Donde Nace la Verdad

Iroy

18/06/2019

Rock-cd Records

Voilà un groupe qui connait une troisième partie de carrière, après avoir entamé la sienne sous le nom de DARK HELLION en 2011, puis d’opter pour la contraction DELION en 2017, avant de changer complètement d’optique en 2019 et se baptiser IROY. Mais le seul lien reliant ces trois entités est le chanteur Gorka Fernandez, seul membre ayant fait partie des trois concepts, et aujourd’hui à la tête d’un nouveau line-up reprenant dans les grandes lignes la structure de son précédent groupe. On en retrouve en effet dans les rangs d’IROY trois ex-membres, Sergio Bello à la basse, Elena Sánchez et Eduardo Arce aux guitares. Ces trois-là se fréquentaient déjà sur les bancs de LYGIUM, et la formation se complète avec l’intronisation au poste de batteur de Mikel Iragui (BLAST WAVE, NO SANCTUARY, ex-ACCIÓN DIRECTA, ex-AGONÍA, ex-ANTHESTRAL, ex-BLACK STAGE, ex-INCEPTION, ex-MOSHWAR, ex-QUASAR). Un nouveau départ donc, qui ne signifie pas forcément un changement de cap majeur, puisque nos amis ibères se livrent toujours avec bonheur à l’exercice formel du Heavy Metal traditionnel, joué à l’espagnole, et largement saupoudré d’une grosse touche de mélodie, lui permettant de se présenter sous un jour très aéré mais néanmoins puissant. On reconnaît bien là les méthodes de l’école espagnole qui n’a jamais conçu l’agressivité autrement que matinée d’une couche d’harmonie prononcée, et si chacun des deux groupes précédemment menés par Gorka Fernandez a eu le temps de laisser une trace discographique dans l’histoire, IROY débute son parcours avec un LP format EP, contenant sept morceaux et une petite demi-heure de musique en disant assez long sur sa philosophie.

Ayant tourné dans le passé avec des groupes comme VHALDEMAR, ELBERETH, JORGE SALAN, GUADAÑA, BULLET, WILD CRASH, FROZEN CROWN, PHOENIS RISING, ATREIDES, COINS FOR CHARON ou FALCIE, IROY est donc un groupe à l’assise musicale affirmée, qui sait en 2019 ce qu’il voulait déjà en 2012. Admettant des influences classiques (SÖBER, SONATA ARCTICA, IRON MAIDEN, JUDAS PRIEST, ACCEPT, PRIMAL FEAR), ce quintet de Bilbao ne prétend pas révolutionner le petit monde du Metal moderne de par son approche plus ou moins traditionnelle, mais lui redonner des lettres de noblesse que les eighties lui avaient conférées. Sans oser fouler du pied les frontières séparant le Heavy du Hard Rock mélodique, les espagnols (ou basques) n’ont pas pour autant peur de se rapprocher d’un Heavy très mélodique à la puissance indéniable, et aux riffs chauds comme des diables. On se retrouve donc face à un bel équilibre stable, et un formalisme de composition certain, qui n’empêche toutefois pas les chansons de décoller vers des paradis harmoniques délicieux (« Sangre Azul »). D’ailleurs, le contexte est fermement et honnêtement planté par l’introductif « Ganas de Gritar » qui de ses arpèges délicats ne fait pas grand mystère de la passion du groupe pour un Metal certes décoiffant, mais qui sait se montrer conciliant. On pense évidemment à la vague allemande de Metal incisif et violent, mais aussi à la tradition espagnole des années 80, et par touches fugaces à l’attitude sud-américaine, celle des ANGRA, dans une version plus brute et beaucoup moins ciselée. Mais le mélange est séduisant à défaut d’être original, et la sauce prend, grâce à des chœurs pertinents et à un duo de guitares qui préfèrent souvent mordre que caresser.

