Ah ben tiens ça tombe bien, il y avait longtemps que je ne m’étais pas senti concerné par la scène Core française, et je sentais pointer en moi un léger sentiment de honte patriotique. L’affaire fut vite corrigée ce matin, puisqu’au hasard de mes pérégrinations sur les Vk, je tombais sur une tape intrigante d’un groupe qui ne l’est d’ailleurs pas moins.

Une bio plutôt rigolote, symptomatique d’un second degré que j’affectionne particulièrement pour une musique qui ne tourne pas autour du pot, mais a plutôt tendance à y piquer des pilules et des canettes de Red Bull.

Les JODIE FASTER et leur patronyme pastiche rieur viennent donc de la ville de Lille, et pratiquent un gros Hardcore à tendance Fast, qu’ils vous proposent de retrouver sur cette sortie qu’ils jugent exhaustive, d’où ce baptême Complete Discography, légèrement emprunté aux MINOR THREAT.

On leur excusera cet emprunt voyant, puisque leur Fastcore fait partie des plus euphorisant de notre beau pays…

Niveau info et bio, pas grand-chose à se mettre sous la dent pour ces admirateurs de l’agent Starling, qui semblent eux-aussi affronter l’esprit torturé d’un Lecter Core qui toutefois, se montre plus jovial que son cannibale modèle. Je me contenterai donc de reproduire en ces lignes leur courts laïus de présentation…

« Fatigués du show-business, rendu malades par une société de plus en plus superficielle, les JODIE FASTER sont partis d’HoLILLEwood pour revenir vers leurs sources Fastcore Punk de brookLILLE. Ce quatuor du nord de la France joue avec ses tripes et sincérité un Hardcore politisé et salement énervé, parfois drôle mais toujours rapide ».

Avec ces mots en tête et une tape qui ne dépasse par les onze minutes pour neuf morceaux, vous savez déjà à quoi vous en tenir. Les JODIE FASTER, hors imagerie potache certainement pas adoubée par l’actrice oscarisée dont ils ont emprunté l’image, le nom et le passé, sont de redoutables combattants Core qui conchient notre société de consumérisme acharné et qui le font avec des armes affutés et un enthousiasme débridé.

Sans se prendre la tête mais en nous poussant à réfléchir quand même, les Lillois décochent des flèches supersoniques qui nous atteignent au cœur Hardcore, et alignent les pamphlets immédiats qui résonnent d’un Fastcore qui ne tombe jamais à plat.

Difficile de les situer sur une carte bien calibrée, mais il est aisé de penser qu’on peut les rapprocher de la horde des THE GENTLE ART OF CHOKIN’, des LACK OF INTEREST et autres OAF, bien que leur approche soit universelle tout en restant personnelle.

Pas de grosse surprise, des rythmiques qui jouent l’alternance entre Fast (souvent) et mid (de temps en temps), un vocaliste qui vitupère sa colère, et une guitare qui tronçonne d’enfer. Mais tout ou presque est dit et confirmé dès l’intro « 50 Seconds Of Disgust » et son motif simplissime qui dégénère vite en enfer Fastcore, tout en ménageant des couplets purement Hardcore. Changements de tempo permanents, ambiance qui module dans un temps imparti infime, l’ennui ne vient jamais ruiner la fête, qui explose de tous côtés d’une musique mordante et affamée.

« Ghost Town » confirme la tendance, et nous fait bondir de nos séants pour joindre le pogo ambiant, tandis que « Pressure » la met assurément, en affirmant les mêmes arguments.

Mais les JODIE FASTER ne cognent jamais dans le vide, et assument les fondements de leurs propos, en liant d’une même sauce le Hardcore US de tradition et le Fastcore plus récent à l’unisson.

Le son est largement au-dessus de la moyenne de ce genre de réalisation, clair et percutant, et même la batterie parvient à rester sèche tout en bénéficiant d’une profondeur de grosse caisse qui martèle comme un palpitant.

Les titres sont bien évidemment tous très courts, mais frisent parfois les deux minutes, à l’occasion d’un « Bad Mood & Black Coffee », qui surfe sur un tempo doublé tout à fait parfumé. On sent que le groupe se repose sur ses capacités live pour assurer en studio (le EP a été enregistré aux BBK studios par Nicolas Tarridec, puis mixé et masterisé par Simon Herbaut), et la débauche d’énergie est presque palpable à travers les enceintes, ce qui est toujours bon signe pour un album de Fastcore digne.

Nos frenchies n’ont rien à envier à leurs homologues US, et peuvent même leur en remontrer à l’occasion d’un « Red Bricks, Grey Skies » à l’énergie débridée, qui se la joue manif’ pas vraiment sous contrôle.

Chacun connaît son boulot, et arrivé au terme du notre, on regrette amèrement que la brièveté fut respectée, espérant un peu de rab’ Core à l’heure d’aller se coucher.

Entre une version dynamitée des D.R.I et du THREAT (« Troubled Justice » et son refrain malin), et un épilogue « 40 Seconds of Social Justice » bien chafouin, le EP se clôture bien énervé, et nous laisse sur un sentiment de révolte tout à fait justifié.

Bon, au final, pas sûr que la Jodie soit vraiment ravie d’être faster, mais nous sommes enchantés de la voir sortie de son conteste pour riffer à toute vapeur. Du Fast Hardcore tendance Fastcore rieur, mais qui n’oublie pas son message dans les bouchons. La France va mal, mais ses groupes vont plutôt bien.


Titres de l'album:

  1. 50 Seconds of Disgust
  2. Ghost Town
  3. Pressure
  4. Fist Up, Heart With Fingers
  5. It Doesn't Work
  6. Bad Mood & Black Coffee
  7. Red Bricks, Grey Sky
  8. Troubled Justice
  9. 40 Seconds Of Social Justice

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 26/06/2017 à 17:53
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