Born To Fly

Jetboy

25/01/2019

Frontiers Records

Encore une reformation qu’on n’a pas vu venir, et qu’on n’attendait pas vraiment d’ailleurs…Non que le plaisir des retrouvailles ne soit pas partagé, mais en étant honnête, les JETBOY n’ont jamais fait partie de la première catégorie de rockeurs hirsutes de la fin des années 80, plutôt d’une seconde division joyeuse et fière de l’être, de ces seconds couteaux qui apparaissent sur le tard et surfent bien malgré eux sur une vague. Que cette vague soit d’ailleurs assimilée au raz-de-marée Hair Metal tel qu’on se plait à le nommer ne pose pas de problème particulier, puisque de toute façon, à la fin des années 80, tout ce qui sonnait un peu Rock et sexy et qui émanait d’une bande d’olibrius aux coiffures fixées à la laque/glue y était de facto affilié. C’est ainsi que nos amis californiens et leur mohawk passé à la postérité ont été immédiatement accolés au wagon POISON/FASTER PUSSYCAT/TIGERTAILZ et autres chantres d’un Hard Pop facile à assimiler, alors que justement, ils étaient autre chose, en tout cas un peu plus qu’une simple bande de clones bradés par une maison de disques par les dollars alléchée. Et d’ailleurs, lorsque vous abordez cette tranche d’histoire en société, peu sont les convives capables de citer ces cinq californiens autrement qu’en se souvenant de la pochette très kitsch and shoulders de leur premier album, que 1988 avait légèrement noyé de son flot ininterrompu de parutions du cru. Et oui, cette fameuse année fut plutôt fertile en albums majeurs, et c’est ainsi que nos potes soignés et lookés durent souvent se contenter d’un entrefilet, d’une notule ou d’un bas de page pour se faire remarquer, ce qui fut d’autant plus dommage que leur musique avait ce petit je-ne-sais-quoi de marginal au regard de la production standardisée de l’époque. Et deux ans et un album plus tard, nous restâmes sans nouvelles des JETBOY, qui jetèrent l’éponge après le très bon Damned Nation, toujours sur MCA, sans savoir ni espérer qu’un jour ensoleillé, un autre label très engagé allait leur tendre une perche pour les sortir des eaux usées…

Et nous pouvions compter sur la pugnacité et le sens de l’opportunité de ce bon vieux Serafino pour exhumer les musiciens du placard sentant la naphtaline dans lequel ils étaient enfermés depuis presque trois décennies. Et c’est sans surprise que nous retrouvons les originaire de San Francisco signés sur le label italien Frontiers, qui a toujours avoué un penchant très prononcé pour la nostalgie illuminée. D’ailleurs, les musiciens à ce sujet jouent la carte de l’honnêteté, en avouant n’avoir pas composé la moindre chanson avant d’avoir été approchés par la maison de disque, sans avoir pour autant abandonné la musique pendant tout ce temps. Et en parlant de musiciens, à quoi s’attendre d’une telle reformation ? Sachant que bien trop souvent, ces retours en fanfare sont uniquement célébrés par un ou deux fondateurs, celui des JETBOY se doit d’être apprécié et dégusté, puisque pas moins de trois membres originaux ont remis le couvert, soit la paire Fernie Rod/Billy Rowe aux guitares, et l’immanquable vocaliste Mickey Finn. On les retrouve aujourd’hui secondés par Al Serrato à la batterie et surtout, Eric Stacy à la basse, des FASTER PUSSYCAT, ce qui donne à ce retour des allures de fête de famille de l’époque, organisée sur la tard, mais qui ramène bien des souvenirs sur la table, et surtout, ceux d’un Hard Rock sans artifices, Sleaze juste ce qu’il faut, mais puissant aux entournures, un peu bitchy, légèrement fardé, mais finalement très proche des racines, et symptomatique du virage opéré par la vague Glam à l’orée des années 90, lorsque le Blues et le Rock originels étaient devenus les deux seules obsessions viables pour enregistrer un véritable album maison. Et de fait, ce Born To Fly incarne en quelque sorte ce fameux troisième album que les californiens n’ont jamais réussi à graver en temps et en heure, et une nouvelle étape un peu tardive, ne confirmant pas grand-chose niveau avenir, mais validant un présent que les fans du groupe sauront déguster dans l’instant.

