Nous voici donc confrontés à une configuration intéressante, nous venant tout droit de Finlande, une fois encore, à croire que les nordiques sont les seuls à essayer d’innover. Mais faisant fi de tout préjugé géographique, autant dire que le concept LADY BONEZ est d’importance, et pas seulement à cause de son estampe « supergroupe », qui d’ailleurs, n’est pas totalement définitive, dans le sens propre du terme. Nous en venant de Kuopio, Iisalmi et Kajaani, ce groupe qui en est un sans en être un regroupe donc en son sein quelques figures plus ou moins fameuses de la scène finlandaise, et se décline en septuor, base qui se voit souvent augmentée de featurings plus ou moins célèbres. Ayant démarré sa carrière aux alentours de 2012, le groupe a déjà produit deux œuvres longue-durée, Volume I en 2013 et Alive en 2015, sur lesquels on pouvait noter la présence de participants extérieurs comme Marco Hietala (NIGHTWISH, TAROT), Udo Dirkschneider (U.D.O., ex-ACCEPT), Stefan Schwarzmann (ACCEPT), MC Raaka Pee (TURMION KÄTILÖT) pour le premier cas, et Tony Martin (ex-BLACK SABBATH), Bernie Shaw (URIAH HEEP), Simon Wright (ex-AC/DC, ex-DIO), Stefan Schwarzmann (PANZER, ex-ACCEPT) et Zachary Hietala (TAROT) pour le second. Du beau monde donc pour encadrer du beau monde, soit un spectacle auditif intégral, puisque le line-up même de LADY BONEZ est du genre CV assez chargé, avec des membres ou ex-membres de TAROT, MESS, EVERIA, EXCEPTION TO THE RULE, VINIDE, BLACK MARCH, ETERNAL TEARS OF SORROW ou encore TURMION KÄTILÖT. Deux guitares (Markku Mähönen et Mikko Niiranen), deux claviers (Heikki Polvinen et Janne Tolsa), un duo basse/batterie (Jaakko Kauppinen/Topi Kosonen), et un chanteur (Tommi Salmela), pour un troisième album qui fait plus que confirmer les bonnes impressions dégagées par ses deux aînés.

Et malgré un nom à faire ronronner les amateurs d’un glam poudré, les LADY BONEZ n’en sont pas moins un véritable groupe de Heavy mélodique, et ils tiennent à cette affiliation. Reconnaissons-leur les capacités de leurs dires, puisque Kiss of The Night va caresser les fans de TAROT et STRATOVARIUS dans le sens du poil, et révéler le visage le plus séduisant du Hard Rock finlandais, le tout en treize chapitres imperfectibles et autant de refrains, soli et couplets qui plaisent. Et même en faisant preuve d’extrême mauvaise foi liée à une aversion possible du style pratiqué, il est impossible de reprocher quoi que ce soit à ces sept musiciens, qui n’ont pas fait semblant de composer des hymnes, et qui nous délivrent une solide dose de puissance et d’harmonie. Nous permettant de retrouver en première de couverture leur mascotte féminine sexy dessinée par Toxic Angel, déjà présente et fort gironde sur la pochette d’Alive, les sept musiciens épaulés certainement une fois encore par une liste conséquente de guests (sans avoir d’autres précisions…) nous séduisent aussi musicalement avec leur mélange de rigueur et de spontanéité, se permettant dans un même élan de synthétiser le meilleur de la scène AOR nordique et les aspects les plus cinglants du Metal local. Se réclamant d’horizons divers, et suggérant des influences éparses (TAROT évidemment, mais aussi plus classiquement IRON MAIDEN, ACCEPT, DIO), et assumant des parrainages individuels tout aussi illustres (David Coverdale, Ronnie James Dio, Ken Hensley, Ian Gillan, Tommy Lee, Tommy Aldridge, Udo Dirkschneider, Jordan Rudess, Don Airey, Jon Lord…), ces instrumentistes aussi doués que disciplinés prennent un malin plaisir à adapter la tradition à un son très contemporain, même si les méthodes de production des nineties n’ont pas dû leur échapper. De fait, entre un chanteur à l’organe racé et bien placé, une paire de guitaristes qui n’ont ni les riffs ni les soli dans leur flight-case, une section rythmique en place et qui pilonne, et un duo de claviers en contrepoint pas trop envahissant, le tableau est complet, coloré, chromé, et pour le moins impressionnant.

