela va tout de même être très dur de rivaliser hein...


A creuser ce groupe à creuser... (comme sa tombe ?)


C'est le festival du moche pour de récentes pochettes de heavy allemand !


ce type de groupe n'a pas fini de nous plonger dans les abysses du ridicule


J'ai l'impression que le précédent était sorti avant-hier, ils tiennent le rythme ceux-là !


Aaaaaaahhh !!!
C'était le bon vieux temps tout de même hein…
(Vieux con speaking)


dégageait*


Kerry King + 1.
C'est vrai que leur show dégagé pas mal.
J'en ai été d'ailleurs le premier surpris sur le moment...


Je viens de me choper le Pantera. Que j'avais en fait déjà en bootleg sous le nom de "Black Tooth" !
Tant pis... un énorme live en tout cas ! Ultra bourrin !


Magique


ah ouais ? le pantera me fait bien envie aussi ! je l'ai qu'en bootleg degeu et pas complet...