Inutile de le nier, tout ce qui faisait le charme des JETBOY de 88/90 est encore là. Le feeling n’a pas été troqué par un opportunisme le confinant au jeunisme, et les boys n’ont pas changé de crédo, ni de méthode. D’ailleurs, les mecs affirment à qui veut bien l’entendre que la composition n’a pas posé le moindre problème, et que les textes ont tous été couchés en un temps record, ce qui confère à cet album une patine très raw et spontanée. La voix de Mickey, toujours aussi écorchée ne nous promet toujours pas un tour à Disneyland après la nuit, mais bien une virée dans des lieux interlopes, des soirées passées le verre à la main à écouter des groupes du coin, et des week-ends entre amis, à se raconter des anecdotes, et surtout à sortir des guitares pour impressionner les filles, et garder le teenage spirit alive. Et le tout sent encore l’adolescence, celle qu’on ressent parfois par intermittence une fois l’âge adulte franchi depuis longtemps, qui nous donne la chair de poule et l’envie de ressortir des vieux futals trop serrés et son perfecto un peu usé. Du Rock joué Hard, un peu dans la veine d’un AEROSMITH des grands jours, qui multiplie les allusions et nous fait tanguer à foison, entre deux riffs un peu polissons et une rythmique marteau-pilon. Oubliés donc les compilations un peu tristes des nineties parus sur Ferris Records, et bonjour le renouveau par le vieux, ou le ménage qui laisse un peu de poussière, ce que « Beating The Odds » et son aveu à mots entiers nous confirme de ses premières notes. Quatre minutes et une poignée de secondes pour remettre les pendules à l’heure du Roxy, et un burner overspeedé, mélange entre le MOTORHEAD le plus vitaminé et le VAN HALEN le moins emprunté, et vogue à nouveau la galère, entre binaire d’enfer et revanche à prendre sur hier, pour un refrain collégial qui fait du bien à l’âme.

Entre rage de circonstance et hits singles en transe, Born To Fly s’envole vers le paradis du Hard-Rock un peu greasy, mais propre aux entournures, et « Born To Fly » d’entériner la pertinence d’un comeback inopiné, avec ses coup de coudes appuyés aux STONES et à AC/DC. Restant concentrés sur un format compact et court, les JETBOY assurent les étapes du parcours et nous contaminent de leur groove, lâchant sans discontinuer des pelletées de gravier Rock pour bien enterrer le Glam dans la mémoire, et tout y passe, la wah-wah un peu crade et les guitares qui reluquent (« A Little Bit Easy »), l’up tempo mené tambour battant pour affoler le palpitant (« Old Dog, New Tricks » et son harmonicrade qui sent bon le Delta retranscrit dans un idiome californien), et le plombé/déhanché qui fait hurler les filles dans la queue une fois la nuit tombée (« Brokenhearted Daydream », le truc qui aurait fait trembler le Cathouse de Taime sans le faire s’écrouler). Pas de temps mort, pas de pause, pas de silence ni d’absence, les quarante minutes passent très vite, spécialement lorsqu’on pense aux D.A.D et à JACKYL (« She »), ou que la basse se la joue un peu salace sur fond de Blues rocky but punchy (« Smoky Ebony »). Et comme le quintet nous le dit lui-même, « Party Time ! », avec son point d’exclamation bien senti qui met l’emphase sur la sueur et les confettis, et qui conclut avec bonheur et ferveur un troisième album qui va remettre quelques pendules arrêtées à l’heure. Et alors que le monde commence à doucement se caresser d’une reformation annoncée des GUNS qui semblaient ne pas vraiment nous manquer, autant se concentrer sur des choses plus concrètes et enthousiasmées. Les JETBOY are back in town, et il serait franchement inconscient de les manquer. D’autant plus qu’ils ont toujours la pêche, et que leur musique a su s’adapter, tout en restant les cheveux en arrière du côté de la Californie de notre enfance…     


Titres de l’album :

                        1. Beating The Odds

                        2. Born To Fly

                        3. Old Dog, New Tricks

                        4. The Way That You Move Me

                        5. Brokenhearted Daydream

                        6. Inspiration From Desperation

                        7. All Over Again

                        8. She

                        9. A Little Bit Easy

                        10. Every Time I Go

                        11. Smoky Ebony

                        12. Party Time!

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par mortne2001 le 17/03/2019 à 17:59
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@Yolo : Je te rejoins à 200%Il est facile de pietiner le christ et le catholicisme ...... pas sur qu'il ferais la même pour d'autre.A partir de la pour moi fin du débat.

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Vu aussi ce live de King Diamond sorti il y a quelques jours par Metal Blade : Songs for the Dead Live - The Fillmore in Philadelphia

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Du coup, on peut écouter où, ce truc ? Même sur leur site il n'y a rien alors que moi, quand je vois qu'on parle de Gus, ça m'intéresse...

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Pour les amateurs de PENTAGRAM, il existe un docu assez dur sur la vie chaotique de son leader. Il donne plutôt envie de se mettre à la camomille et aux cigarettes russes.

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@ Yolo : Soit c'est de l'ignorance, soit de la bêtise... ou de l'humour sacrément mal formulé. Un petit peu comme ton orthographe en somme.

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@Yolo : Ce qu'il y a de bien avec les opinions tranchées, c'est qu'ça relance le débat. En somme vous êtes une sorte de provocateur, quoi.

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