Attention Metalleux puristes, disque à ne pas mettre en toutes vos oreilles. A proprement parler, LE WOLVES et son nom un peu bizarroïde ne propose pas stricto sensu un dérivé du Heavy Metal, mais bien un énorme Rock à tendance garage et fuzzy, qui pourra certainement heurter les pavillons les plus sensiblement habitués aux gros riffs de la mort et aux rythmiques en chape de plomb.

Mais un peu d’ouverture ne faisant de mal à personne, il est fort possible que certains fans de Stoner et autres délires à la Josh Homme y trouvent leur compte, et très égoïstement, y ayant trouvé le mien, je n’ai cure de l’opinion de quelques réfractaires aussi bornés qu’un cheval avançant les œillères bien vissées sur la tête.

Factuellement, LE WOLVES est un quatuor (Keanu, Nathan, Manuel, Luke) qui nous vient de Fresno, Californie, et qui nous propose donc son premier LP, faisant suite au EP Melted Eyes, paru il y a maintenant trois ans.

Les quatre musiciens ne prennent même pas la peine de se répandre dans une bio qui n’intéressera pas grand monde, et ne nous saoulent même pas de leurs influences que tous les spécialistes de la question identifieront assez rapidement. Leur Bandcamp donne juste quelques informations techniques sur ce premier jet éponyme, que je vous reproduis donc ici telles quelles.

Cet album a donc été enregistré par Ryan « Rings » Ellery a Lafayette, Californie, mixé par Andrew A. Saldate IV, et son artwork (superbement vintage au demeurant) a été soigné au petit trait par Ernesto Martinez, qui a bien respecté les codes graphiques seventies en vigueur à l’époque.

Et d’ailleurs, le contenu est à l’image du contenant. Un peu abstrait, légèrement psychédélique sur les bords, coloré par moments, suivant quelques pistes découvertes à la fin des années 60 et poursuivies durant les premières années de la décennie suivante.

Au menu de ce banquet nostalgique des dérives lysergiques de la flower power generation, beaucoup de guitares fuzées, des riffs épais comme un trois feuilles mal roulé, une basse gironde qui arrondit les angles, une rythmique élastique qui part un peu où elle veut, et un chant qui peut se vouloir félin, malin, chafouin ou plus câlin, selon les ambiances désirées.

Le Wolves est donc un LP plein de stupre, de séduction vénéneuse, mais aussi d’accalmies mélodiques, et strié de riffs aussi mémorables que classiques, comme un voyage dans le temps, lorsque le Stoner s’appelait encore Rock psychédélique. Ou presque.

Concrètement, il est possible de voir en ce quatuor une synthèse de tout ce que la vague Néo Psychédélique nous offre depuis des années, comme une gentille symbiose entre le BRIAN JONESTOWN MASSACRE et les SEX SNOBS pour ne prendre qu’un exemple pas forcément probant. Mais à vrai dire, et non pour disculper mon manque d’audace, dans le créneau assez chargé du revival 60’s/70’s, il est toujours difficile de trouver des points de comparaison fiables tant la variété est de mise, et les différences entre les orientations minimes.

Et d’ailleurs, rien qu’une consultation superficielle d’un top comme celui que propose le site Album of the Year pour les seules années 2013 ou 2014 suffit à comprendre que les musiciens fascinés par la tendance sont trop nombreux pour que les parallèles soient d’une utilité quelconque.

Alors, la musique, juste la musique.

Le Wolves, c’est un assemblage de chansons la plupart du temps assez courtes, qui se focalisent sur le son plutôt que sur l’originalité du style, sans en être totalement dénuées cela s’entend. Ainsi, l’ouverture « The Wasp Boss of Milf Mountain » pourrait passer pour un curieux mélange du riff de « Immigrant Song », joué par un Dave Brock apathique, après contamination d’une injection de CRIPPLED BLACK PHOENIX assez mal dosée.

« Favorite One » au contraire, sonne comme du QOTSA se souvenant de l’époque KYUSS sans nostalgie, mais en délirant autour d’un thème sci-fi un peu cheap. Up tempo qui donne envie de bouger ses petons, chant sous mixé et légèrement neurasthénique sur les bords, guitare et basse à l’unisson, enfin, de quoi se replonger dans les abysses de la dénaturation de la perception naturelle des choses.

