Graze Anatomy

Buffalode

26/05/2017

Autoproduction

Là je le sens bien, vous croyez sans doute que je vais vous parler d’une série à succès qui vient d’achever son ultime saison. Mais non, sorry guys and girls, je ne m’étendrai pas sur le docteur Mamour ni aucune de ses collègues féminines.

De plus, outre le jeu de mot phonétique, sachez que dans l’argot commun, graze anatomy, évoque une pratique salace de couple. Genre votre girlfriend se glisse sous la douche, vous la suivez, et vous commencez à vous frotter les parties intimes sur son arrière-train. Pas classe, mais ludique, et parfois, ça peut dégénérer en quelques chose d’intéressant. Encore faut-il être deux pour ça. Pas plus.

Deux, comme les deux mecs qui un jour se sont unis sous la bannière BUFFALODE, non pour nous faire ramasser la savonnette, ni pour nous asperger de gel douche, mais plutôt pour nous recouvrir le corps de Fuzz dégoulinant, suintant comme une journée d’été sans déo. Deux anglais qui visiblement n’ont cure d’une quelconque forme d’évolution musicale, et dont le dernier calendrier acheté devait être un truc d’occase datant de 1972/1973.

Mais comme ils assument, et même qu’ils revendiquent, pas de souci, j’adhère, et j’adore évidemment…Presque.

Que peut-on bien faire à deux ? Une guitare et un chant (Chris Thompson) et une batterie (Scott Nairn), structure qui commence à devenir un classique depuis l’explosion des WHITE STRIPES, et qui depuis les italiens de ZEUS ! connaît une certaine hype, l’économie étant la philosophie la plus en phase avec notre époque.

Economie de personnel donc, et de moyens fatalement, mais pas d’investissement ou de motivation. Ce duo venant de Lincoln, UK connaît la chanson, et se plaît même beaucoup à la chanter à répétition, dans un nuage de fumée d’opiacées. Un truc qui sent bon la lourdeur d’un Heavy Blues à la BLUE CHEER ou d’un Heavy tout court à la SABBATH, un peu plus joyeux, et un peu plus porté sur les calembours que les incantations sataniques.

Pas vraiment occulte le truc, plutôt déjà culte, et rien que les jeux de mots des titres des morceaux vous indiqueront la marche à suivre.

De biais évidemment, surtout après avoir bien smoké. SWEET SMOKE ? Manque la flûte, cette satanée flûte à la Jon Anderson qui ici de toutes façons, aurait été écrasée par le poids d’une association entre une guitare épaisse et une batterie l’étant tout autant, alors aucune raison de pleurer les fleurettes perdues, ici on groove. C’est tout.

Les mecs n’hésitent pas, et citent, dans le texte. BLUE CHEER, KING CRIMSON, SABBATH, MELVINS, PRIMUS, Hendrix, CLUTCH, LED ZEPPELIN, WHORES., BLACK KEYS, NIRVANA, KYUSS, QOTSA, de quoi poser des bases et ne prendre personne en traître. Niveau infos, pas grand-chose par contre, à part des allusions à un premier EP paru l’année dernière, quatre titres d’une sortie éponyme qui déjà, voulait les choses opaques et pourtant lumineuses à la fois.

Une façon de jouer le psychédélisme à leur manière, de malmener de gros riffs fuzzés (oui, ils adorent tout ce qui fuzze, que voulez-vous que j’y fasse…), pas de quoi se relever la nuit en hurlant à l’épiphanie, mais largement de quoi se sevrer de gros son jusqu’au petit matin blafard encombré de cendriers pleins.

C’est donc Stoner, par facilité, pas mal Noisy, par excès, mais des excès modérés, puisque Graze Anatomy garde prise sur un certain sens de la composition logique et mélodique, même si ces harmonies sont planquées sont un épais mur de fumée, qui semble sortir des amplis Orange, un peu surboostés.

