Ça ne vous arrive jamais de tomber sur un mec qui vous dit comme ça, « les années 80, c’était quand même autre chose…La fête, le Hard-Rock, les riffs d’enfer, les looks bigarrés, comme les chiffonniers, le Glam, la Californie, David Lee ROTH, DOKKEN et tutti quanti…Bordel, je regrette vraiment d’avoir vieilli, ils me manquent mes POISON, MÖTLEY, 220 VOLTS et tous les autres allumés…Le Roxy, où j’ai jamais foutu les pieds, les photos glacées dans les magazines japonais, l’excitation de fouiner dans les bacs « import » et d’y trouver une perle…Non, man, on se fait pas vraiment chier tu vois…mais c’est plus pareil. »

Moi ça m’arrive sans arrêt. A vrai dire, c’est même parfois des choses que je me dis à moi-même, même si des centaines d’albums depuis m’ont enthousiasmé et se sont révélés cent fois plus créatifs. Mais c’est la vérité, ça n’est plus pareil. Alors, tomber de temps en temps sur un disque qui de ses sillons numériques vous ramène en pleine adolescence, ça fait du bien aux artères et au moral. Et vous savez quoi ? C’est exactement ce qui vous attend si vous tendez l’oreille sur le premier album du projet DAMN FREAKS. Projet ? Mais pourquoi ce terme plutôt que celui de « groupe » ? Parce que pour le moment, et au vu du casting, on ne sait pas vraiment quelle suite lui sera donnée…

En effet, on retrouve aux commandes du combo en question pas mal de beau monde, devant, et derrière la console. Au micro, un certain Iacopo Meille, frontman vocal des TYGERS OF PAN TANG. Pas mal comme intro non ? Et puis Matteo Panichi au kit, producteur fameux et ex-cogneur des FOOL’S MOON. Marco Torri à la guitare, qui a pas mal traîné sa bosse depuis les 90’s, et qui aime les gros riffs, bien francs et catchy. Et aux potards et à la control room, rien de moins que monsieur Harry Hess, des HAREM SCAREM. Avouez, ça a de la gueule sur papier quand même. Et sur CD, encore plus, puisque ça a le son de ses intentions. Et plus que ça même. Alors, pas étonnant que les déclarations presse soient pleines d’enthousiasme et de formules à l’emporte-pièce. Du genre, « Nous voulions tous retrouver ces vibrations que nous adorions dans les années 80, lorsque nous écoutions toute la journée WHITE LION, BON JOVI, MÖTLEY CRÜE, DOKKEN ou David Lee ROTH ». Ce qui tombe à point, puisque je comprends parfaitement cette sensation. Et si vous êtes encore là à me lire, je suis persuadé que vous aussi. Alors accrochez-vous, parce que les bougres n’ont rien exagéré. Au contraire, ils n’ont dit que la vérité. Et dommage que le temps ne leur rende pas justice avec les disques de platine qu’ils méritent amplement.

Et tant pis si l’Italie n’est pas la Californie. Après tout, le soleil y est aussi chaud et les femmes aussi belles, sinon plus…

