Horrid Pestilence of Death

Rotting Grave

29/04/2019

Death In Pieces Records

Bienvenue aux 10èmes championnats du monde des embaumeurs de l’extrême, où nous aurons le plaisir de retrouver l’ensemble des épreuves qui nous ont tellement enchantés au travers des années. Mise en bière éclair, maquillage post-mortem, test des liquides d’embaumement, lavage de mains à l’acide chlorhydrique, combat de pelles, reconnaissance des divers stades de putréfaction, profanation de tombe en pleine nuit, rapports sexuels avec corps froid et rigide, et bien d’autres étapes qui réjouiront les plus morbides d’entre vous. Et si le titre semble une fois encore acquis à certains participants qui récoltent les lauriers fanés depuis une bonne décennie, nous célébrons l’arrivée cette année d’un outsider qui a sa carte à jouer, et qui pourrait bien se révéler dangereux, spécialement lors des défis les plus nauséeux. Un concurrent que rien ne dégoûte, pas plus l’ignominie que l’indécence, et qui est prêt à plonger ses mains dans les viscères humaines pour les retirer encore chaudes d’une carcasse. Ce nouvel opposant sans peur ni phobie nous en vient donc du Mexique, connu pour produire du psychopathe médico-légal au kilomètre, de la ville de Guadalajara, dans laquelle il a vu la nuit un beau jour cauchemardesque de juin 2018. Comportant dans ses rangs des membres de blocs opératoires underground, mais réputés (MORBID MESSIAH, PORTRAIT OF RUIN, HUMAN TRASH et ICTIOSIS), ROTTING GRAVE est donc la dernière sensation à la mode dans les milieux nécrophages, et se propose de nous développer quelques théories fumeuses sur son premier EP, très justement intitulé Horrid Pestilence of Death. Très justement, car ce premier EP n’est rien de moins qu’un jus épais qui coule d’un macchabé pas très frais, et qui tombe sur le sol en blocs compacts, souillant le carrelage de la compétition de ses émanations putrides.

Très au fait des méthodes en vogue dans les cabinets d’entraînement internationaux, les quatre mexicains (Roberto Trejo - guitare, Pablo Aceves - guitare/chant, Néstor Márquez - basse et Saúl Anzaldo - batterie) se sont donc plutôt concentrés sur une technique old-school, inspirée des enseignements les plus nauséabonds des immondes nineties, à base d’accélérations fatales, de décélérations létales, de grognements à l’avenant, et de riffs qui sniffent bon la putréfaction, histoire de brosser un tableau fidèle de pathologistes en mal de sévices douteux. Se vautrant dans le Death vintage comme des nécrophiles dans les rapports intimes condamnables, ces quatre musiciens ne nous évitent aucun cliché, mais parviennent miraculeusement à se montrer catchy et entraînant, malgré le caractère glauque de leur approche sans concessions. Signés sur le label national Death In Pieces Records, les ROTTING GRAVE sont donc de dignes héritiers de la scène sud-américaine des années 90 et 2000, et proposent donc six morceaux construits, basés sur des thématiques connues mais poussées à leurs extrêmes, et développent un joli sens du macabre qui permet à leurs morceaux de tremper dans la poésie la moins complaisante. Rien de bien neuf sous le soleil, mais de quoi rendre l’ancien champion (et toujours vert) AUTOPSY fier de ses héritiers, puisqu’on retrouve sur ce premier EP le même genre d’ambiance que sur les premiers albums de Chris Reifert, un truc poisseux qui fait du mal à l’optimisme et qui ne tolère que les philosophies les plus nihilistes et terminales.

Mais loin de se contenter du minimum syndical à base de lourdeur suffocante et de parfums agressant les naseaux auditifs, Horrid Pestilence of Death vit et meurt les choses à fond, et se triture les méninges pour réconcilier MORTICIAN et les rigoristes suédois les moins enclins à l’empathie (GRAVE en première ligne). Tout en acceptant le legs du Death/Black sud-américain le plus absolu et farouche, ROTTING GRAVE propose une sorte de synthèse des tendances les moins supportables du Death underground d’il y a vingt ans, osant des blasts surgis de nulle part (et pas toujours à la croche près), et s’en remettant à une production exhumée des tréfonds de l’inhumanité pour faire passer son message. C’est particulièrement manifeste sur « Necrossession », qui ne fait pas grand cas de son message, et qui aligne les riffs les plus déprimants pour se libérer lors d’un orgasme rythmique giclant partout sur les murs de la pièce. C’est crade, suintant, pas vraiment gai mais pas plombé pour autant, en on sent en filigrane un vrai sadisme de jouer une musique opaque, noire, aux motifs visqueux et à la mentalité déviante, rappelant les premières exactions brésiliennes en terme de violence crue et de virilité drue.

Sauf qu’à la différence de leur petits camarades/opposants, les mexicains savent parfois faire preuve d’intelligence dans la séduction nécrophile, et nous troussent de véritables petits hymnes aux perversions les moins avouables, sous la forme d’un Death très sourd et diffus (« Rotting Grave », le prochain tube de l’hiver des nécrophages en tout genre). On note donc des efforts pour développer des accroches mémorisables, et une réelle envie de s’extirper du marigot bouillonnant du Noise facile et futile, et comme en plus leurs tranches de mort ont la bonté de ne pas excéder les trois minutes, ils s’en sortent avec plus que les horreurs. « Corpse Profanation » d’incarner une sorte de décalque des atrocités passées, « Eaten Alive » de rendre hommage aux saillies les moins pardonnables (avec encore une fois cette grosse basse libidineuse qui s’insère dans tous les trous), et les vingt minutes de démonstration de passer de vie à trépas sans qu’aucune décharge électrique ne vous ramène dans le monde des vivants.

