Quelque part dans le futur, une conversation entre un grand-père et son petit-fils, curieux du passé de son aïeul qui à 80 ans fait encore le signe du diable, et cite des artistes obscurs portant les clous comme d’autres les stabilisateurs à particules ioniques.

« Papy, c’est quoi cette musique que tu écoutes ? Ca fait plus de bruit que l’aspira-vortex de mamie ! »

« Ah ah, petit insolent, tout le portrait de ton grand-père ! Mais je suppose que tu es en âge de comprendre maintenant, alors assied-toi, je vais t’expliquer… »

Silence d’émotion, les yeux du grand-père brillent de la curiosité de ce petit garçon décidément plus intelligent que ses imbéciles de parent qui croient encore que le duo Master Gyme/Nas-Tik est la quintessence de la musique moderne…  

 

« Tu vois mon petit, il y a très longtemps, lorsque j’étais jeune, moi aussi j’aimais bien être différent. Tu sais ce que c’est que le Thrash mon enfant ? »

« Non papy, c’est quoi ? »

« Eh bien c’est une musique très puissante que des gens comme moi ont beaucoup écoutée pendant leur adolescence, cette période trouble que tu vas bientôt traverser et qui va agiter tes hormones au point de te provoquer certains blocages quand tu liras les catalogues virtuels que les panneaux solaires publicitaires de rue étalent à longueur d’année…Mais je m’égare...Le Thrash, c’était un peu pour nous un exutoire, une façon d’extérioriser notre violence intérieure sans faire de mal à personne…Une façon de transformer le Heavy Metal en machine à broyer que nos grands frères détestaient parce qu’ils ne la comprenaient pas. Et si beaucoup s’évertuaient à dire que le style était né de l’autre côté de l’Atlantique, quelques initiés dont moi savaient que le vrai Thrash, celui qui abimait tes oreilles au point de te faire confondre un marteau piqueur avec le cri de Tom Angelripper se cognant le petit orteil contre un flight-case venait d’ailleurs…D’Allemagne plus précisément… »

« Et alors, c’est quoi le Thrash allemand ? »

« Le Thrash allemand ? Viens approche toi, je vais te le dire tout bas pour que ta grand-mère n’entende pas, elle déteste quand je fais ça… »

Le petit s’approche et colle son oreille à la bouche de son grand-père. Quand tout à coup….

 

« Raaaaaaaaaaaah !!!!!! Tchakapoum, tchakapoum, vrille, vrille, blaaaaaaargh!!!! Poum-poum-poum, satan, evil !!! Pleasure to kiiiiiiiiiiiiiill!!!».

Silence de mort. Le petit fils à compris, regarde son grand-père avec complicité, et trace immédiatement dans le grenier pour éplucher les anciens CD de son aïeul. Bingo. 

Cette conversation fictive pourrait bien prendre vie un jour, si d’aventure un homme d’un certain âge dans le futur se souvenait du second LP des marsouins de JT RIPPER. Non que ce groupe fût l’un des pionniers, non qu’il fût l’un des représentants les plus importants de la vague, mais il incarnait certainement la quintessence d’une approche de débauche que les KREATOR, DESTRUCTION, SODOM, et autres ASSASSIN avaient mise en pratique dans les années 80. Formé tardivement, en 2010 du côté de Chemnitz, ce trio aux aspirations belliqueuses (Steven "Steffen" Fischer – chant/basse, Daniel Brandenburg – guitares et Chris Börner – batterie) avait donc bien appris les leçons de ses illustres prédécesseurs pour les recycler à leur façon, et en livrer une interprétation très personnelle ne crachant pas sur quelques dogmes américains et canadiens. Tout à fait disposés à s’exprimer en toute liberté, ces musiciens de l’extrême s’étaient composé une discographie assez conséquente, suffisamment en tout cas pour marquer les esprits au fer rouge de la violence, et c’est avec une indéniable surprise masochiste que nous les avions découverts à l’occasion de leur premier long, ce peu complaisant Depraved Echoes and Terrifying Horrors, qui ne faisait pas grand cas de sa cruauté bestiale et de ses tendances à amalgamer tout ce que l’underground des années 80 comptait de plus sale, agressif et marginal. Suite à ça, les trois germains s’en allèrent partager des faces avec leurs collègues de MORBID PANZER, entité Black/Thrash, pour présenter quelques nouveaux titres dont « Cvlt » et « Maze », que l’on allait retrouver sur leur second longue-durée, ce Gathering of the Insane qui de sa pochette nous avouait implicitement une passion franche pour les serial-killers les plus dévoyés de l’histoire. Et les faciès de John Wayne Gacy, de Jack the Ripper, d’Ed Gein de nous ramener à la dure réalité d’une violence omniprésente, que les dix morceaux de cette seconde offrande illustraient de leur brutalité outrancière et de leur refus de calmer le jeu en se focalisant sur les attaques les plus ébouriffantes de la scène de l’époque.  

