J’assume un peu de retard sur cette sortie, mais après tout, vieux motard que j’aimais, et foot à Vouay est à moitié par Donnay. C’est donc avec un plaisir morbide que je viens tenir le crachoir pour vous entretenir de la sortie du quatrième album de CEMETERY URN, commando austral à la puissance sans égale, et qui incarne à l’autre bout du monde une certaine conception de la brutalité outrancière et fière. Et ils peuvent l’être, puisqu’ils affichent aujourd’hui douze ans de carrière, sanctionnés par quatre longue-durée, malgré un long hiatus entre 2010 et 2017. Et si tous leurs albums ont été distribués par le géant underground américain de Hells Headbangers, le groupe insiste sur son indépendance et sur sa dépendance à des matières brutales, comme en témoigne ce nouveau jet de bile sorti dans la moiteur de l’été. Pour placer un peu le contexte eut égard aux frimas de l’hiver, sachez que cette assemblée de brutes épaisses nous en vient de Melbourne, et qu’un an après sa création la bête à creusé ses fondation via un premier long, le teigneux en diable Urn Of Blood qui a permis au Death brutal local de se trouver une nouvelle égérie. Quelques problèmes de line-up les premières années ont empêché le monstre de grandir et de se développer, et c’est en 2010 que la suite de ses méfaits nous fut contée, au travers des épitres charnels de The Conquered Are Burned, qui sans le savoir annonçait de son chaos une longue période de silence que les fans les plus acharnés eurent du mal à comprendre. Mais la formation se stabilisa enfin aux alentours de 2012, avec l’intégration de T.Rentos à la basse et D.Maccioni à la guitare, ce qui n’évita guère aux suiveurs de perdre la piste encore cinq ans, jusqu’à ce que le miraculeux et inattendu Cemetery Urn leur épargne une tristesse infinie et sauve 2017 de son marasme brutal. Et c’est donc avec une grande surprise que les followers les plus collants découvrirent l’été dernier une suite impromptue, que personne n’espérait aussi proche et tendue.

Et d’un intitulé aussi franc que fracassé, Barbaric Retribution fit son apparition, confortant évidemment Andrew Gillon dans son rôle de leader incontestable, d’autant plus que le guitariste s’est offert une pige à la basse pour fêter le retour inopiné de sa troupe qui tabasse. Mais comme les cadeaux ne viennent jamais seuls, c’est aussi l’intronisation au poste de vocaliste que nous célébrons, puisque le damné S.Geoffery  a pris la place laissée vacante par le départ de Chris Volcano, ce qui n’est guère une surprise au regard de sa collaboration avec Andrew dans ABOMINATOR. Deux larrons en foire donc, pour une déflagration qui ne renie en rien la foi passée, et qui se contente d’appliquer des recettes déjà éprouvées sur les albums passés pour les rendre encore plus imperfectibles et putréfiés. Chantres d’un Death extrêmement violent et sombre, les CEMETERY URN sous l’impulsion de leur meneur continuent donc de détruire toute trace d’harmonie qui traîne à leur portée, et accumulent les récriminations brutales à longueur de pistes, histoire de nous en donner pour notre argent et de nous offrir un exutoire barbare à la normalité déprimante ambiante. Toutefois, si le groupe fait partie de votre patrimoine et que la cause Death old-school ne vous est pas inconnue, vous pourrez noter quelques changements assez patents non dans le fond, mais bien dans la forme, et parvenir sans difficulté à différencier ce quatrième album de ses prédécesseurs, Cemetery Urn y compris, malgré le bref laps de temps qui sépare les deux œuvres. Certes, les compositions élaborées par le sieur Gillon ne se démarquent pas vraiment du répertoire passé, mais la transition entre les deux vocalistes est très marquée, puisque la voix de S.Geoffery  diffère vraiment de celle de Chris Volcano, se montrant moins volontairement graveleuse, et beaucoup plus atypique dans sa sècheresse de ton. Et si le nouveau hurleur se donne quand même la peine de racler ses cordes vocales sur les immondices des abysses lors de breaks à la lourdeur éléphantesque, il donne l’impression de plus moduler ses expressions, pour parfois conférer à l’ensemble une atmosphère morbide digne des premières dissections d’AUTOPSY (« Manifesto Putrefactio », mais seulement sur l’intro et pour quelques secondes, puisque la machine repart de plus belle).