Une 10ème édition qui a donc réservé des surprises, et qui a vu un outsider monter sur le podium provocant l’étonnement général. Gageons qu’à l’avenir, l’outsider en question sera surveillé de près, l’embaumement musical étant un art que personne ne prend à la légère.


Titres de l'album :

                        1.Into the Rotten Burial

                        2.Necrossession

                        3.Rotting Grave

                        4.Corpse Profanation

                        5.Eaten Alive

                        6.Abhorrent Slayer

Facebook officiel


par mortne2001 le 30/06/2019 à 14:50
78 %    532

Commentaires (1) | Ajouter un commentaire


Pablood
@187.205.218.106
03/07/2019, 19:38:28
Thank you for this excellent review!

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Voyage au centre de la scène : ASSHOLE

Jus de cadavre 17/01/2021

Vidéos

Eluveitie + Korpiklaani 2010

RBD 08/01/2021

Live Report

Sélection Metalnews 2020 !

Jus de cadavre 01/01/2021

Interview

Welcome To My Nightmare

mortne2001 26/12/2020

From the past

IXION : entretien avec Julien

JTDP 16/12/2020

Interview
Concerts à 7 jours
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
Moshimosher

Pour ma part, je dois avouer que, n'ayant que le premier mini-album et les deux albums suivants, Moonspell, que j'ai pu apprécier (et apprécie toujours pour ce qui est des albums que j'ai... surtout Wolfheart), n'est pas vraiment resté à porté(...)

22/01/2021, 13:33

Gargan

Un petit côté Hecate Enthroned, le truc qui aurait du sortir vers 97/98.

22/01/2021, 08:04

Simony

C'est triste mais je ne trouve plus rien d'intéressant chez MOONSPELL, cela m'apparaît comme un encéphalogramme plat. Première déception 2021 !

22/01/2021, 07:51

JTDP

Yes, excellent ! Pressé d'en écouter plus !!   

22/01/2021, 00:39

Chemikill

Nan mais je suis d'accord, les riffs et la voix sont biens, mais... passez une oreille sur le solo sérieux.... ça ferait débander un mammouth.

21/01/2021, 20:09

KaneIsBack

Que c'est bon, ce son ! Le Doom/Death est un des genres de metal que je préfère, mais c'est plutôt dur d'en trouver (surtout du bon). Encore une belle découverte !

21/01/2021, 19:19

Jus de cadavre

Ah putain ouais   ! Y en a qui se sont fait sucrer leur vidéo pour moins que ça je pense sur YT !

21/01/2021, 18:06

Simony

Et c'est marqué "To Be Continued..."

21/01/2021, 17:42

Gargan

Vraiment bien foutu, que ce soit au niveau des paysages sonores que de la prod. Je me bois bien écouter ça sur un beau vinyl, installé dans un chesterfield râpé, faisant tournoyer gentiment un cognac dans son verre, le lévrier à poils ras m'app(...)

21/01/2021, 16:54

Moshimosher

J'ai le teddy bear plein de shrapnels ! Perso, ça me plaît ! 

21/01/2021, 16:49

Baxter

Réponse de Roseline : Cest quoi ce truc de sauvage, je comprends rien, par contre je sais que j'ai ordre de dire non, non ,non car le médicale buisness désire étendre son marché jusqu’à fin 2021, le temps de se goinfrer un peu encore pu(...)

21/01/2021, 14:31

Kairos

Oui certe le mot est mal choisi mais ça ne change pas grand chose

21/01/2021, 12:52

tonculpueducul

Une tentative de coup d'état... on était plus proche du cirque Pinder que d'un putsch.

21/01/2021, 12:45

tonculpueducul

A la cuisine les radasses! C'est mauvais!

21/01/2021, 12:42

Simony

Inattendu que ce groupe de la région de Nancy attérisse sur ce label. 

21/01/2021, 12:38

Seb

J'ai jamais aimé ce groupe ...

20/01/2021, 22:05

Stink

Très sympa ce clip dis donc !  

20/01/2021, 21:55

Kairos

une tentative de coup d'État avec agression sur forces de l'ordre, avec pour consequences 5 morts, t'as le droit de penser que c'est moins grave que des vitrines cassées et quelques vols, mais bon je partage pas vraiment cet avis.Je suis loin d'excuse(...)

20/01/2021, 20:41

Kerry King

Le metal est loin de ce résumé a Napalm Death ouvertement gauchiste, il y a de tout bord politique clairement, et perso je ne juge pas une personne sur ses idées politiques, je m'en branle complet. Tu peux avoir des idées plus ou moins proche de Schaffer(partie ex(...)

20/01/2021, 18:23

Moshimosher

La booze est bien acide et mes neurones me coulent dans le cœur... Une bien bonne distillation que voici ! A écouler dans le noir...

20/01/2021, 17:41