Inevitable Obliteration

Cryptdweller

17/05/2019

Autoproduction

« Un quartet de Death Metal de Caroline du Sud ».

 

Voici à peu près tout ce que vous pourrez glaner comme information à propos des CRYPTDWELLER, qui ont sorti en mai dernier leur premier longue-durée. C’est somme toute assez chiche, et mérite un peu plus d’explications. Sauf que d’explications, il n’y a guère, puisque le combo ne prend même pas la peine de donner un line-up, une année de formation, ou quoi que ce soit d’utile. Qu’à cela ne tienne, seule la musique parle ? Ça tombe bien, parce qu’elle est fameuse, et dans les faits, Inevitable Obliteration pourrait être l’un des meilleurs LPs du genre que vous puissiez écouter ces temps-ci. Livrons-nous une fois encore au petit jeu de la chronique éclair, puisque visiblement l’approche sied particulièrement bien à ces musiciens de l’extrême. Plus qu’une chronique d’ailleurs, ce laïus se voudra uniquement informatif, comme une notule un peu développée pour vous avertir du caractère hautement indispensable de cette réalisation. Connaissant le style depuis sa création, et ayant essuyé les plâtres de trois décennies d’expérimentations, je m’arroge le droit inaliénable d’affirmer que ce premier album est un modèle du genre, pour peu que des influences comme MORBID ANGEL ou CRYPTOPSY fassent partie de vos mélomanes préférés. Reprenant à leur compte les formules déjà éprouvées par ces deux icônes, en les accommodant d’une violence chère à CANNIBAL CORPSE, mais agrémentant le tout d’une fantaisie technique qui n’est pas sans rappeler les NILE, CRYPTDWELLER signe un manifeste de haine incroyablement intelligent et pertinent, d’autant plus que les originaires de Caroline du Sud ont eu le flair de ne pas faire traîner leur premier jet au-delà de la demi-heure.

En résulte un effet bœuf, efficient et palpable dès l’intro boulet de canon de « Labyrinth of Forsaken », qui en moins de deux minutes résume admirablement le propos. Rythmique compressée mais sonnant clairement analogique, guitare sombre qui millimètre ses riffs sans leur faire perdre de leur sauvagerie, chant bien grognon qui se rapproche légèrement du timbre de Steve Tucker et David Vincent, et vogue la galère, maintenant un cap de brutalité brillamment agencé, entre vélocité assumée et lourdeur étouffée (« Throne of Grief »). Très carré mais suffisamment abreuvé d’idées pour ne pas se montrer monolithique, le Death des américains est quelque part la quintessence d’une approche technico-brutale aussi efficace que captivante, le quartet n’hésitant pas à utiliser les dissonances, les mélodies morbides et toute autre astuce susceptible d’enrichir leur vocabulaire musical. Et malgré le caractère formel de l’affaire, on est foutrement séduit par cette efficacité qui se manifeste sur chaque plan, et admiratif de cette technique qui ne prend jamais le pas sur la bestialité. Un peu froid dans le fond (au niveau de la précision des constructions), mais bouillant dans la forme, Inevitable Obliteration se base sur des morceaux assez courts (la moitié ne dépassent pas les trois minutes), truffés d’idées porteuses, et claque dans la gueule sans nous prendre pour de gros bourrins avinés.

Avec une production remarquable pour une autoproduction, ces dix morceaux semblant émaner de nineties pas encore digérées font admirablement bien le job, dans une optique nostalgique remise au goût du jour, et dament le pion à toutes les formations old-school du créneau, en toute humilité. Sans jamais baisser en pression, CRYPTDWELLER nous cueille d’abord avec l’évolutif « The Precursor », aux nombreux changements de tempo, et nous achève d’un impitoyable « Abhorrent Realities » aux blasts chirurgicaux suggérant des accointances avec GORGUTS (en moins complexe). Entre temps, pas mal de sang qui gicle, des blessures causées par « Vile Nexus », l’un des plus symptomatiques de l’école MORBID ANGEL, et des plaies béantes laissées par « Proxima Centauri », à la lourdeur étouffante. Impossible de trouver le moindre temps mort ou le moindre point faible dans cette réalisation brillante, qui le confine à la perfection dans le genre, pourtant pas facile à atteindre. D’ordinaire, les efforts du cru ont tendance à jouer les excès ou la montre, ce qui n’est pas le cas ici, et malgré le timing réduit, la créativité n’en est pas pour autant aux abonnés absents, puisque chaque titre possède sa propre ambiance. Et tous sonnent comme des tubes post-mortem (mention spéciale au gigantesque et giclant « Pounds of Flesh »), ce qui me pousse donc à deux conclusions. La première est que comme d’habitude, je n’ai su me montrer concis, et la seconde, que les CRYPTDWELLER sont des musiciens à suivre de très près. Car ils sont beaucoup plus qu’un simple « quartet de Death Metal de Caroline du Sud ».             