DAMN FREAKS, et ce premier album éponyme, sont un peu les couteaux-suisses du Hard-Rock de 2017. Non pas parce qu’ils ouvrent toutes les canettes et qu’ils coupent tous les jacks, mais parce qu’ils parviennent à ressusciter la fraîcheur des albums que l’on a tant usés pendant notre jeunesse, sans plagier, mais en honorant la mémoire avec respect. Du « bon vieux Rock’n’Roll », c’est ce que le tandem Panichi/Torri souhaitait composer, et de ce côté-là, l’affaire est emballée et pesée. Mais du Rock à la Sleaze, légèrement Glam sur les bords et au milieu, et surtout, suintant de refrains à reprendre en chœur, avec des potes triés sur le volet, qui ne rechignent pas à se barbouiller de make-up une fois la nuit tombée. Mais pour autant, ne vous attendez pas à un succédané de POISON, PRETTY BOY FLOYD ou autres TIGERTAILZ. L’objet en question se rapprocherait plutôt du son des LION, de DOKKEN et d’un BON JOVI du haut des charts, bien que le nom suggère une union fugace entre les DAMN YANKEES et les FREAK KITCHEN. Mais point de FM ici, ni d’AOR, bien que certaines harmonies s’y apparentent, ni de délire Funky torché d’une basse slappée. D’abord, parce que Damn Freaks est du Hard-Rock pur jus, avec quelques accointances mélodiques, et parce qu’Iacopo est un chanteur de classe intersidérale, avec un timbre de voix chaud et juste qui transcende n’importe quelle démo pour la transformer en joyau. Et des bijoux, on en trouve à foison sur ce debut album. Presque que ça d’ailleurs selon vos propres goûts. Certains soli évoquent Lynch, d’autre Bratta, certains riffs suggèrent des souvenirs pleurant DOKKEN du fond des yeux, et d’autres moins rugueux nous remémorent les jours de gloire de WHITE LION, et même du VAN HALEN le plus cancre lorsque le tempo démange. Sacrées comparaisons n’est-ce pas ? Pourtant, mes images collent à la peau de certains titres comme un transistor qu’on portait sur le dos…

« Poison Apple » par exemple, ouvre le bal en relevant la jupe de la reine de la soirée, hilare. Un riff d’entame qui nous projette en pleine période Heavy de Californie, lorsque Don et les siens osaient la perfection Under The Lock And Key. A l’opposé, « The Way I Feel » se la joue plus bluesy et intimiste, et recréé à merveille le décorum d’un CINDERELLA, sans pour autant se parer de haillons en lambeaux. « Break The Chains », et son intitulé qui fricote une fois encore avec le beau George, colle son propos au meilleur DOKKEN, tout en raclant SCORPIONS du manche, ACCEPT de la tranche, et 220 VOLTS des hanches. Et même si le quatuor tente parfois le coup des briquets tendus à bout de bras, la mièvrerie passe vite de frimas à trépas tant l’énergie est toujours là. Et ainsi, « Sea of Love » nous caresse d’une mélodie à la JOVI, tandis que le background harmonieux taquine des ondes qui ne craquent plus sous les baisers langoureux d’un Hard-Rock tendre, mais pas mielleux. Quel dommage que les stations aient la mémoire si courte et le respect en croute…Sinon, gageons qu’un hit imparable comme « Burning Up », qu’on croirait exhumé du premier LP du beau Jon ou de Out of The Cellar de nos RATT préférés aurait connu une heavy rotation bien dodue…Et comme en sus, Harry Hess a tenu à apporter la précision nostalgique nécessaire à ce genre d’entreprise de salubrité publique, le spectacle est intégral, et on s’y croirait vraiment…Les basses sont rondes et girondes, la guitare tranchante, la voix juste ce qu’il faut en avant pour ne pas écraser les instruments, et la batterie mate comme une frappe sur une peau neuve qu’on matraque. Un peu Beau Hill, un peu Wagener, un peu Lange quand les fréquences se radicalisent, mais le meilleur d’une décennie qui nous rappelle à elle avec envie…

Un peu d’acoustique à la DEF LEP/EXTREME (« Broken Wings »), et une invitation béton comme conclusion (« Take A Ride », encore un tube, en scuba dive d’une basse qui plonge dans les azurs), et le compte est bon, et le mot le moins long…Puisqu’ici, c’est la musique qui parle, et non le texte, et elle parle fort, et bien. Et au milieu de toute cette vague de groupe se réclamant d’un vintage qu’ils n’ont même pas connu de leur âge, les DAMN FREAKS surnagent, parce qu’ils savent de quoi ils jouent !


Titres de l'album:

  1. Poison Apple
  2. Break The Chains
  3. The Way I Feel
  4. Dream Highway
  5. Sea of Love
  6. Burning Up
  7. Secret Path
  8. Broken Wings
  9. Take a Ride

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par mortne2001 le 02/09/2017 à 14:35
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