Des soli intuitifs et piquants, une section rythmique à l’abattage conséquent, et un chanteur à l’organe lyrique qui se complètent parfaitement, et qui prouvent que les années ont permis à l’osmose de prendre entre eux. Inutile de préciser que les années passées ensemble leur ont permis de renforcer leur cohésion, indiscutable ici, et qui prend parfois la forme d’une course en avant tous riffs dehors, avec une hargne et une pugnacité qui font plaisir à entendre, à l’orée d’un Power Metal un peu thrashy sur les bords, mais qui ne renie en rien les dogmes Heavy (« Mentiras »). Ce sont d’ailleurs souvent les chœurs qui mettent de l’eau gazeuse dans le vin de messe, et qui tempèrent l’ardeur de guitares qui se démènent en enfer. A grand renfort de bends, de sifflantes, et d’harmoniques vicieuses, le groupe prouve son allégeance à un Metal de défiance qui inspire confiance, profitant d’une production très honnête pour placer des idées classiques, mais terriblement percutantes. A son poste de soliste en chef, Eduardo Arce nous rappelle les arabesques néo-classiques d’Yngwie, malgré un mixage le poussant un peu trop en avant, mais le tempétueux guitariste sait se montrer à la hauteur d’un chanteur de la race des grands, à l’organe ample et au feeling débordant de foi. Peu de morceaux à se mettre sous la dent, mais uniquement du premier choix, et une tendance à glisser le long de la pente de la nuance en accentuant les mélodies sur fond de tapis rythmique purement Hard-Rock (« Mírame »). On se dit qu’on a affaire à une grosse dose de Heavy mélodique à la suédoise revue et corrigée par l’Espagne, et l’image n’est pas incongrue, même si ces moments d’aplanissement sont minoritaires ici. Car le quintet n’a pas l’intention de passer pour une assemblée d’uber-sentimentaux anonymes, préférant l’assise virile du Heavy à la complaisance d’un AOR trop tendre (« El Dictador »)

Nous nageons évidemment dans un océan de prévisibilité, et tous les plans s’enchaînent dans une logique de courants imparables, mais l’envie, la volonté, et l’implication des musiciens nous permettent d’oublier que tout ceci reste hautement anecdotique d’un point de vue créatif, IROY se rapprochant parfois dangereusement des dogmes de ses idoles (« Volver a ti »). Mais le groupe a au moins le mérite de terminer sa course par un véritable hymne (« Iroy », flamboyant, saccadé et chatoyant), permettant à ce premier LP/EP d’atteindre un très honorable niveau de qualité. Souhaitons que cette fois-ci ce nom dure un peu plus longtemps que les autres, et que les espagnols aient enfin trouvé leur véritable identité nominale, celle de leur musique étant claire depuis très longtemps.      

             

 

Titres de l’album :

                          1.Ganas de Gritar

                          2.Mentiras

                          3.Mírame

                          4.Sangre Azul

                          5.El Dictador

                          6.Volver a ti

                          7.Iroy

Facebook officiel


par mortne2001 le 05/09/2019 à 17:16
75 %    361

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Licence to Kill

mortne2001 04/06/2020

Mood Swings

mortne2001 02/06/2020

Wintersun

JérémBVL 01/06/2020

Songs For Insects

mortne2001 30/05/2020

Solstice

mortne2001 28/05/2020

The Triumph Of Steel

JérémBVL 27/05/2020

The Gathering 2006

RBD 26/05/2020

End Of Society's Sanity

mortne2001 25/05/2020

Concerts à 7 jours
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
Hair-dressing Curiosity

@ Humungus :
:-)))))

N'empêche que pour ceux qui avaient biberonné aux 4 Horsemen dans les 80's, devoir subir des curetages du prose comme Load/Reload/St Anger... bordel ! la cicatrisation des sphincters a pris du temps. C'est un peu comme les rhumatismes, ça se réveille mêm(...)