Pourtant, pas d’innovation majeure, mais une classe internationale, et surtout, l’envie de nous en donner pour notre argent en nous rappelant que le Heavy Metal peut toujours être aussi précieux que violent. Pas de compromis dans ces treize morceaux qui ne risquent pas de porter malheur, bien au contraire, même si les mélodies sont toujours très présentes. On sent en arrière-plan l’importance de groupes comme ACCEPT, DIO, mais aussi de la scène scandinave, et le tout est si finement et intelligemment proportionné qu’on reste assez admiratif du travail accompli. Se permettant même quelques allusions plus anciennes, citant DEEP PURPLE sur le majestueux « Smile », que le Ronnie James des années 85/86 aurait pu composer dix ans plus tard aux côtés de Timo Tolkki, tout en assumant leur passion pour le Heavy féroce allemand de la même époque ou presque (« Psych Ward (Under The New Management) », le genre de chanson que Wolf Hoffman aurait pu écrire pour Eat The Heat), les LADY BONEZ assurent dans les grandes largeurs et travaillent sur mesure et pas dans le prêt-à-porter, même si le costume taillé par « Everlasting » aurait parfaitement collé à la peau d’un Coverdale un peu plus costaud que d’ordinaire. En accélérant le tempo dès l’entame, le septuor assure ses arrières, et fédère, voulant se garantir l’adhésion des maniaques d’un Heavy poli mais toujours un peu brut, en proportionnant ses synthés pour ne pas qu’ils empiètent sur les guitares tranchantes. Mais comme la diversité est reine sur Kiss of The Night, « Run », contredit presque le postulat précédent de son Hard-Rock guilleret à la basse rebondissante. Et là est l’intérêt majeur de cette troisième réalisation, cette capacité de changer de ton sans vicier le fond, et autant dire que tout le monde a droit à sa part du gâteau. Malgré des musiciens venant d’un peu partout, le groupe fait preuve d’une diabolique cohésion, et aligne les prouesses tout en donnant le sentiment de tenir la laisse. C’est évidemment le chant presque lyrique de Tommi Salmela qui retient l’attention en premier lieu, mais la complémentarité entre l’axe rythmique et les deux guitaristes est tout aussi bluffante, évoquant une machine impeccablement huilée avançant sans freiner.

Et c’est peu de dire que les accalmies sont rares, puisque « Calling The Wild » continue d’exploiter la veine d’alternance, nuançant la lourdeur d’harmonies pleines d’ardeur, tandis que « Slaves of The Dark » cavale bon train pour se catapulter d’un refrain méchamment fédérateur. Seule la fausse conclusion avant bonus « Forever Young » nous permet de reprendre notre souffle, nous le coupant d’abord de sa majesté opératique avant de nous relaxer de volutes synthétiques. Il reviendra à tout un chacun de jauger de la pertinence des deux morceaux offerts en clôture, mais sans vouloir vous avoir à l’usure, je peux affirmer en toute objectivité qu’ils ont largement leur place à la tablée. Et malgré un timing titillant l’heure de jeu, les finlandais passent la ligne haut la main, avec une avance confortable sur leurs adversaires. Du Heavy de très haute volée, qui ne rechigne pas à modérer d’un brin de Hard Rock, mais qui sait rester agressif et harmonieux tout du long. De quoi placer les LADY BONEZ au sommet d’une to listen list, et de continuer à être interpelé par les exploits accomplis par les finlandais en général. Et ça, encore une fois, ça n’a rien d’un préjugé géographique. C’est un simple constat.   

 

Titres de l’album :

                        1.Everlasting

                        2.Run

                        3.Kiss of the night

                        4.Calling The wild

                        5.Slaves of the dark

                        6.Tears of gold

                        7.War of the roses

                        8.Fire

                        9.Smile

                       10.Psych Ward (Under the new management)

                       11.Forever Young

                       12.Poseidon (bonus track)

                       13.Follow Me (bonus track)

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par mortne2001 le 05/03/2019 à 16:41
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