 

Titres de l’album :

                          1.Labyrinth of Forsaken

                          2.The Precursor

                          3.Vile Nexus

                          4.Inevitable Obliteration

                          5.Throne of Grief

                          6.Heaven in the Void

                          7.Pounds of Flesh

                          8.Proxima Centauri

                          9.Of Legion

                         10.Abhorrent Realities

Facebook officiel

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 27/04/2020 à 17:22
90 %    478

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Benighted + Shaârghot + Svart Crown

RBD 22/09/2021

Live Report

Use Your Illusion I & II

mortne2001 18/09/2021

From the past

Witchfuck : le contre-pouvoir en Pologne

Simony 14/09/2021

Interview

Voyage au centre de la scène : CATACOMB

Jus de cadavre 29/08/2021

Vidéos

LA CAVE #6 : une sélection d'albums Metal Extreme

Jus de cadavre 20/08/2021

La cave

Suffocation 2014

RBD 09/08/2021

Live Report

SWAMP TERROR : La bête des marais !

Simony 16/07/2021

Interview

Palavas Surfers

RBD 16/07/2021

Live Report
Concerts à 7 jours
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
Kerry King

Vieille bonne époque, rien a voir avec le collège d'aujourd'hui, on a tous commencé avec le hard rock et differentes vagues, mais pour sauver notre héritage va falloir commencer par plus fort !Mon fils sera bercé des sa naissance part du Death e(...)

24/09/2021, 01:05

Humungus

Moshimosher + 1.

23/09/2021, 17:28

Moshimosher

Necromantia avec une seule basse, c'est plus vraiment Nécromantia... dommage...

23/09/2021, 16:08

Orphan

Et je trouve le titre de grande classe

23/09/2021, 15:28

Orphan

Excellente news !20 ans plus tard, il y a toujours un moment dans l'année où je me réécoute ANCIENT PRIDE

23/09/2021, 15:21

metalrunner

Super version James a la pêche bravo pour ces petits concerts  a prix casse .

23/09/2021, 11:41

Humungus

Alors !J'ai enfin pris le temps d'écouter tout cela cher Jus de cadavre (car j'ai moi aussi de mon côté des trucs en attente à ouïr...). Et autant le dire tout de suite, je ne connaissais aucuns groupes de ta sélection.Alors c&ap(...)

23/09/2021, 11:37

Kerry King

En 2021 plus aucun intérêt de taper sur Metallica, on leur a taper dessus suffisamment comme ils l'ont mérité sur les 20 dernières années.Voyons maintenant ce groupe comme le pondeur de 5 albums majeur de l'histoire, d'une certaine no(...)

23/09/2021, 10:30

Humungus

OUHLALALALA !!! !!! !!!J'l'avais pas vu arrivé celle-là !Le titre est lambda. Malheureusement pas de retour au "vrai son NECROMANTIA".Hâte tout de même d'entendre l'album complet...

23/09/2021, 09:44

Humungus

On peut taper allégrement sur ces mecs (moi le premier), mais ce genre d'initiative "retour aux sources et aux fans", y'a quasi qu'eux qui le font...

23/09/2021, 09:38

Bones

Je me rends compte que j'ai visionné ça comme si j'avais retrouvé un vieil objet familier dans ma cave, analysant si l'humidité avait eu prise dessus, cherchant (et trouvant) les points de rouille... Ca fait bizarre de voir ces mecs prendre autant de rid(...)

23/09/2021, 07:50

Le Z président

A boire et à manger sur ces deux disques, mais le sentiment d'avoir le dernier groupe de rock ingérable, capable de tout et de tous les excès et débordements, malgré les moments musicaux plus romantiques parmi les instants plus sauvages. 

22/09/2021, 21:24

Le Z président

N'en déplaisent aux haters, Swansong est le dernier album véritablement sincère du groupe. Depuis la reformation, Carcass fait du fan service à tout va et je trouve cela très malhonnête. Comme Petrozza qui continue Kreator car c'est une source de(...)

22/09/2021, 21:18

FOUR POUR TOUS

ça cachetonne sec depuis trop d'années, en d'autres temps, on t'aurait foutu tout ça dans une oubliette.

22/09/2021, 21:14

RBD

Ca c'est inespéré ! Le groupe s'était séparé il y a longtemps déjà et je ne pensais plus jamais en entendre à nouveau parler autrement qu'au passé.

22/09/2021, 11:25

Arioch91

C'est Australien ? J'boycotte !!!  

22/09/2021, 08:54

Bones

J'irai faucher sur vos tombes.

22/09/2021, 07:27

Bones

3ème écoute intégrale. Des moments vraiment excellents sur cet album. J'y trouve une fraîcheur et une richesse dans les riffs que je n'osais même pas espérer. Il y a vraiment chez Bill Steer une patte complètement inimitable, une aisance &a(...)

21/09/2021, 23:14

RBD

Plein de bonnes vidéos à prévoir, cool !

21/09/2021, 22:13

RBD

Tous les metalleux de cette époque ont dû faire cette expérience, Bones. En tout cas je me souviens assez bien des clivages dans mon bahut de garçons (cette particularité grossissait encore le phénomène). Bon, les fans des Gun's et de Sepultura(...)

21/09/2021, 21:52