On commence par les points forts, à savoir ce son massif et compact qui sent bon les studios d’antan, et ce mélange entre les générations, un peu comme si CACTUS et BLUE CHEER tapaient le bœuf avec Josh Homme et toutes les générations de Stoner guys qui pensent qu’enregistrer dans le désert vous permet de capter l’essence des esprits anciens matérialisés dans le corps de serpents qui ondulent sous le soleil de plomb. Une guitare volubile, qui joue le rôle d’une basse en pleine crise de schizophrénie, et une batterie qui cogne sec, et qui frappe sans remord, et surtout, sans discontinuer. Une manière d’adapter l’urgence de « Summertime Blues » aux exigences lysergiques d’HAWKWIND, tout en laissant dérouler les cinq minutes presque à chaque fois.

Ou non, mieux. Reprendre les choses là où le Grunge les avait laissées avant de devenir huge, pour permettre aux MELVINS de devenir les nouveaux SONIC YOUTH du Sud. De l’Angleterre évidemment.

On continue avec les points faibles. Une homogénéité de ton qui parfois le confine à la répétition, et des thèmes recyclés d’une chanson à l’autre, sans vraiment moduler ni même changer. Aucun effort, mis à part sur quelques morceaux qui osent des secondes différentes, comme « Discorduroy », qui se veut un peu plus léger et mémorisable, et qui a d’ailleurs été choisi en sorte de single pour annoncer l’arrivée de l’album. On imagine bien d’ailleurs les deux allumés flanqués de vestes et pantalons en velours côtelé, la matière la plus résistante à défaut d’être la plus séduisante.

Mais nous ne sommes plus dans les 70’s, et arborer ce genre de déguisement en dehors d’un film avec Christian Bale est plutôt dangereux, niveau crédibilité.

« Graze Anatomy », le title-track est lui aussi un poil différent, et un poil (de barbe) plus soyeux, et ose un motif un peu plus Bluesy et moins gravy pour nous faire danser.

C’est parfois salement calqué sur un SAB’ pas encore trop fatigué (« Stalagmight, Stalagmight Not »), mais c’est souvent lourd comme le pas de Iommi avant de monter sur scène pour livrer son office (« Maybe I'm a Mollusc », et c’est tout à fait possible).

En fin de parcours, nous avons même droit à un réflexe plus inhabituel et enjoué, avec un « Mary Mary Arbitrary », qui groove sévère, et qui s’éloigne un peu de ce Heavy psychédélique un peu trop collant. Inflexions joyeuses, chant toujours aussi lointain mais plus investi, et batterie qui ose enfin quelques envolées de baguettes qui nous font sursauter, pour un final qui finalement, comme on dit laisse une impression meilleure, et plus nuancée…

Sinon, on ne va pas se mentir. Les BUFFALODE avec Graze Anatomy ne défrichent aucun terrain, et se contentent de s’embourber dans le Blues Rock fuzzé, avec application et dévotion j’en conviens, mais avec un petit manque d’innovation. Les morceaux se ressemblent et l’album prend des airs d’immense jam de quarante minutes qui revient sans cesse aux mêmes licks…enfin vous voyez le trip en gros…

Alors, on peut écouter sans le regretter, parce qu’ils font quand même pas mal de barouf juste à deux, mais la prochaine fois, fumez moins et variez plus les gars.

Ça évitera à nos têtes de pencher en avant en signe d’endormissement…


Titres de l'album:

  1. Introduction
  2. Dinocalypse Now
  3. Stalagmight, Stalagmight Not
  4. Cane Toad Purse
  5. Maybe I'm a Mollusc
  6. A Brief History of Nothing
  7. The Last Honest Man
  8. Discorduroy
  9. Graze Anatomy
  10. Mary Mary, Arbitrary

Facebook officiel


par mortne2001 le 24/06/2017 à 14:31
68 %    564

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Killing For Culture - Tome 2

mortne2001 23/02/2021

Livres

Voyage au centre de la scène : MASSACRA

Jus de cadavre 21/02/2021

Vidéos

Killing For Culture - Tome 1

mortne2001 15/02/2021

Livres

Moonspell 2007

RBD 04/02/2021

Live Report

Olivier Verron _ Interview Conviction

Simony 27/01/2021

Interview

Voyage au centre de la scène : ASSHOLE

Jus de cadavre 17/01/2021

Vidéos

Eluveitie + Korpiklaani 2010

RBD 08/01/2021

Live Report

Sélection Metalnews 2020 !