05/06/2020, 17:05

Reading Bouquinerie

Naaa, c'est de la petite série, réimprimé par paquets de 12. :-D

Raaa n'empêche j'ai hâte de lire ça ! Ca va raviver des souvenirs !
(mode "vieux con", avec ses demo tapes sous le bras)

05/06/2020, 16:51

Lifting Catastrophy

J'en viens à penser que le récit d'un BON concert de Cradle ça permet finalement de démasquer à coup sûr un pseudo spectateur qui en fait ne les a jamais vus live. :-))))))




Non allez, pas tapé !! c'était juste pour faire du mauvais esprit. :-)))))

05/06/2020, 16:47

Goughy

Je n'ai que cet album et "Beauty", vu 5 ou 6 fois, toujours en festival ou "gros concert" dons ils n'étaient pas tête d'affiche, je n'ai jamais entendu pareille bouillie sonore pour aucun groupe, même du grind de squat.
On en parle parfois avec mon pote qui me dit que je ment, qu'on les a v(...)

05/06/2020, 15:57

Humungus

4ème réédition putain !?!?
Musso n'a qu'à bien se tenir !

PS : A quand dans la Pléiade ???

05/06/2020, 13:12

Humungus

Bah écoutes, j'ai fort bien fait de ne faire aucun commentaire hier soir car tu as (d)écrit en mille fois mieux qu'elle était mon ressenti sur le sujet...
Merci Professeur Hair-dressing Curiosity.

05/06/2020, 13:10

Hair-dressing Curiosity

Je pense que c'est un tout.
S'ils n'avaient pas à ce point retourné leur veste, il y aurait eu une meilleure acceptation du look, parce qu'ils avaient un tel capital sympathie et affectif avec le public que les fans auraient évoqué ça 6 mois plus ce serait passé crème.
Mais quand (...)

05/06/2020, 12:27

Reading Bouquinerie

maLin

05/06/2020, 12:20

Reading Bouquinerie

C'est main, je viens de me délester de 46 balles. :-))))

(merci MetalNews !!)

05/06/2020, 12:20

Arioch91

Excellent ouvrage que je recommande !

05/06/2020, 07:09

Humungus

Sachant que j'ai dû les voir 3 ou 4 fois, j'ai donc eu l'immense malchance de tomber à chaque fois sur une de leurs 5 mauvaises prestations live.

The Trve Humungus.

05/06/2020, 05:22

Satan

Deux choses :
1) C'est "Whore" en non "Wore".
2) De plus, c'est le nom de l'opus qui prend des petits points (au nombre de 5) et non le titre éponyme qui s'écrit d'une seule traite.
Désolé d'être pénible mais on se doit de respecter les chefs-d’œuvre jusque dans les moindr(...)

04/06/2020, 23:18

Satan

Il est parfaitement risible que l'argument number 1 de l'époque était "ils ont coup leurs cheveux". Ça en dit long sur le degré d'immaturité de bon nombre de métalleux malheureusement.

04/06/2020, 23:05

lolo

pas mal le chat planqué dans les gradins!

04/06/2020, 15:55

Humungus

"Age tendre et têtes de con" voulais-tu dire non ?

04/06/2020, 13:07

Jus de cadavre

O'Brien est toujours dans le line-up sur Metal-archives, mais sur le post de Fisher en studio il mentionne le nom de Rutan...
"georgecorpsegrinder
Guess what I’m doing @manarecording @cannibalcorpseofficial @alexwebsterbass @erikrutanofficial #paulmazurkiewicz #robbarrett @metalbladere(...)

04/06/2020, 11:57

grinder92

Pat est sorti de prison (50000$ de caution). Je pense qu'il n'en a pas fini de ses soucis judiciaires, mais il est libre.
A-t-il composé pour le prochain album ? aucune idée...

04/06/2020, 11:47

L'anonyme

Et avec qui pour remplacer Pat 0'Brien, parce que je suppose qu'il est toujours en prison ? Erik Rutan ? D'autant plus que O'Brien compose beaucoup pour le groupe...

04/06/2020, 11:34

Hair-dressing Curiosity

Oui on ne peut pas leur retirer ça, ils ont souvent essayé de faire bouger les lignes et proposer une expérience live hors norme. Là dessus, ils ne se moquent pas des fans. Les set-list non figées en sont le premier exemple.
Un Maiden pourrait en prendre de la graîne. :-/

Q(...)

04/06/2020, 09:07

JérémBVL

Excellente chronique pour un excellent album !

03/06/2020, 18:17