WITCHERY, c’est un peu le groupe qu’on retrouve à intervalles réguliers, qui ne surprend jamais, à l’instar d’un AC/DC ou d’un MOTORHEAD, mais qui sait toujours nous satisfaire d’un Metal torride branché directement sur l’enfer.

Avec cinq LP au compteur, et presque vingt ans d’existence, ce quasi supergroupe de l’extrême affiche une belle régularité, à peine enrayée par un hiatus de six ans, qui vient justement de trouver son terme avec la sortie sur Century Media d’In His Infernal Majesty's Service.

Ce sixième effort studio risque d’ailleurs de faire beaucoup parler de lui, puisqu’il semble être sans conteste la meilleure réalisation d’un groupe qui pour une fois, a des chances de surprendre et d’étonner même ses fans les plus acharnés.

Non que l’approche du quintette a changé, mais des ajustements dans son line-up ont permis un léger glissement de ton, et une adaptation globale à un son qui trouve son acmé aujourd’hui dans cette nouvelle formalisation de l’outrance Black N’Roll, ou Thrash N’Black, selon les opinions.

Exit donc Legion, l’ex MARDUK qui agitait le précédent Witchkrieg de ses vociférations un peu stériles, et bonjour Angus Norder (NEKROKRAFT), qui de ses harangues acides et rauques apporte un surplus de sauvagerie et de puissance à un album qui décidemment, fait preuve d’un tonitruant regain de forme et de violence.

Si j’ai toujours apprécié les délires consistants du trio/ossature Sharlee D'Angelo (basse, ARCH ENEMY/SPIRITUAL BEGGARS/THE NIGHT FLIGHT ORCHESTRA), Richard Corpse (guitare, SATANIC SLAUGHTER), et Patrik Jensen (guitare, THE HAUNTED), j’avoue ne jamais m’être emporté au moment de juger leur musique, qui si elle était efficace manquait de ce grain de folie qu’on semblait sentir poindre sous le brouhaha ambiant. Cette folie est aujourd’hui concrète et palpable à travers chaque piste de ce terrible In His Infernal Majesty's Service, qui parvient pour une fois à associer le groove d’un Thrash implacable, la patine Rock suédoise inimitable, et les démences BM locales.

En gros, une synthèse incroyable de ce que la scène extrême suédoise est capable d’exporter dans le monde entier, avec en plus, cette originalité qui transforme chaque tentative en invocation d’un Lucifer fan de Metal, capable de transcender n’importe quel riff pour le transformer en feu de bûcher.

Pour mettre en relief tous les aspects de leur vilénie, les WITCHERY n’y vont pas avec le dos de la croix inversée, et survolent les débats grâce à d’incessants changements d’humeur, toujours noire bien évidemment, mais parfois ouvertement enragée, parfois un peu plus larvée, mais toujours pertinente dans la provocation salée. D’ailleurs, l’objectif est clairement défini dès l’ouverture/jeu de mot « Lavey-athan », qui de sa rythmique à la MOTORHEAD et de son thème ENTOMBED/THE HAUNTED pose sans équivoque les pions sur la table, et cavale d’un tempo d’enfer sur les routes d’un Néo Thrash grassement entaché de Black furieux et de Speed teigneux.

Les pendules étant mises à l’heure six heures et soixante-six minutes, le chrono peut tourner pendant une grosse demi-heure pour éprouver votre résistance à une agression ininterrompue, qui parfois connaît des pics d’intensité assez flagrants.

Ainsi, le cathartique « The Burning Of Salem », et sa claire référence à DARK ANGEL rappelle les plus grandes heures du Thrash le plus vilain des années 80, et unit les esprits de THE HAUNTED et de la bande à Eric Meyer, dans un ballet de l’outrance mené par un Tom Angelripper très précis dans son pas de deux. Les vocaux montrent clairement que l’heure n’est plus à la rigolade, et les prouesses rythmiques du nouveau venu Christofer Barkensjö (LIK, CARNAL FORGE, GRAVE, et une foultitude de références) à la batterie confèrent encore plus de folie à un titre déjà débordant d’hystérie.

Mais faire le point de tous les brulots présents sur ce sixième album reviendrait à faire l’inventaire de l’arsenal d’une troupe d’élite partie débusquer des terroristes.

