Il parait qu’aujourd’hui ce sont les soldes. Super. Mais ne croyez-pas pour autant que je vais brader mes chroniques du jour en vous refourguant des trucs de troisième zone.

Pas mon style ça. Et puis d’abord, la qualité, ça se paye. Surtout lorsque c’est gratuit, ce qui est le cas du premier EP de cette bande d’hirsutes émergeant d’Exeter, Angleterre, et pratiquant un drôle de mélange entre Thrash un peu compact et Heavy qui manque de tact.

Avec une pochette pareille, impossible de passer à côté de la chose. Un subtil mélange du graphisme des GAMMACIDE et de la philosophie éthylique des TANKARD, pour un résultat qui se situe à la croisée des chemins, bien vilain, mais mélodique et chafouin.

Le nom de ce combo aux délicieux accents rétrogrades ?

DECOLLATED.

Les mecs sont donc quatre (Jarod Frankum – chant/guitare, Jack Maddicks – basse/chœurs, Joss Baker – batterie et Theo Lezzeri – guitare/chœurs) se revendiquent d’influences diverses mais établies (EXODUS, NUCLEAR ASSAULT, LOST SOCIETY, SLAYER, MEGADETH, ANTHRAX, VEKTOR, TOXIC HOLOCAUST, MUNICIPAL WASTE, KREATOR, OVERKILL, OBITUARY), se targuent de « jouer du Thrash et de répandre l’amour », et proposent donc un EP un peu feignasse sur les bords qui se contente de cinq morceaux (dont une intro), pour même pas un quart d’heure de musique.

Sympa, concis, mais vous auriez pu faire un effort les mecs, parce que votre musique est quand même sympathique et on en aurait bien bouffé un peu plus…

Thrash donc, mais difficile à situer. L’approche est résolument nostalgique avec de fréquentes références à d’antiques labels de qualité, et l’interprétation fouillis comme il faut, avec breaks impromptus et soli interrompus, blasts qui tombent comme un thrasheur dans le pit et sonorités de basse légèrement Hardcore atypique. On pense à l’écoute de ce Death To Being Sober à pas mal de séries B fameuses des 80’s, de celles qui tentaient d’émerger au milieu de la masse, des INDESTROY au premier CEREBRAL FIX, en passant par les CRYPTIC SLAUGHTER en moins épileptiques, voire aux combos germains qui détestaient la bière qui pique.

C’est charmant, pas toujours carré, mais enthousiasmant en l’état, et suffisamment branque pour ne pas trop troubler votre gueule de bois.

Ne croyez-pas pour autant avoir affaire à des nostalgiques de TANKARD, le Thrash ici est légèrement poisseux et avec faux-col, et la tonalité générale, un peu bordélique, évoque plus la période charnière du Crossover, lorsque les tentatives de mêler le Metal et le Hardcore étaient encore un peu hasardeuses.

L’agencement même du EP est assez aléatoire, avec une intro, un morceau costaud de plus de quatre minutes, un truc lapidaire, et deux titres médium qui finissent l’entreprise.

Outre donc la mise en bouche sous la minute pour nous mettre dans l’ambiance, le gros morceau « Hellish Attack » développe de belles qualités 86/87, version underground bien sûr, avec mid tempo appuyé d’une basse qui sait se faire une place et qui claque, et une poignée de riffs un peu bricolés, régulièrement truffés de soli acides et digne d’un SLAYER en pleine descente placide.

Pas vraiment rapide, mais pas pataud du museau pour autant, avec des changements de thème intéressants, c’est une entrée en matière qui affirme la personnalité des Anglais, et un certain sens de l’amateurisme mélodique qui trouve son incarnation dans des guitares à la tierce tourbillonnant à l’unisson.

« Left Over Smoke » accélère un peu les choses, tout en restant modéré, et laisse ce chant si particulier tailler le bout de gras avec une bordée de chœurs bien Core, qui dynamisent le corps même de la compo. Un peu collé avec trois bouts de ficelle, mais efficace.

« Holocaust Denial » et son titre empreint de dénonciation du révisionnisme, ose le climat lourd et oppressant, laissant un riff malsain diriger les débats et un mid tempo bien gras se faire taillader par des blasts à bout de bras. Sifflantes, passages boostant un peu mosh, c’est certainement là le meilleur essai de ce premier EP, qui nous replonge dans les affres du Thrash bestial des 80’s, un peu braillard sur les bords, mais débordant de vitalité par bâbord.

«Entombed Mind » ne doit rien au combo homonyme en question, mais essaie une fois de plus de flirter avec l’ultraviolence, tout en bondissant d’un lick vraiment efficace à la VIO-LENCE/VIKING.

Staccato malin, breaks un peu plus fins, et enfin un quatuor qui ose se confronter au Thrash le plus efficace, sans perdre sa couleur un peu passée qui le rend si particulier.

Titre certainement le plus pro du lot, qui laisse augurer d’une suite un peu plus carrée, avec son « refrain fédérateur » qui découle sur un break en tourbillon. Vous avez recompté, c’est bon, toutes les billes sont là dans votre petit sac marron ?

OK, on rentre à la maison.

Alors soldes ou pas soldes, à vrai dire, pas grand-chose à carrer. J’aime mon Thrash gratuit, et celui des DECOLLATED décolle à intervalles régulier, même si son optique un peu brouillonne le cantonne encore pour l’instant dans une deuxième division aux rangs serrés.

Mais le tout est sympathique et s’avale d’un trait, en attendant de peaufiner un peu les angles pour revenir avec un bon longue durée.

A ne pas forcément écouter bourré pour en apprécier les quelques finesses régurgitées.     


Titres de l'album:

  1. Intro
  2. Hellish Attack
  3. Left Over Smoke
  4. Holocaust Denial
  5. Entombed Mind

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 24/01/2017 à 16:58
60 %    340

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