Grind et puis c’est tout. Oui, c’est un peu péremptoire à l’approche du weekend mais c’est comme ça. L’originalité, les productions léchées, la sophistication, ça va bien cinq minutes. Et puis retourner aux sources ça fait du bien aussi. Alors Grind, et pas n’importe lequel. Un Grind viscéral, foncièrement mauvais et méchant, et paradoxalement bienveillant et de première catégorie. Pour ça, il n’y a pas cinquante solutions, piocher dans les coffres de l’histoire pour dénicher la perle rare et noire, et s’en aller du côté de Houston, Texas, qui ne répond plus depuis longtemps. Non pour y rencontrer Matt, mais pour croiser le chemin des P.L.F qui depuis presque vingt ans agitent l’underground de leur passion pour un bruit mat, blanc et pur, qu’ils ont largement eu le temps de roder au gré d’une discographie pléthorique. Formé en 1999, et ayant sévi huit ans sous le nom complet de PRETTY LITTLE FLOWER, les P.L.F sont un peu la légende locale, qui depuis leur premier split en compagnie des NEGATIVE STEP ont posé les bases d’une musique brutale, organique et analogique, très éloignée des standards aseptisés du genre ou des débordements Gore qui n’amusent plus personne depuis longtemps. Ici, on joue l’extrême à la façon d’un NASUM, d’un ASSUCK, d’un NAPALM, d’un REPULSION, ou d’un TOTAL FUCKING DESTRUCTION, en prenant grand soin d’agrémenter la folie ambiante de quelques pirouettes instrumentales pas piquées des asticots. Et après bien des efforts et des témoignages de sauvagerie, les désormais PULVERIZING LETHAL FORCE méritent de plus en plus leur nom, ce que ce cinquième LP ne viendra pas contredire de sa puissance et de sa démence. 

Quatre ans après le traumatique Ultimate Whirlwind of Incineration, et cinq après le terrifiant Devious Persecution and Wholesale Slaughter, les P.L.F. vous poussent encore à la P.L.S avec ce Jackhammering Deathblow Of Nightmarish Trepidation qui ne fait ni dans la dentelle ni dans la compression à outrance, et qui laisse respirer son Grind par tous les pores pour enthousiasmer les porcs. A l’image de sa pochette qui aurait pu être dessinée par Pushead pour illustrer un délire des MACE, Jackhammering Deathblow Of Nightmarish Trepidation joue encore la franchise, et nous comble de plans supersoniques, d’attaques métronomiques, d’accélérations atomiques, des blasts épileptiques, et de grognements épidermiques. Et avec dix-sept morceaux pour vingt minutes de barouf, cette chronique aurait pu/dû être expédiée en moins de temps qu’il n’en faut à un maniaque pour hurler « You suffer but why ? », mais face à la qualité de la sortie en question, impossible de se résoudre à traiter l’affaire en quelques punchlines lapidaires. Pourtant, avec une durée moyenne d’une poignée de secondes atteignant parfois la minute, difficile de gloser pendant des heures. Mais si les arguments promotionnels de la chose se focalisent sur un son de batterie pur et sec qui fait du bien, autant dire que les riffs calment d’autant plus, et que la juxtaposition des deux donne lieu à un carnage dans les règles qui ne supporte ni la médiocrité, ni la modération. Dave Callier (guitare/chant, depuis 1999) et Bryan Fajardo (batterie, depuis 2011) ont donc une fois encore (leur troisième collaboration en longue-durée) joué la carte de l’honnêteté, ne se faisant pas passer pour ce qu’ils ne sont pas mais assumant leur statut culte jusqu’au bout des doigts.

