Personne ne l’a oubliée. Tout du moins, les enfants du Metal boom des années 80…Allez, avouez-le les quadras, vous avez tous fredonné à l’occasion un petit « Edge Of A Broken Heart », ou un joli « Cryin’ », sans vraiment l’admettre, le soir dans votre chambre ou sous la douche, dans la voiture, ou ailleurs, en louchant sur un beau poster des belles guerrières…VIXEN, ce sont plusieurs albums qui ont constellé une discographie inégale, mais surtout, un premier LP composé en grande partie en collaboration avec des artistes confirmés comme le beau Richard Marx et l’efficace Jeff Paris, qui avait contaminé les charts US et permis aux belles de tourner avec DEEP PURPLE et tant d’autres.

A l’époque, on doutait des capacités des demoiselles on stage, mais vous pensez bien, des femmes dans le Hard-Rock ? Quelle hérésie, et pourtant, les instruments à la main, elles nous avaient prouvé qu’elles ne craignaient pas grand monde, malgré des refrains un peu trop formatés, et des couplets adoucis pour ne pas trop choquer. Depuis ?

Pas grand-chose, des albums/réunions pas vraiment probants, et surtout, pour moi, l’occasion de les massacrer lors de la publication d’un Live and Learn salement réchauffé que j’avais démonté en moins de temps qu’il n’en fallait pour changer un pneu crevé. Mais aujourd’hui, nous ne sommes pas là pour parler de VIXEN, mais bien de Janet GARDNER, herself and only, qui se lance enfin en solo avec ce premier album élaboré at home, avec son mari, qui lui non plus n’est pas le premier venu…

Justin James, outre le fait de partager le quotidien de la belle Janet, fut aussi impliqué dans des affaires artistiques de haute volée, puisqu’on retrouve sa patte dans des collaborations avec les célébrés STAIND, COLLECTIVE SOUL ou TYKETTO, ce qui n’en fait pas le premier directeur artistique venu…Alors, bien au chaud dans leur studio, les deux musiciens/époux ont commencé à s’amuser avec quelques lignes rythmiques et mélodiques, et au bout de quelques morceaux, ont soudainement réalisé qu’ils tenaient là un truc qui lui, tenait admirablement bien la route. Dès lors, pourquoi ne pas proposer au public ce qui aurait dû au départ rester dans l’intimité ? La chose fut donc faite, le disque complété, et aujourd’hui distribué par les bons soins de Pavement Entertainment, qui eux non plus en tant que label n’ont pas l’habitude de louer le premier ou la première venue. Pour autant, et si seule la nostalgie vous guide, je vous conseille de la remiser dans le placard de vos photos préférées. La Janet estampillée 2017 a pris de la bouteille, et s’est éloignée de ses standards passés, s’adaptant à une époque qui ne pardonne aucun faux pas. Inutile donc d’espérer naviguer au gré de refrains sucrés et d’arrangements délicieusement surannés, puisque Mrs Gardner a préféré nous offrir sur un plateau chromé des chansons bien à l’aise dans leur époque, qui semblent synthétiser l’humeur planant au-dessus des charts ces dix dernières années. Opportunisme ? Non, simple acceptation du temps qui passe, et qui vous permet d’assumer vos goûts sans renier ce que vous avez été.