Evidemment, impossible d’occulter l’ultraviolence déclarée d’un atomique « Gilded Fang », qui de ses blasts sans pitié ressuscite le meilleur MARDUK, ni d’oublier en route le groove Heavy malsain et subtilement BM de « In Warm Blood », qui dégénère d’un mid tempo terriblement accrocheur, à l’instar d’un catchy « Feed The Gun » qui de son riff tonitruant et redondant domine une rythmique soudainement posée et régulière…Mais comme tous les morceaux sont indispensables d’une manière ou d’une autre, l’examen poussé semble vain et autant écouter pour apprécier dans le texte la nouvelle livraison des Suédois énervés.

Non, ce qui choque sur ce In His Infernal Majesty's Service, c’est clairement l’osmose flagrante entre les trois formateurs historiques de la légende et les deux nouveaux venus, comme si cette formation DEVAIT incarner l’essence même de WITCHERY, et occulter un passé aussi glorieux soit-il.

On sent à chaque détour une réelle complémentarité qui découle sur une créativité et une exubérance fascinantes, et on en vient à regretter que le puzzle n’ait pas été assemblé plus tôt.

Si vous en doutez, n’importe quel morceau de ce sixième LP suffira à vous le prouver. Je pourrais bien évidemment invoquer le hit improbable « Zoroast », qui ose le Rock N’Roll de Lemmy dans un contexte ARCH ENEMY/CREMATORY, ou l’implacable « Netherworld Emperor », qui renifle les exhalations d’un CELTIC FROST pour mieux les souffler sur des braises DARKTHRONE. Mais vous seuls pouvez éprouver la véracité de mon constat en vous sevrant de la chaleur piquante de ce disque qui représente le sommet d’une carrière pourtant déjà bien chargée.

Car même lorsque le groupe joue la montre et se laisse entraîner sur la durée (« Empty Tombs »), l’imagination pointe le bout de son diapason pour une orgie de bestialité Thrash N’Black chauffée au tisonnier.         

 

In His Infernal Majesty's Service est la preuve faite boucan qu’après vingt ans de carrière, on peut encore piquer au vif et satisfaire ses fans les plus dévoués, sans pour autant changer d’idée. Si la ligne directrice du groupe n’a pas dévié depuis 1998 et l’initial Restless & Dead, elle trouve ici son apogée, grâce à un silence de plusieurs années et la découverte des deux pièces de l’énigme qui manquaient. L’apport d’Angus Norder mais aussi de Christofer Barkensjö est indéniable, et transforme ce sixième effort en véritable démonstration du potentiel incroyable d’un groupe indispensable.

L’art suédois pour accommoder l’extrême est donc toujours roi, et fait le bonheur de Century Media qui dispose ainsi d’une sortie de choix pour amorcer les fêtes.

 Un genre de cadeau de Noël un peu tordu, qui se pose sous un sapin en plastique fondu. Mais vous n’échangeriez quand même pas un WITCHERY du meilleur cru contre une paire de chaussettes écru ?


Titres de l'album:

  1. Lavey-athan
  2. Zoroast
  3. Netherwqrld Emperor
  4. Nosferatu
  5. The Burning of Salem
  6. Gilded Fang
  7. Empty Tombs
  8. In Warm Blood
  9. Escape From Dunwich Valley
  10. Feed the Gun
  11. Oath Breaker

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par mortne2001 le 08/12/2016 à 12:00
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Je rejoins aussi ton avis, me souviens encore de leurs débuts, c.était même pour ma part difficile d'avaler un album au complet d'une esti shot. Conqueror aussi dans le même chariot.


Pas mal du tout ça !
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Intéressant, on pourrait savoir qui a fait l'artwork? il est magnifique et je trouve dommage que les crédits des artistes ne soient que rarement mentionnés alors que c'est eux qui fournissent le contenu.


Tu nous feras deux pater et trois avé en pénitence.


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Ah, effectivement : la pochette est terrible !!


merci pour ton report
Je n'ai pas pû me déplacer pour cette affiche monstrueuse, ce qui rend la lecture douce et cruelle à la fois.


Un produit plastique crée de toutes pièces, sasns identité ni âme. Merci Nuclear Blast de cracher sur le patrimoine.


Seul le premier album était excellent, les 2 autres dont celui-ci de moins en moins bons.


Et bien... quelle chronique Mr Mortne une fois de plus !
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Ah ah ah !!!
C'te pochette est juste géniale bordel !