Alors comme ça, on n’a rien fait de mieux que le Metal des années 80 ? Depuis les meilleurs efforts de JUDAS PRIEST, DESTRUCTION, GRAVE DIGGER et DIO, notre genre préféré ne fait que balbutier quelques modernismes qui finalement ont abruti la jeunesse qui a succédée à la nôtre ? C’est un point de vue, et visiblement, de plus en plus de groupes le partagent, en tentant de retrouver le souffle épique de ces glorieuses années. Allez, on ne va pas se voiler la face, entre les combos pur old-school Thrash et ceux qui revisitent à leur sauce les pattes d’éléphantesques 70’s à grandes rasades de fuzz’, la nostalgie est plus qu’à la mode. Elle est quasiment redevenue la norme qu’elle a été il y a une trentaine d’année. Mais qui s’en plaindrait finalement ? Pas les musiciens qui visiblement, mangent leur pain quotidien en tapant dans les tranches déjà découpées de Heavy bien salé, celui que nous proposaient les cadors de la seconde division, en multipliant les riffs condamnant la trahison, les rythmiques en marteau-pilon, et les envolées vocales plus lyriques que de raison. Cette fascination pour les productions des années 80 n’est certainement pas une finalité en soi chez la plupart des instrumentistes des années 2010, mais pour les autres, qui ne jurent que par les clous et le son bien rond, c’est un dogme, et une religion. En témoigne le second LP des allemands de STALLION, qui comme leur nom l’indique, n’ont de cesse de fuir la réalité de leur temps comme un cheval fou qui cavale près de l’océan.

Les STALLION ont vu le jour en 2013, et n’ont pas chômé depuis. Entre deux bracelets cloutés à faire briller, ils ont poli leur jantes chromées en donnant naissance à une première démo, rapidement suivie de deux EP (Mouting The World en 2013 et 24/7, plein de disponibilité en 2014). Puis le temps est venu de proposer un LP complet, ce qui fut chose faire avec Rise and Ride, qui présentait un groupe à l’identité affirmée, mais qui se cherchait encore niveau production. Son rêche et attitude frondeuse, pour un voyage dans le temps laissant une impression fameuse, ce premier effort ne faisait pas grand cas de sa fascination pour des approches d’antan, tout en tentant d’y apporter sa propre vision. Depuis, le quintette de Weingarten (chant – Pauly, guitares – Äxxl & Olli Gee, bass – Stämpfe et batterie – Aaron) a bien travaillé son spectacle chanté, pour lui offrir une cohérence qui a de quoi décontenancer. Pourquoi ? Parce que justement, cette cohérence n’empêche pas une indéniable diversité, qui leur fait revisiter des styles différents mais bien assemblés. Si la plupart des groupes versant dans la tendresse old-school préfèrent jouer les puristes et s’en coller à quelques influences bien tassées, les allemands privilégient au contraire un survol d’une décennie qui a laissé parler la poudre, tout en allumant la mèche pour tout faire péter.

Si From The Dead est résolument Heavy dans le fond, ce que des riffs vraiment appuyés passent leur temps à démontrer, le fond est beaucoup moins frais, et même torride, puisqu’il se frotte au Speed acharné, au Thrash déchaîné, et même au Power le plus enflammé. Tout ceci donne lieu à un mélange cramoisi, qu’une sublime pochette aux tons rougis illustre de façon choisie, et surtout, à un déroulé de morceaux tous plus puissants les uns que les autres, frappés du sceau d’une production délicieusement 84/85 qui rend la nostalgie encore plus casher.   

Alors, si vous souhaitez headbanguer comme des flingués au son d’hymnes que les BULLET, GRAVE DIGGER, LIZZY BORDEN, LIVING DEATH auraient pu composer chacun de leur côté avant de mettre leur travail en commun, From The Dead est vraiment fait pour vous. Pas simplement parce qu’il refuse le présent, mais surtout parce qu’il a pris le temps de proposer de vraies chansons bien burnées, aux arrangements sobres mais estampillés, et au niveau instrumental salement relevé. En plus d’être des esthètes, les STALLION s’avèrent être des musiciens chevronnés, qui ont bossé leur partition avant même de chercher le gros son. Tout ça nous donne une pelletée de classiques à reprendre en chœur dans une salle de concerts qui ne commencent jamais à l’heure, mais qui une fois débutés, vous entraînent dans la folie d’un Metal solide et méchamment puissant. A l’image de ce « Underground Society » qui ouvre l’album de la façon la plus tonitruante qui soit, et en mixant les riffs tournoyant d’un DESTRUCTION bien virevoltant à l’énergie d’un BULLET qui plaçait le chant lyrique et les plans percutants au premier plan. Ça joue fun mais sérieux, comme une boutade qui n’en est pas une, mais qu’on se plaît à narrer pour la centième fois à ses petits-enfants. Car les allemands sont ceux de la vague Heavy/Thrash d’antan, qu’ils se plaisent à revisiter en serrant les dents. C’est certes à peu près aussi original qu’un bootleg de RUNNING WILD déniché dans une convention, mais la concision et la persuasion dont ces animaux de scène font preuve achève de nous convaincre avant que l’on ait pu proférer le moindre juron.