Je le concède, je n’étais pas au départ très emballé d’aborder le cas de ce LP, restant sur un très mauvais souvenir…Mais en partant du principe que la débâcle Live And Learn n’était en rien imputable à Janet, qui à l’époque n’empoignait plus le micro chez VIXEN, autant laisser sa chance à une vocaliste qui n’avait plus produit de musique originale depuis le mitigé Tangerine, en 1998, qui lui aussi montrait ses propres limites. Mais là encore, Janet Gardner, l’album, n’a que peu de choses en commun avec le passé de ce groupe mutin, et se rapprocherait plus d’une combinaison magique entre un producteur/arrangeur conscient des impératifs de la création moderne et une chanteuse qui n’a rien perdu de son timbre rauque et chaud…Et après quelques écoutes au départ distantes, puis soudainement constantes, il m’a bien fallu me rendre à l’évidence, Janet a signé là un disque impeccable, moderne mais pas trop, et surtout, très énergique et mélodique, qui lui permet de montrer une autre facette de son talent d’interprète, qui se voit là offrir des écrins à la hauteur de ses capacités. Riffs aiguisés, rythmiques subtilement électronisées, refrains étudiés et couplets enragés, le tableau est complet et parfait, et surtout, présente une variété de détails qu’on se plait à recenser tout en les ressentant sans trop chercher à les disséquer. Et ceux étant restés bloqué en 1988 vont avoir une sacrée surprise lorsque « Rat Hole » va diffuser ses effluves Electro-Heavy dans leur chambre, faisant s’agiter leurs pieds au doux son d’un tube que les SPINESHANK auraient pu composer un matin plus doux que d’ordinaire. Chœurs enchanteurs, beat élastique et voix bien intégrée au mix, le bluff était culotté, mais paie. On se prend au jeu d’une artiste que l’on avait perdue de vue et qui revient par la grande porte, sûre de son fait et de la qualité de ce qu’elle a à proposer.

« Lorsque nous nous sommes assis, nous n’avions rien de précis à l’esprit. On a commencé avec la guitare, puis la basse, la batterie et le chant. Puis nous avons tenté quelques trucs. Nous avons eu beaucoup de réactions positives, puisque je n’avais jamais sorti d’album solo jusque-là. Bien sûr, Justin et moi n’avions jamais travaillé ensemble, alors il y avait beaucoup de curiosité, et je pense que les gens l’ont accepté. »     

  

Et tu ne crois pas si bien dire Janet, puisque moi le premier doit confesser un énorme étonnement à l’écoute de ta nouvelle musique, qui m’a franchement convaincu et remué. J’ai bien sûr pensé à des références contemporaines, comme celles de DIAMANTE, ou de DOROTHY, et toute cette vague de nouvelles artistes qui adaptent le Rock et le Metal à l’air du temps, tout en gardant de solides racines Rock. Mais il n’est pourtant pas difficile de discerner ton passé au travers d’arrangements assouplis et modernisés (« If You Want Me », beat Disco-Metal pour mélodie traditionnelle typiquement 80’s), même si parfois ta silhouette vocale est brouillée par un désir patent de multiplier les strates sonores peu usitées (« Let It Be Over »).

Tu n’as pas pu résister au doux plaisir de la ballade roucoulée, même si les arpèges et les cordes de « Best Friend » -  certainement dédiée à quelqu’un que tu as bien connu et avec qui tu as joué – sont bien loin de la saccharose des blue-songs lacrymales de VIXEN qui restait collée au palais.

Et puis, tout est joué et interprété avec une telle conviction qu’on ne peut qu’adhérer. On sent au travers de chaque intervention une complicité indéniable entre deux musiciens qui s’aiment autant qu’ils ne se respectent, ce qui leur permet de se lâcher au son explosif de chansons séductrices (« Candle », ça aussi VIXEN aurait pu en faire quelque chose à l’époque….). Modernité donc, ce qui n’empêche nullement le duo se s’aventurer sur le terrain du Hard-Rock salement débridé, et capté live comme à l’époque des albums enregistrés en une journée (« The Good Or The Bye », l’un des trucs les plus salés que la belle Janet nous a proposé depuis ses débuts fardés).

En gros comme en détail, Janet GARDNER signe avec Janet Gardner un premier album solo qui je l’espère pourra se conjuguer avec son actualité VIXEN, qui risque de l’emmener sur les routes avec pas mal de musique à défendre. Un disque qui lui ressemble, et qui fait plaisir, ce qui selon toute logique, était son unique essence à l’origine. Etre ou avoir été, la question est usée, mais mérite d’être encore posée. Dans le cas de Janet et Justin, elle ne se justifie aucunement, tant le couple démontre avec cette bordée d’hymnes que leur union maritale est aussi valide que leur union musicale. C’est beau l’amour. Surtout en musique…


Titres de l'album:

  1. Rat Hole
  2. Hippycrite
  3. If You Want Me
  4. Candle
  5. Your Problem Now
  6. Let It Be Over
  7. Lost
  8. The Grind
  9. Best Friend
  10. The Good or the Bye

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par mortne2001 le 18/09/2017 à 18:30
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