Autre changement notoire, à ajouter au chapitre des déficiences, l’absence totale de basse, noyée dans le mix dans un And Justice For All style, et qui parfois handicape la puissance de certains morceaux qui peinent à décoller. Si les parties rapides n’en souffrent pas trop - et qui représentent d’ailleurs la majorité des idées - les segments les plus pesants semblent légèrement atténués par ces graves aux abonnés absents, ce qui n’empêche pas le quatuor de balancer la sauce avec conviction. La production, elle aussi évolue quelque peu, et semble avoir renoncé aux artifices les plus prononcés, se rapprochant des boulots de l’orée des années 90, et affinant les parallèles entre SUFFOCATION, IMMOLATION et nos amis australiens. Le style y est aussi pour beaucoup, puisqu’on retrouve toujours cette prédominance de rythmiques compulsives et épileptiques, toutefois entremêlées de breaks plus nuancés et d’écrasements bien tassés. A vrai dire, l’identité de CEMETERY URN exsude de tous les pores de ce Barbaric Retribution qui fait tout pour faire honneur à son titre, et qui y parvient sans trop de problèmes. D’ailleurs, la cause est quasiment entendue dès « Victim Defiled » qui retrouve l’essence malsaine des débuts du genre, tout du moins de la seconde vague américaine des nineties. Andrew Gillon n’a rien perdu de son don naturel pour agencer ses idées comme un maniaque de la bestialité, et nous a réservé quelques surprises, dont le long et évolutif dans la violence « Ghost of Suicide » qui pendant six minutes passe toutes les possibilités en revue, nous aménageant même quelques espaces de riffs plus foncièrement Thrash qui dynamisent l’ensemble et évitent l’écueil précoce de la redite. Mais le tout fleure bon la tradition, et ce mélange des genres entre Amérique et Scandinavie, puisque les influences de GRAVE et ENTOMBED planent parfois bas au-dessus des cadavres.

Difficile ensuite de penser à une quelconque critique exhaustive, puisque les morceaux se suivent et se ressemblent sans se mordre la queue. Mais malgré quelques linéarités dues à cette absence totale de basse et ce chant que les fans les plus accros jugeront peut-être un peu lassant (mais qui selon moi apporte une méchante plus-value au rendu), des compositions aussi fatales et létales que « Semblance Of Malignant Mastery » font admirablement bien le job, et nous plongent dans une délicieuse nostalgie, en pratiquant l’ouverture/fermeture blasts/mid tempo avec beaucoup de pertinence et d’intelligence. Il n’est d’ailleurs pas très dur d’imaginer le carnage que vont produire ces morceaux en live, d’autant plus que Gillon et Geoffery  ont souvent partagé la scène au sein d’ABOMINATOR, et que leur complicité va représenter un atout de taille pour la cohésion en public. Bref, l’Australie, c’est joli, mais il fait chaud, et les bestioles sont énormes et pas toujours aimables. Ce qui résume admirablement bien ce quatrième album qui lui aussi est bouillant, énorme et pas forcément très avenant.       

      

Titres de l’album :

                        1.Victim Defiled

                        2.Ghost of Suicide

                        3.Deathmask Preserver

                        4.Down the path of the Dead

                        5.Manifesto Putrefactio

                        6.Barbaric Retribution

                        7.Semblance Of Malignant Mastery

                        8.Putrefied Living Flesh

                        9.Tendrils of Defilement

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par mortne2001 le 16/01/2019 à 16:40
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https://wickedmetalreview.wixsite.com/wickedmetalreview/post/reptilium-adrenochromacy?fbclid=IwAR3mQiBqH-HFePj2K1w3WrzchVjL2mABPa-drsZ2slIrmbxKotYt1qe3r6g


Ah, effectivement : la pochette est terrible !!


merci pour ton report
Je n'ai pas pû me déplacer pour cette affiche monstrueuse, ce qui rend la lecture douce et cruelle à la fois.


Un produit plastique crée de toutes pièces, sasns identité ni âme. Merci Nuclear Blast de cracher sur le patrimoine.


Seul le premier album était excellent, les 2 autres dont celui-ci de moins en moins bons.