Tour à tour mélodique, typique, atomique ou concentrique, From The Dead se frotte et se pique, à tous les sous-genres, revisitant le Heavy d’ACCEPT avec un brio indéniable (« Waiting For A Sign », qu’on croirait braqué de bandes cachées de Metal Heart reprises à son compte par un LIZZY BORDEN presque radiophonique), ou le Speed/Thrash des LIVING DEATH et TOXIK, aux angles arrondis d’une intro Folk et d’un refrain qui en a dans le froc (« From The Dead »). Leur atout majeur ? Un humour dévastateur, mais aussi des convictions opposées à la volée (« Kill Fascists », dix-sept secondes d’antiracisme), et un sens inné de la composition qui bondit d’un mid tempo trampoline, qui nous propulse dans un ciel Heavy rythmique hystérique (« Hold The Line », ou comment adapter la vague NWOBHM aux impératifs commerciaux des glorieuses 80’s). Et en fouinant dans les recoins de la seconde division de l’époque, les STALLION ont exhumé de quoi nous fumer pendant une longue soirée (« Lord Of The Trenches », avec toujours ces envolées lyriques vocales suraiguës qui nous rappellent Mike Sanders, sur fond d’instrumental à la TYRANT). Certes, aucune surprise à attendre d’un album qui en refuse le principe, mais beaucoup d’efficacité, et un enthousiasme qui finit par fédérer sans chercher à acheter notre opinion déjà bien formalisée. De morceaux courts et destructeurs (« Step Aside »), en longues suites qui font notre bonheur (« Awaken The Night »), les allemands déploient tout leur arsenal d’armes fatales, qui vont de l’intro délicate en trompe l’oreille en couplets concentrés à la JUDAS enfin de ses chaînes libérées, pour mieux nous attacher au poteau vintage qui finalement, est si solidement planté dans la terre Heavy/Speed qu’on ne peut même plus le faire trembler, à condition d’en avoir envie.

Beaucoup vous diront que ce second LP des STALLION n’est rien de plus qu’un joli exercice de style, mais je préfère y voir une déclaration d’amour sincère et passionnée. En quarante-cinq petites minutes, les allemands parviennent à recréer les sensations éprouvées il y a bien trente années, sans paraitre déplacés. D’excellentes chansons interprétées avec passion, que demander de plus lorsqu’on pense que le Metal des années 80 n’aurait pas du connaitre de fin ?


Titres de l'album:

  1. Underground Society
  2. Down and Out
  3. Hold The Line
  4. Waiting For a Sign
  5. From The Dead
  6. Kill Fascists
  7. Lord Of The Trenches
  8. Black Box
  9. Step Aside
  10. Awaken The Night

Site officiel


par mortne2001 le 15/10/2017 à 17:41
75 %    354

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Seven Spires

Emerald Seas

The Dues

Ghosts Of The Past

Quiet Riot

Hollywood Cowboys

Angel Witch

Angel Of Light

Vastum

Orificial Purge

Divide

From Seed to Dust

Soul Grinder

The Prophecy of Blight

Silverstage

Heart n’Balls

Surgical Strike

Part of a Sick World

Annihilator

Ballistic, Sadistic

Scratches

Rundown

Mass Worship

Mass Worship

King Legba

Back From The Dead

Liturgy

H.A.Q.Q.