Jus de cadavre 01/01/2021

Interview
Concerts à 7 jours
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
Buck Dancer

De savoir que Rutan fait désormais partie du groupe éveil ma curiosité pour l'album, mais le morceau s'écoute et s'oublie une fois terminé. Certainement un résumé de ce que sera l'album a mes oreilles. 

25/02/2021, 15:58

Moshimosher

Intéressant, intéressant...

25/02/2021, 13:59

Arioch91

Le clip est juste insoutenable. Tellement que je trouve la zique de CC en décalage avec les images. Trop propre pour ce qui est montré. Mais je dois reconnaître qu'avec cette vidéo sur du trafic d'organes immonde, Canniboul fait fort, très fort. Pas pr&(...)

25/02/2021, 11:30

Arioch91

La voix est juste horripilante   Next !

25/02/2021, 08:56

Arioch91

Ca dépote ! Mais ça, je le dis souvent, j'écoute l'album et souvent, je finis par dire : next !Donc je vais pas m'emballer et écouter l'album plus en détails avant de me prononcer.

25/02/2021, 08:52

Humungus

Ah là oui !C'est effectivement très cliché dans le genre (ce qui reste quasi obligatoire d'ailleurs dans le style), mais effectivement, c'est largement au dessus de la moyenne pour ce qui est de la "clarté" de l'ensemble.Tr&e(...)

25/02/2021, 08:14

Humungus

Mouuuais...Au vu de vos avis dithyrambiques, je me suis donc penché sur ce bazar que je ne connaissais pas du tout :Je n'y ai absolument rien trouvé de ce que vous a fait frissonner les gars.Cela m'a fait penser à du Deathcore.J'avai(...)

25/02/2021, 08:10

Jefflonger

Très sympa à regarder cette vidéo, merci. De mon côté j'ai vu plusieurs fois le groupe en concert sans posséder les albums. L'erreur est réparée  et je les écoute maintenant régulièrement sauf sign of the d(...)

24/02/2021, 17:41

POMAH

C'est pas mal du tout. Cela manque un poil d'agressivité, mais y'a du bon la dedans.Cela me rappel Betray my secrets - Shamanic dreams. 

24/02/2021, 17:15

Gargan

Vraiment hâte d'écouter, en espérant un mix entre nostalgie et des riffs de qualité de l'époque plus récente.

24/02/2021, 13:02

RBD

En voilà qui ont mangé du Slayer quand ils étaient petits. On dirait du The Haunted.

24/02/2021, 12:10

Gargan

Vidéo sympa, bien que j'ai du mal avec le rythme et la lecture de notes. ça viendra.Scène découverte sur le tard, avec comme favoris le contamination rises de No return et le sublime dementia des Louds, symposium d'Agressor et signs of the decline vena(...)

23/02/2021, 18:42

Buck Dancer

Une petite mise en bouche avant la sortie d'un EP de nouvelles compos.... dans 4 ou 5 ans ? 

23/02/2021, 13:41

Arioch91

Massacra, un pote de bahut achetait des CD par palettes entières tous les mois.Il m'en passait quelques uns. J'en copiais certains sur K7 mais j'avais trop d'un coup. Aussi le premier Massacra fut vite passé aux oubliettes, comme malheureusement plein d&a(...)

23/02/2021, 09:17

Humungus

Je ne connais pas le groupe mais il est toujours triste que des fans de BLACK FLAG et de Suze se sépare...

23/02/2021, 09:10

Humungus

AAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHH !!! !!! !!!J'en rêvais !!! Ils l'ont fait !!!En souhaitant effectivement que la légende perdure putain !

23/02/2021, 08:58

POMAH

Si c,est aussi bon qu'Iron Man, achat direct.

23/02/2021, 08:50

Solo Necrozis

Hâte d'entendre ça... Iron Man, c'était quelque chose.

23/02/2021, 08:06

Bones

Exact, encore du Thrash vendu au mètre. Maîtrise, codes bien présents... mais la magie n'opère pas non plus chez moi.

23/02/2021, 07:47

Bones

Ah merdum, dommage qu'ils cèdent à cette facilité là.  J'y jetterai forcément une oreille mais ça fera forcément moins tripper que des compos personnelles.   Manque d'inspiration ? Paresse ?Je suis en plein retour no(...)

23/02/2021, 07:44