Au menu donc de ce cinquième LP, les composantes habituelles d’un album qui ne recule devant rien pour prouver que l’esprit originel du Grind US n’a pas forcément changé. En refusant tout principe d’évolution des théories émises à l’orée des années 90, le duo nous offre donc un festival de Hardcore joué à la vitesse de la lumière, mais qui sait parfois marquer le temps pour distiller des riffs pas forcément à l’aise dans le leur. On se retrouve donc confronté à un album radical, qui multiplie les acrobaties rythmiques, et qui ose placer un nombre incalculable de plans de batterie audacieux et vertigineux, un peu comme si Pete Sandoval redécouvrait les joies de la caféine pure après un coma de dix ans. Evidemment, disséquer les dix-sept morceaux de cette nouvelle livraison bouchère n’aurait pas grand intérêt, puisque les morceaux s’enchaînent et se fondent dans une symphonie d’ultraviolence, mais l’ensemble dégage un tel parfum de folie et de franchise qu’on ne peut que s’envoyer l’intégralité du LP plusieurs fois consécutives pour en saisir toute l’urgence, et surtout, toute la pertinence. Car le tout est joué carré, très, et nous ramène à la grande époque de Mieszko, tout en caressant le souvenir récent des INSECT WARFARE, PHOBIA, et autres IN DISGUST. Pas question ici de s’abrutir de frappes triggées, pas question ici de trop compresser, on laisse respirer les instruments pour qu’ils puissent s’exprimer, et le brio dont font preuve nos deux amis est tellement calibré qu’on se prend à rêver d’un revival Grind pérennisé.

Point de focalisation incontestable, le jeu de Bryan Fajardo est un modèle du genre. Percussionniste qui prend un malin plaisir à utiliser toutes les combinaisons possibles de son petit kit, ce frappeur infatigable survole ses toms, massacre ses cymbales, malmène sa caisse claire, tandis qu’au premier plan, à égalité, Dave Callier tente d’extirper de ses cordes des motifs classiques mais catchy, qui ne crachent jamais sur un brin de syncope pour s’incruster dans les mémoires. Il semblerait qu’après quelques années passées côte à côte, les deux hommes se connaissent bien, et parviennent à jouer comme s’ils n’étaient qu’un. Quelques rares samples pour agrémenter la schizophrénie ambiante, mais surtout des fulgurances (« Splinter Cell Transit Bombing », « Blare of Interminable Tinnitus »,  « Lost in a Lethean Fog », sous la barre des soixante secondes, mais avec l’énergie d’une déflagration à Mururoa), quelques temporisations pour caler de nouveaux sons (« Cannisterized Comingled Ash », presque Techno-Grind tellement c’est intense), un final orgiaque pour finir de cramer la maison (« In the Clutches of Unrepentant Ignorance »), et un Jackhammering Deathblow Of Nightmarish Trepidation qui finalement représente une méchante bouffée d’air frais dans le monde vicié du Grind aseptisé. Un refus des concessions en forme, pour une ultime assertion. Grind et puis c’est tout. Parce que le reste on s’en fout.  


Titres de l'album :

                       1.Drowned in the Harbor

                       2.Anti-Humanistic Cull

                       3.Blare of Interminable Tinnitus

                       4.Odious Demagoguery

                       5.Synaptic Nebula

                       6.Instant Urban Self-Interment

                       7.Dissolution of Rights Pt. 6

                       8.Lost in a Lethean Fog

                       9.Cannisterized Comingled Ash

                       10.Eyes of Corrupted Zeal

                       11.Splinter Cell Transit Bombing

                       12.Willingly Relegated to an Unremarkable Termination          

                       13.Industry of Convalescent Death

                       14.Pulsating Trepidation

                       15.Idealized Incomprehension

                       16.Gulf Coast Massacre

                       17.In the Clutches of Unrepentant Ignorance

Facebook officiel


par mortne2001 le 27/10/2018 à 17:41
80 %    107

Commentaires (2) | Ajouter un commentaire


fgweio
@78.192.38.132
28/10/2018 à 20:05:30
thrashy les guitares comme d'hab'

Jus de cadavre
membre enregistré
29/10/2018 à 07:17:46
Excellent ce truc ! Old-school comme il faut !

Ajouter un commentaire


Septic Tank

Sturmpanzer

Devil Worshipper

Music For The Endtimes

Jt Ripper

Gathering of the Insane

Nyu.