Obscure

Darkness Must Prevail

Beyond The Void

Ex Nihilo Nihil

Bütcher

666 Goats Carry My Chariot

Stormrider

What Lies Within

Coffin Rot

A Monument to the Dead

Merging Flare

Revolt Regime

Stolearm

RBD / 17/02/2020
New Wave

Pastor of Muppets

RBD / 12/02/2020
Brass Band

J'irais Mosher chez vous ! Episode 2 : Indonésie

Jus de cadavre / 08/02/2020
Asie

Incite + Skaphos

RBD / 04/02/2020
Black Death Metal

Concerts à 7 jours

Depraved + Adx + Factor Hate

01/03 : Salle Des Fêtes, Fismes (51)

Napalm Death + Rotten Sound + Eyehategod

03/03 : La Machine Du Moulin Rouge, Paris (75)

Visions Of Atlantis + Chaos Magic + Morlas Memoria

27/02 : Le Grillen, Colmar (68)

+ Putrid Offal + Sublime Cadaveric Decomposition

28/02 : Le Bistrot De St So, Lille (59)

Photo Stream

Derniers coms

Rose Hreidmarr au chant comme pour le précédent album. Pour le reste je sais pas... Pas de line-up annoncé sur Metal Archives (pour l'instant).


Ben voila, il n'y a pas de raison que le metal français n'ai pas le droit à son mélodrame de nom ;). Bon pour le moment nous avons qu'une seule version de l'histoire...

Pour parler musique, j'avais beaucoup aimé "Sur les falaises de marbre", surement un de mes albums préféré de 2(...)


Mmm, musicalement, les deux derniers albums étaient intéressants, pas faciles en terme de composition, mais plutôt ambitieux et instrumentalement réussis, même parfois brillants. Rien à dire sur le parti-pris et la prise de risque. C'est la voix de Greene qui ne me séduit pas au point d'achet(...)


A noter qu'a priori il y a baleine sous gravier avec ce retour de GLACIATION, au vu du post publié par Valnoir sur sa page fb => https://www.facebook.com/jean.simoulin.7/posts/651167092299009?__tn__=K-R
Pour ceux qui ont la flemme de lire en anglais, les collègues de Scholomance Webzine ont (...)


Bon, j'ai pas encore écouté ce dernier album, mais le peu que je m'en suis fourré dans les esgourdes pour l'instant ne me fait pas changer d'avis sur ce groupe que j'ai tant vénéré dans les 90's.
De fait, Yoloman + 1 000 000 !!!


Un des dieux de mon petit panthéon personnel.
Quand on sait que j'ai débuté ma carrière Métallique en me plongeant corps et âmes dans AC/DC, c'est donc à mon sens tout bonnement indispensable.


Tellement mauvais et tellement drôle à la fois qu'on leur accorde l'indifférence avec mansuétude.


"quand on veut écouter du vieux Death Metal qui schlingue la gerbe et la bile, on se coltine un vieil INCANTATION, un des premiers BOLT THROWER, et vogue la gerbe le long du canapé"
:D !


Ah et puis Sieur Simony, je n'ai pas pu attendre votre fameux crédit à si faible taux...
Ma pré-commande est déjà passée.


Titre plus que prometteur en effet !


Après quelques minutes de recherche sur la toile, voici ce qu'il y a réellement dans cette fameuse box :
"Vinyl Features:
+ Mud-Green / Black Marbled Vinyl
+ Gatefold Jacket
+ A1 Size Poster (~23.4" x 33.1")

Box Set Includes:
----------------------
(...)


@Blind :
Ah ah ah !!! !!! !!!
Ton intervention (très gentille au demeurant...) m'a laissé perplexe quelques secondes avant de me rendre compte que tu avais mal compris mon propos : N'ayant pas vu de descriptif de ladite box et ne m'étant donc fié qu'aux photos de NUCLEAR BLAST, je ne(...)


@Humungus: Les patches ce sont les bon vieux écussons à coudre sur ta veste en jean ou ton cuir (ou comme le faisait le lycéen que j'étais au début des années 2000 sur ton sac à dos Eastpack).


T'as ça aussi sur le label d'origine Metal Blade. Bon morcif, déjà que le EP contient un sacré titre, ils ont gardé leur sens de la composition, les gaziers. Hâte d'avoir ça en mains.


"J'vous ai d'jà dit que j'prêtais d'l'argent à des taux pas dégueulasses ?"


La pochette, c'est un peu ce qui reste sous mon cerisier à une certaine période.


Rooohhhlala !!!
Je viens de voir qu'il y avait actuellement chez NUCLEAR BLAST une preorder pour une box collector de ce futur album avec double vinyles + double CDs + drapeau + slipmat + patchs (autocollants ?)…
Pas bon pour mes finances tout ça bordel !


Dommage que ce soit loin de chez moi...


Miam miam !!!


Si mais il a quitté le groupe entre l'enregistrement et la sortie, d'où son absence dans le clip, même si, je te le concède, si Jean Noel avait été présent dans le clip, ça n'aurait pas été déconnant non plus.