Et en faisant fi de cette petite histoire inventée en préambule pour la circonstance et revenir au présent qui nous concerne, autant dire que ce second long des JT RIPPER est un modèle du genre à lui seul. En refusant toute finesse de composition et toute sophistication d’interprétation, mais sans tomber dans le piège outrancier du Blackened Thrash, Gathering of the Insane se présente sous la forme d’un manuel musical à l’attention des psychopathes de l’extrême qui ne crachent pas sur un brin de simplicité pour pouvoir extérioriser leur excès de sadisme. En suivant la ligne de conduite adoptée dès leur formation, les trois instrumentistes de l’enfer enfoncent le clou planté à l’occasion de Depraved Echoes and Terrifying Horrors, et le plantent encore plus profondément dans le cercueil des illusions mélodiques pour parvenir à synthétiser le radicalisme du KREATOR d’Endless Pain et le satanisme paillard du POSSESSED de Seven Churches. La recette est assez simple à élaborer, des morceaux qui se ressemblent tous, construits sur une rythmique flirtant avec les limitations de vitesse de la décence, des riffs gras et sursaturés soulignés d’interventions vocales vociférées comme à la grande époque de Jeff Becerra et Tom Angelripper, et une ambiance propre à faire passer les premières années de gestation du Black Thrash pour une timide genèse ayant pris forme dans la honte et le manque d’assurance. Et partant de ce principe, inutile d’attendre autre chose de ce deuxième album que ce message qu’il est venu livrer, et qui s’articule en dix psaumes quasiment identiques, formant une litanie d’ultraviolente et de luxure brutale aux contours bruts et aux coups portés d’une rare franchise. Bien sûr, ceux dans la confidence se souviendront aussi avec émotion du Show No Mercy de SLAYER, des plus récents DESASTER et des légendaires HELLISH CROSSFIRE, mais les fans les plus fidèles ayant rejoint l’église noire des JT RIPPER savent que leur nouveau prêtre dévoyé fétiche bouffe à tous les râteliers du mauvais goût outrancier pour concocter sa potion à base de Thrash noirci et de Speed bouffi. Et tous admettront que ce Gathering of the Insane pourrait incarner la bande-son nocturne d’un disciple de Richard Ramirez en quête d’une nouvelle victime à massacrer, et rendant hommage au pionnier Jack the Ripper, qui arpentait Whitechapel pour disséquer live de pauvres filles de joie ne demandant pas tant d’attention cruelle. Cruel, tiens, un mot qui colle à la peau de ce trio allemand, qui d’année en année et de disque en disque prouve que le passé a toujours sa place dans le présent.

Mais que fait le petit finalement après avoir vidé tous les précieux cartons de son grand père ? Ah, il est là, avec un exemplaire du premier POSSESSED entre les mains, et le In The Sign Of Evil de SODOM près du lecteur. Tiens, il s’est mis du Kohl sous les yeux. Mais où est passé le chat ?            

      

Titres de l’album :

                         1.Cvlt

                         2.Chaos

                         3.Child's play

                         4.Feast

                         5.Shadows

                         6.Nightcrawler

                         7.Them

                         8.Maze

                         9.Second Skin

                        10.Carnal Lust

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par mortne2001 le 19/01/2019 à 17:49
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le chant est faiblard...


Plutôt inutile cet album. Bien mou et rien d'excitant.60% pour ma part


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