Flux

Religious Observance

Utter Discomfort

Visavis

War Machine

Cemetery Urn

Barbaric Retribution

Nekrofilth

Worm Ritual

Of Hatred Spawn

Of Hatred Spawn

Wyrms

Altuus Kronhorr - La Monarchie Purificatrice

Barshasketh

Barshasketh

Ravenface

Breathe Again

Blosse

Era Noire

Perversor

Umbravorous

Calcined

Discipline

Devil On Earth

Kill The Trends

Skald

Le Chant des Vikings

Cosmic Atrophy

The Void Engineers

Pissgrave

Suicide Euphoria

Blood Feast

Chopped, Sliced and Diced

Powerwolf + Amaranthe + Kissin' Dynamite

JérémBVL / 18/01/2019
Powerwolf

Klone unplugged

RBD / 17/12/2018
Acoustique

Brutal Metal DTP Gig

Simony / 12/12/2018
Black Metal

LIVE REPORT - TYRANT FEST 2018 - JOUR 2

Mold_Putrefaction / 05/12/2018
Black Metal

Concerts à 7 jours

+ Grave Digger + Burning Witches

28/01 : Le Petit Bain, Paris (75)

Photo Stream

Derniers coms

Vus en effet à Toulouse, les Allemands sont de vrais showmen et enfilent les tubes tout du long. Salle comble et vrai plaisir de jouer, bref, excellente soirée, seul le choix de Amaranthe en première partie, groupe insipide, est à revoir.


@ Humungus, oui lors de leur interview, ils disaient vouloir battre le record de commentaires, et l'objectif était largement atteint !


145 vues.


Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour pouvoir assister à ça...


Si je ne me trompe pas, y'avait eu la même chose sur VS à l'époque pour ULTRA VOMIT non ?
(+1)


Oui moi qui n'aime pas du tout aller à Paris, ça me tente énormément...


Oooh je pense qu'on peut faire mieux.... et +1 com !


Les histoires de meurtre et d'incendie d'église ça c'est vrai on le sait.

Le mystere reste autour du suicide de Dead et de la mort de Euronymous.

Le depart du groupe de Necrobutcher au moment du suicide de Dead est assez étrange aussi.


L’affiche qui fait (très) mal...


Oui mercato réussi.


Ça ressemble à un record de coms ça !


Oui je trouve aussi. Fiable quoi.


Cela semble être une bonne idée...


Je n'ai pas lu le livre de Moynihan qui est, paraît-il, plutôt complaisant avec tout l'ensemble y compris ce qu'il y a de plus inacceptable. Au-delà de ce que je rejette très fermement les meurtres et incendies de lieux de culte, je ne me suis jamais reconnu dans le Black Metal même sous un sim(...)


On a vraiment lu tout et son contraire sur ces histoires, sans compter le mystère entretenu par les protagonistes de l'époque. J'ai beau essayé de faire le blasé, de me dire que c'était que des "petits cons", des abrutis, que le bouquin n'est qu'un torchon un peu trop orienté, il n'empêche qu(...)


Excellente chronique... j'avais découvert avec l'album précédent sans approfondir plus que ça. Tu viens de réanimer ma curiosité Mortne2001 !
C'est d'une saleté indécemment propre au niveau de la production là où la concurrence balance des riffs lambda avec une production crasseuse p(...)


J'espère juste que le film dira clairement que les protagonistes n'étaient que des petits cons paumés... Mais sinon, oui, rien qu'avec l'attention portée aux détails, ça donne envie, clairement.


Trailer bien plus convaincant que les précédents. Et oui le " Based on truth and lies " est bien pensé.
Ça fait envie.


En tout cas beau job de l'ensemble de l'équipe de ce site, avec une chouette ergonomie. Bon, j'ai pas pigé comment on fait pour aller directement suivre un fil de discussions/commentaires sans passer par le titre du thème concerné, mais pas grave.


Sans conteste, ce qui précède est en lice pour être la meilleure discussion dans le futur top 2019...