L’énergie hautement juvénile de « Got The Stuff » nous rappelle les meilleurs moments de JET (c’est à dire à peu près tous), déformés par la mémoire défaillante des CRAMPS soudainement passionnées par les obsessions trash de Poison Ivy. Bizarre ? Oui, étrange, diffus, enfin tout ce que vous voulez pourvu que ça échappe à une normalité trop contraignante. Et puis ces chœurs de pom-pom girls en rut, moi j’adore, c’est comme ça, ça ne se discute pas.

Certes, les quatre potes se complaisent dans l’énergie brute, mais savent aussi chalouper histoire de bien structurer la soirée, et proposent même un joli déhanché digne d’un Iggy Pop qui aurait partagé ses vues non avec Josh Homme mais avec Jack Black et Nick Cave, pour une danse étrange et hypnotique sur « Wizardry », qui parvient par miracle à unir contre leur gré la sombritude de BLACK SABBATH, les guitares des NAZZ et l’esprit rebelle des STOOGES en à peine quatre minutes.

Et tout ça pour quoi ? Pour revenir quelques instants plus tard dans le giron d’un Rock brûlant et incandescent, pour un furieux « I Know You Want It », qui ne fait pas de détail, mais ronronne comme une Buick au moteur surgonflé un peu fatigué, et dont le poste serait bloqué sur du SUPERGRASS distordu d’ondes BLUE CHEER en oscillations.

Entre les bourrasques, LE WOLVES trouve quand même le temps de placer quelques histoires un peu plus glauques que la moyenne, comme cette fable sur « Juanita », qui semble se bouger le derrière au son d’un conglomérat de sons étranges, un peu faux, mais qui survolent une rythmique tribale très louche, enfoncée dans la mémoire par une basse ronflante de distorsion.

Et comme en plus, ils finissent leur narration sur un ultime brûlot un peu plus mélodique que la moyenne (« Deep Deep Down » qui en profite encore pour placer une ronflée de chœurs fédérateurs), on ne peut que se laisser emporter par leur enthousiasme et leur culture garage indiscutable.

 C’est certes parfois convenu et sans surprises, mais les quelques percées que le quatuor laisse traîner en route sont appréciables, et transforment ce premier essai en affirmation de personnalité, qui ne demande qu’à murir, ou pas d’ailleurs, puisque en l’état, Le Wolves est un excellent traité de Rock Psychédélique garage gorgé de fuzz et de guitares qui buzzent.


Titres de l'album:

  1. The Wasp Boss of Milf Mountain
  2. Favourite One
  3. Got The Stuff
  4. B.M.M.
  5. Wizardry
  6. I Know You Want It
  7. Hit Me Slow Like An Overdose
  8. Way Back home
  9. Juanita
  10. Deep Deep Down

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 05/12/2016 à 18:58
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Ouais c'est bourré de feeling ce morceau je trouve. Cette légende (si ce n'est LA légende) du sludge n'empêche ce mec ! Et ce look de loubard qui va bien :D !


@stench: Je fais encore un paquet d'échanges à l'étranger, l'underground s'arrête pas à ta région, voir à la France :)
Tu parles de split tapes de VACARME?


Le premier extrait est vraiment intéressant, Kirk en a encore dans le ventre !


La date prévue à Barcelone dans la première version de cette tournée a carrément sauté. Ils doivent être dégoûtés.


"Pas de date pour la France".....


Putain "Noose" sur la compile Metallian n°3 je crois... outch le flashback fait mal là...


NecroKosmos, pareil pour moi. Même si, de mémoire, il y avait deux ou trois bons morceaux sur Amok. Mais le style de plus en plus heavy me convenait moins.


'North from here' est un de mes albums cultes !! Mais c'est le seul de Sentenced que j'aime.


Oui c'est bien les français !


Sortilège, c’est les français?
Si oui c’est cool pour eux


A l'époque, j'avais acheté l'album "North from here" de Sentenced et j'aimais beaucoup. Je ne connais pas KYPCK par contre et je vais écouter ça.

Le morceau de Sepult' a l'air sympa.